LÉGUMINEUSES. — BOIS NÉPHRÉTIQUE
finga, L. {Moringa plengosperma, Gærtn.), et plus récemment à l’inya, Unguis-cati, W. Mais ces deux opinions ne sont guère probables, d’abord parce que le Moringa pterigosperma est originaire de l’Inde et n’a été transporté qu’assez tard en Amérique ; ensuite parce que ÏInga Unguiscati, W. se rapporte au Quamochitl d’Hernandez (t), et non au Coatli du même auteur (2) qui seul produit le bois néphrétique. Suivant Hernandez, le Coatli ou Ttapalezpatli est un grand arbrisseau légumineux, portant une tige sans nœuds, épaisse, ayant un bois semblable à celui du poirier, des feuilles plus petites que celles du pois chiche et plus grandes que celles delà rue, enfin des fleurs jaunes, disposées en épis. Je ne sache pas que les hotanistes modernes nous en aient fait connaître davantage.
Le bois néphrétique, tel.que je l’ai vu, est sous la forme d’un tronc de 10 à 11 centimètres de diamètre, ou de rameaux d’un moindre volume. 11 est pesant, inodore, couvert d’une écorce gris jaunâtre, trèsmince, légère, fibreuse et s’enlevant par lames. Dessous cette écorce, se trouve un aubier blanchâtre, peu épais, dur et compacte, et au centre un bois d’un gris rougeâtre et un peu rosé, d’une texture fibreuse, et cependant fort dur et prenant un beau poli. Les fibres du bois sont trèsfines et régulièrement parallèles; mais elles présentent une torsion sensible, ainsi que la tige, ce qui me ferait croire que l’arbrisseau est un peu volubile.
Le bois néphrétique présente une saveur faiblement astringente; mouillé, rayé ou scié, il manifeste une odeur faible, analogue à celle du carvi. Mis à macérer dans l’eau, il la colore tout de suite en jaune d’or, qui devient très-foncé en très-peu de temps. Cette liqueur filtrée est d’un jaune brunâtre vue par transmission, et d’un bleu vert par réflexion. La chaleur ne détruit pas cet effet, qui cesse aussitôt l’addition d’un acide, et qui reparaît avec plus d’intensité qu’auparavant par l’addition d’un alcali. Le sulfate de fer donne à cette liqueur une couleur noirâtre sans précipité; l’oxalate d’ammoniaque y cause un léger louche ; le nitrate de barjle et le nitrate d’argent ne la précipitent pas.
Le bois néphrétique dbit son nom à l’usage qu’on en faisait anciennement au Mexique, et qu’on en a fait ensuite en Europe, pour guérir l’irritation des reins et de la vessie. lia toujours été très-rare, et on lui a substitué, dans le commerce, plusieurs bois de forme et de couleur à peu près semblables, entre autres divers bois de grenadille, du bois de boco, nommé vulgairement bois de coco et 6ois de fer ; enfin, un bois que j’ai pris d’abord pour du boco, mais dans lequel j’ai découvert ensuite une odeur de poivre qui en fait une espèce différente.
Ce bois, que je ne puis désigner autrement que parle nom de boU
poivré, formait unebûchedeS centimètresde diamètre, composée d’un aubier blanchâtre et d’un cœur de couleur brune noirâti-e. Ce bois est encore plus dur et plus pesant que le bois néphrétique ; il a une structure santaline très-courte et tourmentée. Il exhale une odeur de poivre bien marquée parle frottement réciproque de ses morceaux ; il a une
(1) Hernandez, Mex. hist., p. 94.
(2) Id., ibid., p. 119. '
CuiBouar, Drogues, 7* édit.
T. lit. — 23
DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
saveur amère et poivrée; il colore à peine l’eau froide ; il communique à l’eau chaude une couleur jaune-paille, une odeur poivrée et une assez forte amertume. Laliqueur n’oflre aucun changement de couleur de quelque côté qu’on la regarde. ’
Buis de Cirenadille de Cuba.
Ce bois est le grenadille ordinaire du commerce. J’y ajoute le nom uc Cuba, afin de le distinguer d’un bois beaucoup plus rare, dont il sera question à la suite du gayac (Zygophyllées), qui m’a été indiqué par d’anciens ébénistes comme le vrai bois de grenadille, et parce que je suppose que le grenadille ordinaire est celui qui se trouve indiqué par Ramon de ia Sagra (t) sous le nom de. grenadillo, avec la synonymie BryaEbenus, Brown. Mais je pense que ce bols vient également d’autres parties de l’Amérique. .
Le bois de grenadille arrive en bûches de 8 à 16 centimètres de diamètre, tantôt privées, tantôt pourvues de leur aubier et de leur écorce. L’écorce est très-mince, légère, jaunâtre, fibreuse, s’enleyant facilement par lames fibreuses. L’aubier est peu épais, blanc jaunâtre, dur, 'et compacte. Le bois est très-dur et pesant, formé de couches concentriques très-nombreuses, dont les unes sont verdâtres et les autres rougeâtres. La coupe longitudinale offre au centre des nœuds très-agréablement dessinés. Ce bois est un des plus estimés pour le tour.
Ébène noire du Brésil.
Nommée communément éôéne dePortugal. Il ne faut pas confondre ce bois avec ïébêne rouge du Brésil qui me paraît due à un Diospyros. L’ébène noire du Brésil est probablement produite par le Melanoxylon firauaadeSchott., de la tribu des Cæsalpiniées. En ayant donné la description tome It, p. 60i, je ne la répéterai pas ici.
Bois de boco et de panacoeo.
Il existe une grande confusion entre ces deux bois dont le premieresl produit par le Bocoa prouasensis d’Aublet, et le second par son Eobinia Panacoeo dont de Candolle a fait son Siuartzia tomentosa, moyennant la supposition qu’Aublet s’est trompé dans la description et dans la figure de la fleuret du fruit.
La confusion consiste en ce que les deux bois, qui existent bien tous deux dans le commerce, portent tantôt les noms de boco ou de panacoeo ; tantôt ceux de bois de coco, de bois de fer ou de bois de perdrix qui leur correspondent, sans qu’on puisse avoir la certitude que ces noms sont bien ou mal appliqués; et les échantillons que l’on trouve dans les collections du gouvernement ne sontguère propres â décider la question
Bar exemple, au dépôt de la marine, à Paris, leôoisde ôocoetle panàcoco sont le môme bois et sont dubois de perdrix.
(1) Ramon de la Sagra, Memorias de la Imtitueion agronoma de la Hnho,, Habana, 1834. ‘^‘‘oa/io.