‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 184 sur 194 · EAUX MINÉRALES. — PASSY-PARIS · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES. — PASSY-PARIS

• traces. traces.

traces. traces.

Les sources émettent une grande quantité de gaz libres composés pour 100 parties :

Puits de César. Puits de la Croii.

Azote . 80,55 88,17

Oxygène . 18,64 11,07

Acide carbonique . 0,81 0,77

D’après M. Ilobiquet, la matière organique est à l’état de parlaite dissolution dans l’eau et non organisée, tant que l’eau est contenue dans ses conduils souterrains; mais au contact de l’air et de la lumière celte matière s’organise en une plante confervoïdc de la tribu des oscillariées (anabaina monticulosa), et cette plante renferme alors, au milieu de ses masses gélatiniformes, des bulles de gaz qui contiennent 40 pour 1 00 d’oxygène.

Passy-Paris (Seine, France), quartier de Paris, sur la rive droite de la Seine. — Ses eaux ferrugineuses froides sont con- ■nues depuis un grand nombre d’années, et sont fournies par cinq sources, dont trois, situées h mi-côte, sont désignées sous le nom d’eaux nouvelles, et deux, placées au-dessous de la chaussée, portent celui d’ eaux anciennes. Ces eaux ont été l’objet des recherches d’un grand nombre de chimistes, et leur importance, en raison de leur proximité de Paris, nous engage à donner un extrait de la belle analyse faite, en 4808, par Deyeux et Barruel.

C’est au milieu d’un vaste jardin que se trouvent les nouvelles eaux minérales de Passy. Les trois sources qui les fournissent sourdent à 20 pieds de profondeur, à partir du sol, dans un souterrain construit exprès. Celle n° 1, située à l’entrée du caveau, au bas de l’escalier, fournit 36 à 40 pintes d’eau dans l’espace d’une heure; celle n° 2, placée un peu plus avant, coule goutte à goutte, et est abandonnée aujourd’hui ; celle n° 3, située au fond du caveau, fournit 45 pintes dans une heure, est la plus ferrugineuse, et est celle qui a été soumise à l’analyse.

Cette eau jouit d’une transparence parfaite, d’une faible teinte verdâtre et d’une saveur ferrugineuse acide. Elle rougit le tournesol, et les réactifs indiquent de fortes proportions de sulfates de fer et de chaux.

Deux livres d’eau, soumises à la distillation, ont dégagé une

Report. . . .

Chlorure- de sodium .

Iodure de sodium .

Fluorure de sodium .

Silice . . . . .

Matière organique azotée.

EAU

quantité d'acide carbonique représentée par 4 grains de carbonate de cbaux, et ont déposé 4 grains d’un précipité ocracé, que les auteurs ont pensé être du carbonate de fer.

L’eau concentrée acquiert une saveur plus atramentaire et plus acide, et lorsqu’on l’évapore àsiccité, elle exhale une odeur trèssensible d’acide hydrochloriquc.

Le résidu, traité par l’alcool à 40°, lui cède des indices d’acide sulfurique et des chlorures de sodium et de fer, sans aucun indice de chaux.

La portion du résidu insoluble dans l’alcool a été traitée par l’eau, qui en a dissous des sulfates de soude èt de magnésie; la portion insoluble dans les deux menstrues était un mélange de sulfate de chaux et de sous-sulfate de tritoxyde de fer.

Pour déterminer la quantité totale de fer. les auteurs ont acidifié 10 livres de nouvelle eau par un peu d’acide nitrique, afin de retenir la magnésie en dissolution, et ont versé dans la liqueur un excès d’ammoniaque, qui a formé un précipité d’alumine et d’oxyde de fer, pesant 50 grains. Ce mélange, redissous dans l’acide chlorhydrique, et précipité de nouveau par la potasse mise en excès, a laissé 29 grains d 'oxyde de fer très-pur ; la liqueur surnageante a été précipitée par le chlorhydraet d’ammoniaque, et a fourni ainsi de V alumine pure, qui, redissoute dans l’acide sulfurique, et mêlé à 6 grains de sulfate de potasse, obtenue de la même eau, dans une expérience subséquente, a donné 37 grains d'alun bien cristallisé .

L’eau, acidifiée par l’acide nitrique et précipitée par l’ammoniaque, a été évaporée à siccité, et le résidu lavé à l’eau distillée. Il est resté 216 grains de sulfate de chaux.

L'eau de lavage a été mêlée avec de l'eau de chaux, jusqu’à ce qu’il ne s’y formât plus de précipité de magnésie. Ce précipité, combiné de nouveau à l’acide sulfurique, a procuré 113 grains de sulfate de magnésie cristallisé.

La liqueur d’où la magnésie avait été précipitée par la chaux a été débarrassée de celte dernière par l’oxalate d’ammoniaque, puis évaporée, et le résidu calciné. Ce résidu, dissous dans l’eau et mis à cristalliser a produit deux sels différents, dont 33 grains de chlorure de sodium et 6 grains de sulfate de potasse.

Les eaux de Passy sont tellement ferrugineuses, que, depuis longues années, les propriétaires ont imaginé d’en diminuer la force en les laissant exposées à l’air pendant plusieurs mois dans des jarres de terre. •L’eau, décantée de dessus le précipité qui se forme par la suroxydation du fer, porte le nom d’eau épurée. Cette eau a été analysée comparativement à l’eau non épurée. Voici les produits des deux analyses :

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