‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 102 sur 139 · LÉGUMINEUSES. — BAUME DE TOLU · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — BAUME DE TOLU

Myrospermum Toluifera. [On l'exlrail du tronc de l’arbre en perçant profondément le bois. Le suc est recueilli dans des calebasses qu’on place au-dessous de l’incision, puis versé darîs des sacs de peau. On l’apporte dans ces sacs jusqu’aux ports de mer, où il est transvasé dans des boites en fer-blanc, qu’on expédie en Europe (1).] Il est sec ou mou.

Le baume de Tolu sec arrivait autrefois dans des calebasses d’une petite dimension, qui sont devenues très-rares aujourd’hui ; il est venu ensuite dans des potiches de terre d’un volume et d’un poids considérable. Aujourd’hui on le renferme presque exclusivement dans des boîtes de fer-blanc du poids de 3 kilogrammes environ. 11 est solide et cassant à froid, mais il coule facilement et se réunit en une seule masse, comme le fait la poix. 11 est fauve ou roux, d’une transparence imparfaite, d’une apparence grenue ou cristalline. Il possède une odeur douce et très-suave, moins forte que celle du storax et du baume du Pérou. 11 est ductile sons la dent et présente une saveur douce et parfumée, seulement accompagnée d'une légère âcreté à la gorge, due aux acides qu’il conlient. Il fond au feu en répandant une fumée très-agréable; il est très-soluble dans l’alcool, moins soluble dans l’éther. 11 cède à l’eau bouillante une assez grande quantité d’acide cinnamique et d’acide benzo'ique mêlés.

Le baume «le Tolu mou se Irouvc toujours en boîtes de ferblanc; il a une consistance de poix molle ou de térébenthine épaisse; il est plus transparent que le premier, plus foncé en couleur et contient souvent des impuretés. Il possède une odeur suave et aromatique, plus marquée peut-être; mais il a une saveur peu marquée et contient moins d’acides benzoïque et cinnamique. Je me suis convaincu 'que cette différence tenait à ce que le baume était plus récent :|cn exposant pendant longtemps ce baume mou à l’air, sur une assiette, il est devenu sec et cristallin, sans rien perdre de son poids; et l’ayant alors traité par l’eau, j’ai constaté, au moyen de la saturation par un alcali, que le baume solidilié à l’air contenait plus d’acide que lorsqu’il était récent. 11 a été évident pour moi que cette augmentation d’acidité était due à l’oxygénation de l’essence.

11 faut prendre garde, en achetant du baume de Tolu, de prendre en place du liquidambar mou, ou un mélange des deux, ou du baume de ’l'olu qui ait déjà été traité par l’eau. Le baume de Tolu ne doit pas être opaque, ne doit pas contenir d’eau, doit avoir une odeur et un goût marqués, très-agréables et tout à fait distincts du styrax et du liquidambar.

(1) \Veir,’;Ort Mijroxijlon loluiferum and t/ie Mode of prccuring the Balsam of Tolu {Pliarm. Jotirn., 2' série, t. VI. p. CO).

^"6 DICOTYLÉDONES CALICIFLOIIES.

[Le baume de Tolu conlient comme acide libre de {'acide cinnamique et en môme temps une substance résineuse, formée de deux résines distinctes; l’une Irès-soluble dans l’alcool froid,

l’autre insoluble dans l’alcool. La première, dissoute

dans la potasse et abandonnée à l’air se transforme dans la seconde, en même temps qu’il se produit de l’acide cinnamiquo.]

Distillé avec de l’eau, il fournit une essence liquide composée de trois corps volatils: i“ de to/ène, essence liquide bouillant à 170 degrés, formée de G’*1D*; 2“ d’acide benzoïque; 3“ cinnaméine bouillant à 340 degrés. Les acides dissous par l’eau, ou qu’on peut en extraire par un carbonate alcalin, sont un mélange d'acide benzoïque et d’acide cinnamique. Quant à la résine, on peut l’obtenir en dissolvant dans la potasse caustique étendue le baume épuisé d’essence et d’acides par l’ébullition dans l’eau; on précipite ensuite la résine en faisant passer dans la liqueur un courant d’acide carbonique, on la lave, et on la fait sécher. Elle est rouge, fusible à 103 degrés et composée rie

Baume du Pérou sec.

Nous avons vu précédemment que, d’après Ruiz, lexM yroylon peruifei'um, au moins celui qu’il nomme ainsi, fournit, par incision, un baume liquide et blanchâtre qui, lorsqu’il est solidifié à l'air, ou dans des calebasses, porle le nom de baume blanc sec ou de baume de Tolu. Je suis heureux de devoir à M. ^^'eddell un échantillon de ce vrai baume sec du Pérou, recueilli par lui dans le sud de la Bolivie, au pied d’un Myroxylon, dont il a rapporté les feuilles et le bois, et qui ne diffère du M. peruiferum de Ruiz que par ses feuilles plus grandes, plus vertes, plus minces, toutes frippées et très-caduques. Ce baume est tout à fait solide, d’un blond rougeâtre, seulement translucide, dur, trèstenace et d’une cassure esquilleuse ou cristalline. Il possède une odeur très-aromatique, analogue à celle du baume de Tolu ordinaire, mais beaucoup plus forte sans cesser d’être très-agréable; il .se ramollit entre les dents et présente le môme goût très-parfumé, accompagné d'une âcrelé marquée, mais non désagréable. En un mot, le baume du Pérou sec et le baume de Tolu doivent être considérés comme deux sortes d’une môme substance dont lu première l’emporte beaucoup en qualité sur la seconde.

Baume du Pérou brun.

Baume du Pérou en cocos de ma 3“ édition. Je laisse encore à celle substance le nom de baume du Pérou, quoique j’aie lieu de

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