FER OXYDÉ
boèdre primitif, sont surmontées par les sommets du rhomboèdre obtus de la fig. 138. Cette forme se rencontre à l'île d'Elbe. Imitait ^(Hatiy) (fig. 141). — C'est le rhomboèdre primitif basé,
Fig. 139. — Fer oxydé. Fig. 140. — Fer oxydé. Fig. 141. - Fer oxydé.
ou le cristal fig. 139, dont les six angles sont remplacés par des facettes appartenant à un rhomboèdre de môme angle que le primitif, mais placé en sens inverse. Si les six faces /, ï, se prolongeaient jusqu'à masquer les autres, il en résulterait un rhomboèdre semblable au noyau.
Autre imitatif (Haûy) (fig. 142). — Ce cristal est celui de la fig. 141, dans lequel les facettes / et /' se sont accrues de manière
Fig. 142. — Fer oxydé. Fig. 143. — Fer oxydé.
à devenir seulement égales aux faces primitives P ; et comme les cristaux sont toujours très-minces, on les prendrait, à la première vue, pour des prismes hexaèdres réguliers très-courts. Mais en faisant jouer les prétendues faces latérales à la lumière, on voit qu'elles sont en réalité formées par des biseaux dont une face est inclinée vers le sommet supérieur du rhomboèdre, et l'autre vers le sommet inférieur. Si ces faces P et / étaient prolongées au point défaire disparaître les bases o, le cristal deviendrait un dodécaèdre triangulaire isocèle, de même que cela a lieu pour le quartz et la chaux carbonatée. Mais le fer oligiste ne possède pas ce genre de forme.
Équivalent (Haûy) (fig. 143). — C'est la forme précédente qui porte sur les six angles du milieu six facettes appartenant au prisme hexaèdre régulier.
Bino-ternaire (Haûy) (fig. 144). — Ce cristal, assez complexe, est très-fréquent à l'île d'Elbe. Il se compose du rhomboèdre primitif, dont chaque sommet est remplacé par le rhomboèdre obtus binaire, et qui porte en outre, sur les côtés, des facettes n, appartenant à la forme métastatique. Les surfaces s du rhomboïde
binaire sont souvent convexes. Une variété, dite léniicu taire, également très-commune, provient aussi du rhomboïde binaire (fig. 138) arrondi en forme de lentille. Toutes ces variétés sont souvent parées des plus belles couleurs de l'iris. On trouve également le fer oligiste en masses laminaires, granulaifts ou compactes. On donne le nom particulier de fer micacé ou fer oligiste écailleux, à du fer oligiste qui est sous forme de masses ou d'amas composés de petites lames brillantes et d'un éclat métallique gris foncé, n'ayant aucune adhérence entre elles et faciles à séparer, par le simple frottement des doigts, en paillettes brillantes comme du mica. Ces paillettes sont d'un rouge brun foncé , et [sont quelquefois transparentes à la loupe. Enfin les terrains volcaniques offrent une variété particulière de fer oligiste, dite fer spéculaire, qui se présente sous forme de lames hexagonales ou de cristaux tabulaires, minces, d'un gris foncé, très-brillants et à surface miroitante. Cet oxyde provient probablement de la décomposition du chlorure de fer sublimé qui accompagne les produits volcaniques, par l'action réunie de la vapeur d'eau et de l'oxygène de l'air. On le trouve, en France, implanté sur les parois des fissures des laves du Puy-de-Dôme et du Mont-Dore.
Fer oxydé concrétionné ou pierre hématite. — En masses mamelonnées ou arrondies à l'extérieur, à structure fibreuse ei radiée à l'intérieur, ayant encore un certain éclat métallique et une couleur grise un peu rougeâtre.
Les fibres convergent vers un centre commun, et ordinairement c'est vers cette extrémité qu'elles prennent plus de densité, plus d'éclat et une apparence de forme cristalline, tandis que la circonférence est plus rouge et plus terreuse. La poudre est toujours rouge; le magnétisme est tout à fait nul, ou ne devient sensible que lorsque l'oxyde a été chauffé.
Fer oxydé terreux. — En masses d'apparenie terreuse, d'un rouge vif, tendres et tachant le papier. Le plus ordinairement cet oxyde se trouve mélangé d'une quantité plus ou moins grande d'argile qui le fait passer de l'état de sanguine ou de crayon rouge, à celui de bol d'Arménie et de terre sigillée.
Gisements. — Le fer oligiste se trouve dans les terrains primi-
FER HYDRATÉ, FER I1YDR0XYDÉ. 271
jfi'fs et intermédiaires et souvent clans les mômes gisements que Jfe fer oxydulé. 11 forme des assises étendues comme à Gellivara en Laponie, à Itacolumi au Brésil, à la côte du Coromandel ; ou des amas et des filons puissants comme en Suède, à l'île d'Elbe, à Framont dans les Vosges. Il est rare qu'il soit absolument pur. Il est presque toujours mêlé de fer oxydulé, surtout en Suède. La feariété spéculaire se trouve dans les terrains volcaniques, ainsi * que je l'ai dit. On trouve la pierre hématite plus particulièrement à la Voulte (Ardèche), à Moustier dans la Tarantaise, à Gomor en Hongrie, à Framont et h l'île d'Elbe, mélangé avec le fer oligiste. Sa dureté, jointe à la douceur de son toucher, la fait em~ / ployer, sous le nom de ferret d'Espagne, comme pierre à polir, pour les métaux. Les autres variétés servent à l'extraction du fer.
