VII. éléml «lu iienKaie. Cette résine a été importée en
France, de Calcutta, antérieurement à l’année 1830. Elle est blanchâtre, molle et douée d’une odeur forte qui devient trèssuave lorsqu’elle est affaiblie à l’air; mais cette odeur est tout à fait distincte de celle de l’élémi du Brésil. Quand elle se dessèche à l’air, la résine devient jaune et friable. Elle est contenue dans des tronçons de tige de bambou, longs de 33 centimètres et de 68 millimètres de diamètre. Celte résine ayant été présentée par Pereiraau docteur Wallich, ce savant botaniste crut y reconnaître une résine molle, nommée dans l’Inde guggul ou googgula, produite par YAmyris Agnllocha, Uoxb. Mss. ; mais maintenant qu’il parait certain que le guggul est le bdellium de l’Inde, produit par YAmyris commiphora, U., qui paraît être le même que VAmyt'is Agalloclia, Uoxb. Mss., il vaut mieux considérer celte synonymie comme non avenue et déclarer que nous ne connaissons pas l’origine de la résine élémi du Bengale. M. Pereira dit avoir rqçu de M. Christison la résine odoriférante du Canarium balsamiferum, W. [Boswellia glabra, Uoxb.), cultivée à Geylan. Je ne sais si cette résine se rapporte à celle qui fait le sujet de cet article.
RéHlnes de gommart.
Le gommart, JJursera gummifera {fig. 749) est un grand arbre d’Amérique, répandu depuis la Guyane jusqu’au Mcxiiiue et dans toutes les Antilles. Il fournit une grande quantité d’une résine jaunâtre et aromatique qui arrive souvent sous des noms différents et avec des caractères particuliers, ce qui m’oblige à en donner plusieurs descriptions.
1. Régine chibon OU carhiiioit. Ccltc résine arrivait anciennement de la Guyane ou de la Colombie, en masses aplaties du poids de 130 à 140 grammes, enveloppées chacune dans une feuille de Maranta lutea, entière et plusieurs fois roulée sur ellemême ; et comme ce Maranta porte, en langage caraïbe, le nom
(1) On trouvera d’assez longs détails, extraits de Rumphius, sur les nombreuses résines des Canarium, dans mon Mémoire sur lei résines dammur, etc. (Revue sdenlifique, t. XVI, 18H).
526 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
de chibou ou cachibou, le même nom a été donné à la résine et même à l’arbre qui la produit. Celle réside, telle que je l’ai, et fort ancienne, est en masses aplaties, dures, sèches, un peu translucides, d’un blanc jaunâtre, d’une odeur très-forte et peu
rig. 749. — Ri'sine de Gonimarl.
agréable, d’une saveur immédiatement amère. L’étiquette en carte blanche, que j’ai renfermée dans le bocal, a pris une teinte brunâtre. La résine, traitée par l’alcool, est composée d’élémine et de résine soluble, de même que la résine élémi.
II. Il y a quelques années qu’il est arrivé une quantité considérable d’une résine en masses assez volumineuses, à la surface desquelles on aperçoit des restes de feuilles d’une plante monocolylédone, différente du Maranta lutea. J’ai reçu deux échantillons de cette résine : l’un soûs le nom de résine élémi de l’Aguyara, l’autre sous la désignation de résine d’un arbre nommé tacamakaca, à Caracas. Tous deux étaient vendus comme résine élémi. Cette résine présente à l’intérieur l’aspect uniforme, translucide et d’un blanc un peu verdâtre de l’élémi en pains. Cependant on y trouve quelques larmes jaunes et opaques. Elle a une odeur forte, moins désagréable que celle de la résine précédente et se rapprochant un peu plus de celle de l’élémi. Elle a une saveur amère ; elle se durcit promptement; enfin, l’un et l’autre échantillons, enfermés dans deux bocaux séparés, ont également communiqué au papier de l’étiquelle une couleur brune très-marquée.
