‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 120 sur 139 · MALVACÉES. — CACAO · texte numérisé non relu

MALVACÉES. — CACAO

laie. L’ovaire est sessile, il 3 loges, terminé par un style simple, portant 5 stigmates disposés en étoile. Le fruit est ovale ou oblong, coriace ou ligneux, indéhiscent, à 5 loges remplies par un nombre considérable de semences nichées dans une pulpe peu abondante, aigrelette. Les semences sont pourvues d’un épisperme chartacé, fragile, et contiennent un embryon formé de 2 cotylédons épais, bruns, huileux, plissés et lobés, entre les plis et les lobes duquel on n’aperçoit que des traces d’endosperme, sous forme d’une membrane blanche, très-mince et lustrée. La radicule est cylindrique, placée à l’extrémité la plus grosse de la semence, proche du hile.

Plusieurs espèces de Theobt'oma, distinguées par la forme et le volume de leurs fruits, paraissent propres à fournir leurs semences au commerce. Telles sont les suivantes :

I. Theobroma Cacao, — Getarbre croit au Mexique etdans les provinces de Guatémala et de Nicaragua ; cultivé également dans la Colombie et dans les Antilles, il paraît produire la plus grande partie du cacao du commerce. Il a le fruit ovale, glabre, jaune, long de 14 à 18 centimètres, épais de 9 à 10 centimètres; il est un peu piriforme du côté du pédoncule, et s’amincit en une pointe obtuse du côté opposé. Il est obscurément pentagone, et présente, à l’état récent, dix côtes un peu proéminentes qui laissent souvent, après sa dessiccation, dix bandes assez également espacées, légèrement tuberculeuses. Le péricarpe, qui parait être charnu à l’état récent, présente, à l’état sec, la forme d’un parenchyme demi-ligneux, recouvrant un endocarpe ligneux, solide, mais très-mince.

II. Cacao minor de Gærtner (2), Tournefort (3), Blackw. (4). — Fruit glabre, fusiforme, long à l’état sec, de 20 centimètres sur 6,3 à 7 centimètres d’épaisseur. La pointe du côté du pédoncule est arrondie et un peu piriforme; celle de l’extrémité opposée est prolongée en forme de rostre pointu, souvent recourbé. Le fruit est obscurément pentagone, et présente, très-près des angles, deux bandes tuberculeuses, qui, ainsi rapprochées, paraissent n’en former que cinq à la première vue. Le péricarpe est moins épais que dans l’espèce ou la variété précédente, mais il est formé des mômes parties.

III. Theobt'oma sylvestris, Aubl. (3). — Fruit ovoïde, un peu allongé en poire du côté du pédoncule; uni, sans arêtes, couvert

(1) De Tussac, Flort des Antilles, vol. I, pl. ISi Noos, Fl. médic., Ub. 4 la.

(2) Gærtner, tab. 122.

(3) Tournefort, Insi., tab. 444.

(4) Blackwell, tab. 373.

KICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

d’un duvet roussâtre. 11 est long de 14 centimètres sur 8 centimètres d’épaisseur.

IV. Theobroma guianensis, Aubl. (1). — Fruit ovoïde-arrondi couvert d’un poil ras et à surface unie, à l’exception de cinq arêtes arrondies et saillantes. Dimensions, 12 centimètres sur 7.

V. Theobroma bicolor, H. B. (2). — Fruit ovoïde, long de 16 à 22 centimètres, épais de 11 à 14, offrant extérieurement dix côtes peu marquées.

Il est formé d’un brou soyeux au dehors, n’ayanl pas plus de 2 millimètres d’épaisseur, appliqué et modelé sur une capsule épaisse de 9 à 14 millimètres, ayant la dureté du bois et marquée à l’extérieur de cavités oblongues et irrégulières.

La récolte du cacao se fait de la manière suivante : à mesure que les fruits sont mûrs, on les abat avec de petites gaules, on coupe les capsules en deux (ces capsules portent le nom de cabosses), et l’on retire la pulpe et les semences que l’on dépose dans des auges en bois, couvertes de feuilles de balisier. Sous vingt-quatre heures, la pulpe entre en fermentation et se liquéfie. On la remue tous les jours pendant quatre jours, ou jusqu’à ce que l’épisperme, de blanc qu’il était, soit devenu rouge, et que le germe soit mort. .Vers le cinquième jour, on sépare les semences de la pulpe et on les fait sécher au soleil, sur des nattes de jonc. Dans quelques contrées, et principalement dans la province de Caracas, on fait subir aux semences de cacao une autre préparation qui consiste à les enfouir pendant quelques jours dans la terre afin de leur donner un goût moins âpre et moins désagréable. On les fait sécher de nouveau avant de les livrer au commerce.

On distingue dans le commerce un grand nombre de sortes de cacaos, qui diffèrent par le pays d’où ils proviennent et par le terrage qu’il ont ou n’ont pas subi. Les principales sortes sont:

Le cacao caraque, provenant de la côte de Caracas. 11 a été terré, ce qui lui donne une couleur terne et grisâtre à l’extérieur et rend l’épisperme facile à séparer de l’amande. Il est d’ailleurs gros et arrondi, violacé à l’intérieur, d’une saveur douce et agréable; mais il est sujet à sentir le moisi.

Le cacao Trinité est apporté de rile de ce nom, à l’est de la côte de Caracas et du Cumana. Il est terré moins exactement que le cacao caraque, et est généralement plus petit et plus aplati.

Le cacao Soconusco vient de la république de Guatémala. Il est très-gros, non terré, d’un brun clair à l’intérieur, à peu d’a-

(1) Aublet, pl. 215.

Humbolilt et Bonplaiid, Plant. é<juin., vol. I, pl. 30.

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