‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 14 sur 243 · PARTIE.) — ZOOLOGIE, (ORNITHOLOGIE · texte numérisé non relu

PARTIE.) — ZOOLOGIE, (ORNITHOLOGIE

FAMILLE 3. PICIDÉES. (PICIDEÆ.)

PIC EPEICHE. — PICUS MAJOR. Linn.

Front blanchâtre ; dessus de tête noir ; occiput rouge ; dos noir ; ventre blanchâtre ou blanc-jaunâtre, cramoisi vers la queue ; iris rouge.

Picus major. Linn., Syst. Nat.,1, pag. 176.

Le Pic varié ou Épeiche. Buff., Ois., vit, pag. 57 et pl. ent. 196 ( mâle) er 197 (femelle).

Vu. Pito, aux Canaries. — Pico, en Espagne. — Tohabel chejar, en arabe, à Maroc.

Has. Dans les îles boisées de l'archipel Canarien.

Oss. Le bruit que fait cet oiseau, en frappant sur les branches des arbres avec son bec, s'entend à une grande distance. Son plumage varie beaucoup à l’époque de la mue : le mâle porte une tache rouge à locciput.

Ce Pic fait ordinairement son nid sur le Pin des Canaries (Pinus canariensis ). Ses œufs sont un peu plus petits que ceux des Cailles , assez arrondis et d’un blanc pur ; la femelle en pond quatre ou cinq, rarement six. Les jeunes sont mouchetés de blanc et de noir, et n’ont aucune plume rouge ni sur la tête ni sous le ventre; on les apprivoise facilement, et on les rend très-familiers en leur donnant des mouches.

Cette espèce est très-commune dans le Maroc.

111 ANISODACTYLES. (ANISODACTF LI.)

FAMILLE %. EPOPSIDES. (EPOPSIDES. VieiLL.)

HUPPE ORDINAIRE. — Upupa Épors. Linn.

Huppe rousse bordée de noir ; dos gris-vineux; gorge et poitrine d’un vineux roussâtre ; ventre blanchâtre; bec couleur de chair à la base, noir à la pointe; pieds bruns.

Upupa Epops. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 183.

Upupa africana. Bechst., Kurtz. Ubers-Vog. Nacht ( jeune).

La Huppe et la Huppe variété. Buff., Ois., vi, pag. 459, tom. XXI, et pl. enl. 52.

Huppe d'Afrique. Viell., Ibist. Promerop., pag. 13, pl. 2 ( jeune).

Vuze. Abovito, aux Canaries. — Abubilla, en Espagne. — Had-houd ou Bel had-houd, en arabe, à Maroc.

Has. Dans toutes les îles. l

Ogs. Cette espèce arrive aux Canaries au commencement du printemps, pour y faire la ponte, et repart ensuite vers le mois de septembre. On voit les Huppes en très-grand nombre, pendant les mois de juillet et d'août, dans la partie méridionale de Ténériffe; et sans doute qu’elles se réunissent déjà à cette époque pour se disposer à partir. Il en reste pourtant quelques-unes qu’on rencontre parfois en hiver aux alentours des jardins et dans les champs labourés de la région maritime, et celles-là paraissent appartenir aux dernières nichées.

La Huppe peut donc être considérée comme sédentaire et comme de passage.

D'après M. Schousboe, les Huppes se montrent aussi aux environs de Tanger, au commencement de mars , ets'en vont à la fin de l’été.

Cet oiseau niche dans les creux des arbres; la femelle pond des œufs oblongs d’un gris sale ou d’un roux grisâtre, sans tache, au nombre de cinq ou six.

Ledru indique aux Canaries la Sitelle torchepot ( Sitta Europæa, Linn.). Mais nos recherches , pour nous procurer cet oiseau, ont été infructueuses, et nous devons ranger la Sitelle torchepot parmi les espèces douteuses.

IV PIGEONS. — COLUM BINAE.

CoLOMBE TROCAS. — COLUMBA LAURIVORA. Nob. PI. 3.

