FAMILLE DES CAPRIFOLIACÉES, DC
Lonicérées, Endl. Petite famille voisine des Uubiacées, offrant encore un calice gamosépale, soudé avec l’ovaire, à 4 ou 5 dents {fùj. 629) ; une corolle gamopétale, à 4 ou 5 divisions, portant 4 ou 5 étamines libres, à anthères inlrorses. L’ovaire est infère et présente de 2 à b loges; les ovules sont solitaires ou pendants à l’angle interne de chaque loge, et anatropes. Le fruit est bacciforme, à 2 ou plusieurs loges monospermes ou polyspermes, quelquefois uniloculaire et monosperme par avortement. Les graines sont pendantes et contiennent un embryon très-court, à radicule supère, au milieu d’un endosperme cliarnu.
Chèvrefeuille des Jardlus.
Lonicera Caprifolium, L. Arbrisseau sarmenteux, dont les feuilles sont ova- ■''eles, sessiles, opposées, les supérieu-
res réunies par leur base en une seule l'euille perfoliée. Les üeurs sont sessiles et disposées à l’extrémité des liges en un ou deux verticilles. Elles sont formées d’un long tube rouge ou blanchâtre au dehors, suivant la variété, blanc en dedans, à n divisions irrégulières, et à o étamines saillantes. Le fruit est une baie â 3 loges polyspermes.
Les fleurs de chèvrefeuille possèdent une odeur très- agréable. On les emploie en infusion théiforine, comme béchiques et légèrement sudorifiques, et l’on en forme un sirop de la môme manière que le sirop de violette.
bureau cunimun.
Sambucm nigra, L. — Car, gén. : calice sous-globuleux, à 5 divisions peu marquées ; corolle supère rotacée, à S divisions ; O étamines égales. Ovaire infère à 3 loges; ovules solitaires pendant du sommet de l’axe central de chaque loge : 3 stigmates sessiles et obtus ; baie globuleuse, couronnée par les vestiges du limbe du calice, pulpeuse, contenant 3 semences attachées par un funicule à l’axe du fruit.
Car. spéc. : tige arborescente; feuilles pinnatisectées, à segments dentés ; cyme à 3 branches.
T. ni. — 13
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Le sureau noir est un arbuste dont le bois est très-léger et renferme un large canal médullaire, surtout dans les jeunes branches. Son feuillage est d’un vert foncé et répand une odeur désagréable. Les fleurs sont blanches, très-petites, mais très-nombreuses, et sont disposées en cymes touffues d’un très bel-effet. Elles sont douées d’une odeur suave lorsqu’elle est affaiblie, mais trop forte et désagréable de près. Séchées, elles sont d’un volume encore moindre, jaunes et conservent une odeur toujours forte, mais agréable. On en prépare alors un hydrolat, un oxéolé et différentes préparations magistrales. Elles sont sudorifiques et résolutives.
Les baies de sureau sont grosses comme de petits pois, d’un brun noir, luisantes, et sont remplies d’un suc rouge-brun, qui passe au violet par Tes alcalis et au rouge vif par les acides. On les nommait autrefois grana actes, ce qui ne veut rien dire autre chose que grain de sureau, étant le nom grec de l’arbre. On en prépare un extrait nommé rob de sureau, qui est purgatif à lu dose de 12 il 15 grammes.
L’écorce de sureau est aussi usitée en médecine et peut être très-utile comme purgative, ilans l’hydropisie : c’est l’écorce des jeunes branches qui est employée il cet usage; on la récolte ii l’automne, après la chute des feuilles, lorsque son épiderme, qui était vert d’abord, est devenu gris et tuberculeux. On racle légèrement cet épiderme gris avec un couteau; on enlève par lambeaux l’écorce verte qui est au-dessous, et on la fait sécher. Elle est alors sous la forme de lanières étroites, d’un blanc verdâtre, d’une saveur douceâtre, astringente et d’une odeur faible. On l’emploie à la dose de 30 grammes par litre, en décoction.
niMtio, Sambucus Ebulus, L. Celte espèce de sureau croît abondamment en Europe, sur le bord des chemins, dans les lieux humides. Sa racine, qui est blanchâtre, charnue et vivace, pousse des tiges herbacées et annuelles, hautes de 100 à 130 centimètres. Ses feuilles sont pinnées avec impaire, comme celles du sureau noir, mais à folioles plus longues et plus aiguës et accompagnées à la base de stipules foliacées. La cime des fleurs n’a que trois branches; les baies sont semblables et sont employées concurremment avec celles de sureau. Elles teignent cependant les doigts en un rouge plus vif.
