‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 77 sur 139 · LÉGUMINEUSES. — FÈVE DU CALABAU · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — FÈVE DU CALABAU

Fèie <lV‘preuTe du Calabar.

[Physosiiyma venenosum, Balfour. Fous le nom de fève d’épreuve du Calabar on désigne les semences vénéneuses d’une Èuphaséolée, que les naturels du Golfe de Biafra, sur la côte occidentale d’Afrique, emploient dans leurs épreuves judiciaires. Ces semences, apportées en Europe vers 1846, ont été successivement étudiées par M. Ghrislison (1) qui a montré en 1855 que leurs propriétés toxiques étaient concentrées dans leur extrait alcoolique, par M. Balfour (2), qui a pu donner de la plante une description complète, par M. Fraser (3), qui a principalement montré leur action contractile sur la pupille, enfin par MM. Han-, bury (4), Jobst et Hesse (5), Vée (6), etc. De nos jours, elles peuvent rendre des services principalement dans certaines maladies des yeux.

La plante qui donne ces semences a été nommée Physostigma venenosum. Elle présente les caractères suivants : lige vivace, grimpante, longue quelquefois de SO pieds ; feuilles alternes, trifoliolées, à folioles ovales-acuminées, portant deux stipelles à leur base. Inflorescence axillaire, en grappes, à axe primaire, marqué de nœuds irréguliers, portant des fleurs pédicellées. Pleurs papillonaeées, longues d’un pouce, larges d’un demi-pouce; corolle rouge-pourpre, sillonnée de veines d’un jaune pâle ; étamines en 2 faisceaux, l’un de 9 étamines, l’autre d’une seule; pistil long, à style recourbé, couvert de poils dans sa face concave â son extrémité supérieure ; stigmate recouvert d’une espèce de capuchon. Gousse légèrement falciforme, elliptique-oblongue, longue de 7 pouces, déhiscente, contenant deux ou trois graines.

Ces graines {fîg. 704) ont de 2 centimètres à 2 centimètres 3 de long sur 1 à 1,5 de large ; elles sont réniformes, marquées d’un hile en forme de rainure qui s’étend sur tout le bord convexe. L’épisperme dur et coriace a une couleur brun-chocolat, il est rugueux sur toute la surface, sauf sur le sillon du hile, qui

(1) Christison, Transactions of the Royal Society of Edinburuh, vol. .X.XIl. Monthty Journal of Medecine, 1855.

(2) ^ Balfour, Transactions of the Royal Society of Edimhurgh, vol. .\.\I1,

(3) Fraser, On the characters, action and therapeutic uses of the Ordeal Beau of Calabar (a graduai, thesis), Edinburgh, 18G5.

(4) D. Hanbury, Pharmaceutical Journal, 2* série, IV, 550; V, 25.

(5) Hesse, Annalen der Chimie und Pharmacie, CXIX, p. 115, extrait dans le Journ. de pharm. et de chim., mars 18C4.

(6) Vée, Recherches chimiques et physiologiques sur la fève du Calabar. (Thèses de l’École de médecine de Paris, 1865.)

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