Fer hydraté, Fer liydroxydé.
Substance d'apparence lithoïde, de couleur de bistre ou brunenoirâtre, mais donnant toujours une poudre jaunâtre ou fauve ; non attirante à l'aimant, mais le devenant un peu par l'action de la flamme d'une bougie; donnant de l'eau à la calcination dans la proportion de 13 à 15 pour 100. Le reste est du peroxyde de fer souvent mélangé d'un peu d'oxyde de manganèse et de silice. Cette substance est donc un hydrate de fer dans lequel 2 molécules d'oxyde de fer sont combinées à 3 molécules d'eau, ce qui donne
Oxyde de fer 8o,î>6
Eau 14,44
Quelques échantillons cependant, d'un rouge plus vif, n'ont offert que 0,11 d'eau et semblent former un hydrate particulier ne contenant que 1 molécule de peroxyde et 1 molécule d'eau.
Le fer hydraté se présente quelquefois sous forme de cube, d'octaèdre ou de dodécaèdre ; mais comme ces formes sont celles du ferbisulfuré qui peut se changer en hydrate ,par une modification épi^énique, il est plus que probable que ces formes n'appartiennent pas en propre à l'hydrate d'oxyde de fer, comme elles appartiennent au fer sulfuré, au plomb sulfuré, etc. Je pense même que le fer hydraté concrétionné, nommé hématite brune, à cause de sa ressemblance de forme avec la vraie pierre hématite, emprunte cette forme mamelonnée et radiée au fer sulfuré. Cet hydrate se distingue d'ailleurs facilement de la véritable hématite par sa couleur brunâtre, sa poudre jaunâtre, et par l'eau qu'elle fournit quand on la chauffe en vase clos. Les autres formes sous lesquelles se présente le fer hydraté sont :
1° Le fer hydraté massif ) en masses plus ou moins considérables,
tantôt pleines et compactes, mais souvent aussi caverneuses et cloisonnées dans leur intérieur.
2° Le fer hydraté géodique, nommé vulgairement œtite ou pierre d'aigle, sur l'opinion que les aigles en portent dans leur nid pour faT ciliter la ponte. Ce sont des masses peu volumineuses, globuli- ¥ formes ou prismatoïdes, creuses à l'intérieur, et qui contiennent souvent un noyau mobile de la môme substance. On les portait autrefois en amulette, pour écarter les voleurs et favoriser l'accouchement.
3° Le fer hydraté pisiforme ou oolitique; en globules sphéroïdaux de la grosseur d'un pois à celle d'un grain de millet. Tantôt ces grains sont libres et isolés, comme s'ils avaient été roulés par l'eau; tantôt ils sont réunis à l'aide d'un ciment argileux.
Le fer hydraté est un des minerais de ce métal les plus abondants : on le trouve à peu près dans tous les terrains, à partir de ceux dits de transition, qui le présentent en filons ou en couches, dans un grand nombre de lieux, comme à Fillols dans les Pyrénées, à Rouzié dans l'Ardèche, en Savoie, en Suisse, etc. Les schistes argileux en sont quelquefois tout imprégnés. On le trouve en abondance également dans le grès houiller, sur la pente nord des Vosges, aux îles Shetland, etc. ; mais il est surtout très-abondant dans la formation jurassique, où la variété oolitique forme des couches puissantes, ou remplit des crevasses et des cavernes creusées dans le terrain ; c'est cette variété qui constitue la plus grande partie des minerais exploités en France pour l'extraction du fer, comme en Normandie, dans le Berry, la Bourgogne, le Bourbonnais, la Champagne, la Lorraine, la Franche-Comté. Enfin on trouve du fer hydraté dans les terrains d'alluvion les plus modernes, où il s'en forme, même encore de nos jours, des dépôts assez considérables pour être exploités, comme dans les parties basses de la Silésie, du Brandebourg et de la Livonie. Ce dernier porte plus spécialement le nom de fer des marais.
Fer carbonate.
Vulgairement fer spathique, mine de fer blanche, mine d'acier, sidérose. Carbonate naturellement blanc, mais passant souvent à l'air au brun et au noirâtre. Il raie la chaux carbonatée et est rayé par le fluorure de calcium; il pèse 3,6 à 3,8. Il se dissout avec effervescence dans les acides, et la liqueur possède les caractères d'un dissoluté de fer; au chalumeau, il devient brun et attirable à l'aimant.
La structure en est lamellaire; sa forme primitive est un rhomboèdre obtus, dontles angles dièdres sont de 107et73 degrés. Les