‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 99 sur 194 · Fer arséniuré argentifère d’Andreasberg, par Klaprolh · texte numérisé non relu

Fer arséniuré argentifère d’Andreasberg, par Klaprolh

Arsenic . .

Antimoine .

.Fer .

Argent .

Fer Hulfo-aménluré.

Pyrite arsenicale ou mispickel. — Substance possédant l’éclat métallique et la couleur blanche de l’étain, très-dure et rayant l’acier; faisant feu au briquet, par conséquent. La cassure en est granulaire et peu brillante; sa pesanteur spécifique == 6,127. A la flamme d’üne bougie, elle dégage une fumée épaisse, arsenicale; au chalumeau, elle se fond en un globule noir; chauffée dans un tube fermé, elle forme un sublimé de sulfure d’arsenic; dissoute par l’acide nitrique, elle forme une liqueur brunâtre qui précipite en bleu foncé par le cyanure ferro-potassique. Trois analyses ont donné:

Stromeyer. Chevreul. Thomson.

Soufre . 21,08 20,13 19,60

Arsenic . 42,88 43,42 45,74

Fer . 36,04 34,94 33,98

L’analyse de Thomson répond presque à Fe2As2S2, laquelle donne :

Soufre.

Arsenic.

Fer. . . .

KAMILLE DU EER.

d’où l’on peut conclure que la composition du fer sulfo-arséniuré doit être FeS* -f- FeAsJ.

Le fer sulfo-arséniuré a pour forme primitive un prisme droit rhomboïdal de lit0 12' et 68° 48'. Les formes secondaires sont peu variées ; on y observe des octaèdres cunéiformes ou des prismes à sommets dièdres. Les cristaux sont généralement petits et striés. On le trouve tantôt disséminé <lans les roches primitives, tantôt dans les liions métalliques et principalement dans ceux d’étain.

Fer oxydé.

Le fer est susceptible de deux principaux degrés d’oxydation • le protoxyde ou oxure ferreux (FeO) se produit quand on dissout le fer dans de l’acide sulfurique ou chlorhydrique étendu d’eau et à l’abri du contact de l’air. 11 est blanc à l’état d’hydrate ; mais l’action de l’air le fait passer rapidement au vert, au noir et au rouge, et cette facile oxygénation suffit pour nous faire connaître que le protoxyde ne peut pas se trouver dans la nature.

Le second degré d’oxydation (sesquioxyde de fer ou oxure ferrique) est rouge ; il est formé de FeO1’3 ou de Fe203. On sait aussi que ces deux oxydes peuvent se combiner en plusieurs proportions; mais que celle qui se produit le plus ordinairement est un oxyde noir, nommé autrefois œlhiops martial, formé de FeO + Fea03, véritable ferrite de fer. Cet oxyde intermédiaire existe dans la nature, et a été nommé, par Haüy, fer oxydulé. Le sesquioxyde, qui existe aussi, a reçu le nom de fer oligiste, c’est-àdire plus pauvre en métal, ou rie fer oxydé.

Enfin ce môme fer oxydé existe à l’état d 'hydrate, de sorte que nous avons trois espèces d’oxydes de fer à examiner : le fer oxydulé, lé fer oxydé et le fer oxydé hydraté ou hydroxydé.

Fer oxydulé.

Oxyde d'un gris noirâtre joint à l’éclat métallique, donnant une poudre noire. Il est cassant et cède facilement à la percussion; il pèse de 4,7 à 5,09; il est trôs-attirable à l’aimant et fait souvent lui-même l’office d’aimant. 11 est très-difficilement fu sible au chalumeau; il colore le borax en vert-bouteille, au fe~ de réduction.

Le fer. oxydulé a pour forme primitive l’octaèdre régulier, et se formes les plus habituelles sont Y octaèdre primitif, V octaèdre' eu néiforme, Voctaèdre émarginé, c’est-à-dire dont toutes les arête' sont remplacées par une facette; enlin le dodécaèdre rhomboïdal

provenant de ^modification précédènle quia atteint sa limite (1). On trouve, ervoiitrç, du fer oxydulé en masses laminaires ou compactes, d’une couleur gris d’acier, et quelquefois blanchâtre, quand il contient du quartz. Ce fer oyydulé compacte constitue V aimant naturel, pourvu des deux pôles magnétiques, attirant le fer et pouvant en supporter un certain poids. On le taille de manière à mettre les deux pôles en opposition, et on y joint une armature d’acier.