FAMILLE DES LOBANTHACÉES.
Petit groupe de végétaux parasites et ligneux, composé principalement des deux genres Viscum e[ Lorantlius . Je n’en citerai qu’une espèce très-répandue en Europe et qui était un objet de grande vénération
LORANTHACÉES. — GUI. 195
chez les Gaulois nos aiicûtres : c’est le suî, que les druides cueillaient au commencement de chaque année, avec accompagnement de cérémonies religieuses, et dont ils se servaient pour bénir de l'eau qu’ils distribuaient au peuple, 'eu lui persuadant qu’elle purifiait, donnait la fécoridilé, détruisait l’effet des sortilèges et guérissait de plusieurs maladies.
Le gui, Viscim album, L. {fig. 630), croît fréquemment sur les pommiers, les poiriers, les tilleuls, les frênes, l’érable, l’orme, les peupliers, le saules, le hêtre, et très-rarement sur le chêne, sur lequel les druides le recherchaient principalement. Sa lige est ligneuse, cylindrique, divisée dès sa base en rameaux dicholomes, d’un vert jaunâtre, ainsi que les feuilles, et formant une touffe arrondie large de 35 à 43 centimètres. Les feuilles sont sessiles, rares, oblongues, entières, épais- •ses, glabres et persistantes. Les fleurs sont petites, verdâtres, ramassées 3 à 6 ensemble, dans les bifurcations supérieures, et dioïques. Leur calice est entier, à bord très-peu saillant, les pétales sont au nombre de 4, caliciformes , réunis par la base.
Dans les fleurs mâles, chaque pétale porte sur le milieu de sa face interne, une anthère sessile, oblongue. Dans les femelles, l’ovaire esJt infère, couronné par un style court, â stigmate arrondi. Le fruit est une baie globuleuse blanche, remplie d’une pulpe visqueuse et contenant une seule graine charnue, qui renferme plusieurs embryons. C’est de celte baie d’abord, et ensuite de la plante entière du gui, et du Lovant hus europæus, que l’on a retiré la glu, en les pilant, les faisant bouillir dans l’eau et les mettant ensuite pourrir à la cave jusqu’à ce qu’elles fussent converties en une masse visqueuse, qu’il ne s’agit plus que de débarra.sser par le lavage des débris étrangers, pour la livrer au commerce. Aujourd’hui, c’est surtout de la seconde écorce du houx qu’on retire la glu par le procédé qui vient d’être décrit.
La glu est une bien singulière substance, sur la nature de laquelle on n’est pas encore complètement éclairé. Elle est demiliquide, très-visqueuse, collante et ne se déssèche pas à l’air. Elle a une couleur verdâtre et ne possède ni odeur ni saveur carac-
térisées. Elle est insoluble dans l’eau, soluble à chaud dans l’alcool, soluble dans l’éther, insoluble dans les alcalis, décomposable par les alcalis minéraux concentrés. Elle paraît contenir de l’azote, à en juger par l’odeur qu’elle dégage en brûlanl.
FAMILLE DES COnNÉES .
Cette petite famille, qui est la première des dicotylédones calicifloies polypétales, est encore moins nombreuse que la précédente. Elle n’est guère formée que de quatre genres dont un seul, le genre Cornus ou cunioulller, offre quelque importance. Voici quels en sont les caractères :
Fleurs souvent disposées en tète ou en ombelle et pourvues d’un involucre, ou disposées en panicule et non involucrées. Calice soudé avec l'ovaire, à limbe supère, très-court, à 4 dents ; corolle à 4 pétales valvalres, insérés au haut du tube du calice, avec 4 étamines alternantes; ovaire infère, il 2 loges, rarement 3, surmonté d’un disque et d’un style terminé par un sligmate tronqué; chaque loge de rovairo. renferme un seul ovule pendant. Le fruit est un mryone ou drupe infère à un seul noyau osseux, à 2 ou 3 loges, mais souvent uniloculaire et monosperme par avortement. La semence est. inverse, pourvue d’un embryon orlholrope, dans un albumen charnu. Les feuilles sont entières et opposées, excepté dans une seule espèce où elles sont alternes.