Dos d’un brun noir ; croupion cendré-bleu ; ventre d’un brun-vineux à reflets pourpres ; côtés du cou

vert-chatoyant; ailes sans bandes ni taches

Columbe Trocaz. Heinvken, Birds Mad , Brewst., Journ., octobr. 1829, pag. 228

Vuc. Torcaza, aux Canaries. — Trocaz, à Madère ( Heineken).

Has. Dans les forêts des îles du groupe occidental et à Madère.

Descr. Maure. Tête d’un brun-cendré vineux ; dessus du cou de la mème couleur avec des reflets vert-éclatant. Haut du dos brun-foncé à reflets pourprés brillants. Dos brun; croupion cendréfoncé-bleuâtre. Côtés du cou d’un cendré-blanchâtre à reflets verts écaillés ; gorge d’un cendré vert, poitrine de la même couleur mais plus foncée; ventre brun-vineux uniforme ; flancs, bas-ventre et dessous de queue cendré-foncé. Ailes unicolores cendrées ; le pli offre une teinte un peu blanchâtre : les quatre premières pennes noirâtres avec un liséré extérieur blanchâtre très-fin. Queue d’un brun cendré , offrant en dessous, vers l’extrémité , une large bande transversale blanche ou blanchätre. Bec rouge à pointe noire. Iris couleur de paille (Heineken). Tarses et pieds rouges ; ongles noirs; les plumes arrivent un peu au-dessus du genou. Longueur totale, de 40 à 42 centim. Longueur du bec, 24 millim. Hauteur des tarses, 3 centim. La queue dépasse les ailes d'environ !1 centim.

Femerre. La femelle présente la gorge et la poitrine d’un vert plus ou moins foncé à reflets; les ailes sont d’un brun obscur; le pli n’a pas de teinte blanchâtre ; les flancs et le bas-ventre d’un brun rou-

geâtre ; la bande blanche de la queue se trouve tout à fait terminale.

Jeunes. Dans les jeunes, il n’y a pas de reflets chatoyants ; la tête et le cou sont d’un brun cendré ; le haut du dos parait cendré-bleuâtre fonce ; la poitrine est d’un brun-roussâtre fuligineux , le ventre gris-cendré, la queue plus foncée: elle offre en dessous une bande peu apparente grisâtre, laquelle n'arrive pas jusqu’à l'extrémité ; celle-ci est bordée de brun-noirûtre.

O8s. Cette espèce, très remarquable par sa taille et par sa couleur, ne ressemble à aucun de nos Pigeons européens Nous l'avons comparée aux diverses Colombes qui composent la collection du Muséum d'Histoire naturelle, et nous ne lui avons trouvé quelques rapports qu'avec le Columba caribæa, de Gmelin (Pigeon à queue annelée, de la Jamaïque, Buff.)-

Le nom de Torcaza ou Torcaz, qu'on donne à cette Colombe dans les îles Canaries, est aussi employé à Madère avec une légère variante pour désigner la même espèce. Les Portugais du Brésil appellent aussi du même nom une grosse Colombe américaine, qui se rapproche un peu de la nôtre. En général, les Colombes sauvages de grande taille sont des Torcaxas pour les Hispano-Américains. Cette expression de Torcax, par laquelle on désigne presque tous les pigeons à collier, paraît un dérivé du latin Torquatus.

