‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 85 sur 139 · Cachou hrun noirîitre orblciiloire et plat, de Cejlun. Je · texte numérisé non relu

Cachou hrun noirîitre orblciiloire et plat, de Cejlun. Je

ne connais ce cachou que par un fragment qui m’a été envoyé par M. Christison, professeur à Edimbourg. 11 est connu en Angleterre sous le nom de cachou de Colombo ou de Ceylan. Il paraît être en pains ronds et plats de 5 ou 6 centimètres de diamètre, sur 13 à 18 millimètres d’épaisseur. Il est couvert, sur ses deux faces, de glumes de riz, sans mélange de nachani. Il a une cassure nette, brillante et d’un brun noirâtre. 11 est translucide dans ses lames minces, et homogène dans sa masse. Il se broie facilement sous la dent, et offre une bonne saveur de cachou. Délayé dans l’eau et examiné au microscope, il parait tout formé d’aiguilles agglutinées par une matière gommeuse, dont quelques parties seulement se colorent en hleu par l’iode. Enfin M. Christison en a retiré par l’éther 57 pour lÜO d’acide cachutique, ce qui justifie l’épithète à’excellente qualité que lui donne Pereira.

3. Cachou brun noirâtre amjlocé. On trouve dans le commerce français deux variétés de ce cachou.

LÉGUMINEUSES. — CACHOUS.

A. La première, que j’y ai toujours vue, a été décrite (1) sous le nom de cachou brun noirâtre orbiculaire et plat. Je la désigne aujourd’hui sous le nom de cachou brun et plat amylacé.

Il est en pains ronds et très-plats, de 5 ou 6 centimètres de diamètre et du poids de 30 à 60 grammes. Une des deux faces surtout présente une grande quantité de glumes de riz et de nachani. L’intérieur est brun, compacte, dur et pensant, mais à cassure très-inégale et médiocrement brillante. Délayé dans l’eau et vu au microscope, on y découvre encore des aiguilles d’acide cachulique, mais eu petit nombre. La presque totalité de la matière est sous forme de masses gélatineuses, dont une grande partie se colore en bleu foncé par l’iode. Ce cachou donne par l’eau un extrait gélatineux, évidemment am;^lacé. Épuisé par de l’alcool à 36 degrés centésimaux, il laisse 32 pour 100 d’un résidu, partie blanc, partie rouge, dont la décoction aqueuse filtrée bleuit très-fortement par l’iode. On y trouve quelquefois de petits copeaux de bois d’acacia.

B. Cachou brun noirâtre amjlacé. Intermediaire (2). J’ai VU pour la première fois ce cachou à Paris, vers l’année 1836. Il est de la môme nature que le précédent, et n’en diffère que par sa forme qui le rapproche un peu du cachou en boules n° 1.

Il est en mases dont le poids varie de 30 à 120 grammes. Quelques-unes sont plates ; mais la plupart sont épaisses et arrondies, ou plutôt sont un peu cylindriques, les pains offrant souvent une surface supérieure aplatie comme l’inférieure. La face supérieur est généralement propre et privée de balles de riz ou d’autres corps étrangers. Mais la face inférieure en est fortement couverte, et offre souvent, en outre, des éclats de bois d’acacia et des fragments de brique rouge. Ce cachou est du reste dur, compacte, pesant, et présente une cassure presque noire, inégale et peu brillante.

Cent parties de ce cachou, épuisées par l’alcool rectifié, ont produit 50,8 d’extrait sec et 46 de résidu fortement amylacé. Ce résidu a fourni par la calcination 2,9 d’une cendre rougeâtre principalement formée de sulfate de chaux, d’alumine et d’o.xyde de fer. Les sets solubles ont dû se trouver dans l’extrait alcoolique.

Analyse du cachou brun noirâtre amylacé, intermédiaire. — Cent grammes de ce cachou pulvérisé ont été traités par de l’éther sulfurique dans un entonnoir à déplacement. La liqueur filtrée et verdâtre n’offre

(1) Guibourt, Hist. des drogues, 3' édit.

(2) Dark catechu in bâtis, covered wùb paddy kuski (Pereira).

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

pas de séparation de couches; évaporée, elle a fourni 11,70 d’un produit sec, jaune verdâlrc, dur et grenu.

Ce produit, traité par l’eau, augmente de volume en s’hydratant et forme une masse solide. J’ai étendu d’une plus grande quantité d’eau passé à travers un linge et exprimé (1). La liqueur filtrée précipite lé sulfate de fer en vert noirâtre, et la gélatine en blanc jaunâtre caséeux; évaporée, elle a fourni 2,25 d’un extrait sec, rouge, transparent, et d’une forte saveur astringente. La matière blanche exprimée, ayant été traitée par 75 grammes d’eau portée à l’ébullition, s’est dissoute incomplètement. La liqueur filtrée, étant renfermée dans une fiole bouchée, a fourni en quelques jours un abondant précipité d’une matière grenue et opaque, que l’on doit considérer comme l’acide cachutique pur, mais hydraté.

La portion de la matière blanche exprimée, qui ne s’était pas dissoute dans l’eau bouillante, est une substance grasse et cireuse, de couleur verte, qui tache le papier comme un corps gras.

Lorsqu’on veut purifier l’acide cachutique en l’altérant le moins possible, il faut prendre une fiole qui contienne environ sept fois autant d’eau que l’on a d’acide. On verse celte eau dans un petit niatras avec l’acide, on fait bouillir un instant et l’on filtre au-dessus de la fiole, qui se trouve ainsi parfaitement remplie. On bouche la fiole et on laisse refroidir ; après plusieurs jours, on jette le tout sur un linge, on exprime et on fait sécher.

