A LA SÉANCE SOLENNELLE DE L'ÉCOLE ET DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE
LE 15 NOVEMBRE 1871 par M. BU1GNET
Messieurs,
Parmi les hommes qui ont contribué aux progrès des sciences pharmaceutiques, il n’en est aucun qui ait travaillé avec plus d’ardeur, et qui ait laissé parmi nous des regrets plus vifs, que l’homme excellent dont je vais essayer de vous retracer l’histoire. Tour à tour pharmacien, professeur à l’École supérieure de pharmacie de Paris, membre de l’Académie de médecine, membre et deux fois président de la Société de pharmacie, M. Guibourtnous offre l’exemple d’un savant modeste que l’éclat de la renommée n’a jamais ébloui ; qui, dévoué tout entier à la pratique du bien et au culte de la science, ne s’est laissé distraire de son objet par aucun soin étranger, dont le zèle n’eut jamais besoin d’être excité par la louange, et qui ne connut jamais de plus grand plaisir que celui de faire une observation utile ou de découvrir une vérité nouvelle.
Nicolas-Jean-Baptiste-Gaslon Guibourt naquit à Paris, le 2 juillet 1790. Il fit ses études sous la direction de son père, chef d’institution rue de Courcelles, et montra, dès son enfance, celte douceur de mœurs et cette aptitude au travail qui furent toujours les principaux traits de son caractère. Lorsque, ses humanités terminées, il lui fallut faire choix d’un état, il se décida sans hésiter pour la pharmacie qui convenait à son goût pour l’étude. Il eut la bonne fortune d'être admis en apprentissage dans l’officine de M. Boudet, qui passait, à juste titre, pour un des pharmaciens les plus distingués de la capitale. C’est sous ce maître habile qu’il apprit l’art de manipuler, de. composer les mélanges, de préparer