DIAMANT
ont pu seules résister au choc et au frottement qui les ont détachées de leur gtte naturel. Et comme les substances qui se trouvent ordinairement dans ces sortes de dépôts ( corindon , spinelle, zircon, topaze , émeraude, or, platine , quartz, diorite, etc.), appartiennent toutes aux terrains primitifs, il faut en conclure que le diamant appartient aussi aux mêmes terrains (1), qu’il s’est formé avec les premières dans les premiers âges du globe ; qu’il a cristallisé à la suite d’une sublimation ou d’une fusion ignée, et que, si on le trouve à la surface actuelle de la terre, c’est que les terrains qui le contenaient ayant été soulevés, puis exposés à l’action des eaux, se sont détruits, à l’exception des corps les plus durs qui ont pu résister au broiement, dont ils offrent toujours des traces cependant, par leurs surfaces et leurs angles plus ou moins altérés et arrondis.
Le terrain meuble qui renferme le diamant se trouve à la surface de la terre, dans l’Inde, aux royaumes de Golconde et de Yisapour; au Brésil, dans la province de Minas-Geraès ; dans l’ile de Bornéo et sur la pente occidentale des monts Ourals, qui séparenlla Russie de la Sibérie. Depuis quelques années, on en trouve dans les environs du cap de Bonne-Espérance. Ce sont principalement de gros diamants de teinte jaune. Ce terrain repose immédiatement sur les roches primitives et est formé principalement de fragments de quartz roulés, liés entre eux par une argile sableuse et ferrugineuse qui porte, au Brésil, le nom de cascalho. Les diamants s’y trouvent toujours en très-petite quantité et très-écartés les uns des autres. Les minéraux qui l’accompagnent plus spécialement sont : le fer oxydulé, le fer oxydé micacé, le fer oxydé pisiforme, des fragments de jaspe et d’améthyste, des grains d’or, etc.
Aux Indes, la recherche des diamants est à peu près libre, et donne lieu seulement à un droit établi au profit des chefs. Au Brésil, l’exploitation des diamants appartient aussi exclusivement à l'industrie privée ; mais il y a peu de temps encore, elle était faite par le gouvernement, par l’intermédiaire d’esclaves nègres rigoureusement surveillés ; ce qui n’empêchait pas qu’un tiers environ du produit ne s’échappât par la contrebande. Cependant, pour les attacher à l’administration, on les encourageait par des primes, et on leur donnait leur liberté lorsqu’ils apportaient un
(1) Le diamant a été trouvé en place, il y a quelques années, au Brésil, dans les massifs d’une roche nommée ilacolumite, parce qu’on la trouve surtout au pic d 'Itacolumi. Cette roche est composée, comme Vhyalomicte, de quartz grenu et de mica; mais ell& contient en plus du fer ologiste, de l’or et du soufre. La roche à diamant a été trouvée sur la rive gauche du Corrego dos Rios, sur la Serra du Grammagoa, il 43 lieues au nord de la ville de Tijuco ou Diamanlina.
diamant de 17 karats 1/2 (3,71 grammes, le karat valant 4 grains
poids de marc, ou 212 milligrammes).
Pendant longtemps on n’a connu que les diamants bruts ( fig . 70 et 71), et les plus estimés étaient ceux qui présentaient naturellement une forme pyramidale et assez de transparence pour réfracter la lumière. En 1376, Louis de Berquem, ouvrier de Bru-
Fig. 70. — Diamant brut. Fig. 7t. — Diamant brut.
ges, découvrit la manière de travailler le diamant, d’abord par le clivage pour lui donner une forme plus régulière, ensuite par le frottement et le polissage à l’aide de sa propre poussière, qui porte le nom d ’égrisée. Pour donner une idée de la perte que les
Fig. 77. — Culasse d'un Fig. 73. — Table d’un Fig. 74. — Profil d'un brillant. brillant. brillant.
diamants éprouvent dans celte opération, il me suffira de dire que le diamant dit le Régent, qui pesait brut 410 karats, ou 86gr, 92, a été réduit par la taille à 136 karats, ou 288r, 83.
Le diamant est toujours d’un prix très-élevé. Il revient, brut à plus de 38 francs le karat au gouvernement brésilien. Les plus défectueux, qùe l’on destine pour 1 ’égrisée, se vendent de 30 à 36 francs ; les petits diamants bruts et de bonne forme pour la taille s’achètent en gros 48 francs le karat. Lorsqu’ils pèsent plus d’un karat, on les estime par le carré de leur poids X 48. Par exemple, un diamant brut de 2 karats vaut 4 X 48 = 192 francs ; un diamant de 3 karats vaut 9 X 48 = 432 francs. Le diamant
Fig. 75. — Rose vue d’en haut. Fig. 76. — Proül d’une rose.
taillé est d’un prix beaucoup plus élevé. Les très-petits diamants (de 40 au karat) taillés en rose, c’est-à-dire en pyramide (fig. 75 et 76), se vendent de 60 à 80 francs le karat. Lorsqu’ils sont plus gros, on les vend 12o francs et plus. Le brillant qui a la face su-