La Torcaza des Canaries ne s’éloigne guère des forêts où elle trouve sa nourriture habituelle, qui consiste en baies de Laurier ( Laurus indica) et parfois en jeunes pousses de Mocan ( Visnea Mocanera) comme nous l'avons constaté par l'autopsie de plusieurs individus. Cet aliment, les baies de Laurier surtout, imprime à la chair de ces oiseaux un parfum aromatique et un petit filet d'amertume qui n’est pas désagréable. Aussi la Torcaza, par son volume et son excellen! goût, est justement considéré comme un des meilleurs gibiers; et cette remarque n'est pas nouvelle, car l'histoire nous apprend qu’elle remonte au moyen-àge. En effet, nous lisons dans la relation des navigateurs partis de Lisbonne en 4341, sous les auspices d’Alphonse IV de Portugal, qu'ils trouvèrent dans Les forêts d’une des îles Canaries (Gomère) des Pigeons sauvages qu'ils mangèrent après les avoir tués à coups de bâton et de pierres. « Et ces Pigeons, ajoute le narrateur, étaient plus grands que les nôtres, du même goût sinon meilleurs. » « Et in eâdem insulà ligne plurimæ et palumbes, quos baculis et lapidibus capiebant et comedebant, invenerunt. Hos dicunt majores nostris et gustui tales aut meliores. » (Woy. Ethnograph., 1, 1re part., pag. 25 et suiv.)

I n’est plus si facile aujourd'hui de se procurer de ces Pigeons. La chasse qu’on leur a faite les a rendus plus farouches , et l'on ne peut guère les atteindre sur la cime des grands arbres où ils ont coutume de se percher. C’est à l'abreuvoir qu'il faut les tuer ; car les forêts sont trop touffues pour espèrer de les tirer au vol. Nous avons souvent entendu leur roucoulement sans pouvoir les distinguer au milieu du feuillage où ils se tiennent cachés.

A Madère, où l'on chasse aussi cette espèce à l'abreuvoir, elle fréquente les parties les plus solitaires et les plus boisées de l'île. Le docteur Heineken est le premier qui ait signalé cette Colombe ; il l’a décrite en lui conservant le nom yulgaire de Trocaz, mais sans lui imposer de nom latin scientifique. Nous n’avons pas conservé cette dernière dénomination, qui nous a paru trop vague, et nous adopterons l’épithète latine de laurivora, qui nous parait très-caractéristique, puisqu'elle indique une des principales habitudes de l'oiseau.

Notre planche ayant été faite sur des individus empaillés, le dessinateur n’a pas donné au bec sa couleur naturelle ; il aurait dû le peindre rouge avec la pointe noire. C’est par erreur aussi qu’il a donné une teinte rouge à l'iris, celui-ci, d'après Heineken, doit être couleur de paille.

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COLOMBE BISET. — COLUMBA LIVIA. Linn.

Dos d’un cendré pâle; croupion d’un gris foncé; ventre cendré-bleuâtre-terne ; côtés du cou vertchatoyant et brun ; ailes avec deux bandes noires , sans taches.

Columba livia. Briss., Ornith., 1, pag. 82.

Colombe Biset. Buff., Ois, 11, pag.A98 et pl.enl. 510.

VULG. Paloma. — El cammor, en arabe, à Maroc.

Has. Dans toutes les îles.

Ogs. Cette espèce est très-commune aux Canaries ; elle habite, en grandes troupes, les grottes et les rochers escarpés dans les endroits les plus anfractueux. Dans nos excursions à Lancerotte, nous avons trouvé beaucoup de ces Colombes logées dans les cavités d’un des cratères d’éruption des volcans de 1824, bien que la chaleur et l'odeur sulfureuse fussent encore sensibles en s’approchant de ces bouches volcaniques. Serait-il vrai, comme on nous l’a dit, que ces oiseaux préféreraient cette retraite à cause de sa température favorable à l’incubation? A un coup de fusil tiré près du cratère principal, toute la bande prit le vol, et l’on entendit bientôt après crier les jeunes qui étaient restés dans les nids. ;

M. Schousboe a rencontré cette même espèce, en très-grand nombre, dans la chaîne de l'Atlas qui avoisine la ville de Maroc.

Le Columba Palumbus qui existe à Madère ( Heïneken) n’a jamais été vu aux îles Canaries, bien que cette espèce soit assez commune à Maroc, où les Arabes la désignent sous le nom générique d'EZ Cammor.

COLOMBE AFRICAINE. -— COLUMBA AFRA. Linn.

Dos et croupion d’un gris brun; ventre d’un blanc-cendré couleur de chair, côtés du cou de la même teinte sans reflets ; ailes avec des taches d’un violet azuré , sans bandes.

