j0 parties d’eau bouillante
40 — d’alcool froid.
2, T — — absolu bouillant.
75 — d’éther froid.
i2 — ~ bouillant.
Elle rougit faiblement le tournesol et forme des sels cristallisables avec plusieurs bases alcalines et métalliques. Exposée à la lumière, elle se colore en jaune-citron. [Elle paraît appartenir à la classe des glucosides. D’après M. Kossmann (2) elle se dédouble en effet en glucose et en santinorétine, qui cristallise en écailles résineuses, jaunâtres.!
La santonine, étant d’une administration très-facile, est aujourd’hui usitée comme anthelmentique. Il est seulement fâcheux que, pour obtenir une substance fort chère et d’une efficacité qui n’est pas très-intense, on détruise des masses considérables d’une matière première, suffisamment efficace par elle-même, d’une administration facile également, et que son bas prix met à la portée du peuple, dont les enfants en ont surtout besoin.
Absinthe marilime.
Artemüia maritùna, L. Celte espèce croit naturellement dans les lieux maritimes de la France, de l’Angleterre, de la Suède et
(I) Calloud, Jour», de pharm. et dechim., t. XV, p. lOG. (î) Kossmann, Journal de pharmacie et de chimie, 3* série.
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES. 43
(lu Danemark. Ses liges sont droites, rameuses, hautes de 50 centimètres, couvertes de feuilles toutes cotonneuses, mullifides, à segments linéaires et obtus; ses capitules sont un peu pédicellés, ovoïdes, penchés, à cinq fleurons; les squammes extérieures de l’involucre sont cotonneuses, les intérieures rudes et obtuses. Celle plante a beaucoup de ressemblance avec la grande absinthe, mais les divisions de ses feuilles sont beaucoup plus étroites : elle est beaucoup moins amère, et son odeur, plus agréable, se rapproche de celle de la mélisse ou de l’aurone. On la distingue de l’absinthe ponlique parce que ses feuilles sont entièrement colonneuses.
Aarone male ou CItronelle.
Artemma Abrotanum, L. C’est un sous-arbrisseau qui croît dans le midi de la France et de l’Europe, et qui est cultivé dans les jardins. Sa tige est nue par le bas à la manière d’un arbre, ramifiée et touffue par le haut, haute de 60 à 100 centimètres ; ses feuilles sont péliolées, verdâtres, découpées en segments linéaires, sétacés ; elles sont douces au toucher, pourvues d’une odeur forte, citronnée et camphrée, et d’une saveur âcre et amère ; les capitules sont sessiles, hémisphériques, penchés, disposés en grappes menues le long des rameaux supérieurs ; les écailles de l’involucre sont blanchâtres et lancéolées ; les fleurs sont nues et jaunâtres. On confond souvent avec cette plante, sous le même nom d’aurone mâle deux plantes frutescentes, de forme et de propriétés très-analogues : ce sont VArtemisia procera de Willdenow et VArtemisia paniculata de Lamark. Quant à la plante qui porte le nom d’aurône femaelle, c’est le Santolina Chamcecyparissus de la môme tribu des Sénécionidées, petit arbustre haut (le 50 centimètres environ, ramifié et touffu à partir de la racine, pourvu de feuilles colonneuses, persistantes, télragones et formées d’un axe garni de 4 rangées de dents obtuses. Les capitules sont solitaires au sommet de pédoncules terminaux, presque dénués de feuilles; l’involucre est pubescenl, hémisphérique; le réceptacle est couvert de paillettes ; les achaines sont oblongs, létragones, très-glabres, entièrement chauves. Cette plante possède les mêmes propriétés que les précédentes.
ArmoUe vulfalrr.
Artemisia vulgarü, L. {fig. 577). Plante vivace, herbacée, croissant, dans presque toute l’Europe, dans les lieux incultes et sur le bord des chemins ; sa racine, qui est longue et rampante, pousse plusieurs liges verticales, cannelées, rameuses, rougeâ-
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
très, hautes de un à 2 mètres ; ses feuilles sont alternes, pinnalifide’s, grossièrement dentées, assez larges à la partie inférieure des tiges, d’un vert foncé en dessus, blanches et cotonneuses en dessous; les divisions des feuilles supérieures sont entières et presque linéaires. Les capitules sont sessiles, ovés, entremêlés de feujllesj formant des épis paniculés à la partie supérieure des tiges; les squammes extérieures de l’involucre sont cotonneuses et blanchâtres; les intérieures sont scarieuses ; les corolles sont nues, d’un rouge pâle.
Absintbe politique ou petite Absinthe.
Artemisia pontica, L. (fig. 578). Cette espèce s’élève à la hauteur de 50 centimètres; ses tiges sont ligneuses parle bas, nombreuses, cylindriques, très-rameuses, très-garnies de feuilles, fort petites, très-divisées, à lobes linéaires, cotonneuses en des-
Pig. 577. — Armoise rulgaire. Fig. 578. — Absinthe pontique ou petite absintho.
sous seulement ; les capitules sont disposés le long des ramifications supérieures, globuleux, petits, penchés ; les écailles extérieures de l’involucre sont linéaires, blanches, foliacées; les corolles sont nues. Cette plante croît naturellement dans les lieux
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIOMDÉES.
inciilles de la Roumanie, de la Hongrie, de l’Italie, etc. ; on la cultive dans les jardins; elle a une odeur forte, plus douce cependant que celle de la grande absinthe, une saveur moins amère. Son odeur est moins agréable que celle de l’absinthe maritime. On l’emploie souvent simultanément avec la grande absinthe.
(■rniitle abslntlie ou Alu) ne.
Artemüia Aôsintfdum, L. Plante sous-frutescente, haute de 6U à 100 centimètres, à tiges rondes, dressées et rameuses ; les feuilles inférieures sont assez grandes, mais elles sont trois fois divi.sées, à lobes lancéolés obtus ; elles diminuent, comme toujours, de grandeur et en divisions à mesure quelles s’élèvent sur les rameaux, et linissent par devenir entières et linéaires ; elles sont toutes molles, blanchâtres, cotonneuses, très-douces au toucher; les capitules sont globuleux â squammes blanchâtres, penchés, disposés en panicule feuillue le long des rameaux supérieurs; les fleurs sont jaunes. Toute la plante est douée d’une odeur forte et d’une amertume insupportable qui se communique au lait de la femme et des animaux ; elle donne à la distillation une grande quantité d’une essence verte, possédant à un haut degré l’odeur de la plante; elle est stomachique, fébrifuge, anthelmintique, emménagogue. On l’emploie en extrait ou en teinture aqueuse, vineuse ou alcoolique.
Il e.xiste deux variétés d’absinthe, dont l’une à capitules plus grands, dite grandiftora, et l’autre inodore et presque insipide (insipida). Toutes deux sont d’origine orientale et peu con-
Ciénlpi.
Dans toutes les contrées qui avoisinent les Alpes, telles que la Suisse, la Savoie et le Tyrol, on donne le nom de Génipi ii un certain nombre de petites plantes alpines, croissant vers la limite es neiges perpétuelles, appartenant pour la plupart au genre > emuia et pourvues des propriétés générales de ces plantes ; noais ces propriétés sont encore rehaussées dans l’esprit des habitants et des voyageurs, par la grandeur des lieux qui les environnent et par la difliculté d’y parvenir; aussi s’étonnent-ils beaucoup que l’usage n’en soit pas plus répandu. Voici la description de ces jilantes telles que je lésai reçues, en 1838, de M. A. Huguenin, â Chambéry.
1. Ciéiiipi vrai, Artemisia glacialis, L. {fig. 579). On en trouve également une très-bonne figure dansAllioni (1). Racine ligneuse,
(I) Allioni, Flora pedemontana, tab. VIII, fig. 3.
m DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
ramillée ; feuilles rassemblées en une touB'e presque radicale, longuement péliolées, Iriparlites, et chaque division partagée ensuite en 3 ou 4 lobes lancéolés, pointus ; ces feuilles sont entièrement recouvertes par un duvet très-lin, d’un blanc argenté, qui couvre également toute la plante. Les liges, au nombre de 2 ou 3, sortent du milieu des feuilles, s’élevant à une hauteur de 8 à 13 centimètres ; elles portent un petit nombre de feuilles semblables aux premières, mais Irès-espacées et beaucoup plus petites, et elles sont terminées chacune par un petit nombre de capitules globuleux, volumineux serrés et rassemblés en tête. Les Ueurs sont jaunes. Cette plante a été cueillie sur le mont Cenis, au lieu dit Jionche ; elle possède une odeur aromatique agréable.
2 . Ciénipi blunr, Arlemistamulelltna, Vill. Cette plante ressemble beaucoup à la précédente par la disposition et la forme de .ses feuilles radicales, par le petit nombre, la forme et la disposition de ses feuilles caulinaires, enfin par la hauteur de ses tiges.
Fig. 579. - Génipi «ai. ]7|le gjj diffère par un duvet moins
abondant, moins blanchâtre, non argenté, et par ses capitules qui sont beaucoup plus petits, allongés, solitaires à l’extrémité de longs pédoncules qui sortent dej l’aisselle des feuilles, dans la moitié supérieure des liges, formant dans leur ensemble une grappe grêle et allongée. Celte plante est fréquente sur le mont Cenis et sur les Alpes du Dauphiné ; elle possède une odeur fortement aromatique.
3. Génipi noir, Artemisia spicata, Jacq. ; Ai temisia eriantha, Ten. ; Artemisia Boccone, Ail. (f). Celte plante est plus forte que les deux précédentes et s’élève à la hauteur de 22 centimètres ; ses feuilles radicales sont Iripartites, multifides; celles de la tige sont multifides, pinnatifides ou triûdes, plus rapprochées que dans les précédentes, surtout à la partie supérieure; les capitules sont assez gros, globuleux, courtement pédonculés, axillaires, formant à la partie supérieure de chaque lige un épi non in-
(1) Allioiii, tab. VIII,.flg. î, et tab. IX, lig. I.
SYNXNTUÉRÉES. — SÉNÉCIONIDEES. 47
errompu ; les corolles sont jaunes et velues, ainsi que les mires. Cette plante a été cueillie sur le mont Saint-Sorlinl'Arve. Elle est d’un blanc un peu grisâtre, comme la précélenle.
4. Autre «t-iilpi noir (/ïÿ . 580). Cette plante, récoltée sur le mont Cenis, près du gravier des torrents, paraît appartenir à la môme espèce que la précédente (1), mais elle est beaucoup plus petite. Ses feuilles radicales sont généralement triparlites et
trifldes; les feuilles de la tige sont pinnatilkles, celles du sommet sont entières, oblongues-lancéolées; les capitules sont axillaires, plus longuement pétiolés que dans la précédente, plus petits, contenant un moins grand nombre de fleurs ; la plus grande tige n'a que 8 centimètres de longueur.
