‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 59 sur 139 · I.ouclie et précipité peu sensible · texte numérisé non relu

I.ouclie et précipité peu sensible

Précipité jaune trèsabondant et collèrent ; liqueur ontièrement décolorée.

Sulfate de fer .

Action nulle.

Couleur noire très-in-

(1) Dioscoride, liv. I, chap. cxxvn. — Pline, liv. XXIII, cliap. vi.

(2) Voyez F. V. Mérat, Du ténia ou ver solitaire, et de sa cure radicale par l'écorce de racine de grenadier. Paris, 1832, in-8.

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

FAMILLE DES COMBRÉTACÉES.

Petit groupe formé de genres séparés des Élœagnées et des Onagraires de Jussieu, et que l’on divise en deux tribus qui conservent leurs premières affinités avec ces deux familles. Ainsi la tribu des terminauêes, qui doit son nom au genre Terminalia, séparé des élæagnées, est caractérisée par un calice à 5 lobes caducs, sans corolle et portant to étamines sur deux séries; par un ovaire infère, uniloculaire, à plusieurs ovules pendants; par un fruit drupacé, uniloculaire, monosperme et indéhiscent, souvent ailé ; enfin par un embryon cylindrique ou ellipsoïde, privé d’endosperme , à cotylédons foliacés, tournés en spirale.

La tribu des coubrêtées, dont le principal genre est le Combretum, retiré des onagraires, présente un calice à 4 ou 5 lobes; une corolle à 4 ou 5 pétales; 8 à 10 étamines en deux séries; un fruit infère souvent ailé, 2 cotylédons épais, irrégulièrement plissés.

Les arbres de cette famille se recommandent généralement par leur bois dur et très-compacte, par leurs écorces astringentes, propres au tannage et à la teinture, et par leurs fruits astringents et à amande douce et huileuse, dont plusieurs sont connus depuis très-longtemps sous le nom de mjrobalausOU, par corruption, myrabolans et bolan* (1), mais dont l’origine n’est peut-être pas exactement déterminée.

On connaît dans le commerce cinq fruits du nom de myrobalans, qui sont distingués par les surnoms de citrins, chébules, indiens, bellerics et emblics. Ces derniers, très-différents des autres, appartiennent à la famille des Eupliorbiacées et ont été décrits tome II, p. 340. Les autres appartiennent à la section du genre Terminalia, dont les fruits sont dépourvus d’ailes, ou au genre Myrobalanus de Gærtner.

Uvrobalaii cKrin. Ce fruit se présente sous trois formes principales :

1“ Jaune et ovoide anguleux] 663). Drupe desséché, d’une forme ovoïde, également aminci en pointe mousse à ses deux extrémités. Il est ordinairement marqué de b arêtes saillantes, longitudinales, entre lesquelles paraissent 5 eûtes arrondies plus ou moins marquées; il varie en longueur de 2,3 à 3,3 centimètres, très-rarement 4, et en diamètre de 1,3 à 2 centimètres ; il est luisant à sa surface et d’une couleur qui varie du jaune pâle et verdâtre au jaune brunâtre. A l’intérieur, il est formé d’une chair desséchée, le plus souvent caverneuse, d’une couleur verdâtre et d’une saveur très-astringente. Au centre se trouve un noyau ovoïde, plus ou moins pentagone, ligneux et tellement épais, que la

(1) Ce nom est dérivé de pOpov, onguent ou parfum, et de pà),avo;, ÿ/onrf ou' fruit, soit que les myrobalans, de môme que les baies de myrte, les noix de cyprès et d'autres astringents, aient été usités autrefois pour la composition de pommades cosmétiques; soit que ce nom leur ait été donné & cause de la confusion qui a pu exister entre eux et la noix de ben. Pline, en effet (liv. xil cliap. XXI, paraît comprendre sous la môme dénomination myrobalanus, la semence de ben et les myrobalans.

COMBRÉTACÉES. — MYROBALAN.

loge où se trouve l’amande a tout au plus 3 millimètres de diamètre, et souvent moins. L’amande est presque linéaire, recouverte d’une pellicule rouge, blanche à l’intérieur, et formée de 2 cotylédons roulés autour de la radicule. Ils ont une saveur huileuse, un peu âpre, finis-

Fig.

sant par devenir amère. La substance du noyau présente une grande quantité de très-petites cellules rondes, qui sont remplies d’un suc jaune et transparent comme du succin.

