‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 101 sur 139 · LÉGUMINEUSES. — DAUME DE TOLU · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — DAUME DE TOLU

Suivant Ruiz, le baume de fiuino-quino s’extrait par des incisions faites à l’écorce, à l’entrée du printemps, c’est-à-dire quand les pluies sont courtes et frétiucntes. Lorsqu’on le reçoit dans des bouteilles, il se maintient liquide pendant quelques années, et, dans ce cas, on lui donne le nom de baume blanc liquide (1) ; mais quand on le renferme dans des calebasses, comme on le pratique communément à Carlhagène et dans les montagnes de Tolu, au bout de quelque temps il se durcit comme une résine et prend les noms de baume blanc sec ou de baume de Tolu, sous lesquels il est connu chez les pharmaciens et les droguistes.

MyroxylonPereiræ, Klozsch ; Myrospermum Pereirœ, Royle (2). — Cette espèce importante, qui donne le baume de P'érou noir, le vrai baume du Pérou du commerce, a été tout d’abord distinguée par Pereira qui en a donné une excellente description et de très-bonnes figures (3), et qui lui a laissé provisoirement le nom de Myrospermum de Son Sonaté, en raison de l’incerlitiule qui lui reste encore sur sa synonymie spécifique. A ne considérer, en effet, que quelques folioles, on pourrait les confondre avec celles du peruiferum de Kunth ; à en prendre quelques autres, dont le rétrécissement final est plus marqué, on serait tenté de le rapprocher du toluiferum ; mais en considérant l’ensemble des folioles, leur consistance, leur grandeur et leur forme généralement ovaleelliptique, on est porté à les regarder comme le signe d’une espèce distincte, que Royle a, en effet, établie sous le nom de M. Pereirœ.

L’espèce ou variété dont \& Myrospermum de Son Sonaté se rapproche le plus, est le M. balsamiferum de Pavon, figuré par Lambert ; mais on trouve une différence très-sensible dans le fruit. Celui de Pavon est plus grand ; la samare est très-rélrécie d’un côté, vers le pédoncule, élargie de l’autre, et la pointe du style est précédée d’une échancrure ou d’un sinus ; tandis que le fruit de Son Sonaté est plus petit, aminci presque également des deux côtés, vers le pédoncule, et que la pointe du style est précédée, du côté du pédoncule, par un élargissement très-sensible, dont le contour est convexe. En résumé, le Myrospermum de Son Sonaté ne ressemble complètement à aucun autre. C’est à cette espèce qu’il faut rapporter d’Hernandez. D’après cet auteur,

en quelque temps de l’année qu’on incise l’écorce de l’arbre.

(1) Ce baume du Pérou, blanc et liquide, n'est peut-être jamais venu dans le commerce. D’après Lemery, ce qu’on donnait sous ce nom, de son temps, était du baume liquidambar.

(2) 31. Haillon pense que le Myroxylon Pereirœ ne diffère pas spécifiquement du M. To/vifera.

(:i) Pereira, Pharniac. Juurn., t. X, p. 230 et 28 >.

i~i DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

mais suilout à la fin de la saison pluvieuse, on en obtient ce noble baume d’Inde qu’on ne saurait assez louer, qui est liquide, d’une couleur jaune inclinant au noir, d’une saveur âcre, un peu amère, d’une odeur véhémente et cependant de la plus grande suavité. C’est elle aussi qui donne par l’expression de ses fruits le baume blanc de Son Sonaté, qu’il ne faut pas confondre avec le baume blanc de Huiz, obtenu par incision du M. pei-uiferum.

Mijrospermum toluiferuni, DC. ; Myroxylon toluiferum ou Toluifera, Ach. Rich. et Kunth ; Toluifera Balsamum, Miller. — Arbre très-vaste, dont le bois du tronc est rouge au centre et pourvu d’une odeur de taume ou plutôt de rose. Les feuilles sont composées de 7 à 8 folioles alternes, courlement pétiolées, acuminées, très-entières sur la marge, mais sous-ondulées, réticulées, veineuses, membraneuses, très-glabres et brillantes, toutes parsemées de linéoles et de points transparents. La foliole terminale est longue de 80 millimètres et large de 34 ; les intermédiaires ont de ü3 à 77 millimètres sur 23 à 27 ; les plus inférieures, qui sont les plus petites, sont encore longues de 34 mil- Hmèlres ; aucune des folioles n’est cordiforme: elles se terminent à l’extrémité supérieure par un brusque rétrécissement finissant en pointe étroite et allongée, présentant à peine un commencement d’échancrure.

Le Myrospermum toluiferum croît dans les environs de ïurbaco, et principalement dans les hautes savanes, proche de Tolu, de Corozol et de la ville de Tacasuan; on le trouve aussi à l’embouchure du fleuve Sinu, proche el Zapote, et çà et là sur les bords de la Magdeleine, aux environs de Garapatas et de Moatpox. Cet arbre avait été nommé par Linné Toluifiwa Balsamum, et avait été rangé par Jussieu dans la famille des 'l’érébinlhacées, par suite d’une erreur de Miller, qui avait joint à la description des feuilles un fruit étranger à l’espèce. C'est Ruiz qui a le premier émis l’opinion que le Toluifera de Linné devait être réuni en uuseul genre avec les Myroxylon et les Myrospermum (4) Ce célèbre botaniste pensait môme, ainsi qu’on l’a vu plus baul, que le baume de Tolu ne différait pas du baume du Pérou sec (p. 472). La première opinion a été confirmée par Ach. Richard (2) ; nous allons voir que la seconde est aussi bien près d’être une vérité.

Ilaiimc lie Tolu .

Ce baume est produit en très-grande quantité dans les diverses parties de la Colombie qui viennent d’ôlre indiquées pour le

(1) Ruiz, Appendice à la Quinotogie, p. !)"•

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