ROUTE.DE LA CIUDAD À LA VALLÉE DE L'ALDEA PAR LA BANDE DU NORD
Lorsqu'en partant de la Ciudad de las Palmas on veut tourner l'île par le nord , après avoir traversé le ravin de Tamaraseyte, on parvient, par des coteaux scabreux, jusqu'à la chapelle de San José del Ælamo; des sentiers plus faciles conduisent de là dans une vallée pittoresque que domine au midi le pic de ’ergara (1). La petite ville de Terror, qui commande ce district, contient 3,400 habitans : son terroir, fertilisé par des eaux abondantes, réunit les cultures les plus variées. Au sortir de Terror, on entre dans la belle forét de Doramas, en laissant sur la droite les bourgs de Frigas et d'Arucas, et on arrive à Moya après trois heures de marche. Ce village est placé sur un tertre presque à la sortie des bois et ne compte guère plus de
(4) L’altitude de ce pic est de 2,756 pieds ; celle du bourg de Terror est de 1,681.
900 ames; le ruisseau qui coule dans son voisinage prend sa source dans la partie la plus ombragée de la forêt à 1,387 pieds au-dessus du niveau de la mer (1). La route de Moya à la côte est bien moins agréable que celle de la forêt de Doramas, maïs il convient de la prendre afin de franchir le ravin de San Felipe à son embouchure et remonter ensuite les falaises de la Cuesta de Silva, pour atteindre le plateau de Galdar. Cet autre district s'étend depuis la pointe de Guanarteme jusqu’à celle de Sardina : Galdar , ancienne résidence des princes aborigènes, en est le chef-lieu. Ce grand bourg, bâti au pied d'une montagne volcanique (Voy. part. hist., pl. 40), a pris depuis quelques années un accroissement considérable; sa population est maintenant d'environ 2,000 ames, Sur les hauteurs qui dominent le plateau du côté du midi, Guia, la rivale de Galdar, s'enorgueillit de quelques centaines d'habitans de plus et des tourelles de sa basilique. De Galdar à la Gaete ou 4gaeta, le chemin suit la côte en longeant la base des montagnes qui s'adossent à la Cumbre. On trouve sur cette bande les ports de Sardina, du Juncal et de Las Nieves. Le hameau de la Gaete communique avec Artenara et Texeda par une gorge profonde qui pénètre dans le centre de l'île ; à l'entrée de cette vallée étroite, on voit un cône d'éruption dont les torrens de lave ont inondé les alentours : des tumulus analogues à ceux de la isleta s'élèvent au milieu de ces terrains calcinés. À partir de la Gaete les montagnes flanquent la côte jusquà la pointe de l'Aldea ; il faut passer sur des assises en saillie, par des sentiers qui ont à peine deux mètres de large. Du haut de ces escarpemens on aperçoit la mer à plus de 300 pieds en dessous; lorsqu'on à franchi les plus mauvais pas (2). on s'éloigne du littoral pour remonter le ravin de Tirma; et une fois parvenu sur le plateau supérieur, on descend à l'Aldea
par le val de Furrery.
(1) Cet endroit est connu sous le nom de las madres de Moya.. (2) Les passages les plus dangereux sont: el risco de las mugeres et los andenes de Goycdra.
ROUTE DE LA VALLÉE DE L'ALDEA À LA CIUDAD PAR LA BANDE DU SUD ET LA CÔTE ORIENTALE.
Lorsqu'on a dépassé la masse de rochers qui cernent l’Aldea, les flancs de la montagne présentent une série de longues vallées dont les berges presque verticales augmentent à chaque pas les difficultés du chemin. Ces gorges découpent les versans. maritimes depuis la pointe Decollada jusqu'à celle de Taozo. Mogan est le chef-lieu de cette bande (1). En se rapprochant de Porto-Rico, les mouvemens de terrain sont moins prononcés ; les sommets du Tauroet de Roque-Gordo sélèvent sur les derniers gradins des montagnes côtières, et les talus de l'île n'offrent plus de brusques dépressions. À mesure qu'on s'avance vers la pointe de Maspalomas, le rivage s'élargit davantage, et les ravins du ZLechugal et d’Arguineguy sont les seuls obstacles qu'on ait à franchir. On rencontre plus bas le ruisseau de la Gallega, qui descend de Tiraxana et va se perdre, à la sortie des gorges, dans des lagunes entourées de dunes de sable et de petits bois de Tamaris. Les irrigations ont viviñé la plaine qui domine cette côte marécageuse; sans ce bienfait, Maspalomas serait encore un désert : maintenant ces terrains régénérés ont changé d'aspect; des champs de maïs et quelques fermes bordent la route qui conduit à Juan- Grande. Aux approches de ce village le pays redevient montagneux; il faut encore gravir des collines et traverser d’autres ravins avant d'arriver au Carizal. Au-dessus de ce petit bourg s'ouvre une vallée profonde qui renferme deux autres villages, Aguimez et Temisas; ce dernier occupe la partie supérieure du vallon; son altitude est de 2108 pieds.
En quittant le Carizal, on commence à monter vers le plateau de Telde. Ce district, par l'étendue de ses cultures et la douceur de son climat, rappelle ceux de la bande du nord. De Telde à la Ciudad, le
(1) On trouve dans les gorgés adjacentes les hameaux de Tasarte, Tasartico et Feneguera. \ 11. 15
chemin passe auprès du gouffre de Xiramar et longe le littoral; plusieurs cônes de scories , qu'on aperçoit sur la gauche, semblent faire partie d'un même système volcanique et se rattacher au pic de Bandama. Enfin, lorsqu on a atteint le Salto del Castellano , une des falaises les plus escarpées de cette côte, on découvre de nouveau la ville capitale et les montagnes brülées de la Isleta.