ÉLOGE DE M. GU1BOURT
les médicamenls, détails sans lesquels les praticiens, les plus renommés d’ailleurs, sont quelquefois privés des ressources les plus importantes, détails peut-être un peu trop négligés de nos jours où les jeunes pharmaciens, entièrement adonnés aux grandes théories de la science, daignent à peine songer aux procédés de la pharmacie pratique.
Le genre de talent qui devait un jour illustrer M. Guibourl n’échappa pas à la sagacité de M. Boudet. Encouragé par les sages avis qu’il en reçut, le jeune élève prolongea le temps de ses études et ne tarda pas à marquer ses débuts par de brillants succès Nommé successivement interne à l’Hôtel-Dieu de Paris, directeur de la pharmacie de l’annexe à la Pitié, aide-directeur de la pharmacie centrale des hôpitaux civils et chef des magasins dans le même établissement, il se trouva environné de richesses pharmaceutiques qu’il apprit à connaître, et qui lui suggérèrent la première idée de son Histoire des drogues. En 1810, à peine âgé de vingt ans, il remporta les deux premiers prix de chimie et de pharmacie à l’École de Paris. Il les reçut ici même, dans une cérémonie semblable à celle qui nous réunit aujourd’hui, au milieu des applaudissements publics dont il était déjà digne, et qu’il entendait pour la première fois.
Lorsqu’en 1816, il dut prendre ses grades pour l’exercice de la pharmacie, il pensa devoir à ses antécédents et à lui-même de marquer sa réception par une thèse inaugurale. La position qu’il occupait à la pharmacie centrale l’avait mis à même de préparer tous les médicaments galéniques et chimiques destinés à l’approvisionnement des hôpitaux. Il ne fut donc pas embarrassé de trouver le sujet de thèse qui lui était nécessaire : celui auquel il s’arrêta fut l'Étude des combinaisons que forme le mercure avec l’oxygène et avec le soufre. Quelques-unes de ces combinaisons l’avaient particulièrement frappé par leur apparence et leur peu de stabilité, et c’est pour dissiper tous les doutes sur leur véritable nature qu’il institua les expériences les plus nombreuses et les plus variées.
Le succès dans les sciences physiques ne tient pas seulement au zèle de ceux qui s’en occupent, il tient encore et surtout à ce que l’on sait mettre en œuvre la méthode expérimentale qui conduit à la vérité. C’est cette méthode que M. Guibourt employa de la manière la plus heureuse dans ce travail, et c’est elle aussi qu’il mit toujours en pratique dans ses travaux ultérieurs. Sa thèse se recommande à la fois par le nombre des expériences et par l’importance des résultats qu’elle renferme. 11 prouva, par la manière brillante dont il la soutint, qu’il possédait déjà, dès cette époque,