Les Cornouillers comprennent une vinglaine d’espèces, dont deux sont indigènes et communes dans nos bois. L’une est le cornouiller mâle, Cornus mas, L., grand arbrisseau de 7 ou 8 mètres de hauteur, à feuiiies opposées, ovales-pointues, courtement pétiolées. Les fleurs paraissent avant les feuilles, au mois de mars : elles sont jaunes, très-petites, disposées en ombelles, pourvues d’un involucre à 4 folioles. Les fruits, nommés cornouüles, sont rouges, de la grosseur et de la forme d’une petite olive; ils ont une saveur aigrelette ou un peu acerbe et jouissent d’une propriété astringente. Le bois de cornouiller est très-dur, tenace, d’un grain fin, susceptible d’un beau poli et bon pour les ouvrages du tour. On en fabrique des roues de moulin, des échelons d’échelle, des manches d’outils; les anciens en faisaient des piques et des javelots.
La seconde est le curnoulllcr saiiKulu ou cornouiller femelle. {Cot'niis sangitinea, L.). C’est un arbrisseau de 4 ou 5 mètres, dont les jeunes rameaux sont colorés en rouge-brun. Les fleurs sont blanches et disposées en corymbes dépourvus d’involucre. Les fruits sont arrondis, noirâtres, d'une saveur amère et astringente. L’amande fournit par expression le tiers de son poids d’une huile propre pour l’éclairage et la fabrication du savon.
ARALIACÉES. — LIERRE COMMUN.
FAMILLE DES ARALIACÉES.
Calice soudé avec l’ovaire, à limbe entier ou denté. Corolle à 5 pétales valvaires, très-rarement nuis et remplacés par un nombre égal d’étamines : S étamines insérées sous la marge d’un disque épigyne, ovaire infère, à 2 ou à un plus grand nombre de loges uni-ovulées. Plusieurs styles simples, divergents, quelquefois soudés en un seul; stigmates simples. Fruit bacciforme, couronné par le limbe du calice, offrant de 2 à 5 loges {fij. 631) (quelquefois 10 à 12) monospermes ; semences anguleuses, inverses, contenant un embryon or- Ihotrope, à la base d’un endosperme charnu.
La famille des Araliacées comprend des arbres, des arbrisseaux et quelques plantes vivaces, à suc aqueux. Les tiges et les rameaux sont cylindriques; souvent grimpants; les feuilles sont alternes, simples, palmées ou pinnécs,à pétioles, dilatées à la base, privées de stipules. Cette famille offre de grands rapporls avec celle des Ombellifères dont elle diffère cependant par son inflorescence souvent imparfailemeut ombellée, par la pluralité des styles et par son fruit charnu très-souvent pluriloculaire.
(Adoxa).
Hedera Hélix, L. Le lierre est un arbrisseau sarmentcii.x qui s’élève Irès-haul en s’attachant aux arbres ou aux murailles, à l’aide de petites griffes radiciformes dont ses tiges sont pourvues dans toute leur longueur. Ses feuilles sont alternes, péliolées, persistantes, d’une consistance ferme, glabres, luisantes, d’un vert foncé ; elles varient dans leur forme, celles des jeunes pieds ou des rameaux rampants et stériles des vieux troncs étant anguleuses et partagées en 3 ou 3 lobes; celles des rameaux llorifères étant entières et à peu près ovales ou ovales-lancéolées. Les fleur sont petites, verdâtres, disposées à l’extrémité des rameaux plusieurs ombelles globuleuses ; elles sont composées d’un calice campanulé soudé avec l'ovaire, terminé par 5 petites dents ; d’une corolle à 3 pétales élargis et se touchant par la base ; de 3 étamines et d’un ovaire turbiné, surmonté d’un style court et d’un stigmate simple. Le fruit est une baie globuleuse, d’un vert noirâtre, h 3, 4 ou 3 loges mono-spermes. Les fleurs paraissent à l’automne et les fruits mûrissent au printemps.
Les feuilles de lierre ont longtemps servi pour le pansement
198 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
des cautères ; elles sont aujourd’hui généralement remplacées par un papier couvert d’un enduit résineux; on les emploie aussi en décoction contre la vermine de la tête. L’écorce fait partie de la tisane de Peltz, suivant la formule de Baumé.
