LÉGUMINEUSES. — POIS POUILLEUX
primées, renflées à l’endroit des semences, plissées transversalement, et couvertes de poils caducs, roux, fins, durs et piquants, qui causent une grande démangeaison en s’attachant à la peau. A l’intérieur, ces gousses sont séparées en plusieurs loges par des cloisons celluleuses , et chaque loge contient une semence cornée , ronde, aplatie, large de 2Sà 30 millimètres, épaisse de 18 à 20, brune et chagrinée à sa surface, entourée, sur plus des deux tiers de sa circonférence, par un hile circulaire sous la forme d’une bande noire, d’autant plus remarquable que la couleur brune de l’épisperme s’affaiblit et blan¬
chit dans toute la partie qui touche le hile. Cette semence porte vulgairement le nom à’œil de bourrique, ù cause de la ressemblance avec l’œil de l’àne ; mais elle représente encore mieux celui d’une chèvre.
Petit poi» pouilleux, Stizolobiuiny^tQ-wae ; Mucuna pruriem, DG. ; Dolichospruriens, L. {fig. 700). Cette plante est répandue dans l’Inde et aux îles Moluques, tout aussi bien qu’aux Antilles. Ses liges sont très-longues, volubiles, munies de feuilles à 3 folioles, dont les deux latérales sont très-rétrécies par le côté interne, à cause de la proximité de la foliole terminale. Les fleurs sont dis-
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posées en longues grappes pendantes : elles sont formées d’un calice campanulé, bilabié; d’un étendard court, droit, à peine relevé, coloré en rouge ; de deux ailes beaucoup plus longues d’un violet pourpre, enfermant la carène et le tube des étamines' Les gousses sont indéhiscentes, à peu près longues et grosses comme le doigt, non plissées transversalement, plus ou moins recourbées en S, munies d’une suture tranchante, et toutes couvertes de poils roussâtres, brillants, qu’on ne peut toucher sans éprouver à l’instant des démangeaisons insupportables aux mains et au visage. Ces gousses sont divisées intérieurement en 3 ou -t loges obliques, dont chacune renferme une semence ayant la forme d’un petit haricot, brun et luisant ; le hile est uni, latéral très-court, entouré par un rebord proéminent, qui a la dureté et la blancheur de l’ivoire.
Les botanistes se fondent sur la présence ou l’absence de plis iransverses du péricarpe, pour diviser le genre Mucuna en deux sections, Zoophthalmum^i Stizolobium. Il me semble qu’un caractère plus important pourrait être tiré de la forme des semences, de la grandeur du hile et de la présence ou de l’absence de la caroncule qui entoure le hile. Dans tous les cas, deux semences aussi différentes que celles des deux pois à gratter doivent appartenir à deux genres différents. Le premier devra porter le nom de Zoophthalrnum, et le second celui de Stizolobium.
Arachide OU pistache de terre.
Arachishypogcea, L. ; Mundubi, Marcgr. (1), tribu des Phaséolées? Celte plante {fig. 707), dont la fructification est des plus singulières, croit ouest cultivée dans tous les pays chauds, en Afrique, dans les Indes orientales, en Amérique, en Italie et en Espagne. Elle est annuelle, herbacée, velue et touffue. Quelques-uns de ses rameaux s’élèvent droit, tandis que d’autres sont couchés sur la terre. Les uns elles autres sont pourvus de feuilles accompagnées de 2 stipules à la base, et formées de 2 paires de folioles, sans impaire. Les fleurs sont toutes hermaphrodites, d’après Turpin et Poiteau, polygames suivant Endlicher. Elles naissent 2 à 2, quelquefois en plus grand nombre, dans l’aisselle des feuilles • elles sont sessiles ; mais le calice, qui renferme l’ovaire à sa base est pourvu d’un tube fdiforme,*long de 3 à '8 centimètres, ayant toute l’apparence d’un pédoncule surmonté d’un calice à quatre divisions profondes. La corolle est jaune orangée, veinée de rouee' composée d’un étendard recourbé en arrière, de deux ailes con '
(1) Marcgrave, Vras., p. 3"
niventesel d’une carène recourbée. Les étamines sont au nombre de 10 et diadelphes, mais l’étamine libre est oblitérée et stérile. Le style part du sommet de l’ovaire, traverse dans toute sa longueur
Fig. 707. — Arachide.
le tube du calice, et s’élfrve en dehors un peu au-dessus des étamines ; le stigmate est capité.