TÉRÉBINTIIACÉES. — GOMMART. 527
III. Tiicamnqiin JauiK^ tome dc V Histoire abrégée des drogues simples. Clelle résine est en larmes ou en plaques opaques, d'un jaune blanchâtre assez uniforme, et ressemble assez à du galipot. Beaucoup de larmes sont volumineuses, aplaties, creuses à l'intérieur et comme formées d’une lame résineuse mal roulée sur elle-même. Cette résine, lorsque je l’ai eue, était vendue sous le nom de tacamaqui; je l’ai trouvée dans l'ancien droguier de l’École sous celui de résine de gommier, Bursera gummifera, et le papier de l’étiquette était bruni et tombait par parcelles, comme s’il avait été altéré par un acide. Enfin, ayant placé de celte même résine dans une des montres de l’École, et deux étiquettes sur la résine, le papier en a été promptement bruni, et cet effet s’est étendu, jusqu’à une certaine distance, aux étiquettes des substances voisines. Celte coloration, due à un principe volatil émané de la substance, forme donc un caractère propre à distinguer la résine du Bursera de l’élémi, qui ne le possède pas.
IV. Tocomnjara de (.iuatimala. Celle résine, apportée en 1834, par M. Bazire, a la forme d’une masse aplatie, jaune, à demi opaque, à cassure en partie terne, en partie brillante, recouverte d’une couche mince tout à fait opaque, blanche du côté delà résine et noire au dehors; elle acquiert par la friction une odeur forte, peu agréable. Celle résine présente la plus grande analogie avec les précédentes. On peut raisonnablement l’attribuer au tecomahaca d’Hernandez (p. S5), qui pourrait bien être une espèce de Bursera à feuilles simples, ovales-lancéolées et dentées, non connue des botanistes.
V. Uésine de Koiniiiart d'.tfriqiie. En 1840, le navire français le Brésilien a rapporté de la côte occidentale d’Afrique une partie considérable d’une résine à laquelle je trouve tous les caractères de celle de Bursera, Elle est en stalactites ou en morceaux de toutes formes, couverts d’une couche noire, opaque, en partie blanchie parle frottement, ce qui lui donne l’aspect de morceaux de plâtre noircis. Elle est à l’intérieur d’une teinte uniforme, d’un blanc verdâtre ou jaunâtre, translucide et d’un aspect un peu glacé. Elle se durcit promptement à l’air. Elle a la saveur amère et l’odeur forte et fatigante de la résine du Bursera; enfin elle brunit le papier qui se trouve renfermé avec elle.
VI. Rosine de BiiidnKascar. On a trouvé en 1844, dans une caisse de copal dur de Madagascar, une quantité assez grande d’une résine slalactiforme, formée de couches superposées de diiférenles nuances de jaune et de transparence ou d’opacité variables. Cette résine présente une saveur très-amère et une odeur forte non désagréable, qui lient un peu du citron. Je dois à l’o-
328 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
bligeance deM. Ménier unestalarlile de celte résine qui, quoique rompue, esl encore longue de 33 centimètres, large de 10 à 12 et pèse 1200 grammes. Celte résine brunit le papier de son éliquelte. Je suppose qu'elle peut être produite par une des deux espèces de Bursera trouvées par Commerson à l’ile de France, où ils portent le nom de bon de colophane, et qui doivent habiter également Madagascar. L’un de ces arbres est le Bursera paniculata, Lam. (Colophont'a mauritiana, DC.); l’autre est le Bursera obtusifoha, Larn. {Mariynia obtusifolia, DC.).
VII. ilôiiiiic «le gommurt iiiii«am!fère. On trouve dans les Antilles un grand arbre très-voisin des Bursera, dont Persoon a fait une espèce sous le nom de Bursera balsamifera, mais qui avait été décrit précédemment, par Swarlz sous celui A'Hedwigia halsamifera, aujourd'hui adopté. Cet arbre diffère du gommarl par son bois rougeâtre, par ses feuilles à folioles longues et étroites ; par scs fleurs dont les 4 pétales sont soudés dans leur moitié inférieure, et par son fruit drupacé, à 2, 3 ou 4 osselets volumineux, renfermant une amande grasse et amère (1).
Cet arbre porte dans les Antilles le nom de sucrier de montagne, soit à cause de la pulpe sucrée de son fruit, soit parce que son bois sert à faire des douves pour les tonneau.v à sucre. On le nomme aussi bois cochon, d’après l’opinion que les cochons marrons entament son écorce avec leurs défenses, dans la vue de frotter leurs plaies avec le suc balsamique qui en découle, lorsqu’ils ont été blessés par les chasseurs. Ce suc, quand il n’a pas été solidifié à l’air, est liquide, rougeâtre, d’une consistance semblable à celle du copahu, dont il offre aussi un peu l’odeur et la saveur. Il a été analysé par M. üonastre, qui en a retiré ;
Huile vulatilc .
