‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 76 sur 194 · Phosphate urano- calcique, Vranite · texte numérisé non relu

Phosphate urano- calcique, Vranite

Se trouve en petits nids dans la pegmatite (1) àSaint-Symphorien de Marmagne, près d’Autun, et à Saint-Yrieix, près de Limoges. On l’a indiqué aussi dans le granité, à Chessy, et dans quelques autres lieux. C’est une substance jaune, cristallisant en prismes; sa pesanteur spécifique est 3,12; elle est rayée par la chaux carbonatée ; elle donne de l’eau par la chaleur, et fond au chalumeau. Elle donne, avec l'acide nitrique, une liqueur jaune qui est précipitée par l’ammoniaque en devenant incolore. La liqueur ammoniacale précipite par l’acide oxalique.

Suivant l’analyse de Berzélius, l’uranile d’Autun est composée de :

Oxygène.

Acide phosphorique . 14,63 8,19 5

Oxyde uranique . 59,37 9,90 6

Chaux . 5,66 1,59 1

Eau . 14,90 13,24 8

Magnésie et oxyde de manganèse. . . 0,19

Baryte . 2,85

Silice . 1,51

Dans cet exemple-ci, pour établir la composition atomique du phosphate double d’urane, au lieu de diviser la quantité de chaque corps constituant par son nombre atomique, on a calculé la quantité d’oxygène contenue dans chacun, et on a oblenu les nombres 8,19; 9,90; 1,59 et 13,24. Cherchant alors les rapports simples entre ces -qualités, on trouve 5, 6, 1 et 8 ; c’est-à-dire, que pour une quantité d’acide phosphorique qui contient 5 atomes d’oxygène, l’oxyde d’urane en contient 6, la chaux 1, et l’eau 8. D’où il suit que, dans l’uranite d’Aulun, 1 atome d’acide phosphorique est combiné avec 2 atomes d’oxyde d’urane, 1 atome de chaux et 8 atomes d’eau. Sa formule est, en conséquence,

P’Os -t- 2U,0» + CaO -f 8H«0, c’est-à-dire que c’est un phosphate tribasique hydraté.

I 2. Phosphate urano -cuprique, Chalkolite.

Couleur verte ; prismes à base carrée ; pesanteur spécifique, 3,33; rayé par la chaux carbonatée, donnant de l’eau par la calcination; fusible au chalumeau. Fournissant du cuivre mé-

(1) Roche de fusion ignée composée de feldspath laminaire et de cristaux de quartz enclavés ; nommée aussi granité graphique.

tallique par la fusion sur un charbon, avec addition de carbonate de soude ; soluble dans l’acide nitrique. La liqueur rougit le fer métallique, et forme avec l’ammoniaque un précipité vert surmonté d’une liqueur bleue. L’analyse faite par Berzélius a donné :

Oiygèue.

Acide phosphorique .

Oxyde d’urane .

— de cuivre .

Eau .

Gangue .

P’O8 -f 2U,Os,CuO + 8H*0.

Cette composition est exactement celle de l’uranite, dans laquelle la chaux se trouve remplacée par l’oxyde de cuivre. On trouve le phosphate urano-cuprique dans les mines d’étain et de cuivre de Cornouailles, de Saxe et de Bohême; dans les filons argentifères ou cobaltifères de Schneeberg, en Saxe, etc.

Carbonate urnno-rnlcique, Lirblglte.

C’est une substance d’une belle couleur verte qu’on trouve aux environs d’Andrinople en Turquie, avec l’hydrosulfate des mêmes bases. Sa formule est 2 CaO,C02 -f 2U203,C02 + 36IIO.

Ce métal, dont la connaissance remonte à la plus haute antiquité, était désigné par les alchimistes sous le nom de venus. 11 se trouve sous 14 étals principaux dans la terre, savoir :

natif, arséhiaté,

arsénié, phosphaté,

sélénié, hydrosihcaté,

sulfuré, carbonaté,

oxydulé, hydrocarbonaté,

oxydé, oxychloruré,

arsénité, sulfaté.

Cuivre natif.

Il ofTre tous les caractères du cuivre obtenu par l’art, à cela près que sa surface est ordinairement terne ou noirâtre ; mais, par le grattage ou l’action de la lime, il acquiert facilement l’éclat et la couleur rouge qui le caractérisent. Il est malléable, et pèse

CUIVRE ARSENICAL.

ordinairement 8,58 (le cuivre pur pèse 8,893). Il est souvent cristallisé en cubes ou en formes qui en dérivent, telles que l’octaèdre régulier, le cubo-octaèdre, le cubo-dodécaèdre, etc. Sa forme la plus ordinaire est l’octaèdre cunéiforme. O n le trouve aussi en dendrites, en rameaux, en filaments, en petites lames ou en grains, implantés ou dispersés dans diverses gangues; ou en masses mamelonnées ou botryoïdes isolées.