Uésine de lierre. Dans les pays chauds, les vieux troncs de lierre fournissent naturellement, ou à l’aide d’incisions, un suc résineux qui se durcit à l’air et qui était usité autrefois dans les fumigations, ou comme résolutif et emménagogue; mais ce suc, tel que le commerce le présente, est loin d’étre >ine substance toujours identique. Tantôt c’est de la résine privée de gomme, tantôt de la gomme pure, d’autres fois un méjange des deux; je lui conserve cependant le nom de résine, parce que c'est elle et non la gomme qu'il convient d’employer : quoique privée de gomme, ce n’est pas encore cependant de la résine pure.
1. On trouve dans la résine de lierre du commerce des morceaux qui paraissent d’un brun noir et opaques, parce qu’ils sent recouverts d’une croûte jouissant de ces caractères; mais, en les débarrassant de cette enveloppe, ils deviennent transparents, d’une couleur orangée ou rouge, ont une cassure vitreuse, une saveur mucilagineuse, et sont privés d’odeur. Leur poudre, qui est presque blanche, traitée par l’eau, s’y gonfle considérablement sans s’y dissoudre. Quelquefois cependant la liqueur filtrée précipite par l’alcool, ce qui nous montre que ce produit du lierre n’est pas constant, et que, s’il n’est pas le plus souvent qu’une gomme insoluble, comme celle de Bassora, il contient d’autres fois une certaine quantité de gomme soluble comme la gomme du Sénégal.
2. On trouve d’autres morceaux qui sont d’un brun noirâtre, mêlé de taches rougeâtres dues à des portions fongueuses de l’écorce du lierre. Leur cassure est brillante et même vitreuse, sauf les mêmes taches rougeâtres qui se présentent â peu près uniformément dans toute la masse, et qui lui donnent son opacité ; car certaines parties, un peu plus pures, sont transparentes sur les bords. Ces portions transparentes sont de la gomme semblable à celle n° 1. La masse totale est inodore, donne une poudre brune', et brûle comme du bois lorsqu’on l’expose au feu.
Indépendamment des parties gommeuses dont je viens de parler, la substance n“ 2 présente, surtout à l’aide de la loupe, dans des cavités de l’extérieur ou de l’intérieur, de petits globules rouges, transparents et brillants comme du rubis, qui sont de la résine ; mais, abstraction faite de ces parties résineuses, le reste n’esl, en général, formé que de débris d’écorce liés avec une matière gommeuse.
3. La troisième sorte de matière qu’on trouve dans la résine de
ARALIACEES. — LIERRE COMMUN. 190
lierre du commerce est en morceaux d’un brun noirâtre, comme salis extérieurement par urte poussière jaunâtre. Elle offre quelquefois des débris d’écorces semblables à ceux de la sorte n“ 2, mais le plus souvent elle en est dépourvue. Sa cassure est entièrement vitreuse, sa transparence parfaite à l’intérieur, sa couleur rouge de rubis foncé : elle a, même en morceaux, une odeur trèsforte de résine tacamaque, mêlée de celle de graisse rance, ce qui la rend désagréable. Sa saveur est analogue à son odeur. Elle donne une poudre jaune très-odorante, bien difl'érente de la poudre brune et inodore de la sorte n” 2. Cette substance, qui est celle décrite par De Meuve et Lemery, comme résine de lierre, doit jouir de propriétés médicales assez actives, et doit être seule employée.
Pelletier a publié une analyse de la résine de lierre, dont voici les résultats (1) :
Résine .
.Acide malique, etc Ligneux très-divisé
Pelletier paraît avoir opéré sur la sorte n" cependant cette sorte est en général plutôt gommeuse que résineuse.
La résine de lierre n“ 3, traitée par l’alcool à iO degrés bouillant, s’y dissout en partie, et donne une liqueur orangé rouge, qui, par son évaporation spontanée, laisse précipiter une matière grenue, moins colorée et moins soluble qu’auparavant.