L’acide cachutique se dissout avec une grande facilité dans l ammoniaque. Le dissoluté, qui est d’abord d’un jaune pur, prend bientôt la couleur d’une forte teinture de safran, c’est-à-dire rouge en masse et jaune sur les bords. A cette époque, elle teint encore en jaune, mais ce jaune passe au nankin rougeâtre par le contact de l’air.

En évaporant le soluté ammoniacal à siccilé, le résidu est en partie rouge et en partie noir, non entièrement soluble dans l’eau et dans l’alcool, mais très-soluble dans l’ammoniaque. La liqueur est d’un rouge très-foncé. Après deux nouvelles solutions et deux évaporations à siccité, la matière est devenue noire en masse, mais toujours rouge orangé dans ses lames minces. Elle est alors complètement insoluble dans l’eau et dans l’alcool, toujours très-soluble dans l’ammoniaque.

La potasse caustique en dégage de l’ammoniaque, ce qui montre que cette matière insoluble est composée d’alcali volatil et de l’un des acides formés par l’oxygénation de l’acide cachutique, peut-être de tous les deux. ,

Les 100 grammes de cachou, qui avaient été épuisés par l’éther, ont été traités par l’alcool rectifié. L épuisement a été difficile, l’extrait alcoolique sec pesait 31 grammes et donnait avec l’eau un soluté trouble. La liqueur filtrée forme avec la gélatine un précipité couleur de chair, et avec le sulfate de fer au médium un précipité vert noir. Ce précipité, étendu d'eau distillée, forme une liqueur verte transpa-

(1) Le linge qui a servi à l’expression s’esl teint rait résulter de la combinaison directe du tissu av faibleiuent oxygéné.

I un beau jaune qui pa- 1 acide cachutique très-

LÉGUMINEUSES. — CACHOUS. 413

rente; étendue d’eau ordinaire, elle prend la couleur bleu-noire du fer et ne devient pas transparente.

Le cachou épuisé par l’alcool a été traité par l’eau, toujours par déplacement; mais l’écoulement du liquide devenant bientôt impossible, on a étendu de beaucoup d'eau, décanté la liqueur trouble et filtré à travers un papier poreux. Le liquide évaporé a fourni 12,8 d’un extrait sec de nature gommeuse et amylacée.

Le cachou, après avoir été traité deux fois par l’eau froide, a été étendu de un kilogramme d’eau et soumis à l’ébullition. La liqueur forme une couenne à sa surface, comme le ferait de l’amidon. Il est impossible de la passer autrement qu’à travers une toile claire et en l’exprimant; mais alors presque tout passe au travers. La liqueur évaporée a fourni 31,7 grammes d’un produit sec de nature amylacée.

Voici les résultats de l’analyse :

Acide cachutique . | . , ,

Matière grasse . \

Extrait alcoolique rouge et astringent . 3t

Produit gommeux, par l’eau froide . 12,80

Produit amylacé . 31,70

Perte sur les deux derniers produits principalement.... 12,80

Ch-igine des trois cachous précédents . li me parait certain que ces trois cachous répondent également au kassu de Heyne; mais il faut établir une grande différence, par rapport à la qualité, entre le premier et les deux autres, he cachou de Colombo est un produit pur et bien préparé, et qui est tiré exclusivement de reca Catechu, puisque l’jdcacta Catechu ne croît pasàCeylan. Mais il est évident que ces deux arbres concourent à la fabrication du cachou brun noirâtre amylacé : car, d’une part, la matière grasse que l’on y trouve me paraît une preuve de l’emploi de la noix d’arec ; et, de l’autre, la présence fréquente d’un bois brun et durindique l’usage de V Acacia Catechu. Alors, résumant et comparant tous les documents acquis, voici, suivant ce que je pense, quelle est l’origine du cachou brun noirâtre amylacé.

Ainsi que l’indique Herbert de Jager, dans toutes les provinces occidentales de l’Inde on fabrique une grande quantité de cachou avec la noix d’arec. On en fait probablement plusieurs décoctions, et les liqueurs réunies, étant refroidies et reposées, donnent lieu à un abondant dépôt d’acide .cachutique, qui sert à fabriquer le couryoo cachou en boules terne et rougeâtre; car il est certain que celui-ci provient des mômes contrées que le cachou brun amylacé. Mais, le dépôt étant séparé, il n’est nullement probable qu’on jette comme inutile la liqueur surnageante. On peut presque affirmer, au contraire, qu'on cherche à l’utiliser; et c’est alors sans doute qu’on y fait bouillir du bois d’acacia et qu’on y ajoute,

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sur la fin, une matière amylacée, afin de donner à l’extrait une consistance qui le rende moins coulant et plus facile à sécher Je ferai remarquer que l’analyse des cendres de ces deux sortes de cachou s’accorde bien avec le mode de préparation que je leur attribue. Le coury, étant fabriqué avec un dépôt qui ne renferme qu’une petite partie du liquide dans lequel il s’est formé doit contenir très-peu de sels solubles; tandis que le kassus qui provient de la concentration des liqueurs surnageantes, contient non-seulement les sels solubles du végétal, mais encore ceux de l’eau ; aussi ces cendres contiennent-elles beaucoup de chlorure de sulfate et de carbonate alcalins. ’

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