LÉGUMINEUSES. — BOIS DE ROSE
avec peu de veines plus foncées. Ce bois est serré, dur, privé de veines résineuses, ressemblant beaucoup au iulip-wood (bois de rose) par sa couleur. 11 est produit par le Machœrium Allemani, Benth. (1).
On importe de Cayenne en France, sous le nom de boU bagot, un bois rosé avec des veines plus foncées, pourvu d’un aubier blanchâtre traversé par des veines brunes comme celui du palissandre; pourvu d’une légère odeur de palissandre, ayant enfin une grande ressemblance avec le bois de rose et le palissandre : on le rapporte au Peltogyne venosa (2).
On trouve également à Paris, sous le nom de Jaraeanda, un bois complètement différent du palissandre, d’un rouge un peu jaunâtre et rosé, à fibre très-apparente, mais dur, compacte et tenace, réunissant la solidité à la beauté. Ce bois présente d’ailleurs une si grande ressemblance avec celui des acacias, et particulièrement avec ceux qui portent le nom de fendre dcaif/ou, que je le regarde comme produit par un acacia.
Bois de roae des ébénUtes.
Le nom de bois de rose a été donné à un si grand nombre de bois, soit à cause de leur couleur, soit pour leur odeur, que je me crois obligé de désigner celui-ci sous le nom de bois de rose des ébénistes. Les Anglais le nomment tulip-wood, et les Portugais Sebasliano d'arruda, de la ville de Rio-Janeiro, qui a porté le nom de Saint-Sébastien. 11 existe d’ailleurs deux variétés de bois de rose, dont l’une arrive du Brésil et de Cayenne, et l’autre de la Chine (3).
Bois de rose du Brésil. Ce bois est le tulip-wood des Anglais, le vrai bois de rose des ébénistes. Il arrive en bûches cylindriques de t“,30 de longueur sur 11 à 16 centimètres de diamètre, ou bien en souches plus volumineuses et irrégulières. 11 est très-pesant, d’une couleur rose, rouge pâle ou rose jaunâtre, veiné de rouge plus foncé. 11 est à fibres droites lorsqu’il provient de la tige, noueux et ronceux quand il est produit parla racine. 11 possède une odeur de rose faible, devenant plus forte sous la râpe, et une saveur amère accompagnée d’une assez grande âcreté. L’aubier, dont il reste quelques vestiges, est blanc; le cœur parait un peu huileux.
[Le bois de rose est connu depuis longtemps : mais il est rare. — D’après les catalogues des produits du Brésil à l’Exposition universelle, ce bots doit être rapporté à une Lythrariée, le Physocalymna fioribundum{i).]
(1) \ oir Saldanha da Gams, Sur les bois du Brésil qui doieent figurer à
universelle de 1867 (Su//, de la Société botanique de France,
(2) Voir Catalogue des produits des colonies françaises à l’Exposition universelle de 1867.
(3) On trouve au Muséum d’histoire naturelle, outre le bois do Sébastian (taruda ou vrai bois de rose, un autre bois semblable', mais n’ayant qu'une légère odeur térébintbacée, étiqueté fuan riviras-rosa.
(4) Voir Saldanha da Gama, Loc. cit. et Breve noticia sobre a Cotlecca das Madeiras do Brésil appresentada na Eiposiçao internacionai de 1867. Rio-de- Janeiro, 1867.
3oO DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
Faux boli de po§e du Drésil. Il arrive du Brésil ou de Cayenne un bois sous forme de bûches de 15 à 2a centimètres de diamètre, présentant des veines ou des stries longitudinales, droites ou ondulées, alternativement d’un^ rouge clair et jaunâtre, et d’un rouge brunâtre ; ressemblant, par conséquent, beaucoup au bois de rose, dont il possède aussi une légère odeur; mais ce bois est beaucoup plus dur et plus compacte que le bois de rose, non huileux et susceptible d’un plus beau poli . 11 se rapproche beaucoup du bois bagot et du Jaracanda tam décrit par M. Holtzapffel; mais il est plus dur que le bois bagot, à veinure plus régulière, et il est pourvu d'un aubier fort dur, susceptible de poli et dépourvu des veines brunes qui distinguent l’aubier du palissandre et du bois bagot. Ce bois est fort beau comme bois d’ébénisterie ; il a seulement l’inconvénient de n’étreni du bois de rose ni du palissandre.