Résine soluble dans l’alcool froid . . .
— insoluble dans l’alcool (bursérine).
Matière organique combinée k la cliaux Sels à base de potasse et de magnésie. . Perte .
ün trouve dans les forêts de la Guyane un grand arbre à bois rouge foncé, qu’Aublet à décrit sous le nom de Iloumiri batsamifera, intermédiaire pour les caractères entre la famille des Méliacées et celle des Auranliacée.s, et qui fournil par incisions un
(1) Le gommart {llurscr/i yummifeia) a le bois blanc, les folioles ovales pointues, cordifornics par le bas; bis pétales distincts, lo fruit drupacé, ovale' triangulaire, arrondi, assez semblable ii une pistache, ordinairemeiit réduit ii un seul noyau riionospcrme par l’avortement des deux autres.
TÉRÉBINTIIACÉES. — TACAMAQUES.
SUC résineux rouge et liquide, qui doit avoir beaucoup d’analogie avec le précédent. Cependant Aublet dit qu’on ne peut mieux en comparer l’odeur qu’à celle du styrax et qu’il est dépourvu d'âcrelc, ce qui suffira pour le distinguer du suc résineux de Ylledivigia.
R^siiiRH laeamailucs, ou tncamaliaca.
Suivant Monardès (I), on apporte de la Nouvelle-Espagne un résine nommée tncamaliaca par les Indiens, et par les Espagnols qui lui en ont conservé le nom. On l’obtient par incisions d’un arbre grand comme un peuplier, très-aromatique, à fruit rouge comme la semence de pivoine. La résine a la couleur du galbanum avec des larmes blanches ; elle est douée d’une odeur forte, au point qu’elle calme sur-le-champ les femmes qui ont des suffocations de matrice, étant jetée sur des charbons ardents et approchée'des narines.
Cotte description, la plus ancienne de toutes, a porté Linné à croire que la résine tacamaque était produite par un peuplier, et il a indiqué son Populus balsamifera, croissant dans l’Amérique septentrionale et en Sibérie, dont les bourgeons laissent, découler une résine liquide, très-odorante. Celte opinion avait cependant contre elle deux fortes objections, tirées de la différence de contrées et de celle des fruits ; aussi est-elle tout à fait abandonnée aujourd’hui.
Jacquin est venu ensuite, qui a cru pouvoir attribuer la résine tacamaque à son Elaphrium tomentosurn {Fagara octandra, L.). Cet arbre concorde avec la description de Monardès par son fruit, qui consiste en une petite capsule verdâtre, presque globuleuse, contenant une semence enveloppée à sa base par une pulpe rouge ; mais il ne s’élève qu’à la hauteur de G à 7 mètres, et, sous ce rapport, ne peut être comparé à un peuplier. Nonobstant celte objection, l’opinion de Jacquin a été adoptée par Bergius et par Murray. Bergius décrit d’ailleurs deux espèces de résine tacamaque : une, solide, en morceaux volumineux, à peine transparente, brune, marbrée de taches jaunâtres ou rougeâtres, fragile, friable, à cassure plane et brillante; une molle, verdâtre, sous-diaphane, un peu grasse, tenace aux doigts, renfermée dans des calebasses.
Alex, de Humboldt, Bonpland et Kunth (2), ont décrit, sous le nom li’Icica Tacamaliaca, un arbre térébinthacé peu différent
(1) Monardès, cliap. ii.
(2) De Humboldt, lioiipland et Kuntli, Nova généra.
CuiBouaT, Drogues, 7« édit.