5. fiénipi musqué OU Iva, Ptarmica moschata, DG., Achtllea moschata, Jacq . Cette plante pousse de sa racine fibreuse plusieurs liges simples, hautes de 11 à 13 centimètres, parsemées de poils
(1) M. Huguenin nomme le n" 3 Arlemisia erianlha Ten., et le n” 4, Artemi- «ta spicata, Jacq.
48 DICOTYLÉDONES CALICIKLORES.
rares; le reste de la plante est glabre. Les feuilles radicales sont petites, pétiolées, profondément pinnalifides ; les feuilles caulinaires sont encore plus petites, sessiles, à divisions écartées rangées comme les dents d’un peigne ; le haut de la lige est nu et terminé sur une tige par une ombelle à 6 rayons, et sur une autre par un corymbe formé de 7 capitules pédonculés. L’involucre est campanulé, formé d’écailles imbriquées, elliptiquesallongées, à marge brune ; les corolles du rayon sont très-peu nombreuses, beaucoup plus grandes que l’involucre, planes, élargies et arrondies à l'extrémité. Cueillie dans les lieux arrosés du col du Bonhomme, au sud du mont Joie.
6. «énlplbâtard, Pmnnfcanana, DC., Achilleanana, L.(/îÿ. ggl) Très-jolie plante, toute couverte d’un duvet laineux, d’une odeur fortement aromatique, trouvée à la limite des neiges sur le mont Genis. Les feuilles radicales sont péliolées, profondément pinnalifides, à segments réguliers, rapprochés, linéaires, entiers ou incisés ; les liges sont hautes au plus de 8 centimètres, pourvues de feuilles semblables, souvent nues par le haut, terminées par une ombelle de capitules presque sessiles, très-serrés et simulant quelquefois un seul capitule très-volumineux.
Celle plante est âcre et très-aromatique ; elle porte en Italie le nom à herba-rota qui lui est commun avec une autre espèce plus grande des mêmes localités (/*/amfca Herba-rota, DC., Achilka Herba-rota, Allioni).
lloxa des Cbinoia.
Les Chinois et les Japonais désignent sous le nom de nioxa le duvet cotonneux qui leur sert à préparer de petits cônes destinés à l’application du feu à la surface du corps, dans un trèsgrand nombre de maladies. Par suite, ce nom est passé dans la médecine européenne pour exprimer le cône ou le cylindre luimême qui sert à celte application, quelle que soit la matière avec laquelle il ail été préparé.
D’après Kœmpfer, le moxa chinois n’est autre chose que le duvet de l’armoise vulgaire, séparé par la contusion des feuilles sèches dans un mortier, suivie d’une friction entre les mains qui sépare toutes les parties grossières du véritable duvet; suivant d’autres, c’est Y Arteniisia chinensis de Linné qui sert à cet usage, et d’après M. Lindley, ce serait une nouvelle espèce d’absinthe nommée Artemisia Moxa. 11 est probable d’après cela, et il est d’ailleurs naturel de penser que plusieurs espèces d’armoises peuvent être appliquées au môme usage. Un pharmacien de Paris s’est occupé pendant longtemps de préparer des moxas avec
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES. 49
le duvet de l’armoise vulgaire. 11 paraît cependant que les plus usités se font aujourd’hui avec un tronçon de moelle de VHeliantus annuus, entouré d’une couche de coton légèrement nitré et maintenu sous la forme d’un petit cylindre par une bande de toile de coton cousue.
Blatricaire officinale.
Chrysunthemum Par(hemum,l?eTS. ,PyrethrumParthemum. Smith, Matricaria Parthenium, L. {fig. 582). Car. à\i genre Pyrethrum .-capitules multillores, hétérogames; fl. du rayon sur une seule série, femelles, ligulées ; fleurs du disque tubuleuses, hermaphrodites, à 5 dents; tube souvent comprimé, bi-ailé; réceptacle plane ou convexe, nu, quelquefois plane, bractéolé. Involucre imbriqué à squammes scarieuscs ; styles du disque â rameaux non appendiculés; achaines anguleux, non ailés, surmontésd’une couronne dentée, quelquefois auriculiforme, égalant le diamètre du IVuit.
La matricaire officinale s’élève à GO ou 100 centimètres; ses tiges sont grosses, fermes, cannelées, très-rami fiées ; ses feuilles sont pétiolées, pinnalisectées; à segments pinnatifides.et dentés ; légèrement velues; les capitules forment un large corymbe, dont les fleurs du disque sont jaunes et celles de la circonférence ligulées, blanches, deux fois plus longues que l’involucre; les fleurs
ligulées avortent rarement. Toute la plante possède une odeur forte et désagréable. Elle est stomachique et emménagogue ; on en retire une huile volatile jaunâtre, d’une odeur très-forte.
Pyrèthre ilu Caucase.
[On vend depuis quelque temps, sous le nom de poudre insecticide, une poudre grisâtre, d’une odeur forte, dont on se sert
Gbiiioiirt, Drogue», 7* édit. — ♦
conlreles mouches el les insectes en général. Elle vient du Caucase où elle est le produit des deux espèce du genre Pyrethrum; le P. roseum, Bieh, à lige simple dressée, à feuilles pinnatiséquées, à caoilulc terminal solitaire, à ligules rosées, rarement blanches; el le P. carneum, Bieh, à lige dressée, rameuse, à capitules de la grandeur du Leucanlhéme, portant des ligules couleur de chair. Ce sont ces capitules qui pulvérisés donnent la poudre insecticide, connue depuis longtemps parmi les populations transcaucasiques sous le nom de Guirila (1).]
lliilitainite oiloraiite.
Menthe-coq ou Coq des jardins. Pyrethrum Tanacetum, DC., Balsamita suaveolens, Pers., Tanacetum Balsamifa, L. Cette plante s’élève à la hauteur de un mètre ; ses tiges sont fermes, légèrement velues, blanchâtres et rameuses; les feuilles sont ovalesellipliques, dentées, les inférieures pétiolées, les supérieures sessiles, auriculées à la base; les capitules sont longuement pédicellés, disposés en corymbe lâche, sans aucune fleur ligulée: toute la plante est pourvue d’une odeur menlhée, forte et agréable, et d’une saveur chaude et amère. Elle est douée d’une propriété excitante Irès-aclive. On la cultive dans les jardins.
Camomillr «omiiiiiiie OU Camomille tl’^tllemagne.
Matricaria Chamomilla, L. {fig. o82). Le genre Matricaria diffère du genre Pyrethrum par ses fleurs discoïiics, dont le tube est cylindrique ; le réceptacle est toujours conique et nu ; les achaines sont entièrement nus ou plus rarement pourvus d’une couronne.
La malricaire-camomille pousse des tiges menues, hautes de oO centimètres ; ses feuilles sont deux fois pinnatipartiles, à lobes linéaires entiers ou souvent divisés; pédoncules nus au sommet monocapilulés ; involucre à squammes oblongs, blanchâtres à la marge ; fleurs ligulées blanches, beaucoup plus longues que l’involucre; achaines lélragones, ceux du disque à face extérieure élargie; ceux du rayon à côtés égaux.
Les fleurs de camomille commune ont, surtout lorsqu’elles sont sèches, une odeur très-agréable ; elles sont fort peu amères, et c’est sans doute une des raisons qui les font préférer, en Allemagne, à celles de la camomille romaine. On les prescrit aussi quelquefois en France; mais, faute de les bien connaître, on leur substitue souvent les fleurs de la camomille des champs (Anf^e-
( ') \oir Pharmaceutical Journal, XVIII, p. ô2:î.
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES. iH
mis arvensù, L.). Voici à quoi on peut les distinguer : les Heurs de ï Anthémis arvtnsis sont plus grandes ; leur réceptacle est garni de paillettes et forme un cône beaucoup plus aigu; la graine est volumineuse et bordée d"une membrane à sa partie supérieure; l’odeur en est plus faible, désagréable, et la saveur en est amère.
On obtient en Allemagne, par la distillation des fleurs de la camomille commune {Matricaria Chamomilla) une huile volatile assez épaisse, d'un bleu foncé et presque opaque ; par la rectification, je l’ai obtenue très-fluide , transparente, d’un beau bleu d’indigo, et cette couleur persiste depuis un grand nombre d’années. Cette essence est d’une odeur particulière, moins pénétrante que celle de la camomille romaine, et, quoique très-agréable, elle me plaît bien moins que celle de la camomille romaine.
illllefciillle.
Achillea Mille folium, h. Car. gén.: capitules multiflores hétérogames; fleurs du rayon peu nombreuses, femelles, fertiles, ligulées, à 3 dents; fleurs du disque hermaphrodites, à tube comprimé, à 5 dents; réceptacle étroit, plane ou rachidiforme, portant des paillettes oblongues, transparentes; involucre ové, formé de squammes imbriquées ; achaines oblongs, glabres, comprimés, non ailés, pourvus de marges nerviformes, dépourvus d’aigretle.
La millefeuille s’élève à la hauteur de 35 à 63 centimètres; ses tiges sont droites, ramifiées vers le sommet, garnies de feuilles pinnatisectées, à segments pinnatipartites et à lobes linéaires tri ou quinquéfldes ; les fleurs sont très-nombreuses, petites, radiées, blanches ou purpurines, rapprochées en un corymbe terminal, serré. Elles sont légèrement odorantes et fournissent une petite quantité d’une essence épaisse, bleue ou verte; on les emploie en infusion comme astringentes ; les feuilles pilées sont appliquées sur les plaies et les coupures, ce qui a valu à la plante le nom à' herbe aux charpentiers.
Eiipatoiro «le Mrauè, Achillea Agératum, L. Plante haute de 63 centimètres, dont les feuilles sont lancéolées-obtuses, dentées atténuées à la base, presque sessiles et rassemblées par pa-
DICOTYLÉDONES CÂLICIFLORES.
quels sur la tige. Les corymbes terminaux sont isolés les uns des autres, composés de capitules nombreux, petits, très-serrés, à fleurs jaunes. Ellê est inusitée.
Ptarmiqiie OU Iloibe à éternuer.