Le cuivre natif se trouve principalement dans les terrains primitifs supérieurs, où il est presque toujours associé au cuivre carbonate, sulfuré et pyriteux, ayant une gangue de micaschiste, de gneiss, de jaspe ferrugineux, de calcaire saccharoïde, de calcium fluorure ou de baryte sulfatée. On le trouve aussi dans les roches amygdaloïdes des terrains secondaires, associé au cuivre oxydulé, carbonaté ou hydrosilicaté; enfin, on le rencontre en masses isolées et quelquefois considérables, dans les sables de transport comme au Brésil, au Chili et au Canada. Une masse trouvée ainsi aux environs de Bahia pesait i, 300 kilogrammes.

On connaît une variété de cuivre natif pour ainsi dire artificielle, ou qui se forme sous les yeux des mineurs, dans les mines de cuivre où s’infiltre une dissolution de sulfate, qui se trouve, décomposée par le fer ou par des substances organiques. Il est en petites masses poreuses ou granuleuses, et porte le nom de cuivre de cémentation.

Cuivre arsenical.

Ce minéral a été indiqué pour la première fois par Henkel, qui l’a trouvé composé d’environ 0,40 de cuivre et de 0,50 à 0,55 d’arsenic. Il est en masses amorphes, d’un blanc un peu jaunâtre, peu éclatant et très-fragile. On l'a trouvé depuis dans plusieurs localités, en Saxe et dans le comté de Cornouailles.

M. Domeyko, professeur de chimie à Coquimbo (Chili), a décrit un autre arséniure de cuivre trouvé en abondance dans une mine d’argent, au mont Calabazo, et dans la mine de San- Antonio, dans le département de Copiapo. Ce nouvel arséniure est amorphe, compacte, à cassure grenue, éclatant et d’un blanc comparable à celui du fer arsenical. Il perd son éclat à l'air et y prend des couleurs irisées, à la manière du cuivre pyriteux. 11 est composé de :

Rapports moléculaires.

Cuivre . 71,64 X 2,521 = 180 3

Arsenic . 28,36 X 2,133 = 60 I

Formule : Cu’As.

Whinégite. — Minéral cristallin à structure grenue, d’un éclat

métallique, couleur blanc-jaunâtre, prenant facilement le poli, mais brunissant à la surface. Un peu ductile. Densité, 8,408. Trouvée en une masse de 20 kilogrammes, dans la mine de Pewabie, comté de Houghton (Michigan).

Composition, Cu = 88,07 ; As = 11 ,81 Ag et autres = 0,33. Ce qui s’accorde avec CuuAs.

Cuivre si'lénié.

Très-rare, trouvé à Skrikerum, dans le Smaland, en petites veines très-minces dans du calcaire spathique. Il est d’un blanc d’argent et ductile. Chauffé au chalumeau, il dégage une odeur de raifort pourri, et se fond en un globule gris légèrement malléable. Sa dissolution dans l’acide nitrique offre toutes les réactions du cuivre.

Suivant l’analyse de Berzélius, il est composé de :

Rapports moléculaires.

Sélénium . 40 x 2,02 = 81 l

Cuivre . 6i X 2,52 = 161 2

Formule : CuSe.

Cuivre sélénié argentifère , eukairite (Berzélius).. — Substance métalloïde, d’un gris de plomb, ductile, se laissant couper au couteau, trouvé au même lieu que le précédent, formé de :

Rapports moléculaires.

Sélénium . 26 53 2

Argent . 38,93 29 1

Cuivre . 23,05 58 2

Substances terreuses . 8,90

Acide carbonique et perte. 3,12

Formule : AgSe + Cu’Se.

M. Domeyko signale au Chili cette même substance en morceaux quelquefois considérables. II donne comme le caractère le plus sûr pour la reconnaître la manière dont elle se comporte au chalumeau dans un tube ouvert, de 6 à 7 millimètres de diamètre. La matière se fond et l’on obtient un. sublimé blanc mélangé d’un autre qui est rouge. Ce tube étant exposé à l’air, la partie blanche du sublimé attire l’humidité et disparaît, ne laissant que le sublimé rouge de sélénium.

J’ai mentionné, à la suite du séléniure de plomb (page 173), un plomb sélénié cuprifère qui offre une combinaison en plusieurs proportions des deux séléniures de cuivre et de plomb, trouvée dans les mines du Harz.

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