2“ Verdâtre et piriforme {/ig. 666), Myrobalams citrina, Gærtn., tab.97. Ces myrobalans sont allongés en poire par l’extrémité pédonculaire ; ils ont une couleur plutôt verte que jaune; une chair verdâtre plus

Fig. 666. — Myrobalan citrin verdâtre.

dure, plus compacte et beaucoup moins caverneuse que dans la première variété ; enfin leurs S côtes intermédiaires sont souvent aussi auguleuses et aussi proéminentes que les autres; le noyau et l’amande sont semblables. Ces myrobalans ressemblent par leur forme aux chébules ; ils en diffèrent par leur couleur verdâtre et par leur volume qui est moins considérable : cependant j’en possède un long de 45 millimètres et épais de 24, qu’on prendrait, sauf sa couleur, pour un myrobalan chébule.

DICOTYLÉDONES CALICIFLOREï

S» Brunâtre et ovoide-arrondi {fig. 66'). Ces myrobalans sont ovoïdes, plus ouinoins arrondis, plus ou moins atténués en pointe aux deux extrémités, sans angles bien marqués (t). Il est possible qu'ils aient été primitivement jaunes; mais ils sont actuellement d’un brun très-foncé,

et quelques-uns paraissent noirs. A l'intérieur, leur chair est très-brune, presque noire, quelquefois dure, conjpacleet luisante, le plus souvent très-caverneuse. Le noyau et l’amande sont semblables à ceux des précédents.

Dans le commerce, ces myrobalans sont vendus comme bellerics ou comme chébules, suivant leur forme : ils sont bien différents des premiers, et ont plus d’analogie avec les citrins qu’avec les chébules.

Mjrobalaii chébule (fig. 668), Myrobalanus Chebulg, Gærtn. Ces myrobalans sont longs de 30 à 40 centimètres, épais de 1§ à 20, presque toujours allongés en poire, d’une manière très-marquée, par l’extrémité pédonculaire ; ils sont souvent manifestement pentagones, d’autres fois à 10 angles aigus presque réguliers, mais toujours très-rugueux,

rondis, 19"

35; allongi

MYROBALAN.

COMBRÉTACÉES. — rudes au loucher, et d'une couleur brune, rarenient un peu jaunâtre, le plus souvent noirâtre. Us sont très-pesants et formés d’une chair desséchée, noirâtre, dure, compacte, à cassure luisante et comme résineuse ; ils sont pourvus d’une saveur astringente moins forte que celle des myrobalans citrins. Le noyau ligneux et l’amande ont les mêmes dimensions relatives que dans celui-ci ; l’amande m’a paru plus douce.

Myrobolan iniiieii {flg. 669). Ce myrobalan est beaucoup plus petit que les précédents, car sa plus forte grosseur est celle d’une olive; il a la forme d’une poire comme le myrobalan chébule ; il est tout à fait noir, ridé, très-dur, brillant et compacte dans sa cassure ; on voit au milieu une ébauche du noyau, et la place de l’amande est vide; sa saveur est astringente et aigrelette. Par la ressemblance frappante de ce myrobalan avec le précédent, il est évident que ce n’est que le même

Fig, 669. — Myrobalan indien. Fig. 670. — Myrobalan bellerlc.

fruit cueilli bien avant sa maturité, et différant du myrobalan chébule, comme, par exemple, le cerneau diffère de la noix.

iljrobalan belleric (fig. 670), Myrobalanus Beilerka, Gærtn. Cette espèce de myrobalan a la grosseur d’une muscade, plus ou moins. Il est ovale ou presque rond, sphérique ou légèrement pentagone ; mais alors môme on les distingue des autres myrobalans en ce que ses angles sont arrondis et que sa surface n’est pas rugueuse; toujours aussi il se termine d’un côté en une pointe très courte qui se confond avec le pédoncule. 11 n’est pas luisant, et est, au contraire, d’un gris rougeâtre mat et cendré; â l’intérieur sa chair est brunâtre, légère, poreuse et friable. La coque ligneuse qui est dessous est bien moins épaisse que dans les autres myrobalans, et son amande, qui est arrondie ou pentagone, selonla forme du noyau et du fruit, a un goût de noisette assez agréable.