Toutes les fleurs portées sur les tiges droites avortent ; celles placées sur les tiges couchées, ou qui sont peu éloignées de terre, sont les seules qui fructifient, et voici la manière dont s’opère cette fructification : après la fécondation, tous les organes floraux tombent, laissant l’ovaire à nu (1), porté sur un torus qui bientôt s’allonge en se recourbant vers la terre, de manière à y faire pénétrer 1 ovaire: et ce n’est que lorsque celui-ci est parvenu à une profondeur de 3 à 8 centimètres, qu’il commence à grossir de manière à former une gousse longue de 27 à 36 millimètres, épaisse de 9 à 14, un peu étranglée au milieu. Cette gousse est formée d’une coque blanche, mince, veineuse, réticulée, renfermant ordinairement deux semences d’un rouge vineux à l’extérieur, blanches à l’intérieur, très-huileuses et d’un goût de haricot. Onèn fabrique, dit-on, du chocolat en Espagne, où VArachis a été apportée de l’A-
(1) Suivant Endlicher, les fleurs fertiles sont privées de calice, de corolle, d’étamines, et se composent seulement de l’ovaire sous-sessile, terminé par un stigmate terminal un peu dilaté.
GüiBOORT, Drogue», 7* édit.
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mérique.On cultive aussi celte plante dans le midi de la France et en Italie, à cause de l’huile qu’elle conlienlet dont ses semences fournissent p:ès de50pour ICO. MM. Payen et Henry fils (1) en ont donné l’analyse. [Diverses régions en font un commerce considérable : dans les Indes orientales, Madras, qui est la place principale, en a fourni jusqu’à 423,000 kilogrammes en une année. La Sénégambie et le Congo en envoient annuellement 80,000 kilogrammes à Marseille, Bordeaux, Nantes et au Havre : les colonies anglaises de Sierra-Léone et de la Gambie environ 30,000 kilogrammes.
Celle huile, plus fluide que celle d’olive, presque incolore, et d’un goût non désagréable quand elle est obtenue à froid, a fourni trois acides distincts du groupe des acides gras : l’acide aracbique, bouillant à 95* et ayant pour formule C*®H*®0* ; l’acide hypogéique (C®®0®®0*), bouillant de 34” a 33”, enfin l’acide palmitique (C32H®20<) (2).]
Semence de ben, dite noix de ben.
Cette semence était connue des Grecs, qui la nommaient pâXavoç (Aupei|/ix^), et des Latins, qui l’appelaient glatis unguentaria. Ils la recevaient d’Égypte et d’Arabie, comme nous lefaisons encore à présent ; il est en conséquence 'surprenant que l’arbre qui la produit n’ait été bien connu que dans ces dernières années. Cela tient surtout à ce qu’il existe une autre espèce de ben, très-répandue dans un grand nombre de pays, et qui a été prise pour la véritable, ce qui a détourné les botanistes de rechercher cette dernière.
Le genre Moringa, auquel appartient la semence de ‘dis¬
tingue des autres légumineuses par des caractères si tranchés, que la plupart des botanistes en ont formé une petite famille particulière, dans laquelle le calice est à 5 divisions sous-égales, imbriquées pendant l’estivation ; la corolle est à pétales périgynes, oblongs-linéaires, dont 2 postérieurs un peu plus longs, ascendants, imbriqués pendant l’estivation. Les étamines sont au nombre de 10, insérées sur un disque cupuliforme revêlissanl la base du calice ; elles sont presque libres par la base, monadelphes vers le milieu des filets, distinctes au sommet, les postérieures pluslongues ; elles sont alternativement fertiles et stériles ; les anthères sont uniloculaires. L’ovaire est uniloculaire, à 3 placentas pariétaux, nerviformes, portant des ovules nombreux, unisériés et pendants. Le fruit est une capsule siliquiforme, à 3 ou à plusieurs côtes, uniloculaire, trivalve, contenant au centre des
(1) Payen et Henry fil». Journ. de chim. méd., 1. 1, p. tai.
(2) Voir, pour les détails, FlUckiger, Veber die Erdnuts (Archiv der PA» marie, CLXXXVII, p.