TÉRÉBINTHACÉES. — BAUME DE LA MECQUE
[Depuis, M. Schenk (l) et M. Hanbury (2) ont montré que c’est sur une térébinlhacée, le Rhussemi-alata, que viennent ces galles,
produites par le pucerondécritpar Doubleday sous le nom A’Aphis chinensis. On cite également le Rhusjaponica Siebold, comme donnant le même produit (3).]
Baume de la Mecque.
L’arbuste qui produit ce suc résineux portait chez les Grecs le nom de pdXffajxov, et les trois substances qu’il fournit au commerce étaient connues sous ceux de 07ro6a>.<jo([Aov (suc de baumier), HüXoëaXuaiJiov (bois debaumier), et Kapito6aX(Ta[io> (fruit de baumier). Chez les Latins, le Baume portait simplement le nom de Balsamum, comme étant la seule substance qui le méritât, par l’excellence de son odeur et de ses propriétés. Ce n’est qu’après la découverte de l’Amérique et lorsque diverses parties de ce vaste continent nous eurent donné les baumes d’Inde, de Tolu, du Pérou, de Copahu, etc., qu’il devint nécessaire d’ajouter une désignation spécifique au baume de l'ancien monde, et alors on lui donna les noms de Baume de dudée. Baume »le la Mecque, Baume de OIléad, Baume du Caire, etc., des différentes contrées ou villes
(1) Bucliner’s, Repertorium für Pharmacie, 3' série, t. V, p. 26, 1850. D’après P/iarmac. Journ., t. X, p. 128.
(2) Hanbury, Notes on chinese materia medica {Pharm. Journ , y série, t. Il p. 421.)
/3) D’après Flückigor, Pharmacognosie, Berlin, 1867, p. 149.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
qui le fournissaient au commerce. Aujourd’hui, cependant, que les chimistes sont convenus de ne donner le nom de baume qu’aux composés résineux naturels, pourvus d’acide benzoïque ou cinnamique, le baume de la Mecque est menacé de perdre son nom primitif pour prendre celui A’oléo-résine ou de térébenthine de Judée, de la il/ecç«e, etc., à l’exemple des autres produits végétaux formés comme lui de principes résineux rendus plus ou moins fluides par la présence d’une huile volatile.
L’arbuste au baume de la Mecque appartient au genre Balsamodendron (tribu des Burséracées) dont voici les caractères : Fleurs polygames; calice campanulé à 4 dénis persistantes; corolle à 4 pétales insérés sous un disque annulaire, pourvu de 8 glandes. Les étamines sont au nombre de 8, insérées sous le disque annulaire. Ovaire sessile, biloculaire, surmonté d’un style très-court et d’un stigmate quadrilobé. Drupe globuleux ou ové, 5 noyau osseux à deux loges ; ou uniloculaire* et monosperme par avortement. Feuilles non ponctuées.
Deux espèces très-voisines, et qui ne sont plutôt que deux variétés d’une môme espèce, fournissent le baume de la Mecque : l’une, nommée Balsamodendron gileadense, Kunlh(Amÿris güeadensis, L., fig. 745), est un petit arbuste à rameaux grêles et divergents, dont les feuilles sont alternes, pétiolées, très-petites, composées seulement de trois folioles très-rapprochées, glabres, entières, ovales ou obovées, dont celle du milieu est plus grande que les deux autres. Les pédoncules sont uniflores, portés à l'extrémité de petits rameaux, seuls ou plusieurs ensemble.
L’autre espèce, ou variété, nommée Balsamodendron Opobalsamum, ne diffère de la première que par ses feuilles composées de une ou deux paires de folioles sessiles, avec une impaire.
Fig. 74b. — Baume de la Mecque. Ccs arbustes sont Irès-rares, difficiles à cultiver, et ont successivement disparu de diverses contrées qui ont été indiquées pour le posséder. C’est ainsi que la Judée, qui le produisait anciennement,
aux dires de Théophraste, de Dioscoride, de Pline, de Justin e^
de Slrabon, en est complètement privée depuis longtemps. De la Judée, qu’il ail été transporté en Egypte, ou qu’il y ait été apporté d’Arabie, comme cela est beaucoup piyg probable, tou-