DICOTYLEDONES CALICIKLORES.
de VIcka heptaphylla d’AubIcl, qui s’élève h plus de 10 mètres, et dont le fruit capsulaire, déhiscent, renferme de 2 à 4 osselets entourés d’une pulpe rouge. On pourrait croire encore que cet arbre est celui dont a voulu parler iMonardôs, d’autant plus qu’on ne peut douter qu’il ne fournisse, conjointement avec ses congénères, la plus grande partie des résines lacamaques (pie l’on trouve aujourd’hui dans le commerce ; mais il faut remarquer que ces lacamaques ne répondent pas à la description de la lacamaque donnée par .Monardès et Bergius, et qu’elles ont été décrites, au contraire, par ces deux auteurs, sous le nom d'animé; il reste donc douteux (ju'aucun des iciquiers qui les produisent soit l’arbre de Monardès. Au reste, voici mes conclusions : I” la résine lacamaque décrite par Monardès et Bergius, et attribuée par ce dernier à l’Flaphrium tomentosum, ne fait pas habituellement partie de celle du commerce; 2» la lacamaque du commerce actuel a été décrite par Monardès et Bergius sous le nom d'animé, et est produite par des iciquiers d’Amérique; 3° il existe dans les droguiers d’autres résines tacamaques dont l’origine est moins certaine, et qu’il convient peut-être de rapporter à des Calophyllum. Je vais décrire successivement toutes ces résines.
Résines tacamaques provenant des iciquiers.
1. Taramaq lie Jaune huileuse. Celle résine est Celle quc nous avons reçue de Hollande comme Tacamaque et comme animé, et que presque tous les auteurs ont décrite comme résine animé (1); elle se présente sous deux formes qu’il convient de distinguer.
(I) L’animé est do couleur blanche, tournant ii celle de l’encens, plus huileuse que le copal ; scs larmes ressemblent ii celles do l’encens, mais sont plus grosses, et d’un jaune de résine h l’intérieur : elles ont une odeur trèsagréable et très-suave, et sont facilement consumées sur les charbons (Monardès).
Il faut choisir la gomme animé blanchâtre ou jaunâtre, en larmes, huileuse, jaune en dedans, d’une odeur très-excellente et d’un goût fort agréable. Elle doit se fondre facilement sur les charbons : elle se dissout dans l’huile et dans l'esprit-de vin bien rectifié (De Meuve).
Résine blanche, sèche, friable, de bonne odeur, se consumant facilement sur les charbons (Lemery).
Geoffroy répète la description de Monardès.
L’animé est une résine d’un jaune blanchâtre, comme farineuse à sa surface mais brillante et transparente dans sa cassure; elle est en morceaux isolés et friables ; elle a une odeur résineuse et une saveur presque nulle. Elle se ramollit entre les dents, s’enflamme par l'approche d’une bougie, brûle presque entièrement sur les charbons, en répandant une odeur agréable ; elle se dissout en entier dans l’esprit-de-vin : elle donne un peu d’huile volatile par sa distillation avec l’eau (Murray).
Toutes ces descriptions se rapportent à la tacamaque jaune huileuse.
TÉnKmNTnA.CÉES. — TACAMAQUES. 531
yl. La première est en larmes on en morceaux irréguliers, qui varient en grosseur depuis celle d’une aveline jusqu’à celle de 55 à 80 millimètres en tous sens. Ces morceaux sont ou un peu opaques, ou transparents, souvent recouverts d’une poussière blanche : ils sont jaunes, quelquefois un peu rougeâtres; leur odeur, que je trouve très-agréable, quoique forte, acquiert par la chaleur quelque chose du cumin. La résine a une saveur douce et agréable, devenant cependant un peu amère par une mastication prolongée; elle se fond très-facilement par la chaleur, donne de l’huile volatile à la distillation ; enfin se dissout promptement dans l’alcool, à l’exception d’un petit résidu blanc, composé d’une gomme soluble dans l’eau et d’une résine insoluble dans l’alcool et l’éther.
B. Cette résine ne diffère de la précédente que parce qu’elle parait avoir fait partie de bâtons cylindriques de 44 millimètres de diamètre. Ces bâtons sont généralement opaques, friables et comme micacés à la circonférence, transparents et mous à l’intérieur ; de sorte que leur friabilité et leur opacité paraissent dues à l’évaporation de l’huile volatile qui primitivement imbibait la résine. Aussi la résine a-t-elle une odeur un peu moins forte que la précédente; mais c’est absolument la môme. Cette résine doit cristalliser avec une grande facilité.
