OMBELLIFÈRES. — RACINE DE CHARDON-ROLAND
llaclne de chardon-roland ou <le panicaut.
Eryngium campestre, L., tribu des Saniculées. Car. gén. : tube du calice couvert de squamules et de vésicules, à 3 lobes foliacés. Pétales dressés, connivents, échancrés et recourbés en une pointe de la longueur du pétale. Fruit ové, couvert d’écailles épineuses, privé de côtes et de vaisseaux résineux, formé de 2 méricarpes soudés dans toute leur longueur avec le carpophore. Herbes épineuses dont les fleurs sessiles sont réunies en capitules et entourées de bractées inférieures en forme d’involucre, d’autres bractées plus petites et squamiformes sc trouvant mélangées aux fleurs. Car. spéc. : feuilles radicalesamplexicaules.multifules, pinnées- lancéolées ; feuilles de la tige auriculées ; involucres linéaires-lancéolés surpassant les capitules arrondis; paillettes subulées.
Celte plante {fig. 638) est remarquable en ce que, appartenant aux Ombellifères, elle a néanmoins, par ses feuilles et ses iiivulucres épineux, tout le port d’un chardon. Elle croit dans les champs et le long des chemins. Sa tige se divise en un grand nom bre de rameaux qui se terminent par des capitules placés îi une égale distance du centre, ce qui donne à la plante une forme arrondie. Sa racine est grosse comme le doigt ou comme le pouce, blanche, succulente et fort longue. Lorsqu'elle est sèche, elle est grise à l’extérieur, et marquée, comme par anneaux, de fortes aspérités. Elle est blanche ou jaunâtre à l’intérieur, d'un tissu spongieux, d’une saveur douceâtre miellée, ayant quelque analogie avec celle de la carotte, d’une odeur assez marquée et qui n’est pas agréable.
Cette racine présente très-souvent, à sa partie supérieure, un amas de poils en forme de pinceau, qui est dû au débris des feuilles de l'année qui a précédé sa récolle. On observe ces libres surtout au printemps, avant que la plante ait poussé de nouvelles
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feuilles : ce sont elles qui lui ont valu le nom A’Eryngium^ barbede-chèvre. Quant au nom français de chardon-roland, il paraît résulter de la corruption de l’ancien nom chardon-roulant, parce que la plante ressemble à un chardon et que, lorsqu’elle se dessèche sur terrç vers l’automne, elle est emportée par les vents et roule aù,^^loin au travers des champs, en raison de sa forme arrondie.
La racine de chardon-roland est diurétique.
Autre espèce usitée : Eryngium maritimum, ou panicaut <ie mer .
Celle plante se distingue de la précédente par ses rameaux coui hés; par ses feuilles radicales longuement pétiolées et à limbe entier, arrondi-cordiforme, denlé-épineux; par ses paillettes à trois pointes. Elle, croît sur les bords de la mer.
Itaclne de Tliapsla.
[Thapsia garganica, L. Plante haute d’un pied et plus, dont les racines, épaisses, allongées, portent une tige légèrement striée, garnie de feuilles deux ou trois fois ailées, à folioles entières, ovales ou ovales-lancéolées, glabres, luisantes; à pétioles s’élargissant à la base en une ample gaîne membraneuse, qui subsiste toute seule à la partie supérieure. Les ombelles et les ombellules sont nues h leur base : elles portent fi la maturité des carpelles comprimés, glabres, striés, bordés d’une aile membraneuse très-large, échancrée aux deux extrémités.
La racine de cette espèce contient un suc laiteux et caustique. Elle est depuis longtemps regardée comme une véritable panacée par les Arabes, qui lui ont donné le nom de Dou-nefa, père de l’utile. M. Heboulleau, médecin des hôpitaux de Constantine, a eu le premier l’idée d’utiliser les propriétés epispastiques de cette racine, et il en a extrait une résine solide, brune, transparente, cassante, qui, unie à une petite quantité de l’huile volatile de la plante, devient molle, ductile et adhésive. C’est cette résine, qui sert à préparer l’emplâtre ou sparadrap révulsif de Thapsia (1).
Telle que nous l’avons vue à l’Exposition de l’Algérie, la racine sèche de Thapsia est en rondelles plus grosses que le doigt, gris brunâtre à l’extérieur, marquéedeslriesannulaires.Al’inlé - I leur elle est blanchâtre, compacte, et présente une partie corticale, dont l’épaisseur égale environ la moitié du rayon, et est formée de couches régulièrement concentriques, et une partie
(t) Voir pour les détails : Reboulleau, Notice sur la racine de Thapsia garganica et son emplm comme réuuleif, et l'analyse do cette notice par M. Bertlie rand {Gazette médicale d'Algérie, année 1857. p. 11, n. 1).