Ptarmica vulgaris, Blackw. (1) ; Achülea Ptarmica, L. Celle • plante diffère des millefeuilles plutôt par la disposition de ses fleurs que par de véritables caractères génériques; ses feuilles «ont sessiles, longues, lancéolées, acuminées, finement dentées, assez semblables, sauf leur longueur, à celles de l’eupatoire de Mesué. Sa lige se ramifie par le haut, mais chaque rameau ne se divise qu’en un petit nombre de pédoncules ne portant chacun qu’un seul capitule, et tous ces capitules réunis ne forment qu’un corymhe très-lâche et peu fourni. Les capitules sont globuleux, formés d’écailles à marge scarieuse et noirâtre; les demi-fleurons sont assez nombreux, étalés, blancs, tridentés beaucoup plus grands que l’involucre. Les feuilles ont un goût piquant comme la pyrèlhre ; leur poudre est employée comme sternutatoire.
Camomille romaine.
Anthémis nobilis, L. (fig. .')84). Car. gén. : capitules multiflores hétérogames ; fleurs du rayon unisériées, llgulées, femelles ; fleurs
Fig. 584. — CamoraiUc
du disque hermaphrodites, tubuleuses, à S dents; réceptacle conique paléacé ; involucre paucisérié, imbriqué ; achaines obscurément télragônes, striés ou lisses ; aigrette tantôt nulle, tantôt
(1) Blackwell, tab. 276.
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIÜÉES.
formée d'une membrane entière ou incisée, souvent agrandie et auriculée du côté interne.
La camomille romaine croit naturellement dans les prés et dans les champs, en France, en Espagne, en Italie, mais on la cultive pour l’usage de la médecine; ses fleurs ligulées, d’une belle couleur blanche, déjà nombreuses dans son état naturel, s’augmentent parla culture et finissent par envahir tout le disque. Les Heurs sont d’autant plus recherchées qu’elles sont plus complètement ligulées. La plante est très-touffue et rampante; ses feuilles sont pinnatisectées, à segments très-divisés en lobes linéaires et sétacés, un peu velus; les rameaux florifères sont nus au sommet et terminés par un seul capitule; les achaines sont nus. Les feuilles sont odorantes et amères, mais moins que les fleurs, qui sont la seule partie de la plante employée et que l’on fasse sécher. La dessiccation doit en être faite promptement, si l’on veut leur conserver leur blancheur; on les emploie alors en infusion, comme stomachiques et carminatives.
[La camomille romaine est assez souvent remplacée dans le commerce par les capitules semi-doubles du Chrysanlhemum Parthemium, Pers., et du Matncaria parthmoides, Desf. Les caractères qui permettront de distinguer les fleurs de la vraie Camomille, de celles des deux autres espèces, sontlessuivants : V Anthémis nohüis à fleurs doubles offre des capitules d’un blanc légèrement roussâtre, plus larges que longs, d’une odeur franche, légère et caractéristique, les fleurons de la circonférence et les trois quarts de ceux du centre sont ligulés, lancéolés, obtus au sommet, réfléchis à la fin ; les fleurons du centre sont petits, peu nombreux, à peine visibles : dans les deux autres espèces, semi-doubles, les capitules sont plus petits, globuleux, les fleurs d’un odeur forte, pénétrante, désagréable ; les fleurons de la circonférence sont ligulés, ovales, non réfléchis ; tous ceux du centre sont accrus et blanchâtres, grands, très-nombreux et très-longs (1).]
Les fleurs de camomille, malgré leur odeur si caractérisée, ne fournissent qu’une très-petite quantité d’une essence fluide, d’une couleur verte peu foncée qui se perd, avec le temps, et qui disparait aussi par la rectification. L’essence devient alors incolore, d’une odeur toujours très-agréable et très-franche de camomille romaine. Les auteurs qui, môme encore à présent, décrivent l’essence de camomille comme épaisse et colorée en bleu, ont pris pour elle de l’essence de matricaire-cainomille.
Camomille «les champs. Anthémis arvensis, L. (2). Cette plante
(I) VoirTimbal-Lagrave, Sote sur la camomille romaine du commerce [Jour, nal de phorm. et de chimie, 3* série, XXXVI, p. 347).
(î) Fuchsius, tab. CXLIV.
î)4 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
pousse (le sa racine des tiges droites, ramifiées, pourvues de feuilles pinnatisectées, mais î\ subdivisions moins nombreuses et moins fines que dans l’espèce précédente. J.es capitules sont assez grands, terminaux, pourvus d’un seul rang de fleurs ligulées, blanches, étalées, plus grandes que le diamèlre du disque; les achaines sont couronnés d’une marge membraneuse, très-courte, à peine dentée. La plante est inodore et inusitée ; c’est par mégarde ou par fraude que ses fleurs sont mélangées à celles du Malricaria Chamomiila (voy. page 51).
Camoinille puante OU Vlaronte, Anthenus Cotula, \j. , Maruta Coluln, DG. Cette plante ressemble beaucoup à la précédente, mais elle est très-glabre et pourvue d’une odeur très-désagréable. Les fleurs du rayon sont complètement dépourvues d’organes sexuels ef sont stériles par conséquent. Les corolles tubuleuses sont comprimées, bi-ailées; les achaines sont dépourvus d’aigrette et tuberculeux. La macoute a été usitée comme anti-hystérique.
l’jièllire il’jtfrique.
Anacyclm Pyrethrvm,'OC,., Amhcmis Pyrethrum,L. (fig. 080). Le genre Anacyclus diffère du genre Aiithemis par ses fleurs du rayon stériles, par ses corolles dont le tube est comprimé et bi-ailé, par ses achaines comprimés , entourés de deux ailes larges et entières, et surmontés du côté interne par une aigrette courte, irrégulière , denticulée. Ce même genre ne diffère guère du genre Maruta que par les caractères tirés du fruit.
La plante qui produit la pyrèthre croît en Turquie, en Asie et surtout en Afrique. Par ses liges couchées et par ses feuilles ù divisions sétacées, elle ressemble beaucoup à la camomille romaine; mais ses capitules sont pourvus d’un seul rang de fleurs largement ligulées et étalées, blanches en dessus, pourpres en dessous. La racine sèche nous est apportée de Tunis. Elle est cy-
SYMNTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES.
linUriquc, longue el grosse comme le doigt, quelquefois garnie d’un petit nombre de radicules, grise el rugueuse au dehors, grise ou blanchâtre en dedans, d’une saveur brûlante et qui excite fortement la salivation. Elle offre, lorsqu’on la respire en masse, une odeur forte, irritante et désagréable. Murray cependant ne lui donne aucune odeur, et effectivement celle du commerce manque souvent de ce caractère; mais cela lient à sa vétusté, et c’est une raison pour la rejeter. Il faut également rejeter celle qui est piquée des vers, ce à quoi elle est trèssujette.
La racine de pyrèlhre contient, suivant les analyses de L.-V. Parisel et de M. Koene:
Principe âcre .
Inuline .
Gomme .
Tannin .
Matière colorante.
Ligneux .
Chlorure de potass
Silice .
Oxyde de fer. etc.
Porte .
L.-V. Parisel s’est presque borné à extraire par l’éther ou l’alcool le principe âcre résinoïde, auquel il a donné le nom de pyréthrine. M. Koene a montré que celle matière était complexe et formée des trois principes énoncés ci-dessus; quant aux autres principes qui sont sensiblement les mêmes dans les deux analyses, mais dont les quantités indiquées sont fort diOérentes, je suis porté à regarder celles données par L.-V. Parisel comme plus exactes.
La pyrèthre est souvent employée dans les maladies des dents, dans la paralysie de la langue, et toutes les fois que l’on veut exciter une abondante salivation. Les vinaigriers en emploient pour donner du mordant au vinaigre.
Indépendamment de la pyrèlhre que je viens de décrire, et qui est la seule que l’on trouve dans le commerce de Paris, Lemery en distingue une seconde espèce, qu’il attribue au Pyrethrum umbelltferum de G. Bauhin. Cette racine est longue de 16 centimètres, plus menue que la précédente, d’un gris brun au dehors, blanchâtre en dedans, garnie par le haut de fibres b.irbues comme l’est la racine de méuin. Lemery lui donne le même goût âcre el biûlant, et ajoute qu’on l’apporte entassée par petites bottes de la.Hollande el d’autres lieux.
M. Théodore Martius, pharmacien à Erlangen, a bien voulu me faire passer une pyrèlhre qui offre tous les caractères de la seconde sorte de Lemery et qui l’est indubitablement. Mais cette pyrèthre, qui est connue en Allemagne sous le nom de Pi/rethrurn germanicum, pour la distinguer de celle du Midi, que l’on y nomme Pyrethrum romanum ; cette pyrèthre, dis-je, au lieu d’être produite par une plante ombellifère, comme l’a cru Lemery, est due à une espèce A’Anacyclus très-semblable à VAnacyclus pyrethrum, mais plus petite dans toutes ses parties, qui a été décrite par Hayne sous le nom à’Anacyclus officinarum.
Ainsi toute la pyrèlhre oflicinale, soit africaine ou romaine, soit germanique, est produite par un Anacyclus; mais il n’en est pas de même de celle des anciens, et de Dioscoride en particulier, qui était bien la racine d’une ombellifère. Matthiole a pensé avoir retrouvé cette plante de Dioscoride et en a donné la figure. O. Bauhin l’a vue vivante dans le jardin de Padoue, et l’a nommée Pyrethrum umbelliferum. Aujourd’hui cette plante est perdue ou comprise parmi les thapsies ou les saxifrages, mais elle ne fournit aucune racine au commerce.
On prétend aussi qu’on mélange dans le commerce, ou qu’on remplace môme la racine de pyrèlhre avec celle de diverses plantes, telles que le Buphtalmum creticum, VAchillea Ptarmica, et surtout avec la racine du Chrysanthemum frutescens, L., qui est le Leucanthernum canariense pyrelhri sapore, T. ; mais aucune de ces substitutions n’a lieu, et sauf la vétusté, dont il faut se garder, il y a peu de substances que l’on trouve moins mélangées dans le commerce que la racine de pyrèlhre.
Cresson de l*nra.
Spilanthes oleracea, L. (fig. 586). Car. gén. : capitules multillores, tantôt pourvus d’un rayon de fleurs ligulées femelles, tantôt entièrement composés de fleurs tubuleuses et hermaphrodites; involucre bisérié, appliqué, plus court que. le disque; le style des fleurs hermaphrodites est à rameaux tronqués au sommet et pénicillés; anthères noirâtres; achaines comprimés, souvent ciliés sur les côtés.
Le cresson de Para est originaire du Brésil et n’est encore cultivé en France que dans les jardins. C’est une plante annuelle haute de 30 centimètres, dont les tiges sont rondes, tendres, rameuses, diffuses et tombantes; les feuilles sont opposées, pkiolées, petites, sous-cordiformes, sous-dentées; les capitules sont solitaires à l’extrémité de pédicellcs plus longs que les feuilles ; ils sont coniques, entièrement formés de fleuis heimaphrodites
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES.
tubuleuses, jaunes (brunes sur le milieu du disque dans la variété fusca) ; tous les achaines sont comprimés , ciliés sur le bords, surmontés de deux arêtes nues. Toute la plante est trèsâcre; mais les capitules surtout ont une saveur brûlante et caustique, et excitent fortement la salivation. On les emploie en teinture alcoolique contre les maux de dents ; ils agissent comme le cochléaria, mais à un degré plus intense, en rubéfiant une étendue plus ou moins considérable de la membrane muqueuse et en déplaçant l’irritation.