BoU tie beftorave. Ce bois est apporté de Cayenne en troncs d’un volume considérable, privés d’aubier. Il a mérité son nom par ses larges veines concentriques, alternativement d’un rouge pâle et d’un rouge vif. Il est inodore ; il est plus propre à la teinture en rouge qu’à l’ébénisterie.
Bois «le rose de Chine. Il y a quelques années qu’un commerçant de PariSjVoulant subvenir à la rareté dubois de rose,'imagina d’en faire venir de la Chine; il en reçut en effet une forte partie, contenant deux ou trois variétés de bois dont une seule pouvait être comparée au bois de rose du Brésil, et encore fut-il très-difficile d’ea trouver l’emploi.
Ce dernier bois, le seul dont je parlerai, est sous forme de troncs irréguliers, longs de 3 à 4 mètres, privés d’aubier et réduits à un diamètre de 6 à tO décimètres. Il ressemble complètement au bois de rose du Brésil par son caractère huileux, son odeur de rose, et par la disposition de ses veines irrégulières et d’une couleur foncée sur un fond plus. clair; mais il en diffère par sa couleur mordorée, approchant de celle du palissandre, de sorte que, à la vue, on pourrait être embarrassé pour décider si c’est du bois de rose ou du palissandre. Ce bois fournit d’ailleurs la preuve que le bois de rose et le palissandre sont deux espèces fort voisines et qui doivent appartenir à un môme genre de végétaux.
Dans uns liste de bois de l’Inde présentés à la Société des arts et manufactures de Londres, par le capitaine Baker, le Dalbergia laiifoUa, Hoxb., est indiqué comme produisant également le blak-rose ou Malabar sissoo et le China rose-wood. Je ne sais si ce dernier bois est le bois de rose de la Chine.
BoU violet.
King wood (bois royal) des Anglais. Ce bois vient du Brésil, de Cayenne, de Madagascar et de la Chine. Il arrive, comme le bois de rose, en troncs privés d’aubier à coups de hache, et variant de 6 à t2 centimètres de diamètre. Il yen a deux sortes assez distinctes qui paraissent venir également des contrées ci-dessus désignées, de sorte qu’il faut les considérer comme de simples variétés du môme bois. Celui de la première variété ne dépasse guère 7 à 8 centimètres de diamètre ; il
LÉGUMINEUSES.. — BOIS DIABABUL.
est dur, pesant, compacte, offrant des veines d’un violet foncé sur un fond violet clair, ce qui le rend un très-beau bois d’ébénislerie. 11 est malheureusement presque toujours carié dans son intérieur, ce qui empêche qu’on ne l’emploie pour des meubles ou des objets volumineux. Il est un peu gras sousja scie, inodore à froid; mais il exhale sous la râpe une odeur plus ou moins marquée, qui tient à la fois du bois de rose et du palissandre. J’en ai un échantillon venant de Madagascar, qui, par ses veines violettes très-irrégulières, sur un fond mordoré clair et jaunâtre (t), ressemble tellement au bois de rose de Chine décrit cidessus, qu’on ne l’en distingue que par sa couleur violette et par son odeur un peu plus faible; d’où il résulte pour moi la presque certitude que le palissandre, le bois de rose et le bois violet, appartiennent à des arbres très-voisins, compris dans le genre Dalbergia.
La seconde variété de bois violet est en troncs plus volumineux, ayant jusqu’à 12 centimètres de diamètre ; il est plus sain dans son intérieur, d’un violet plus pâle, formé de veines plus serrées, plus régulières. et plus exactement concentriques; il est moins huileux sous la scie etd une odeurplus faible. 11 est bien moins estimé que leprécédent; mais il doit provenir du même arbre; et je suppose que pour le bols violet, comme pour ceux d’aloès etdesantalcitriii, la qualité supérieure du bois peut tenir à un état maladif qui détermine la stase des sucs colorants, aromatiques et résineux, dans les vaisseaux de la tige.
Bol» diababul et bol» d’arariba.
La similitude observée entre ces deux bois, dont le lieu d’origine devrait être bien différent, est un fait fort singulier. Il y a une quinzaine d’années qu un de mes amis me remit un échantillon de bois importé de l’Inde, sous le nom de diababul, et encore déposé à l’entrepôt delà douane, à Paris. Ce nom diababul, fort peu connu, et qu’un homme étranger aux sciences n’aurait pu inventer, prouve que l’origine de ce bols est vraie et qu’il est produit par l’Acacia arabira, lequel porte dans l’Inde le nom de babul. Quant à la particule dia, elle signifie de, comme dans les vaoli dia-scordium, dia-code, dia-carthmi, clc.