Environ la moitié de la résine résiste à l’action de l’alcool, et reste sous la forme d’une poudre orangée encore odorante. L’eau n’en dissout rien du tout. La potasse caustique en dissout un peu de principe colorant jaune, que l’acide acétique peut en précipiter. La partie insoluble dans l’alcali devient brune. L’acide acétique n’en dissout rien. L’acide nitrique concentré ne l’altère pas à froid; bouilli dessus pendant longtemps, et en grand excès, il ne paraît pas l’altérer davantage ; car il se colore à peine. La matière orangée conserve toute sa couleur et son odeur; l’acide n’a qu’une légère teinte jaune; étendu d’eau et ftltré, il n’a aucune saveur amère; l’ammoniaque le colore en jaune, sans en rien précipiter; le sulfate de chaux et le chlorure de calcium n’y apportent aucun changement : il ne s'est donc formé ni principe amer ni acide oxalique.
Cette action de l’acide nitrique nous montre que le corps que
(l) Pelletier, BwW. depharm., t. IV, p. ôOi.
200 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
j’y ai soumis n’esl ni une résine, ni une gomme ni du ligneux. G’esl un nouveau principe immédiat des végétaux, dont il conviendrait d’autant plus d’étudier les propriétés avec soin, que son inaltérabilité pourrait le rendre utile à La teinture, si l’on parvenait à le fixer sur les étoffes.
Aralle nuilicaule, fausse salsepareille île Virf^iiiie, AralÜl nudicaulis, L. La tige rampante de celle plante est employée dans l’Amérique du Nord comme succédanée de la salsepareille (1).
Racine de arinseng.
Panax quinquefoUum, L. (fig. 032). Celte' plante] croît dans la Chine et au Canada. Sa racine a été si estimée dans l’Asie orientale, qu’elle s y est vendue longtemps trois fois son poids en argent, et qu’on cite, comme un acte de munificence royale, que les ambassadeurs siamois en aient apporté en présent à Louis XIV. Mais depuis que la plante a été trouvée en abondance dans l’Amérique septentrionale , on l’a rencontrée facilement dans le commqfce, et on l’a môme transportée en Chine, où le prix en est considérablement tombé, et,commeune conséquence presque obligée, la grande estime qu’on en faisait.
La racine de ginseng est il peu près longue et grosse comme le petit doigt, quel- Fig. 63j. — Ginseng. quefois fiisiformc ou cylin-
dfHme ; mais le plus souvent renflée à la partie supérieure, -et inarquée de ce côté de nombreuses impressions circulaires; souvent aussi elle se partage par le bas en deux branches qui, ayant été comparées aux cuisses d’un homme, lui ont valu son nom et sa réputation d’ôlre aphrodisiaque. Elle est jaunâtre à l’extérieur ; tantôt blanche et
(I) Voyez tomn II, p. 187.
OMBELLIFÈRES
farineuse à l’intérieur, et d’autres fois jaune et cornée, suivant qu’elle contient plus de fécule ou plus de principes sucrés et extractifs. Elle a, lorsqu’on la respire en masse, une faible odeur d’angélique, accompagnée d’une âcreté qui se porte aux glandes salivaires. Sa saveur est à la fois amère, âcre et sucrée. Ces caractères indiquent que, si cette substance ne jouit pas de toutes les vertus qui lui ont été attribuées, elle ne doit pas au moins être dépourvue de toute propriété tonique et excitante.
La racine de ginseng a longtemps a été confondue avec une autre racine presque semblable, mais moins estimée, qui vient dans la Corée, et est cultivée dans la Chine et au Japon. Cetle racine est celle de 7itnsin {Sium Ninsi, L.), plante ombellifère qui paraît être une simple variété du chervi, Sium Sisarum, L. Mais je ne pense pas avoir jamais vu celte racine dans le commerce. Les deux plantes sont faciles à distinguer ; le ninsin poussant un amas de racines tuberculeuses, d’où s’élèvent plusieurs tiges géniculées et rameuses, munies de feuilles pinnées ou lernées, d'ombelles pourvues d’involucres et de fruits formés de deux carpelles qui se séparent à maturité, comme ceux de toutes les ombellières ; tandis que le Panax quinquefolium pousse de sa racine une tige unique et nue, terminée supérieurement par trois ou quatre feuilles longuement pétiolées, composées chacune de 5 folioles courtement péliolulées. Les Heurs sont polygames, presque en tête, dépourvues d’involucres, et il leur succède un fruit charnu à 2 loges monospermes. Mais, ce qui fait surtout le caractère de la racine de ginseng, c’est qu’elle est surmontée d’un collet tortueux, où se trouve marqué obliquement et alternalivemenl, tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, l’empreinte de la lige unique que la plante pousse chaque année. J’ai trouvé une fois dans du polygala de Virginie une grande quantité de ces collets de ginseng qui, par leur forme et leur couleur, se confondaient assez bien avec la masse de la racine. 11 convient donc d’y regarder.