D’autres espèces du môme genre jouissent de propriétés Fig. sas. — cresson de para,
semblables, et principalement \es Spilanlhes acmella, alla, urens, pseudo-acmella, etc.
«ranil-Soleil.
Helianthus annms, L. Plante annuelle, originaire du Pérou, mais cultivée dans les jardins de presque tous les pays, à cause de sa grande fleur radiée qui représente un soleil entouré de rayons. Sa tige est simple, haute de 2 à fl mètres, cylindrique, rude au toucher, terminée par un capitule, auquel en succèdent d’autres portés par des rameaux sortis de l’aisselle des feuilles supérieures; les feuilles sont presque opposées, pétiolées, grandes, subcordiformes, pointues h l’extrémité, grossièrement dentées, trinervées, rudes comme la tige. Les capitules, larges quelquefois de 30 centimètres, sont inclinés sur la tige de manière à présenter leur disque presque vertical et dirigé du côté du soleil, ce qui a fait aussi donner à la plante le nom de tournesol. Les folioles de l’involucre sont inappliquées, linéaires-aiguës, plus petites à l’intérieur qu’à l’extérieur; le réceptacle est paléaeé ; les fleurs du rayon sont unisériées, ligulées, étalées, d’une belle couleur jaune, privées d’organes sexuels; les fleurs du disque sont presque innombrables, tubuleuses, hermaphrodites, à 3 dents, d’un jaune brunâtre; les achaines sont comprimés, sous-tétragones, noirâtres, un peu rudes au toucher, pourvus ou privés d’une aigrette caduque, formée de deux squammelles en forme
58 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
d’arêtes : ces fruits sont assez volumineux, faciles à récolter, et fournissent par expression une huile grasse propre à l’éclairage et à la fabrication du savon. On peut s’étonner qu’on ne cnltive pas la plante plus spécialement pour cet usage.
Topinambour.
llelianthus tuberosus, L. Cette plante est pourvue d’une souche vivace, fibreuse, traçante, qui donne naissance à un nombre considérable dé bourgeons monstrueux, tubéreux, pédiculés, de la grosseur d’une poire ou davantage, pyriformes ou coname formés de plusieurs tubercules réunis. Ces bourgeons monstrueux sont couverts d’un épiderme rouge et vert, dû à la soudure des écailles originelles, et marqué de franges circulaires qui indiquent la limite de chaque verticille des mêmes écailles. L’intérieur en est blanc, translucide, formé d'un tissu cellulaire lâche renfermant un suc trôs-aqueux et sucré. Ces tubercules produisent de nouvelles tiges droites, hautes de 2 à 3 mètres, rondes, rudes au loucher, rameuses par le haut, garnies de feuilles alternes, souvent presque opposées ou même ternées, pétiolées, grandes, ovales, pointues, deptées, rudes au toucher, décurrenles sur le pétiole, Iriplinervées. Les capitules sont terminaux, solitaires, non inclinés, petits relativement à ceux de l’espèce précédente et à la grandeur de la plante.
Celte plante est originaire du Brésil. Elle fleurit très-tard en Europe, et ses graines y mûrissent diflicileraent; mais ses tubercules se multiplient à un tel point, qu’après en avoir enlevé la plus grande partie en automne, pour les usages domestiques, il en reste ordinairement assez pour que les places vides se trouvent remplies l’été suivant.
Les topinambours forment une bonne nourriture pour les bestiaux pendant l’hiver, et les hommes peuvent aussi les manger cuits et assaisonnés de différentes manières. Ils ont un goût un peu analogue à celui du fond d’artichaut; mais ils sont peu nourrissants, étant presque totalement privés d'a(^midon.
Les topinambours ont été analysés par Payen et par Braconnol ; d’après ce dernier chimiste, 100 parties de tubercules récents contiennent :
Sucre incristallisable . li,80
Inuline . .3,00
Squelette végétal . 1,^2
Gomme . . . 1 ,0S
GUitiue . 0,99
SYNANTHÉRÉES. — SÉNÉCIONIDÉES. o9
Report . 98.23
Huile très-soluble dans l'alcool. O, OC
Cérine . 0,03
Citrate de potasse . 1,07
Sulfate de potasse . 0,12
Chlorure de potassium . 0,03
Phosphate de potasse . 0,0G
.Malate de potasse . 0,03
Phosphate de chaux . 0,14
Citrate de chaux . 0,08
Tartrate de chaux . 0,02
Silice . 0,02
Ni Braconnol ni Payen n’onl indiqué d’amidon dans les tubercules de topinambour; cependant ils en contiennent quelque peu que l’on peut découvrir au microscope et au moyen de l’iode, dans le dépôt que le tubercule râpé laisse former après avoir été délayé dans l’eau et jeté sur un tamis. Le suc de topinambour, quoique contenant une assez grande quantité de sucre, éprouve très-difficilement par lui-même la fermentation alcoolique, ce qui tient à ce que la gluline transforme le sucre en mticose, ainsi que cela a lieu pour le suc de betterave; mais il fermente facilement par une addition de levûre de bière et fournit alors, d’après Payen, 9 pour 100 du poids des tubercules frais d’alcool anhydre (t).
.Uadi dn Chili.
Madia saliva et Madia mellosa, Molina. Ce sont deux plantes du Chili, dont la première surtout est cultivée dans son pays natal et aujourd’hui également en Europe, à cause de l’huile fournie par ses graines. Sa tige est élevée de rameuse, garnie de feuilles alternes, linéaires-lancéolées, très-entières, assez semblables k celles du laurier-rose; ses capitules sont presque sessiles, agglomérés à l’extrémité des rameaux ou dans l’aisselle des feuilles, pourvus de fleurs femelles, ligulées, très-grandes, à 3 dents, et de fleurons hermaphrodites, tubuleux, à 5 dents; le réceptacle est plane et pourvu de une ou deux séries de paillettes, entre les fleurs du rayon et celles du disque. Les achaines sont longs de 9 à M millimètres, brunâtres, dépourvus d’aigrette, â 4 ou 3 nervures longitudinales, convexes d’un côté, aplatis de l’autre.
Au dire de Molina et du père Feuillée, l’huile de Madia saliva serait préférable pour la table, même à celle de l’olivier; mais sa
(1) Payen, Annales de chimie et de physique, t. XXV, p. 358, et t. XXVI p. 98.
DICOTYLÉDONES CALICIFLOHES.
couleur jaune foncée, sa propriété siccative et la facilité avec laquelle elle se rancit doivent la faire réserver pour l’éclairage ou la fabrication du savon commun. Elle est soluble dans 30 parties d’alcool froid et dans 6 parties d’alcool bouillant, ce qui l’éloigne beaucoup de la nature de l’huile d’olives.
On cite encore une autre plante de la famille des composées, dont les graines fournissent une assez grande quantité d’huile usitée dans l'Inde et en Abyssinie pour l’usage de la table ou pour l’éclairage. Cette plante porte dans l’Inde les noms de mntill et de iverinnua, et en Abyssinie celui de nook. C’est le Guizolia oleifera, DC., appartenant à la sous-tribu des hélianthées, et assez voisine par conséquent de V Helianthus annuus.
TRIBU DES ASTÉROIDÉES.
Année offlclnalo.
Imla Helenium. Car. gén. : capitule multiflore hétérogame; Qeurs du rayon, unisériées, femelles, ligulées, rarement tubuleuses, triodes; fleurs du disque hermaphrodites , tubuleuses, il 3 dents ; involucre imbriqué, plurisérié; réceptacle plane, nu; anthères pourvues de 2 soies à la base; achaine cylindro'ide pourvu d’une aigrette à une seule série de soies capillaires, rudes.
L’aunée officinale {fig.
,387) croit dans les lieux ombragés et se cultive dans les Jardins. Sa tige est droite, velue, haute de 13 à 16 décimètres; ses feuilles radicales sont très-grandes, ovales, atténuées en pétiole d’un côté et terminées en pointe de l’autre; celles de la lige sont demi-amplexicaules; toutes sont dentées, d’un Fig. 587. - Aunée’ofücinaio. vcct pâle, rugucuses en
dessus, cotonneuses en dessous ; les capitules sont solitaires au sommet des tiges et des
ASTÉROIDÉES. — AUNÉE OFFICINALE. 61
rameaux, larges de 8 centimètres, pourvus de llèurons ligulés, jaunes et radiés, qui les font ressembler à ceux des fJelianthus; l’involucre est formé de squammes imbriquées, dont les extérieures sont larges et surmontées d’un appendice foliacé, et les intérieures linéaires et obtuses; le réceptacle est large, plane, dépourvu (le paillettes; les achainessont très-glabres, tétragones, pourvus d’une aigrette simple.
La racine d’aunée est la seule partie de la plante usitée. Elle est vivace, longue, grosse, charnue, roussâtre au dehors, blanchâtre en dedans, d’une odeur forte, d’une saveur aromatique, âcre et amère; elle conserve ces propriétés par une bonne dessiccation.
D’après l’analyse de John, rapportée par Berzélius, la racine d’aunée contient :
Huile volatile liquide . traces.
HeUnine . 0,4
Cire . 0,6
Résine molle et âcre . !,7
Extrait amer soluble dans 1 eau et dans I acool. . 36,7
Gomme . 4,5
Inuline . 36,7
Albumine végétale . 13,9
Fibre ligneuse . 5,5
Sels potassiques, calciques et magnésiques . »
Ce que Berzélius appelle hélénine n'est autre chose que l’huile TOlalile concrète et crislallisable qui, depuis longtemps, a été signalée dans la racine d’aunée. Elle doit avoir une grande part à ses propriétés, ainsi que la résine molle et âcre, h'inuline est, comme on le sait, un principe analogue à l’amidon qui a été découvert par Rose dans la racine d’aunée, et qu’on a retrouvé de- ])uis dans les racines de pyrèthre, de dahlia, de topinambour, de chicorée, d’angélique et d’autres plantes synanthérées ou ombellifères. Ce principe tient dans ces racines la place de l’amidon, dont il diffère parce que l’iode le colore en jaune et non en bleu, et parce que sa dissolution, obtenue à l’aide de l’eau bouillante, est mucilagineuse et non gélatineuse, et qu’elle laisse déposer l’inuline sous forme pulvérulente, quelque temps après son refroidissement. Au reste cette substance demande à être mieux définie.