On trouve encore du fer oxydulé terreux, d’un noir brunâtre, possédant souvent un magnétisme polaire très-énergique, et du fer oxydulé fuligineux en poussière noirâtre qui ressemble à de la suie.

Gisements. — Le fer oxydulé forme des dépôts très-considérables dans les terrains primitifs et intermédiaires.' Il s’y trouve disséminé en cristaux ou en nids ; mais le plus souvent il est en amas assez volumineux, et forme quelquefois des montagnes entières, comme à Taberg, en Suède, ou bien il constitue des bancs puissants, qui se répètent plusieurs fois dans la hauteur d’une même montagne, comme en Suède, en Norwége, en Hongrie, dans le Piémont, aux monts Ourals, aux monts Altaï, aux États- Unis.

Fer oxyllé OU Fer oligiste.

Haüy avait anciennement formé deux espèces du fer oxydé : la première, qu’il nommait fer oligiste, se composait principalement de cristaux gris noirâtres, éclatants et magnétiques; la seconde, qu’il nommait fer oxydé, comprenait la pierre hématite , et les oxydes de fer terreux et d’un rouge vif. Quelques chimistes avaient même appuyé et motivé cette séparation, en prétendant que le fer oligiste, cristallisé et atlirable à l’aimant, n’était pas véritablement du peroxyde de fer, mais consistait en une combinaison de 2Feü + 3Fe‘J03. J’ai fait personnellement quelques expériences qui prouvent que celte opinion n’est pas fondée. Ayant pris un poids donné de fer oligiste en poudre très-üne, l’ayant mélé avec de l’acide nitrique, et l’ayant chauffé au rouge dans un creuset de platine, le poids de l’oxyde n’a pas subi la moindre augmentation. Pour second essai, j’ai mêlé une autre quantité d’oxyde pulvérisé avec du nitrate de potasse ; j’ai chauffé fortement dans un creuset de platine; j’ai enlevé le nitrate de potasse par l’eau, et bien lavé l’oxyde, qui n’a encore éprouvé aucune augmentation de poids. 11 faut en conclure que le fer oligiste n’est rien autre chose que la forme cristalline de la pierre héma-

(I) Ces mêmes formes, appartenant au cuivre oxydulé, se trouvent repre-

FAMILLiÊ tfü FER.

tite, et que sa propriété magnétique, qui d’ailleurs est trèsfaible, est due à une simple disposition particulière de ses particules (1).

Le fer oligiste est d’un gris d’acier éclatant et souvent irisé à sa surface. Il a une cassure raboteuse; il donne par la pulvérisation une poudre brune, qui devient rouge par la trituration et la division avec de l’eau. Il est assez dur pour rayer le verre. Il ae;r faiblement sur le barreau aimanté, et ne peut dans aucun cas enlever de la limaille de fer. Sa pesanteur spécifique, qui est de 5,2, est remarquable en ce qu’elle est plus grande que celle du fer oxydulé, bien qu’il contienne plus d’oxygène et moins de fer.

Fer oxydulé. Fer oxydé.

Oxygène . 27, 55 30

Fer . 72,45 70

Sa forme primitive est un rhomboïde aigu ( fig . 137), dont les angles sont 86° 10' et 93° 50'. Il présente des formes secondaires nombreuses et bien compliquées, dont voici les principale^ :

Rhomboèdre binaire (Haüy) (fig. 138). — Rhomboïde obtus’, très-

Fig. 137, — Fer oligiste. Fig. 138. — Fer oligiste.

rare à l’état, de liberté ; mais la plupart des cristaux de l’ile d’Elbe le présentent comme terminaison.

Rhomboèdre basé (Haüy) (fig. 139). — Ce cristal provient de la troncature du rhomboèdre primitif par deux plans' qui passent par les diagonales transversales des faces. On enlève ainsi chaque angle-sommet avec la moitié des faces qui le forment, et le reste constitue un octaèdre à base rectangle, mais tellement oblique que les deux faces, inférieure et supérieure, sont très-iapnr * chées, et donnent plutôt au cristal la forme d’une lame à proi °* lion hexagonale, comme celle du rhomboèdre. Se trouve dansT*

Rirhombotdal (Haüy) (fig. 140). — C’est le cristal dont les deux faces o, provenant de la troncature

précédent,

du rhom

(1) Il ne serait pas impossible cependant que cet quelques particules de fer oxydulé interposées faibles pour que l’augmentation du poids fût sens

boèdre primitif, sont surmontées par les sommets du rhomboèdre obtus delà figure 138. Cette forme se rencontre à l’ile d’Elbe. Imitatif (Haüy) {fig. 141). — C’est le rhomboèdre primitif basé.

