ANCIENS VOLCANS
Lancerotte est l'ile de l'archipel canarien qui a été la plus volcanisée, même ayant les temps historiques. Outre les chaînes de volcans du sud-ouest de l'île, les cônes imposans de la Corona, de Guatifay et de los Elechos dominent dans la partie du nord. Celui de la Corona est un des plus remarquables : on parvient à son sommet avec beaucoup de peine, à cause de la rapidité de sa pente et de l'épaisse couche de lapilli dont il est couvert. Les parois du cratère sont tout aussi rapides et entièrement revêtues de lapilli, de manière que la cime de la montagne offre une corniche étroite et scabreuse bordée de chaque côté par un précipice dangereux (1). Les scories et les lapilli ont conservé toute leur fraîcheur et sont souvent à reflets métalliques. La lave est sortie du flanc méridional du cône et a obstrué les crevasses par où elle se fit jour. Cette grande coulée se dirige vers le sud-est et va se perdre dans la mer, en s'étendant sur la région dévastée qu'on appelle le Malpays. La lave elle-même est un basanite péridoteux qui contient dans ses cavités de la chaux carbonatée très-blanche. Les boursoufflures de sa pâte ont formé des cavernes, dont une, celle de los F’erdes, est célèbre dans l'histoire du pays (2).
D'autres volcans se sont ouverts sur le dernier contrefort de la chaîne de Famara, auprès de la ville de Teguise. Le château qui la défend est bâti sur les bords du cratère d'un de ces cônes, dominé luimême par un autre qui l'avoisine. Trois autres cônes s'élèvent plus près de la mer : l'un, appelé l’Atalaya de T inamala , domine le village de Guatiza , situé au milieu d’un terroir que les matières décomposées
(1) Voy., pour d’autres détails , Géogr. descript., pag. 183-4-5. (2) Voy. Géogr. descript., pag. 115. C’est par erreur que M. de Buch place ces cavernes dans l’ancienne roche basanitique.