‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 131 sur 139 · CRUCIFÈRES. — MOUTARDE · texte numérisé non relu

CRUCIFÈRES. — MOUTARDE

tige rameuse, haute de un mètre à 1“,S, chargée de quelques poils qui la rendent rude au loucher. Ses fleurs sont jaunes, assez petites, disposées en grappes qui s’allongent beaucoup à mesure que la floraison s’avance. Les semences sont très-menues, rouges, mais quelquefois recouvertes d’un enduit blanchâtre ; elles sont douées d’une saveur très-âcre, et n’ont aucune odeur, à moins qu’on ne les pile avec de l’eau ; alors elles en exhalent une très- pénétrante.

Examinée à la loupe, cette semence, dans son état parfait, est presque ronde ou elliptique-arrondie, et marquée d’un ombilic

à une des extrémités de l’ellipse; l’épisperme est rouge, translucide et Irès-chagriné h sa surface; l’amande est d’un jaune vif; des grains moins parfaits, ou moins mûrs, sont plus allongés et offrent des rides longitudinales ; les grains blancs ne diffèrent des autres que par une sorte d’enduit crétacé qui adhère à leur surface.

La semence de moutarde nous vient surtout d’Alsace, de Flandre et de Picardie; la première est plus grosse que les deux autres, et offre beaucoup de grains anguleux ou comprimés en différents sens. Elle est pourvue d’une saveur plus forte, et est plus estimée. Elle donne une farine presque jaune, et tout à fait jaune lorsqu’on en sépare l’épisperme. La moutarde de Picardie est la plus petite des trois ; elle donne une farine de gris noirâtre mêlée de jaune verdâtre; elle est moins forte et moins estimée.

DICOTYLÉDONES TIIALAMIFLORES.

Moutarde blanche

Sinapis alba, L. {fig.l^'i). — Car. gén.: Calice égal à la base, pétales égaux, entiers, style anguleux ou comprimé. Silique déhiscente, oblongue ou linéaire, cylindrique, un peu comprimée par le côté; valves très-convexes, épaissies au sommet, emboîtées dans la base du style, munies de trois nervures rapprochées, droites et égales. Graines unisériées, pendantes, globuleuses, non ailées.

La semence de moutarde blanche est beaucoup plus grosse que la moutarde noire et d’une couleur jaune; elle est formée de grains elliptiques-arrondis, qui renferment une amande jaune sous une coque mince, demi-transparente. L’ombilic est à une des extrémités de l’ellipse; la surface de l’épiderme n’est pas parfaitement lisse : elle parait légèrement chagrinée à la loupe.

Moutarde saiivag^e OU aanve, Smapis arvensis, L. — Car. Spéc.: Tige et feuilles munies de poils. Siliques horizontales, glabres, multangulaires, renflées, trois fois plus longues que la corne terminale.

Cette plante croit trop abondamment dans les champs, qu’elle couvre quelquefois entièrement d’un magnifique lapis de fleurs jaunes. Sa graine, mélangée au iriillet, sert à la nourriture des oiseaux de volière. Elle est tout à fait sphérique, luisante et d’un brun noir à maturité: c’est elle, plutôtque la moutarde officinale, qui devrait porter le nom de moutarde noire. Elle est plus grosse que la moutarde officinale, moins volumineuse que la blanche, offrant à la loupe une surface à peine chagrinée, et pourvue d’un goût de moutarde assez prononcé, mais beaucoup plus faible cependant que la moutarde officinale : ce qui montre le tort que font ceux qui la mélangent à cette dernière. D’autres, plus blâmables encore, y ajoutent de la navette {Brassica Napus oleifera) ou du colza (^Brassica campestris); la fraude est difficile à découvrir lorsque la moutarde est pulvérisée, ce qui doit engager les pharmaciens à préparer eux-mêmes leur poudre de moutarde. Le coiïa entier ne peut pas d’ailleurs être confondu avec la moutarde noire: il est plus gros que la sanve même, sphérique comme elle, noir, non chagriné, mais terne à sa surface et d’un goût de navet. La navette, beaucoup plus rapprochée de la moutarde, est un peu plus grosse que la sanve, un peu allongée, souvent ridée, chagrinée à sa surface, mais moins que le Smapis nigra; d’une saveur un peu âcre et mordicante.

Composition chimique de la moutarde officinale. Quoique la semence de moutarde noire ait été l’objet des recherches d’un grand nombre de chimistes, la composition n’en est peut-être pas encore complètement

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