Le myrobalan belleric a des caractères tellement tranchés qu’il a été facile d’en déterminer l’origine. L’arbre qui le produit est le Tant de llheede (t), et le Terminalia Bellericade Roxburgh (2). Ses feuilles sont pétiolées, ovales, entières, fermes, unies, longues de t6 centimètres, ramassées vers l’extrémité des branches, de même que dans les autres espèces du genre. Les fleurs sont petites, d’une odeur très-désagréable, disposées en épis axillaires simples, ne portant que des fleurs mâles, avec une seule fleur femelle par le bas. Le fruit n’est nullement usité

(t) Rheede, Mol., IV, tab. X.

(2) Roxburgh, Coron, plant., Il, tab. CLXXXMfl.

2S6 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

en médecine, mais les semences sont mangées comme des noiselles. L’écorce de l’arbre, étant incisée, laisse découler une grande quantité d’une gomme insipide, semblable à la gomme arabique et complètement soluble dans l’eau.

Quant aux myrobalans citrin et chébule, on se tromperait fort, si l’on croyait pouvoir attribuer toutes les variétés du premier, qui sont peutêtre des espèces distinctes, au Tcrminalia citrina de Roxburgh, et le dernier au Teminalia Chebula; le contraire serait, en partie au moins plus près de la vérité. ’

M. Gonfreville, qui avait été envoyé dans l’Inde pour y étudier les procédés de teinture et les matières tinctoriales, a rapporté avec lui sous les noms de ;

Tanikai, des myrobalans bellerics ;

Kadoukai, des myrobalans citrins (première sorte) ;

Kaduhui-poo, des galles de myrobalan citrin ;

Myrablumse, des myrobalans cliébules.

Secondement, dans la belle collection de Matière médicale de l’Inde que je dois à M. Théodore Lefèvre, droguiste à Paris, que j’ai déjà citée pourl’asa fœtida, se trouvent, sous les noms de ;

Nellie kai, des myrobalans emblics ;

Tanikai, des myrobalans bellerics ;

Kadnkai, des myrobalans citrins de la première sorte, très-bel

échantillon ;

Kaduka pou, des galles de myrobalan citrin.

On n’y trouve ni chébules ni myrobalans indiens qui ne paraissent pas être originaires de l’Inde proprement dite, et dont l’arbre est inconnu jusqu’à présent. Quant aux myrobalans citrins de la première sorte, qui ont toujours été considérés comme les vrais citrins, et qui sont les plus communs dans l’Inde, l’arbre qui les produit est celui qui a été nommé à tort, par Roxburgh, Terminalia 'flhebula, et tout Ce qu’il rapporte de cette espèce doit leur être attribué. D’après la ressemblance des fruits, je présume que les myrobalans citrins de la troisième sorte peuvent être attribués au Terminalia citrina, Roxb., et ceux de la deuxième sorte au Terminalia gangetica ; mais ce ne sont que des présomptions.

Ctulle «le myrobalan ciirln {fig. CTt). Par suite de l’erreur commise par Roxburgh dans le nom de l’arbre au myrobalan citrin, la galle dont il est ici question est supposée produite par le môme arbre que celui qui donne le myrobalan chébule (1); mais elle appartient véritablement au myrobalan citrin, au milieu duquel on la trouve dans te commerce, et comme l’indiquent leurs noms indiens Kadukai et Kaduhai poo (fleur de kadukai). Cette galle a été décrite par Samuel Dale et par Geoffroy, sous le nom de fère «lu Bcnirale, et Date a pensé que ce pouvait être le myrobalan citrin lui-même devenu mons-

(l) Les myrobalans chébules rapportés par M. Gonfreville sont en dehors de la nomenclature de cent substances de l'Inde. {Recueil de la Société libre d’émulation de Rouen, 1834.) Ils n’ont d'ailleurs pas dq nom indien.

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