On retire de la racine d’aunée, ou on en prépare une huile volatile, une eau distillée, un extrait, une conserve et un vin médicinal. Elle entre en outre dans un grand nombre de médicaments plus composés. Ses propriétés générales sont d’ètre tonique et diaphorélique.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
La racine d’aunée 'jouil d’une autre propriété peu connue, qu’elle partage avec celle de bardane. Sa décoction, employée en lotions, apaise presque instantanément les démangeaisons dartreuses, et est un des meilleurs topiques dont on puisse se servir pour en atteindre la guérison.
Quelques autres espèces d’aunée, anciennement usitées, sont aujourd'hui tombées dans l’oubli : telles sont, entre autres, Ylnula Conyza, dont les feuilles, semblables à celles de la digitale, ont été figurées (t) ; les Inula smveolêns, hifrons, britannica, graveolens, etc. Les Inula dysenter ica et pulicaria appartiennent aujourd’hui au genre Pulicaria.
La tribu des Astéroïdées renferme un très-grand nombre de plantes d’ornement, généralement connues, auxquelles je crois inutile de m’arrêter : telles sont les dahlia {Dahlia variabilis), la verge d’or {Solidago Virganurea), les érigérons, lesAsto’, la reine Marguerite {Callütephus chinensis); sans oublier la charmante p;\. querette, ornement de nos prairies {Bellis perennis).
TRIBU DES EUPATORIACÉES.
’I'usBi]a;re ou Pas il’Ane.
Tmilayo Farfara, L. {fig. S83). Le tussilage est une plante qui aime les lieux humides et dont les racines se propagent sous terre à une grande distance. ]l en pousse plusieurs petites hampes supportant chacune un capitule qui s’épanouit avant que les feuilles paraissent, ce qui a fait donner à la plante le nom bizarre de Filius ante patrem. Les feuilles qui paraissent ensuite sont pétiolées, très-larges, sous-cordiformes, anguleuses et denticulées. On en a comparé la forme à l’empreinte du pied de l’âne, d’où est venu le nom de Pas-d’âne; elles sont vertes en dessus, blanchâtres et cotonneuses en dessous. La hampe est llgalement cotonneuse et toute couverte de bractées
I' T. Il, p. 13.
EUPATORIACÉES.
EÜPATOIRES.
rougeâtres, qui, parvenues au capitule, eif forment l’involucre. Le capitule présente, à la circonférence, une grande quantité de demi-lleurons jaunes très-étroitement ligulés, femelles, et, au centre un petit nombre de fleurons hermaphrodites, tubuleux, à 5 dents. Le réceptacle est nu; les styles du disque sont inclus et abortifs ; ceux du rayon sont bifides, à rameaux sous-cylindriques; les achaines sont oblongs-cylindriques, glabres, pourvus d’une aigrette plurisériée, â soies très-fines; les aigrettes du ilisque sont unisériées. Tout le capitule est doué d’une odeur forte, agréablb, et d’une saveur douce et aromatique. On l’emploie en infusion contre la toux : d’où est dérivé le nom de Tussilage.
Kiipatoires.
Sous le nom d'Eupatoires, on connaît plusieurs plantes appartenant à des genres différents : V eupatoire des Grecs était VAgrimonta Eupatorium de la famille des Rosacées; V eupatoire de Mesué, VAchillea Agératum; enfin l’eupatoire d’Avicenne appartient aux Eupatorium.
Ce dernier genre, qui est extrêmement nombreux en espèces, présente les caractères suivants: Feuilles opposées ; capitules homogames, dont l’involucre est cylindrique, formé de squammes imbriquées, appliquées, ovales-oblongues, foliacées; le réceptacle est nu, plane, étroit; les fleurons sont généralement peu nombreux, tous tubuleux et hermaphrodites; le style est long, profondément bifurqué, barbu tâ la base ; l’ovaire est pentagone et parsemé de glandes; les achaines sont pourvus d’aigrelles pileuses, unisériées. Presque toutes les espèces sont américaines ; la suivante seule est commune en France, dans les fossés pleins d’eau et dans les lieux submergés.
Eiipatuirc il’Aviceiine OU F.upatoire chanvrin, Eupatorium cannabinum, L. Cette belle plante croît à la hauteur de 13 à 13 décimètres; sa tige est un peu quadrangulaire, velue et rameuse; les feuilles sont opposées, sessiles, à 3 ou 5 folioles lancéoléesallongées et dentées, imitant assez les feuilles de chanvre; les capilules sont terminaux, disposés en corymbes un peu serrés, formés d’un involucre cylindrique, glabre, à 10 squammes dont les 5 extérieures obtuses et très-courtes ; les fleurs sonld’un pourpre pâle, au nombre de S ou 6, remarquables par leurs styles saillants.
La racine d’eupatoire est fibreuse et blanchâtre; elle paraît être assez fortement purgative ; les feuilles sont amères et un peu aromatiques lorsqu’on les écrase ; elles passent pour délersives et apéritives.
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Aj-n-pana, Eupatorium Aya-pana, Vent. Celte plante, originaire dn Brésil, a été transportée à l’Ile-de-France. Vantée d’abord à l’excès contre un grand nombre de maladies, elle est aujourd’hui presque totalement oubliée : il semble cependant qu’elle devrait conserver une place dans la matière médicale; au moins peut-on supposer que ses propriétés générales se rapprochent beaucoup de celles du thé.
Les feuilles d’aya-pana sont longues de 5,5 à 8 centimètres, étroites, lancéolécs-aigués, entières, marquées de trois nervures principales qui se réunissent à l’extrémité du limbe, et d’un vert jaunâtre. Elles ont une saveur astringente, amère, parfumée, et une odeur agréable qui a quelque rapport avec celle de la fève lonka.
Plusieurs autres espèces d’eupatoire sont douées d’une odeur très-agréable : telles sont principalement YEupulorium Lallavei, désigné au Mexique sous le nom de Eosa Panai, ou Posa Maria qui fournit une résine de couleur jaunâtre, à moitié transparenle, à odeur d’encens, de saveur amère et aromatique, employée comme céphalique et excitante (1); V EupatoriumDalea,h. {Critonium Dalea, DC.) de la Jamaïque, dont les feuilles sèches exhalent une odeur de vanille très-suave et persistante; et VEupatorium aromatisans, DC., de l’îledeCuba, qui sert à aromatiser les cigares de la Havane. Virey (2) a fait mention d’une feuille de trébei servant au môme usage, que M. Kunth a reconnue pour appartenir au Piqueria trmervia de Cavanilles. 11 est probable que celte feuille de trébel est la môme que celle que j’ai décrite dans ma précédente édition, et que j’ai cru appartenir à l’ E upatorium iriplinerve de Vahl. Quelle que soit l’origine de celte feuille, voici quels en sont exactement les caractères :
Celle feuille est longue de 18 centimètres et doit être considérée comme sessile; mais le limbe est très-étroit dans une longueur de 5i millimètres, puis il s’étend peu à peu jusqu’à une largeur de .% millimètres, et se termine à l’extrémité par une pointe arrondie; la nervure médiane est forte et très-marquée; les nervures latérales sont disposées par paires; les trois premières paires suivent la direction allongée du limbe rétréci en pétiole, et viennent se confondre avec le bord de la feuille- la quatrième paire parvient seule au sommet, et donne à la feuille, avec la nervure médiane, l’apparence d’une feuille iriplinerve ; les nervures latérales supérieures sont beaucoup plus petites et comprises entre la nervure médiane et les nervures de la quatrième
(1) Léon Soubeiran, Journal de pharmacie et de chimie, 3' série, t. XXXVIli p. 198.
(2) Virey, Journal de pharmacie,t. XIV, p. 306.
tl PATOHIACEKS. — GALAGEHI. As
paire. La feuille est très-entière, assez épaisse, glabre, d’une couleur verte un peu jaunâtre ; elle a une odeur de fève tonka ou de mélilol beaucoup plus franche, plus forte et plus agréable que l’aya-pana; sa saveur est piquante, âcre et un peu arnère; elle teint l’eau en jaune foncé.
(Suaco.
Mikania Gaaco, Humb. et Bonpl. Cette plante est voisine des eupaloires, dont elle se distingue cependant par plusieurs caractères : Sa lige est grimpante, très-longue et rameuse; ses feuilles sont péliolées, opposées, ovales-aiguës, hérissées en dessous, à dentelures distancées, longues de 16 à 24 centimètres ; l’involucre est formé de 4 folioles seulement, épaisses, aiguës, hérissées en dehors; les fleurons sont au nombre de 4, hermaphrodites, dont le style et les 2 stigmates sont très-longs; les achaines sont pentagones, glabres, surmontés d’une aigrette simplè; le réceptacle est nu.
Le guaco croit dans la Colombie, sur les bords du fleuve de la Madeleine ; il est célèbre dans ces contrées par la propriété qu’on lui attribue de guérir de la morsure des serpents venimeux. On a également annoncé qu’il était propre à guérir le choléra. On a trouvé dans le commerce la plante entière, tiges, fleurs et feuilles mêlées. Elle est inodore, mais amère. Elle a été analysée par M. Fauré, de Bordeaux (1). [Selon M. Guibourt (2), les guaco vraiment actifs appartiennent à des plantes différentes du Mikania Guaco, particulièrement à des aristoloches. Le Mikania Guaco serait d’après lui sans action.]
Semences de Caloyérl,
Vernonia anthdmintica, Willd. Plante de l’Inde de la tribu des Yernoniacées, dont les semences sont usitées comme anlhelmintiques. Virey (3), disant avoir reçu ces semences directement de l'Inde, sous le nom de Calagérioa de Calagirah, a proposé de les substituer au semen-contra, dans les préparations pharmaceutiquesi Le conseil aurait pu être bon, si les graines présentées eussent été véritablement celles du Vernonia anthelmintica ; mais c’étaient des semences de nigelle. Comme cette confusion pourrait se représenter, je dois dire ici ce qui l’avait causée et comment on peut s’en garantir.
,'l) Fauré, Jôurn. pharm,, l. XXII, p. 291.
(2) (Juibouit, mém. sur le guaco {Journal de pharmacie et de chimie, 1869 :
(3) Virey, Journal de pharmacie, t. XXII. p: 6'!.
DICOTYLEDONES CALICIPLORES.
Les semences en question avaient été présentées à la douane sous le nom de Calagirah que Virey a cru synonyme AtCalagéri, tandis que ces noms désignent des plantes très-différentes. L’une, nommée Ca/flÿeVi par Rheede, ou Kalie zterie par Ainslie (1), est bien le Yernonia anthelnintica ; l’autre, nommée Kala jira (2), est \eNigella saliva, L.,ou sa variété indienne, le mrfeca, Roxb.
