‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 122 sur 139 · FAMILLE DES CAPPARIDÉES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES CAPPARIDÉES

Les Cappabidées sont des plantes herbacées ou des végétaux ligneux qui portent des feuilles alternes, simples ou digitées, accompagnées à leur base de 2 stipules foliacées ou transformées en aiguillons. Leurs fleurs sont solitaires ou disposées en grappes; leur calice est à 4 sépales caducs, la corolle est formée de 4 pétales et manque rarement. Les étamines sont souvent au nombre de six ou de huit, quelquefois indéfinies, insérées àla base d’un disque irrégulier; l’ovaire est simple, souvent élevé sur un support plus ou moins allongé, nommée podogyne, à la base duquel se trouvent le disque, les étamines et les pétales. Il est uniloculaiie et pourvu de plusieurs trophospcrmes pariétaux. Le fruit est sec ou charnu. Dans le premier cas, le fruit est une silique assez semblable à celle des Crucifères (tribu des Cléomées)-, dans le second (Capparées), le fruit est une baie dont les semences, quoique pariétales, paraissent éparses dans la pulpe qui remplit le fruit. Les graines sont réniformeset renferment un embryon recourbé, dépourvu d’endosperme.

Les Capparidées présentent de très-grands rapports avec les Crucifères et s’en rapprochent également par un principe âcre et volatil qu’elles présentent dans plusieurs de leurs parties. Le Cleome gigantea, L., est employé vulgairement comme rubéfiant dans les contrées intertropicales de l’Amérique. Les Gynandropsü pentaphylla et tripbylla, DC., des mêmes contrées chaudes, jouissent des mômes propriétés que les Lepidium et les Cochlearia, et leurs semences oléifères possèdent l’âcreté de la moutarde. Les Cleome heptaphylla et polygama, L., herbes américaines, sont pourvues d’une odeur balsamique et sont usitées comme vulnéraires et stomachiques ; le Polamisia graveolens, Raf. de l’Amérique du Nord, présente au contraire une fétidité repoussante, et possède les propriétés de la vulvaire et de l’ansérinc anlhelminlique.

Parmi les capparidées baccifères, nous devons nommer d’abord le câprier commun OU câprier épineux [Capparis spinosa, L.), arbrisseau que l’on suppose originaire d’Asie ou d’Égypte, mais qui est répandu et cultivé dans tous les pays qui entourent la Méditerranée. Cet arbuste a les feuilles alternes, péliolées, accompagnées de 2 stipules épineuses que la culture peut faire disparaître. Ces feuilles sont arrondies, lisses, épaisses et très-entières; les fleurs sont solitaires et longuement pédonculées dans l’aisselle des feuilles. On les récolte lorsqu’elles sont encore en boutons fermés, et on les vend confites dans le vinaigre sous le nom de câpres; elles servent d’assaisonnement dans les cuisines. Les fleurs développées sont grandes et d’un aspect très-agréable. Elles sont formées d’un calice à 4 sépales, d’une corolle à 4 pé-

DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES.

taies, blancs et très-ouverts, d’un nombre considérable d’étamines dont les filets très-longs, sont terminés par des anthères de couleur violette. Le fruit est une baie ovoïde, amincie en pointe aux deux extrémités, portée sur un long podogyne.

L’écorce de racine de câprier a été usitée autrefois en médecine comme apéritive et désobstruante. On la trouve encore chez les droguistes en morceaux roulés, d’une teinte grise un peu vineuse à l’extérieur, blancs en dedans, d’une saveur amère et piquante, inodores.

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