LÉGUMINEUSES. — BAUME DE TOLU
péralure de 0 à S degrés, le copahu le plus pur reste trouble avec l’ammoniaque; cet essai doit donc être fait à une température de 10 à 15 degrés, et cela est toujours facile.
[ao Tar ie moyen de l'alcool. — M. Hückiger (1) propose le procédé sui-. vant : on mélange 4 parties d’alcool avec 1 partie du baume de copahu, et on éléve la température entre 40 et 60“ : on laisse refroidir et on enlève la couche supérieure du mélange. Cette partie contient une trèspetite quantité de résine, de l’huile essentielle, et l’huile de ricin, s’il en existe dans le baume de copahu. En chassant parla distillation l’essence et l’alcool, on met facilement en évidence l’huile de ricin.]
On a aussi proposé l’acide sulfurique pour reconnaître la pureté du baume de copahu, mais ce moyen est moins sûr que ceux dont je viens de parler.
Maintenant qu’il est connu que la térébenthine de Bordeaux donne au copahu la propriété de se solidifier par la magnésie, on trouve dans le commerce beaucoup de copahu falsifié avec cette térébenthine : on le reconnaît à sa plus grande consistance et à son odeur. Ce dernier caractère devient sensible surtout en laissant évaporer un peu de copahu falsifié sur du papier,
ItaumcB du Pérou et de Tolu.
Les sucs balsamiques connus sous ces deux noms sont produits par des arbres appartenant au genre Myroxylon, de la tribu des Sophorées,dansla sous-famille des Papilionacées. Ces arbres ont un calice largement campanulé, à 5 dents peu marquées et persistantes ; les pétales sont au nombre de 5, dont 4 réguliers, étroits, presque linéaires, et le 5“ (l’étendard) terminé par un limbe Irèsélargi et orbiculaire. Les étamines sont au nombre de 10, à filets libres et subulés ; l’ovaire est stipité, oblong, membraneux, à un petit nombre d’ovules, terminé par un style filiforme un peu latéral. Le légume est stipité, bordé dans la plus grande partie de sa longueur par une aile membraneuse, et terminé par une loge un peu renflée qui contient une ou deux semences. Les feuilles sont imparipinnées ; les folioles calternes, très-courtement pétiolées, marquées de points et de lignes translucides ; les grappes sont axillaires et terminales. Les fleurs sont blanches ou roses.
Les espèces de ce genre ne sont pas toutes bien déterminées. Nous n’indiquerons que celles qui donnent quelque produit à la matière médicale.
JUyroxylum peruiferum, Muiis et Linn. Ris {Myrospermum peniiferum, D.G. ; Myrospermum pedicellatum. LamDict). — Ce myrosperme {fig. 72a) est un grand arbre dont le tronc, couvert d’une écorce épaisse, rugueuse et cendrée, acquiert jusqu’à 05 centi-
(1) Flückiger, loc. cit.
472 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
mètres de diamètre. Le bois en est blanchâtre à rexlérieiir, mais d’un rouge brunâtre intérieurement, d’une grande dureté et trèsestimé pour la construction des édifices et des moulins à sucre. Les feuilles sont composées de 7 à la folioles alternes, ovalesoblongues, entières, quelques-unes un peu pointues, mais la plupart un peu échancrées au sommet ; ces folioles sont longues de 27 à 45 millimètres, larges de 10 à 23, vertes, fermes, coriaces, glabres, sauf la partie inférieure de la nervure principale qui est un peu pubescente, ainsi que les pétioles partiels et le pétiole commun. Les nids d’étamines sont longtemps persistants.
Le fruit est une gousse péclicellée, glabre, jaunâtre, linéaire, très- aplatie et membraneuse sur toute la longueur. qui varie de 3,3 à tl cenliraères, excepté à l’extrémité, qui présente un renflement oblong, rugueux, ne contenant qu’une seule graine fauve et réniforme. Cet arbre croit au l’érou, où il porte le nom de quino-quino, et d où les échantillons en ont été rapportés par Joseph de Jussieu. 11 paraît varier par la forme de ses folioles, que Huiz a décrites comme étant ovées-lancéolées et pointues, quoique l’extrémité en soit toujours un peu obtuse et incisée (1),
(1) Le Myrosptrmum peruiferum do Ruiz, dont malheureusement la description manque à la Flore du Pérou, croit dans les montagnes des Panataluias, dans les bois de Puznzu, de Muna, de Cuchero et autres lieux voisins du cours du Maragnon. Celui que M. VVeddell a trouvé dans la Bolivie a les folioles conformes à la description de Ruiz, toutes étant oblongues-lancéolées, et terminées par une pointe mousse, divisée en deux par une petite échancrure. Le contour des feuilles est légèrement oudulé, et leur limbe, placé entre l’air et 'a lumière, parait tout criblé de points et de petites lignes transparentés, dirigées parallèlement aux nervures secondaires. Les plus grandes ont 44 millimètres de long sur 2ü de large, et les plus petites ont 32 millimètres sur 15. Cette plante a été nommée par Warseewitz, M. rohiniœ folium.
Le bois du même arbre, rapporté par M. Weddell, est aromatique, très-dur, compacte et d'une assez belle couleur rouge. Sa coupo horizontale présente un pointillé blanchâtre très-serré, et des lignes radiaires très-nombreuses, sans aucunes lignes concentriques; l’aubier est jaunâtre et peu épais; l’écorce est blanchâtre, inégale, crevassée, imprégnée de suc résino-balsamique.