Ce sont les semences de celte dernière plante que Virey a prises pour les fruits du Vernonia.
Les achainéS du Vernonia anthelmintica sont longs de 5 millimètres, étroits, amincis et coniques par la partie inférieure, élargis par le haut en un petit disque qui présente tout autour les vestiges de l’aigrette simple qui les surmontait; leur surface est creusée de sillons longitudinaux et couverte de poils rares et courts; leur couleur est brune, sauf le petit plateau supérieur qui est blanchâtre; elle est amère et inodore.
La semence de Nigella saliva est noire, cunéiforme, triangulaire ou qiiadrangulaire, de la grosseur d’une puce. Les faces comprises entre les angles sont planes et ridées; la saveur en est aromatique, nullement amère et d’un goût de carotte ; l’odeur en est faible en masse, mais devient plus forte par la friction dans le creux de la main, et est semblable à celle du Daucus.
FAMILLE DES DIPSACÉES.
Cette famille présente par la réunion de ses fleurs en capitules une assez grande ressemblance avec les Composées; mais elle en diffère par un certain nombre de caractères essentiels. Les feuilles sont opposées, dépourvues de stipules; les fleurs, réunies en capitules, sont accompagnées i la base d’uninvolucre commun composé de plusieurs folioles; mais chaque fleur est entourée, en outre, d’un involucre propre, caliciforme, différent encore cependant du véritable calice, lequel est soudé avec l’ovaire et terminé supérieurement par un limbe entier ou divisé. La corolle est gamopétale, tubuleuse, à 4 ou S divisions inégales; les étamines sont au nombre de 4, à anthères libres et biloculaires. L’ovaire est infère, à une seule loge contenant un seul ovule pendant. Le style est simple, terminé par un stigmate simple ou légèrement bilobé. Le fruit est un achaine terminé par le limbe calicinal et enveloppé par le calice externe. La graine est pendante et son embryon est entouré d’un endosperme assez mince. Cette famille est très-peu nombreuse, et je n’en citerai que deux plantes utiles, la cardère cultivée et la scabieuse officinale.
Cardère cultivée, communément nommée Chardon à foulon {ùipsacus FuUonum, L.). Celte plante porte des capitules cylindri-
(1) Ainslie, . 11, p. 64.
(î) Idem, 1. 1. p. 128.
VALÉHIANÉES. 67
ques, pourvus de paillettes très-nombreuses, serrées, dures et terminées en crochet à leur extrémité, ce qui les rend propres k peigner les tissus de laine et de coton. Les racines étaient emploj’ées autrefois comme diurétiques et sudorifiques.
Scabieuse offlciuaie, Scabiosa succisa, L. (fig. 58y). Cette plante est commune en France, dans les bois et dans les pâturages un peu humides. Elle produit une tige droite, cylindrique, haute de 30 à 60 centimètres, garnie de feuilles dont les inférieures sont péliolées, oblongues, acuminées de chaque côté, très-entières, et les supérieures sessiles, connées , oblongoes-lancéolées , souvent dentées ; les capitules sont pédonculés , pourvus d’un involucre général à ou 3 séries de folioles ; les involucelles sont formés d’un tube tétraédrique, à couronne très-courte, ondulée et à soies courtes et conniventes ; les corolles sont égales, quadrifides, d’une couleur bleue ou purpurine. La racine est blanche, cylindrique, courte et comme tronquée par le bas, entourée de radicules descendantes. On l’emploie en décoction contre les maladies de la peau. Les feuilles et les fleurs sont également usitées.
La BcabieuBc des chiiiiipii {Scübiosa arvernis, L. ; Knaulia arvensù, DC.) est aussi usitée. Elle diffère de la précédente par sa tige velue, ses feuilles pinnatifides incisées et ses fleurs à corolles inégales et rayonnantes.
FAMILLE DES YALÉKIANËES.
Plantes herbacées, à feuilles opposées, simples ou plus ou moins profondément incisées; les fleui-s sont privées d’involucre et de calicule, mais sont encore rapprochées en grappes denses ou en cymes terminales; le calice est simple, formé d’un tube soudé avec l'ovaire et d’un limbe supére, tantôt dressé, à 3 ou 4 dents, tantôt roulé en dedans et divisé en lanières qui se déroulent en aigrette après la floraison. La corolle est gamopétale, épigyne, à limbe quinquélobé, tantôt régulier ou presque régulier (valériane), tantôt irrégulier, avec le tube éperonné (centranthe), ou non éperonné (fédia). Les étamines sont insérées au tube de la corolle, quelquefois au nombre de o, réduites à 3 dans les valérianes, à 2 dans les fédia, à 1 dans les centranthes. L’ovaire est un-
lUCÜTYLlîÜOiNES OAUCIFLOKÜS.
fiS
l'ère, à 3 loges, dont 2 stériles et souvent indistinctes ; l’ovule est unique, pendant au sommet de la loge fertile, anatrope; le slyle est terminé par 2 ou 3 stigmates; le fruit est sec, indéhiscent, couronné par le limbe du calice, tantôt à 3 loges dont 2 beaucoup plus petites et vides (fédia), tantôt à une seule loge (valériane). La graine est inverse, à embryon homotrope, droit, à radicule supére sans endosperme.
Cette famille, séparée des Dipsacées par de Candolle, présente encore des analogies frappantes avec le groupe des Composées; les genres peu nombreux qui la composent ont été presque tous formés aux dépens des valérianes dont les racines, diversement aromatiques, ont fait partie de la matière médicale des anciens et sont encore très-usitées aujourd’hui dans toutes les parties du monde.
Valériane aauvaire.
Valeriam offictnalis,h. (fig. 390). ïigedroile, haute d’un mètre à un mètre 1/2, fistuleuse, un peu pubescente, portant dans sa partie supérieure des rameaux opposés sortant de l’aisselle des feuilles. Cellesci sont opposées, toutes pinnatiséquées, è segments lancéolés-denlés, un peu velus en dessous. Les Heurs sont petites, nombreuses, disposées en cyine au haut des tiges, d’une couleur blanche purpurine, d’une odeur agréable. La racine est trèspetite, comparée à la grandeur de la plante, formée d’un collet écailleux trèscourt, entouré de tous côtés de radicules blanches, cylindriques, de 2 à 3 millimètres de diamètre. Elle possède une saveur légèrement amère, comme un peu sucrée d'abord, et une odeur désagréable qui se développe par la dessiccation, au point de devenir très-forte et fétide. Cette odeur plaît singulièrement aux chats, qui déchirent les sacs de celte racine, se vautrent dessus et en mangent même avec délices.
On trouve dans le commerce deux variétés de racine de valériane qui me paraissent dues à la dilléreuce des lieux oîj on les a récoltées. L’une est formée de radicules blanches, cylindriques.
VALÉHIANEES. — VALEHIANK.
qui oui conservé leur plénitude par la dessiccation, en ayant pris souvent une apparence cornée. La terre qui s’y trouve attachée est sablonneuse, légère, jaunâtre, et tombe en poussière par la percussion. Il me paraît évident que cette valériane a crû dans des bois assez secs et sablonneux. L’autre variété a dû croître au contraire dans un lieu humide et marécageux; car la terre qui s’y trouve comprise est noirâtre, compacte et dure à casser, comme le serait une terre argileuse qui a été détrempée dans l’eau et ensuite desséchée. De môme que dans la première variété, le collet est court et écailleux ; mais les radicules sont d’un gris foncé, plus déliées, plus fibreuses et ridées à leur surface, ce qui tient à la plus grande quantité d’eau qu'elles ont perdue par la dessiccation. Cette racine a une odeur très-analogue à la première, néanmoins non désagréable; elle paraît un peu plus amère. J’ai supposé anciennement que cette racine pouvait être produite par le Valeriana dioica, L., qui croît en effet dans les lieux aquatiques; mais la seule différence des lieux suffit pour expliquer celle des deux racines (1).
I.a racine de valériane fournit par la distillation avec de l’eau une huile volatile verte, d’une odeur forte, analogue à la sienne propre, qui a longtemps été usitée comme antipasmodique. Cette essence, de môme que la plupart des autres huiles volatiles, est formée de plusieurs principes, dont un, principalement, mérite de fixer l’attention par son caractère acide bien décidé.
Ce principe, nommé acide valérianique ou valérique, a été entrevu d’abord par M. Pentz, puis déterminé par M. Grolz, et étudié ensuite par MM. J. -B. Trommsdorf, Etlling, Dumas et Stas, Cahours et Gerhardt. Pour l’obtenir, on distille la racine de valériane bien privée de terre et additionnée d’ailleurs d’une petite quantité d’acide sulfurique, avec de l’eau, et l’on obtient ainsi, comme à l’ordinaire, un mélange d’eau distillée et d’huile volatile, auquel on ajoute de la magnésie calcinée. On distille dans une cornue, et l’on obtient une huile volatile légère, non acide, d’une odeur moins fétide qu’auparavant. Lorsqu’il ne passe plus d’huile, on ajoute dans la cornue de l’acide sulfurique en léger excès et l’on reprend la distillation. On obtient alors un liquide huileux (acide valérianique) qui surnage l’eau saturée du môme acide; car il est .soluble dans 30 parties d’eau. L’acide pur est incolore et pèse 0,944 ; il a une odeur d’essence de valériane trèsforte et très-désagréable et une saveur repoussante. Il perd pre.siiue toute son odeur par sa combinaison avec les bases, et forme
(I) Voir dans Piorlot, Note sur lu valériane, sur l’analyse de sa racine etc la flgiirp des deux variétés, sylvestre et palustre, de la valériane offlcinate.
70 IlICOTYLÉDONES CAMUIFLOKES.
des sels, tels que ceux de zinc et de quinine, qui sont aujourd’hui
très-employés dans la thérapeutique.
L’acide valérianique a été analysé par M. Etlling à l’état oléagineux et combiné à la baryte ou à l’oxyde d’argent ; sous ce dernier état il est anhydre et formé de ; à l’état oléagineux,
il est hydraté et contient C*''H903-fH0=C‘«Hi«0*.