FAMILLlî DES üllUELLll-ÈRUS.
Cette nombreuse et importante famille est une des plus naturelles du règne végétal; mais c'est aussi une de celles où les genres et les espèces sont les plus difficiles à déterminer.
Elle comprend des végétaux herbacés ou rarement frutescents, à lige fistuleuse, et à feuilles alternes, engainantes par la base du pétiole, généralement divisées ou décomposées.
Les fleurs sont petites et disposées en ombelles; c’est-à-dire qu’elles sont portées sur des pédoncules qui parlent d’un môme point de la lige et qui s’élèvent sensiblement à la môme hauteur, ou à* la môme
DICOTYLÉDONES CALICI FLOUES.
distance du point de séparalion. Quelquefois l’ombelle est simple, lorsque les pédoncules ne se divisent pas et ne portent qu’une Heur (exemple, le genre Hydrocvtyle) ; mais elle est presque toujours composée, ce qui a lieu lorsque cliaque pédoncule partant de la tige se divise de lui-méme en un certain nombre de pédicellcs ombellés.
Très-souvent les ombelles générales ou les ombelles partielles, qui prennent le nom d'ombelluîes, portent à leur base une ou plusieurs folioles ou bractées qui composent une collerette ou un involiicre, lorsqu’elles sont situées à la base de l’ombelle générale; et un involucelte quand elles se trouvent au point de départ des ombellulcs. La présence ou l’absence des iuvolucres et des involucelles, ainsi que le nombre plus ou moins grand de folioles dont ils se composent, est un des caractères qui servent à distinguer les genres.
Chaque fleur d’ombellifére est composée d’un calice adhérent avec l’ovaire, persistant et formant l’enveloppe extérieure du fruit ; d’une corolle à b pétales distincts; de 5 étamines alternes avec les pétalesl’ovaire forme 2 loges contenant chacune 1 ovule renversé. 11 est surmonté de 2 styles, terminés chacun par 1 stigmate. Le fruit est un diakène, formé de deux demi-fruils [méricarpes, DC.) qui se séparent presque toujours à maturité, en emportant chacun la moitié du calice. Ces méricarpes, en se séparant, restent suspendus à la parlie supérieure d’un support commun simple ou dédoublé, nommé caipophore, et ils sont toujours marqués à la parlie extérieure de b cétes, qui forment la moitié des 10 nervures primitives du calice. Les intervalles qui séparent les cotes saillantes du fruit portent le nom de xallécuhs. On y observe souvent des vaisseaux résinifôres nommés bandcletles {vittœ, DC.), dont le nombre et la disposition servent aussi à la distinction des genres. Chaque semence du fruit présente un endosperme volumineux, charnu, corné et souvent huileux. L’embryon est droit, homolrope, petit, situé à la partie supérieure de l’cndosperme.
M. de Candolle a divisé la famille des Ombellifères en trois sousfamilles fondées sur la forme différente de l’albumen, et ensuite en dix-sept tribus déterminées par la forme extérieure du fruit. Voici seulement les trois sous-familles.
OnTiiosPERMEs : Endosperme plan du côté interne. Exemples : les genres Sankula, Seseli, Archangelua, Siler, Cuminum, Thapsia, Eryngium,etc.
Campyi.ospebmes : Albumen offrant du côté interne un sillon longitudinal, par suite de l’introflexion des bords du fruit. Exemples : les genres Caucalis, Scundix, Anihriscvs, Chœivphyllum, Conium, Smyrnium, etc.
Cœlospeumes : Albumen recourbé en dedans de bas en haut. Exemple : le genre Coriandrum.
Les Ombellifères sont en général des plantes actives, riches en huiles volatiles et en résines, que l’on trouve répandues dans toutes leurs parties et principalement dans leurs racines et dans leurs fruits, dont un très-grand nombre sont usités. Quelquefois aussi