MINÉRALOGIE
Les caractères qui servent à décrire et à reconnaître les minéraux sont de deux sortes : physiques et chimiques.
Les premiers sont ceux dont l’observation n’apporte aucun changement à la nature du corps que l’on examine : tels sont Y état d’agrégation, la forme cristalline, la structure, la cassure, la pesanteur spécifique, Yimpression sur les sens du goût, du toucher, de V odorat, de l’ouïe [sonorité), et de la vue [couleur, éclat, transparence, réfraction), les effets de Y électricité et du magnétisme.
Les seconds sont ceux qui résultent de l’action de différents agents chimiques sur la substance soumise à l’examen, et qu’on ne peut observer sans altérer plus ou moins la nature de celle-ci. Les agents que l’on emploie le plus ordinairement sont le calorique, l’eaw, les acides, quelques sels, différentes teintures végétales, etc.
Etats d'agrégation.
Les corps se présentent à nous sous trois états principaux, qui sont : Y état solide, Y état liquide et Y état gazeux ou aériforme.
Dans le premier, le corps résiste plus ou moins au choc, à la pression ou à la force de pesanteur.
Dans le secopd, les particules ne conservent qu’une si faible cohésion, qu’elles cèdent isolément à la force de pesanteur qui les attire vers le centre de la terre, et qu’elles roulent les unes sur les autres jusqu’à ce qu’elles se soient mises en équilibre par rapport à cette force, et que la surface du corps soit horizontale, c’est-à-dire parallèle à la surface de la terre.
Dans le troisième état, la cohésion est à peu près nulle, et le corps ne paraît soumis qu’à l’influence, du calorique, qui, en lui
supposant une tension constante, en écarterait les molécules indéfiniment, si elles n’étaient coercées par la pression de l’atmosphère.
L’état d’agrégation d’un corps, ou la distance à laquelle se tiennent ses particules, dépend d’une sorte d’équilibre qui s’établit entre la force attractive des molécules, plus la pression de l’atmosphère d’une part, et la force élastique du calorique de l’autre; plus la première a de prépondérance sur la dernière, plus le corps est solide. Quant à la pression de l’atmosphère, elle n’ajoute pas sensiblement à la force d’agrégation, lorsque le corps est solide ; mais elle contribue puissamment à retenir un certain nombre de corps à l’état liquide ; et, comme je viens de le dire, elle seule limite le volume des corps gazeux.
Ces différents états ont chacun des degrés différents, et il est probable qu’ils passent à peu près de l’un à l’autre. Cela est très- „ sensible pour les corps solides, dont les uns sont très-durs et trèsdifficiles à rompre, et dont les autres ont une mollesse qui les approche des corps liquides. 11 est facile de constater que la liquidité n’est pas non plus la même pour tous les corps ; par exemple, l’eau, le mercure, le naphthe et le pétrole. On peut se convaincre également que les corps gazeux ne jouissent pas au même degré de la fluidité aériforme, en les faisant passer, sous une même pression, à travers des tubes d’un même diamètre. En général, ce sont les gaz les moins denses qui s’écoulent avec la plus grande vitesse, quoique l’écoulement ne soit pas exactement en raison inverse de la pesanteur spécifique.
Mais c’est surtout aux différentes modifications de l’état de solidité qu’il convient de nous attacher.
On reconnaît ces modifications, en essayant, de différentes manières, de désunir les particules des corps solides ; tels sont : le frottement réciproque des corps, le frottement de la lime, le choc du briquet, la percussion du marteau, la flexion, la pression du laminoir, la traction à la filière, la suspension d'un poids augmenté jusqu’à fracture.
Frottement réciproque des corps, Dureté.
Le frottement des parties anguleuses d’un corps coptre la surface d’un autre corps indique la dureté relative de chacun. Ainsi le carbonate de chaux cristallisé raye le sulfate de chaux et est rayé par le fluorure de calcium ou spath fluor. Le diamant raye tous les corps et ne peut être usé que par le frottement de sa propre poussière.
Pour donner une certaine précision à ce caractère, les minéralogistes ont choisi une série de dix corps disposés de telle manière qu’une substance minérale quelconque rayera toujours l’un de ces corps, et ne rayera pas le corps plus dur qui le suit. Voici cette série, commençant par le corps le plus tendre et finissant par le plus dur :