OMBELLIFÈRES. — RACINE DE CAROTTE
elles sont pourvues d’un suc trôs-délélère, comme le sont les différenles plantes qui portent le nom de ciguë, l’œnanthe safranée et plusieurs autres. Ce sont elles également qui fournissent la plupart des gommes-résines usitées en pharmacie, telles que l’assa-fœtida, lesagapénum, le galbanum, la gomme ammoniaque et l’opopanax. Je traiterai de ces derniers produits après avoir parlé d’abord des racines d’ombellifères alimentaires et médicinales, des feuilles ou plantes alimentaires ou vénéneuses, et des fruits, aromatiques les plus usités.
Racine île carotte.
Daucus Carotta, !.. Cette plante, si intéressante comme plante potagère, croît naturellement partout, dans les champs; mais la racine en est grêle, ligneuse, dure, non sucrée, et pourvue d’une saveur âcre et aromatique ; les tiges sont chargées d’aspérités et s’élèvent de 60 à 100 centimètres. Les feuilles sont amples, légèrement velues, deux ou trois fois ailées, à folioles très-divisées; les ombelles sont blanches ou un peu rougeâtres, touffues, pourvues d’un involucre pinnalifide. Les fruitssont très-petits, arrondis, mais ordinairement séparés en deux carpelles aplatis du côté interne, et recouverts de l'autre de longs poils rudes, blancs, visibles à la simple vue et qui les font paraître hérissés. Ils ont une faible odeur herbacée qui, par la trituration, devient forte et térébinlhaçée. La saveur en est amère, âcre et camphrée.
Cette plante, cultivée dans les jardins potagers, a éprouvé une transformation complète, quant à sa racine, qui est devenue grosse, charnue, sucrée, propre à la nourriture des hommes et des animaux. On en relire assez facilement du sucre cristallisé identique avec celui de la canne et de la betterave, et, si nous n’avions pas cette dernière racine, on est fondé à croire que la carotte pourrait la remplacer.
[En outre elle contient, d’après .MM. Frohe et Sorauer (1), de la pectine, de l’amidon, de la mannite, de l’asparagine, de l’acide malique, des huiles grasses, une huile essentielle, de la potasse et de la chaux, du chlore et de l’acide phosphorique, enlin la substance résineuse cristallisable jaune-rouge ou rouge violacé, .â laquelle on a donné le nom de carottine, et qui n’est peut-être qu'une substance incolore, teinte en rouge ou jaunâtre par une matière colorante.]
(l) Archiv Pharmacie^ CLXXVl, 193. — Voir aussi JahresbeHcht dO' Pharmacognosie de Wiggers et Huesman, I8G8. Pag. 9i.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Panais cultivé.
PasHcam sativa, L. Plante haute de iOO à 130 centimètres, dont la tige, droite, ferme et cannelée, est garnie de feuilles ailées, à folioles ovales, assez grandes, dentées, un peu lobées et incisées. Les fleurs forment une ombelle de 20 ou 30 rayons; elles sont formées d’un calice à peine visible, entier ; d’une corolle à 3 pétales égaux, entiers, roulés en dedans ; de 5 étamines et d’un ovaire infère chargé de 2 styles courts, réfléchis, à stigmates obtus. Le fruit est comprimé, elliptique, formé de deux méricarpes aplatis, blanchâtres, avec une teinte rougeâtre ; ils sont échancrés au sommet, pourvus, du côté extérieur, de 3 côtes dorsales aplaties, et encadrés tout autour par une membrane marginale. Du côté interne, la surface est plane, avec deux fissures en forme de croissants.
La racine de panais cultivé est bisannuelle, pivotante, charnue, blanchâire, d’une saveur un peu aromatique et sucrée. Elle contient 10 à 12 pour 100 de sucre. C’est un aliment sain et nourrissant, mais qu’il faut éviter de confondre avec la racine de grande ciguë, qui lui ressemble un peu par la forme et la saveur. Pour éviter cette méprise, qui a été quelquefois funeste, il faut n’arracher de terre, dans les prés ou dans les champs, que les,panais munis de leurs feuilles; ou, mieux encore, il faut ne manger, dans les campagnes, que ceux qu’on a cultivés soi-même. [D’après M. StiCkel, le panais sauvage produit sur la peau des personnes qui vont, les hras nus, ramasser des herbes dans les prairies où il abonde, des ampoules semblables à celles que donne la cantharide. Ce fait a été aussi observé dans le midi de la France, mais on le rapporte au Pastinaca urens, Ilcquien, espèce voisine du Pastinaca sativa ; et il est très-probable que les accidents observés par Stickel doivent être aussi attribués â cette plante.]
On vend sur les marchés, dans tout l’Orient, une racine de sekakul qui passe pour un aliment très-nourrissant et aphrodisiaque; c’est une espèce de panais, nommée Pastinaca Sekakul, Russel {Pastinaca dissecta, Vent.). Notre panais lui-même passe pour être légèrement aphrodisiaque, et l’on recommandait autrefois de ne pas en donner aux personnes obligées de garder la chasteté, La racine de cUcrvl {Sium Sisarum, L.) et le ninain du Japon {Sium Ninsi, L.) jouissent de la môme réputation ; le céleri, variété cultivée de l’aciie «les maraU {Apium graveo/ens, [..), la partage également.
(I) Archiv der Pharmacie, CLXXX, Î2't.