‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 70 sur 139 · LÉGUMINEUSES. — BOIS DE SANTAL ROUGE · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — BOIS DE SANTAL ROUGE

l’huile volatile de lavande et celle de romarin, ce qui est un caractère d’exclusion assez singulier (i).

La santaline pure et incolore, soluble dans l’eau et crislallisable, a été obtenue par M. Preisser.

Bois lie caiiatonr. Le bols de caliatour vient de la côte du Coromandel (2), où il est produit, suivant toutes les probabilités, par le Pterocarpus savtalimts. 11 est d’un rouge très-foncé, plus lourd que l’eau, très-dur, très-compacte, et susceptible d’un beau poli. 11 n’offre pas, comme le santal rouge, un mélange d’exsudation résineuse et de fibres ligneuses grossières ; sa texture est purement ligneuse et très-serrée ; il présente, sur la coupe longitudinale, des petites lignes creuses ressemblant à des mouchetures faites au burin, dues à des vaisseaux ouverts ; et sur la coupe perpendiculaire à l’axe un pointillé blanchâtre dû à la section des mômes vaisseaux, dispersé au milieu des lignes concentriques ondulées et très-serrées ; il exhale, lorsqu’on le râpe, une odeur de bois de rose très-marquée et très-persistante, car on l’observe sur de très-vieux échantillons; enfin il ne teint pas sensiblement l’eau froide, toute sa matière colorante étant passée à l’état de santaline rouge et insoluble.

On trouve dans le commerce deux variétés de caliatour. L’une, très-ancienne, est en bûches régulièrement cylindriques, qu’on ne dirait pas avoir été taillées extérieurement, et cependant dépourvues d’aubier; il est d’un tissu moins serré que le second, et présente une coupe transversale un peu résineuse. L’autre est sous forme de grosses racines ou de bûches cylindriques ayant 7 centimètres de diamètre, et présentant, sur toute leur surface, l’impression des coups de haqhe qui ont servi a les dépouiller d’aubier. Ce bois est très-dur et trèspesant, dépourvu de toute apparence de résine, et tellement semblable au cam-wood qu’on ne peut l’en distinguer qu’à son odeur de rose persistante, et au pointillé pâle de sa coupe transversale. Enfin, on trouve dans quelques collections un bois de Madagascar qui est un caliatour trts-volumineux, d’un rouge vineux, pooins compacte et moins pesant que les deux variétés précédentes. Rien n’empCclie de croire que ces variétés ne soient dues à la môme espèce de Ptcrocarpus, croissant dans des localités différentes.

àüaiital ronge d’Afrlqne ; bar-wo«l. J’ai trouvé chez les marchands de Londres, sous le nom de bar-wood, un bois rouge, en morceaux équarris de 1 20 à i HO centimètres de long, de 25 à 30 centimètres de large, et de 6 à 9 centimètres d’épaisseur. Ce bois ne diffère du santal rouge de l’Inde que parce qu’il est un peu moins dense, d’une structure encore plus grossière, et d’une couleur rouge plus vive et plus belle, ce qui tient seulement à ce qu’il est moins foncé et un peu moins riche en matière colorante. Il m’a paru tout à fait inodore et

(1) Pelletier, Bulletin de pharm., 1815, p. 453.

(î) Suivant Herbert de Jager, cité par Rumphius, Caliatour est l’ancien nom d’un endroit du Coromandel nommé aujourd’hui Krusjna Patanam, ou Kisjna Palan; mais il serait possible aussi que ce nom fût une altération de Paliacour, qui est celui d’une ville de Ceylan.

insipide. Ce bois vient d’Angola et de Gabon, sur la côte occidentale

d’Afrique, où il est produit par le Pterocarpus angolensis, DC.

Sautai rouge tendre OU bois de corail tendre (1). On lit dans Pomet qu’on apporte des îles du Vent, ou des Antilles, un bois rouge auquel on donne le nom de bois de corail, à cause de sa vive couleur, et qu’on le substitue au santal rouge ; mais que cette substitution est facile à connaître, en ce que le bois de corail est d’un rouge clair, léger et fibreux, tandis que le vrai santal (caliatour) est d’un rouge foncé, sans aucun fil et fort pesant. Ce bois de corail de Pomet se trouve toujours dans le commerce, et est en effet très-souvent donné en place du santal rouge. 11 est beaucoup moins riche en matière colorante, et présente, lorsqu’on le râpe, une faible odeur de campûche. Il doit être fourni par le Pterocarpus Draco, L., ou par le Pterocarpus gummifer, Bert., qui appartiennent aux îles de l’Amérique.

Rosaliba du Brésil. J’ai trouvé sous ce nom, à Paris, un bois rougeâtre, léger, longuement fibreux, non résineux, à structure santaline tellement prononcée, que je le crois produit par un Pterocarpus. Je ne sais si ce bois est le bois blancbâlre, et cependant propre à la teinture, mentionné par Margraff sous le nom à'Arariba, et attribué par M. Riedel à un Pterocarpus. Il est d’ailleurs peu important, et je n’en parle ici que pour le distinguer d’un autre bois de teinture nommé Arariba rosa, dont il sera question plus loin.

Sangalragon des Antilles.

Suivant Rumphius, le bois des vieux lingouns {Pterocarpus indiens) est'si résineux, surtout vers la base du tronc, qu’il exsude en assez grande abondance une huile résineuse rouge, lorsqu’on l’expose à un feu médiocre ; l’ardeur du soleil fait quelquefois suinter à travers 1 écorce de l’arbre une résine semblable. Clusius rapporte également qu’on extrait en Amérique, par des incisions faites au tronc des Pterocarpus, un sangdragon en larmes, différent de celui qui est en pains dans le commerce. J’ai reçu anciennement de M. Fourgeron un échantillon de ce sangdragon venant des Antilles, où je suppose qu’il a été produit par le Pterocarpus Draco, ou par le Pterocarpus gummifer. Je ne reviendrai pas sur la description que j’en ai déjà donnée. Ce sangdragon, d’ailleurs, est fort rare dans le commerce, et tout celui que nous employons provient des îles Moluques, où il est extrait du Calamus Draco (2).

BoU chatonslenx OU bois de IHoutonchl.

Moutouchi suberosa, Aubl. ; Pterocarpus suberosus, DC. Cet arbre s’é-

(1) Le nom de bois de corail, sans addition d’épithète, a été donné à VErytlirina Corallodendro», non à cause de son bois qui est blanc, mais par rapport à ses semences, qui sont des espèces de haricots couverts d’un épisperme lisse et d’un beau rouge. Le nom de bois de corail dur est donné par les marchands au santal rouge de l’Inde et au cam-wood, et celui de corail tendre au santal des Antilles.

(2) Voyez tome U, p. 137-139.

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