Cet acide peut se former dans un grand nombre de circonstances différentes, et notamment par l’action delà potasse caustique hydratée sur l’essence de pomme de terre ou alcool amylique
En ajoutant en effet les éléments de deuxmoléculcs d’eau à l’alcool amylique. on en forme de l’acide valérianique hydraté et de l’hydrogène qui se dégage, provenant pour une moitié de l’èan ajoutée et pour l’autre de l’essence de pomme de terre ;
Cinii»0»-|-2H0 = C
MM. Grotz, Trommsdorf et Etlling s’étaient bornés à montrer que l’essence de valériane était composée de deux huiles dont l’une est acide et l’autre pas. D’après Gerhardt, l’essence de valériane récente ne contiendrait pas d’acide valérianique et serait formée de deux huiles non acides, l’une oxygénée à laquelle il donne le nom de valérul; l’autre non oxygénée, composée de C99H**, et nommée bornéène, parce qu’elle est identique en effet avec l’essence naturelle du Dryobalanops Camphora (1). Quant au valérol, il est liquide à la température ordinaire ; mais il se solidiOe à quelques degrés au-dessous de zéro et conserve alors la forme de cristaux jusqu’à 20 degrés et au-dessus. Il est composé de et peut se convertir en acide valérianique,
soit par l’action de l’air sur l’essence de valériane, soit par l’action de l’hydrate de potasse fondu. Il se dégage de l’hydrogène, et le sel de potasse produit est un mélange de valérianate etdecarbonatede potasse, ainsi que l’explique l’équation suivante ;
C1«H)00» -I- üHO = + C*0» -f 6H.
Nonobstant l’opinion de Gerhardt, je pense que l’essence de valériane, même récente, contient de l’acide valérianique. J'admets cependant que la racine fraîche n’en contient pas, et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles elle possède une odeur beaucoup plus faible que la racine sèche. Mais après la dessiccation, lorsque les principes huileux ont imprégné tout le tissu de
(1) Tome II, p. 411.
VALÉRIANKES. — NARD CELTIQUE. 71
la racine et se trouvent en contact avec l’air, il est difficile de croire qu’ils n’éprouvent pas le genre d'altération propre à la production de l’acide valérianique. Il est d’ailleurs certain que l’essence de valériane sèche, nouvellement préparée, contient toujours de l’acide valérianique,
[D’après M. Pierlot (2), l’acide valérianique existe, avec l’huile essentielle, dans la racine fraîche de valériane, et même en plus grande quantité que dans la racine desséchée. Si la racine devient de plus en plus odorante à mesure qu’elle se sèche, ce n'est pas que les deux principes s’y forment peu à peu, maïs bien parce qu’ils sont eux-mêmes beaucoup plus odorants à mesure qu’ils se déshydratent. L’automne est l’époque de l’année où la valériane contient le plus de principes actifs,]
Racine de g'rande Valériane.
Valeriana Phu, L. Cette plante est cultivée dans les jardins ; toutes ses parties sont plus grandes que dans la précédente, si ce n’est sa tige qui n’a que 1 mètre de haut; ses feuilles radicales sont entières ; sa racine est formée d’une souche longue et gi’o.sse comme le doigt, d’une couleur grise et marquée d’anneaux circulaires qui sont des vestiges d’insertion d’écailles foliacées noirâtres. Cette souche s’étant trouvée placée transversalement dans la terre, est nue du côté qui regardait la surfacedu sol et garnie de l’autre d’un grand nombre de radicules dirigées en bas, grises et ridées à l’extérieur, et d’une couleur foncée en dedans. L’odeur de la racine est analogue à celle de la première espèce, plus faible et cependant plus désagréable, ce qui peut tenir à ce que, étant ordinairement très-ancienne dans le commerce, l’essence s’y trouve en plus grande partie convertie en acide vaiérianique ; sa saveur est manifestement très-amère. Elle jouit dans un moindre degré des mêmes propriétés que la valériane ofûcinale.
La racine de grande valériane est le phu ou nard de Crète, dont il est fait mention dans le douzième livre de Pline.
Racine de Valériane celtique ou Ward celtique.
Vakriana celtica. Cette espèce {fig. 391) croit sur les montagnes de la Suisse et du Tyrol, pays des anciens Celtes; de là lui est venu le nom de iVard celtique, qu’elle a toujours porté. Elle se compose d’une petite souche ligneuse, toute couverte d’écailles imbriquées, placée obliquement près de la surface du sol et sous la mousse qui le recouvre, pourvue d’un côté de quelques radi-
(1) Pierlot, lococit.
72 UlOüïYLEDO.NES CALIClKLüRKS,
cules et lernunée supérieurement par une touffe de feuilles trèsentières, obovées, et par une tige haute de 8 à 20 centimètres ; les fleurs sont d'un rouge pâle, réunies au nombre de cinq ou six en petites ombelles portées sur des pédoncules axillaires ; celles de l’extrémité sont presque sessiles et comme verlicillées.
Le nard celtique se trouve dans le commerce sous la forme de paquets ronds et plats qui le contiennent mélangé de mousse et de beaucoup de terre sablonneuse. La souche elle-même est très- menue, longue de 3 à 5 centimètres, entièrement couverte d’écailles blanchâtres, et munie de quelques radicules brunes. Toute la souche est pourvue d’une saveur très -amère et d’une odeur forte qui tient beaucoup de celle de la valériane. Celle substance, quoiqu’elle doive être Irès-aclive, n’est plus guère employée aujourd’hui que pour la thériaque. Il faut la débarrasser de la mousse, de la terre et des feuilles qu'elle contient. D’après M. Joannes Chalin, on y trouve aussi le Valmnna saxatilù, â racine odorante el amère (1).
^1) Joannes Cliatin. Étude sw les Valériatues et leurs produits (Tlit-se pour le doctorat en médecine. Paris, 1871.
VALÉHIANEES. •- SPICANAKD.
\'aril Indien ou Siplcanard.
Cette substance a été célèbre dans l’antiquité et comptée au nombre des aromates les plus précieux ; son odeur passait pour exciter les désirs amoureux ; partant elle était en grand honneur auprès des dames romaines (1), comme elle l’est encore aujourd’hui chez celles du Népaul.
Cet usage peut s’expliquer jusqu'à un certain point, maintenant qu’il est reconnu que le véritable nard indien appartient à une plante très-voisine des valérianes. Et d’ailleurs une odeur qui nous parait peu agréable aujourd’hui a pu sembler suave autrefois; de même que le citron dont les femmes se parfument, de notre temps, passait anciennement pour désagréable, et ainsi de plusieurs autres.
Pendant longtemps le nard indien a été atti ibué à [’Andropogon Mardus, L., de la famille des Graminées, et l’on s’étonne que cette opinion ait pu durer; car la racine de V Andropogon Aardus {Girtger-grass, angl.) ressemble pour la forme et la couleur îi celles du schœnanthe et du vétiver : elle offre une odeur mixte de gingembre et d’acore, tout à fait distincte de celle du nard indien
Le docteur Jones a le premier fait connaître que la piaule qui produit le spicanard est une valériane, qu’il a nommée, de son nom sanscrit, Valeriana Jatamansi ; mais il l’a confondue avec la Valei'iana Hardtvickü Ae Don ou deWallich, qui ne donne pas de spicanard. Il faut dire, cependant, qu’il nous vient de l’Inde plusieurs espèces de nard, mais dont aucun n’est produit par la Valmana Hnrdwickii.
L'existence de plusieurs espèces de nard indien a été constatée dans tous les temps. Ainsi Dioscoride, à part même les deux nards qu’il nomme syriaque et sainphorilique, décrit deux nards de l’Inde: l’un, croissant sur les montagnes, est couri, anjinci à l’extrémité, d’une couleur rousse, amer, et d’une odeur agréable qui se conserve longtemps ; l autre, venu dans des endroits très-humides et nommé Gangitis, du fleuve Gange, qui coule au pied des lieux oh il croît, est plus grand, portant plusieurs épis chevelus sortant d’une même racine, et ces épis sont hérissés de fibres entremêlées, et de mauvaise odeur ; il est moins estimé.
Tirons le nard”délicieul
Dont l’odeur seule fait qu’on aime, . ^
Qui prête un charme à Véuus mènir^
DICOTYLÉDONES CALICIKLORES.
On trouve des traces de cette distinction des deux nards de l’Inde dans Pomet et dans Geoffroy; mais nul ne les a mieux décrits que Charas (I). Suivant lui, «le véritable nard des Indes a ses épis moindres que l’autre ; il est sans partie ligneuse, d’un jaune tirant sur le purpurin, d’un goût fort aromatique, mêlé d’amertume et d’acrimonie ; il est porté sur une petite racine sujette à tomber en poussière, et qu’il convient d’en séparer en secouant les épis sans les briser. Le faux nard est plus gros que le précèdent, d’une couleur plus brune, portant une chevelure plus éparpillée et plus hérissée ; il est presque privé d’odeur et de goût ; il offre dans son centre une partie ligneuse qui sert de loin en loin de base à la chevelure. »
A. la vérité, Charas dit avoir cueilli ce faux nard sur le mont Genèvre, en Dauphiné, ce qui tendrait à le faire regarder comme indigène ; mais, comme il parle A' autrefois, et que les caractères donnés par d’autres auteurs, à ce faux nard du Dauphiné, ne se rapportent pas à la description précédente, il me parait certain que Charas a confondu deux choses différentes, savoir : le faux nard de l’Inde, dont la description se trouve ci-dessus, et le faux nard du Lauphtné, dont la forme se rapproche beaucoup de celle du vrai nard de l’Inde, et qui est, au dire de Pomet, d’un gris de souris, tourné comme s'il avait été tourné au tour, et composé de filaments fort menus ; ces derniers caractères indiquent sulfisamment que ce faux nard du Dauphiné n’est autre que le bulbe allongé et chevelu de la Victoria le (A //mm Victorialis, L.). En résumé, Charasa parfaitement distingué les deux nards de l’Inde ; il a eu tort seulement de croire que le second venait du Dauphiné. Voici la description plus précise de ces deux substances.
i>lard aatamanal.
Vrai nard indien, Charas ; nard des montagnes de l'Inde, Diosc. (i) ; Valeriana Jatamansi, Lambert (3) ; Nardostachys Jatamansi DC. (4). Cette plante {fig. 592) croîtdansles montagnes du Népaul, dans les provinces de Mandou et de Chitor, au royaume de Delhi, au Bengale et au Décan. L’excellente figure qu’en a donnée Lambert, et l’échantillon que j’en ai vu dans l’herbier deM. Delessert ne permcttentpas de douterquecene soit elle qui produise le vrai nard indien. Celte substance est devenue très-rare dans le commerce ; telle que nous i’avons {fig. 593), elle se compose d'un
(1) Charas, Pharmacopée, article Théruqur RKroauRF.
(2) Oioscoride, I, cap. vi.
(.1) Lambert, An Illust. uf the genua Cinc/i . , p. m.
(4) Dr Cartdolle, Coll, mém., VII, pl. I t Prodromua, IV, p. 624.