11. 'Tacaiiiaiiue huiiciisi- incolore. Vers l’aimée 1832 OU 1833, il est arrivé une résine qui a été vendue comme élémi, bien qu’elle eût une forme et une odeur toutes différentes. Celte résine était en bâtons demi-cylindriques, longs de 16 à 22 centimètres, larges de 27 â 34 millimètres, amincis aux extrémités; elle était incolore, opaque à l’intérieur par l’inlerposilion d’un peu d’humidité naturelle, mais elle devenait transparente, et s’agglutinait à la surface. Elle avait une odeur très-forte, semblable à celle de la résine précédente, et elle contenait une si grande quantité d’huile volatile, que ce principe se condensait en gouttelettes tout autour du vase qui la renfermait. Sa saveur était très-parfumée et devenait un peu amère par une mastication prolongée. Celte même résine m'a été remise par un employé supérieur de la colonie de Cayenne, sous le nom d’eorens tie C'a>enn«. Elle est donc produite par \'ldca heptaphylla ou par VJcica guianensis d’Aublet, qui paraissent devoir constituer une seule espèce à laquelle on réunira probablement r/ci'ca racama/faca, 11. B. Ces arbres laissent en elfel couler un suc limpide, d’une odeur de citron, qui se dessèche jirompteraent en une résine blanchâtre connue sous le nom d’enceii»(Aublet). Quant à la tacamaque jaune huileuse, elle doit être produite par les mêmes arbres, à moins qu’on ne préfère l’attribuer à VIcica decandra, dont le suc résineux, balsamique,
•'>32 ^ IMCOTYLÉDONES CALICIFI.ORES.
Ijlaiichiire, liquide, d’une odeur qui approche de celle du citron, devient, en se desséchant, une résine jaune, transparente, qu’on trouve en morceaux plus au moins gros sur l’écorce et au bas du tronc (Aiihlet).
III. Tumniiiiiiir Jaune terreuae. Cettc résilie est abondante dans le commerce, où elle se vend presque seule aujourd’hui comme résine animé. Elle est en masses assez considérables, la plupart aplaties, ayant à l’extérieur l’apparence de morceaux de plâtre noirci ; ce qui tient encore, plus à une sorte d’ernorescence résineuse qui les recouvre (ju’à une vraie matière terreuse. L’intérieur est jaune, de différentes nuances disposées par couches, et ayant assez l’aiiparence de l’arsenic jaune artillciel, à la couleur près, qui est beaucoup plus pâle. Cette résine est opaque, friable, ayant une odeur analogue à celle de la racine d’arnica et une saveur peu sensible, qui ne devient un iicu amère que par une mastication prolongée. Elle est entièrement soluble dans l’alcool, et se fond facilement par la chaleur.
Celte résine partage avec la tacamaque du Mexique de M. Bazire, et la résine d’Afrique attribuée â un Bursira, la propriéte de se couvrir à l’air d’une couche noire, pulvéridenle et opaque. [C'est la substance présentée â l’Exposition universelle de Paris, en 1807, par M. 'l’riana, dans la section de la Nouvelle- Grenade, et attribué par lui à Vlaca heptai/jjlilla. Il est évident d’ailleurs qu’il existe une grande ressemblance entre toutes ces résines, et que leur distinction en élémi, résines de gommarf, tacamagues, etc,, est (luehjuefois assez incertaine.
IV. Tucaninqiie rougeiUrc. Je n’ai pasciicore décrit celle résine que j’ai trouvée, postérieurement à l’année 1830, mélangée en assez grande quantité à la tacamaque jaune huileuse. Je ne suis pas éloigné de croire que c’est elle qui est ta tacamaque de Monardès et la première tacamaque de Bergius, attribuée par lui à VElaphrium tomentosum. Elle est en larmes détachées, dont les plus petites ressemblent encore un peu, par leur couleur jaune un peu rougeâtre, à la tacamaque jaune huileuse ; mais elles ressemblent encore plus, par celle même couleur et par leur cassure terne, à l’oliban d’Afrique. Les grosses larmes sont très-irrégulières elles plus volumineuses ont été réduites, par la cassure, au volume de l’extrémité du pouce. Ces larmes sont grisâtres et farineuses à leur surface, brunâtres à l’intérieur, non transparentes et d’une cassure terne. Au total, celle résine ressemble beaucoup, soit à l’oliban d’Afrique, soit au bdellium, et je présume qu'elle doit contenir une quantité notable de matière gommeuse. Elle a une odeur forte, agréable cependant, analogue, mais non semblable à celle de la tacamaque jaune huileuse.
TÉIlÉniNTII ÂGÉES. — ALOLCIII.
Tacamaqucs non jjroduites par les iciquiers.