‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 84 sur 139 · I. Cachous de l’Areca eatecliu · texte numérisé non relu

I. Cachous de l’Areca eatecliu

1. Cachou en boules, terne et rougredtre. Ce cachOU est en masses du poids de 90 à 125 grammes, qui ont dû être arrondies d’abord, mais qui ont pris une forme plus ou moins anguleuse et irrégulière pendant leur dessiccation, ou parleur tassement réciproque. Il est d’un brun rougeâtre à l’extérieur et offre souvent des glumes de riz, reconnaissables à leur épaisseur et à leur face extérieure, marquée d’un réseau à mailles carrées. Ces glumes ont dû servir à empêcher l’adhérence des pains avec le plan qui les supportait pendant leur dessiccation ; mais, en outre, ce cachou présente souvent à sa surface, et quelquefois à l’intérieur, deux autres enveloppes de graminée. L’une, qui est assez rare, est brunâtre, luisante, et cependant finement rayée longitudinalement. Elle doitappartenir au tégument propre du fruit de VEleusine Coracana. L’autre, qui est bien plus abondante, rouge, trèspolie et brillante, peut se rapporter à l’enveloppe extérieure du même fruit. A l’intérieur, le cachou en boules offre généralement deux couleurs et deux consistances : près de la surface il est dur, d’un brun foncé, un peu brillant dans sa cassure ; au centre, il est d’un gris rougeâtre, friable et d’une apparence terreuse ; et comme la séparation des deux couches n’est ni complète ni régulière, il en résulte que la fracture des pains est souvent veinée et marbrée de gris terne et de brun rougeâtre. La substance terreuse étant délayée dans l’eau et examinée au microscope, paraît entièrement formée d’aiguilles ou de prismes très-aigus, et la partie brune et compacte en offre elle-même une grande quantité. Ce cachou est friable sous la dent, se fond entièrement dans la bouche, et y produit une saveur très-astringente et un peu amère, suivie d’un goût sucré fort agréable. La poudre a la couleur de celle du quinquina gris .

Le cachou en boules, traité par l’alcool à 90 degrés, fournit les trois quarts de son poids d’extrait. Le résidu, épuisé d’abord par l’eau froide, puis traité par l’eau bouillante, ne cède à cette dernière qu’une minime quantité d’amidon colorable par l'iode.

Le môme cachou, traité d’abord par l’eau froide, forme une liqueur trouble comme une décoction de quinquina. La liqueur filtrée est peu colorée. Après plusieurs traitements successifs, les jiqueurs évaporées ont fourni 55 parties d’extrait pour 100. Le

(I) Guiboiii-t, Sur les sucs astringents nommés cachous, gambirs et kinos, {Journ. de pbarm. et de chim., t. XI et XII, 1817.)

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

résidu non dissous, traité par l’alcool, a fourni 33 parties d’un nouvel extrait d’un beau rouge, et 7 parties de résidu paraissant formé principalement de glumes de graminées. La nature de ce résidu explique suffisamment la petite quantité d’amidon trouvée plus haut, et l’on peut dire que le cachou en boules n’en contient pas dans sa propre substance, qui est principalement formée d’acide cachutique cristallisé, et qui est entièrement soluble dans l’eau et dans l’alcool, employés l’un après l’autre.

Le cachou en boules était bien plus commun autrefois qu’aujourd’hui. C’est, sans aucun doute, la seconde sorte que Lemery dit être plus poreuse, moins pesante et plus pâle que la première. C’est le cûcAom en 6o«/es d’Antoine de Jussieu, et le coury de Heyne. C'est lui qui était employé dans les bonnes pharmacies de Paris de 180S à 1815, et c’est le seul qui fut reçu à cette époque pour le service de la pharmacie centrale des hôpitaux civils de Paris. Mais, à partir de 1816, il a disparu peu à peu, et, depuis longtemps déjà, il est impossible de s’en procurer. Quant à l’arbre qui le produit, il me paraît indubitable que la semence de VAreca Catechu est employée à sa fabrication, soit seule, soit avec addition d’écorce d’acacia. Je dois dire cependant que je n’ai jamais trouvé dans ce cachou, comme dans les deux sortes suivantes, de débris de bois d’acacia. Une fois j’y ai trouvé un fragment de myrObalan citrin, fruit astringent qui pourrait très-bien servir à la fabrication du cachou ; mais comme ce fait ne s est pas représenté, je suis porléà le croire accidentel. En résumé, je crois que le cachou en bouks terne et rougeâtre, ou coury de Heyne, est tiré des semences de VAreca Catechu.

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