VALÉRIANKES. — NAHÜ HAUICANT.
tronçon de racine très-court, épais comme le petit doigt, d'un gris noirâtre, surmonté d’un paquet de fibres rougeâtres, fines et dressées, qui imitent un épi de la grosseur et de la longueur du petit doigt. Cet épi est ordinairement un peu ovoïde ou renflé
au milieu et aminci aux extrémités; les fibres dont il se compose sont souvent encore disposées en réseau de feuilles, et ne sont effectivement que le squelette desséché des feuilles qui entourent le collet de la plante, et qui se détruisent chaque année ; l’odeur en est forte et agréable, très-persistante, analogue à celle du nard celtique; la saveur en est amère et aronjatique.
En coupant l’épi longitudinalement, on trouve au centre un corps ligneux, formé d’une écorce grise et d’une partie intérieure blanche, spongieux et friable. Ce corps ligneux est souvent réduit à l’état pulvérulent par les insectes, ou manque entièrement. Ayant une fois ouvert un épi dont la racine était bien conservée, je lui ai trouvé une odeur très-marquée de valériane.
]%Brd railtcamt de l’Inde.
Nard du Gange, Diosc. (fig. 594 et 595). Celte substance est abondante dans le commerce ; elle se compose d’un corps de
im:uTYi.KüONKs i:aih:iku)HKs.
Fifr- i-adicant de riiule.
racine brun, dur, ligneux, gros comme une plume à écrire lout hérissé de radicules brunes, rudes el chevelues. Celle racine se divise supérieurement en trois ou quatre tiges ou rhizomes, long quelquefois de 19 à 22 centimètres, entièrement couverts de fibres brunes, dressées, qui sont, comme dans le vrai spicanard, le débris des feuilles radicales; mais ces trois ou quatre tiges ayant été renfermées sous terre, jusqu’è un paquet de feuilles verdâtres qui les termine supérieurement, les fibres dont je parle sont entremêlées d’autres fibrilles ou radicules semblables à celles de la partie inférieure. Quand ou dépouille les rhizomes de leurs fibrilles, on trouve dessous un corps ligneux {fig. 395, a), trèiTdur, mince comme une petite plume, mais renflé et articulé de distance en distance, à la ma-
niei e des soiichets ; au total ces rhizomes ramitlés, longs de I6à 1 9 centimètres, tout hérissés d’une chevelure brune, dure, irrégulière, sont très-faciles à distinguer du vrai spicacard. Ils ont une odeur analogue à celle du nard celtique, mais beaucoup plus faible et désagréable ; leur saveur est terreuse et presque nulle.
La plante qui fournit le nard radicant de l’Inde est encore inconnue. Aucune des valérianes de l’Inde que j’ai vues dans les herbiers de M. B. Delessert ne peut le produire. Le seul jyardostachys grandi flora, DC. (Fedia grandi/lora, Wall ), tel qu’il est représenté par de Candolle (1), olIVe un rhizome long, cylindrique, hérissé de fibres, qui se rapporte assez bien au nard radicant ; mais l’inspection de la plante en nature pourra seule décider la question, par la conformation toute particulière que l’on doit trouver à son rhizome ligneux.
[Cependant on peut prévoir déjà par la structure anatomique de la souche que la plante mèrede ce nard n’est pas une Valérianée, mais bien plutôt une monocotylédone, qui reste encore indéterminée (2).]
.\'aril foliacé lie l’Inde.
J’ai vu cette substance {fig. 596 et 597) pour la première fois dans le commerce vers l’année 1825, je ne sais si elle s’y trouvait
auparavant ; elle y était assez abondante. Au premier aspect, elle parait assez différente de la précédente ; mais, après un examen minutieux, je la regarde comme la même plante recueillie jeune. Au lieu d’être formée d’un long rhizome ramifié, terminé pai une faible touffe de feuilles, cette substance est au contraire
78 DICOTYLEDONES CALICIKLOHES.
presque entièrement formée d’un épi foliacé jaunâtre, terminé inférieurement par une courte racine ligneuse, munie de radicules chevelues et jaunâtres. L’odeur est plus développée que dans le précédent spicanard, et offre quelque chose d’aromatique el d’agréable. Du reste, on observe dans les épis foliacés
Kig. 597. — Nard foliacé de l'iude. Fig. 598. — Faux Nard du Uauphine.
la tendance à se ramifier qui se serait développée plus lard • on voit percer des radicules ligneuses même à travers les feuilles non altérées; la consistance el la forme du rhizome sont les mêmes. Bref, le nard foliacé et le nard radicanl de l’Inde ne me paraissent différer que par l’âge auquel ils ont été récoltés.
Faux nard du Dauphiné.
Bulbe {fig. 398) de la victoriale brigue de Clusius (1), Allium anguinum deMallhiole, de Bauhin(2). Celte subslance n’a été qu’imparfailement décrite par Pomet. Elle a tout à fait la forme du nard jalamansi, c’est-à-dire qu’elle est grosse et longue comme le
KUblACEKS.
petit doigt, un peu renflée au milieu et amincie aux extrémités ; mais elle est d’un gris de souris, inodore et d’une saveur terreuse. La surface de l’épi est généralement unie, et les fibres très-fines dont il se compose forment un réseau régulier, disposé en losange, Lorsqu’on coupe l’épi longitudinalement, on voit au centre un corps blanc, cellulaire, arrondi, séparé en deux par une ligne rousse horizontale, qui forme la ligne de démarcation de deux bulbes d’années consécutives. Au-dessus du bulbe supérieur se trouve le bourgeon de celui qui grossira l’année d’après, et audessous sont les débris des bulbes des années précédentes. Celte disposition diffère de celle du colchique en ce que, dans celui-ci, les bulbes se forment latéralement, tandis que dans la victoriale ils se succèdent dans le sens perpendiculaire, et causent ainsi l’allongement progressif de l’épi. La victoriale croît dans les montagnes du Dauphiné, de la Suisse, de l’Italie, de l’Autriche et de la Silésie. J’ai dû à l’obligeance de M. Chalenay, alors pharmacien à Saint-Ymier, dans l’état de Berne, l’échantillon qui a servi à la description précédente.
D’autres substances que les précédentes ont porté le nom de nard; telles sont la lavuude «pic, qui se trouve décrite par d’anciens auteurs sous le nom de Nardus italien, et la racine d’«- ■aruni, qui a été nommée Nard sauvage.
SlAche ou Doucette, Valerianella oUtoria, Moench. Petite plante commune dans les champs à la fin de l’hiver, mais cultivée dans les jardins potagers pour l’usagé de la table. Ses feuilles sont entières, vertes, succulentes, d’un goût doux; ses fleurs sont d’un bleu très-pâle, pourvues d’un calice à dents droites et de 3 étamines; le fruit est une capsule à 3 loges dont une seule fertile.
Valériane rouge, Centranthus vuber, ou plutôt le Centranthus angustt/'olius,ï)C. Celle plante, remarquable par ses fleurs nombreuses et d’un beau rouge, croit en France dans les lieux pierreux et sur les vieux murs, et est cultivée pour l’ornement des jardins. Le tube de la corolle est éperonné à la base et ne porte qu’une étamine. Le fruit est uniloculaire et monosperme. La racine sent la valériane.
FAMILLE DES UUBIACÉES.
Plantes herbacées, arbustes ou arbres à feuilles opposées accompagnées, de chaque côté, de stipules, tantôt soudées et formant une sorte de gaine; tantôt distinctes et se développant en feuilles semblables aux véritables, et simulant un verticille de feuilles. Les fleurs sont axillaires ou terminales, quelquefois réunies en tète. Le calice est formé d’un
■'«' DlCOTYLKUüiMiS CALICIKLOHKS.
lube adliéreiil à l'ovaire et d’un limbe sup£re, entier ou partagé en * ou O lobes, le plus souvent pereistant. La corolle est épigvne, gamopétale, régulière, à 4 ou 5 lobes ; les étamines sont en nombre égal et al ternes avec les lobes de la corolle; l’ovaire est infère, surmonté d’un style simple et d’un stigmate qui offre autant de lobes qu’il y a de loges à l’ovaire. Le fruit est tantôt une mélonide (fruit complexe, charnu, infère, indéhiscent) à deux ou à plusieurs loges monospermes, ou polyspermes ; tantôt un carcérule infère ne différant du ft-uit précédent que par la siccité du péricarpe; tantôt une capsule à deux ou à un plus grand nombre de loges polyspermes et s’ouvrant en autant de valves qu’il y a de loges ; les graines, souvent comprimées et bordées d’une aile membraneuse, contiennent un embryon homotrope dans un endosperme corné ou carlilagineux.
Malgré les différences observées dans les fruits, la famille des Hubiacées est une des plus naturelles du règne végétal; c’est aussi une des plus nombreuses et des plus essentielles à connaître, à cause du grand nombre de substances actives qu'elle fournit à l’art de guérir. Klle a été divisée de la manière suivante :
l'‘•sons•l’amillo, CoIFéaeées : fruits à loges nluiiospernies (très-rarement dispermes).
fribu 1, Operciilarlée» ! fruits uniloculaires, monospermes, rapprochés latéralement en capitules, enfin déhiscents et bivalves pur le sommet. Genres Pomax, Opermlana.
Tribu 11, Mtellatée* t fruit presque sec, bipartible, rarement charuu et biloculaire; stigmate en tète. Genres Valtantia, Galium, Rubin, ('m'-vindla, Asperula, etc.
Tribu III, .«nthospermées : fruit presque sec, bipartible, rareiiiuiit charnu et biloculaire; stigmate allongé, velu. Genre Authospettniim, etc.
Tribu IV, üpermacocéca < fruit presque sec à 2 ou à 4 noyaux; stigmate bilamellé. Genres Surissn, Bon-evin, Spermame, Richardsoniai Perama, etc.
Tribu V, Payehotriée* > fruit charnu, biloculaire; semences convexes par le dos, planes et marquées d’un sillon du côté interne; endosperme corné. Genres Cqphalis, Patabea, Palkourea, PsychotHa. flonabea, Mapowin, ünffea, Fnramia, Pavetiu, Ixtjrn, Chioeorca, Sideioikiidroii, etc.
Tribu VI, Pieiièpléea : fruit biloculaire, indéhiscent, à peine charnu: tube du calice se séparant facilement des carpelles qui sont très-comprimés et suspendus à un axe filiforme; endosperme charnu. Genre Pœderia,
fribu Vit, «aestaraaeéea i fruit charnu, à 2-10 noyaux, semences cylindriques. Genres Morinda, Vangtieria, Ruettnrdn, Mntanea Antivrhiea, Stenostofnuin, Erithalis, eic.
fribu VUl, Copdlèpôca I fruit charnu, multiloculaire. Genres lAji -
dirrn, Trirnlysiu.