D’un autre côté, j’ai trouvé plus tard, dans le commerce, sous les noms d’Arariba rosa (2) et de rozépJuV, un bois entièrement semblable au premier. Or le nom d Aranba, donné par Margraff à un bois de teinture du Brésil, que M- Riedel pense être un Pierocarpus semble indiquer aussi que ce bois vient du Brésil; cependant, comme la première origine est mieux prouvée que la seconde, je donnerai à ce bois le seul nom de diababul.
Le bois diababul vient en troncs privés d’aubier, de 13 à li centimètres de diamèire, ou£n madriers d’un volume plus considérable. L’aubier, quand il en reste, est dur et jaunâtre. Le bois est très-dur, très-
(1) Ce fond passe au violet clair par le contact de l'air.
(2J Le nom i'Arariba rosa est donné au Brésil au bois d’une variété du Centrolobium robustum, du groupe des papilionacées. (Voir Saldanha da Gama,
3o2 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
pesant, à couches concentriques très-serrées ; il offre, quand on le fend suivant le diamètre du tronc, des déchirures semblables à celles du santal rouge, mais plus courtes, et entre lesquelles se dépose une poussière jaunâtre foncée. Récemment coupé, il est d’un rouge clair et comme imprégné d’un suc gommeux 'et rougeâtre, qui lui communique une demi-transparence et lui donne, lorsqu’on l’examine à la loupe une certaine ressemblance avec la chair de poire cuite. Cette couleur primitive se fonce promptement à l’air et se change en un brun rougeâtre foncé, assez analogue à celui du palissandre. Le bois entier est inodore; mais, quand on le râpe, il exhale une odeur aromatique trèsmarquée, analogue à celle de la cannelle, ou mieux à l’odeur du Casca pretiosa (tome II, p. 399).
Le bois diababul, coupé suivant des plans parallèles au diamètre est susceptible d’un beau poli et peut être employé pour l’ébénisterie ; d’un autre côté, comme il est très-riche en matière colorante, je suis persuadé qu’il pourrait être très-utile à la teinture. L’Acacia arabica qui le produit fournit en outre au commerce la gomme de l’Inde et le bablah de l’Inde.
BoU d’angico.
Nommé dans le commerce angica ou imica, ce bois est fourni par plusieurs acacias du Brésil, tels que l'Acacia Angico, Marf. ; le Pithecoltobium gummifemm, Mart., et le Pithecollobium Avaremotemo, dont nous avons décrit l’écorce astringente sous le nom de Barbatimdo (page 329).
Ce bois est très-dense, très-dur, formé d’un aubier jaunâtre et d’un cœur rouge, l’un et l’autre traversés par des veines brunâtres; on le reconnaît assez facilement à sa coupe horizontale ou perpendiculaire à l’axe, qui présente des bandes concentriques ondulées, de couleur alternativement plus pâle et plus foncée. Il est satiné et imite assez bien l’acajou, auquel il est quelquefois substitué.
Plusieurs acacias des Antilles, principalement les Acacia scleroxyla, guadalupensis, quadrangularis et tenuifoUa, fournissent des bois trèsdurs auxquels les nègres ont donné le nom de Tendre à caillou. Le dernier de ces bois, rapporté par M. Capitaine, est formé d’un aubier jaune et d’un cœur rouge, tous deux très-durs, très-nerveux, à structure santaline, offrant la coupe horizontale de Vangico et la coupe longitudinale palmiforme des bois d’Andira. L’Acacia horrida, Willd. (Ac. eèwrnea, Lamk.) présente un bois jaune, fort dur, propre à remplacer le buis ; l’Acaria Seyal, Del., a une couleur de chêne ; il est assez'dur, mais amylacé et attaquable par les insectes; le bois de l’Acacia ueraest plus dur, un peu semblable à celui du poirier, mais fort laid ; celui de VAcaciaalbida est blanc jaunâtre, poreux, très-amylacé, mangé par les insectes. Le bois de l’Acacia dodonæfolia est dur, nerveux, nuancé, pourvu de la couleur bistrée du Robinia Pseudo-acacia et du Cytisus Laburnutn, etc.
Bols néphrétique.
Ce bois, qui nous vient du Mexique, a été attribué au Guüandina Mo-