Fig. 139. — Fer oxydé. Fig. 140. — Fer oxyde. Fig. 141. — Fer oxydé.

ou le cristal (üg. 139), dont les six. angles sont remplacés par des facettes appartenant à un rhomboèdre de même angle que le primitif, mais placé en sens inverse. Si les six faces l, l', se prolongeaient jusqu’à masquer les autres, il en résulterait un rhomboèdre semblable au noyau.

Autre imitatif (Haüy) {fig. 142). — Ce cristal est celui de la figure 141 , dans lequel les facettes l et 1 se sont accrues de manière

Fig. 142. — Fer oxydé. Fig. 143. — Fer oxydé.

à devenir seulement égales aux faces primitives P ; et comme les cristaux sont toujours très-minces, on les prendrait, à la première vue, pour des prismes hexaèdres réguliers très-courts. Mais en faisant jouer les prétendues faces latérales à la lumière, on voit qu’elles sont en réalité formées par des biseaux dont une face est inclinée vers le sommet supérieur du rhomboèdre, et l’autre vers le sommet inférieur. Si ces faces P et / étaient prolongées au point défaire disparaître les bases o, le cristal deviendrait un dodécaèdre triangulaire isocèle, de mêrne que cela a lieu pour le quartz et la chaux carbonatée. Mais le fer oligiste ne possède pas ce çenre de forme.

Equivalent (Haüy) {fig. 443). — C’est la forme précédente qui porte sur les six angles du milieu six facettes appartenant au prisme hexaèdre régulier.

Bino ternaire (Haüy) {fig. 444). — Ce cristal, assez complexe, est très-fréquent à l’ile d’Elbe. 11 se compose du rhomboèdre primitif, dont chaque sommet est remplacé par le rhomboèdre obtus binaire, et qui porte en outre, sur les côtés, des facettes n, appartenant à la forme métastatique. Les surfaces s du rhomboïde

binaire sonl souvent convexes. Une variété, dite lenticulaire , également très-commune, provient aussi du rhomboïde binaire (fig. 138) arrondi en forme de lentille. Toutes ces variétés sont souvent parées des plus belles couleurs de l’iris. On trouve également le fer oligisteen masses laminaires, granulaires ou compactes. On donne le nom particulier de fer micacé ou fer oligiste écailleux, à du fer oligisie qui est sous forme de masses ou d’amas composés de petites lames brillantes et d’un éclat métallique gris foncé, n’ayant aucune adhérence entre elles et faciles à séparer, par le simple frottement des doigts, en paillettes brillantes comme du mica. Ces paillettes sont d’un rouge brun foncé, et sont quelquefois transparentes à la loupe. Enfin les terrains volcaniques offrent une variété particulière de feroligiste, dite fer spéculaire, qui se présente sous forme de lames hexagonales ou de cristaux tabulaires, minces, d’un gris foncé, très-brillants et à surface miroitante. Cet oxyde provient probablement de la décomposition du chlorure de fer sublimé qui accompagne les produits volcaniques, par l’action réunie de la vapeur d’eau et de l'oxygène de l’air. On le trouve, en France, implanté sur les pa. rois des fissures des laves du Puy-de-Dôme et du Mont-Dore.

Fer oxydé concrétionné ou pierre hématite. — En masses mamelonnées ou arrondies à l’extérieur, à structure fibreuse et radiée àl 'intérieur, ayant encore un certain éclat métallique et une couleur grise un peu rougeâtre.

Les fibres convergent vers un centre commun, et ordinairement c’est vers cette extrémité qu’elles prennent plus de densité, plud’éclat et une apparence de forme cristalline, tandis que là cir^ conférence est plus rouge et plus terreuse. La poudre es! touiour' rouge; le magnétisme est tout à fait nul, ou ne devient sen«riM que lorsque l’oxyde a été chauffé. usiû[e

Fer oxydé terreux. — En masses d’apparence terreuse d’ rouge vif, tendres et tachant le papier. Le plus ordinairement ““ oxyde se trouve mélangé d’une quantité plus ou moins «rr . d’argile qui le fait passer de l'état de sanguine ou de crayon In * à cel ui de bol d’Armén te et de terre sigillée . ou9e,

Gisements. — Le 1er oligiste se trouve dans les terrains

Primi-

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