Turtur senegalensis. Briss., Ornith., 1, pag. 122, tom x, fig. 1.

Columba afra. Linn. Sust. Nat. 1, pag. 284.

Tourterelle du Sénégal. Buff., Ois., n, pag 555 et pl. enl. 160.

VuLc. Tortola. — Liman, en arabe, à Maroc.

Has. De passage,

Oss. Cette espèce n’arrive aux Canaries que vers la fin du printemps, pour s'en retourner en novembre. A Ténériffe, le départ des Tourterelles s'effectue toujours par la côte méridionale de l'île, où elles se rassemblent et voltigent en troupes si nombreuses, qu'il est arrivé alors à des chasseurs d'en tuer plus d’une quinzaine d’un seul coup de fusil. Un roucoulement général est la première annonce du départ. La bande agglomérée se dirige vers le petit promontoire Montaña roja. Des vols détachés de la masse commencent à planer au-dessus des rochers de la côte, comme pour essâyer leurs forces ; on les entend encore roucouler quelque temps ; puis, tout à coup, après un silence qu'on dirait prémédité, elles disparaissent si brusquement qu'il est presque impossible de saisir l'instant de ce sauve-qui-peut général.

Nous ne saurions assurer si toutes les Tourterelles qu’on voit aux Canaries nichent dans ces îles, car leur arrivée n'a lieu souvent qu'après le mois de mai et quelquefois à la fin de juin; mais il est sûr qu’il en reste un certain nombre dans le pays après le départ des voyageuses : on en tue à toutes les époques de l’année. L'un de nous en a vu d'assez jeunes apportés de Chasna, ce qui indique qu'elles nichent dans ce district.

Cette espèce est aussi fort commune dans le Maroc ; elle arrive à Tanger au printemps, et repart en automne.

V° GALLINACÉS. — GALLINAE.

FAMIELE te DÉDIOSENCE (PEDIOPHILI. VierLL.)

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AN ERNDE. — PTEROGLES ARENARIUS. Temm.

Parties supérieures cendré tacheté de cendré-noirâtre ; gorge couleur de chair un peu cendrée, bordée inférieurement par un ceinturon noir étroit; ventre noir.

Tetrao arenarius. Pall., Nov. Comm. Petrop., tom. xXIX, pag. 418; tom. Vin et Voy., App., pag. 35.

T, subtridactyla. Hasselq., I6., pag. 250.

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T:. arenarius et Perdix aragonica. Lath., Ind. Ornith., w, pag. 649, 648.

Ganga unibande. Temm., Pig. et Gall., 1, pag. 240.

Pterocles arenarius. Temm., Man. d'Ornit. Ie edit., pag. 299.

La Gélinotte des sables, le Ganga d’Aragon.

VuLG. Ganga, en espagnol. — E! kouderi, en arabe, à Maroc. — Desherdk, en tartare.

Has. Exclusivement dans l’ile de Fortaventure , où il est sédentaire.

OBS. Quoique cet oiseau ait été rencontré parfois à la Grande-Canarie, sur la côte du sud-est qui fait face à la presqu'ile de Handia, sa présence dans cette localité est purement accidentelle. Les Gangas ne se sont fixés réellement qu’à Fortaventure, dans les plaines de la partie centrale de l'île, et dans quelques vallées solitaires de la presqu'ile, où ils vivent en grandes troupes. Le docteur Jean Wagler, dans le premier volume de son Systema Avium, publié en 1827, a donné une longue description du Pterocles arenarius. Nous citerons le passage suivant, dont nous ayons été à même de constater la vérité. « Aliquotiès int rdia cum socià fœminà ad aquas migrans, leniter et continenter, columbæ instar, volars, et volando stridulam, amænam altamque vocem edens, ova pariens columbinis majora ex albo pallido. » Nous ajouterons seulement que les œufs sont marqués de taches brunes et roussâtres. Pallas les avait déjà signalés comme entièrement blancs. L'auteur de la Faune aragonienne les a indiqués comme tachetés de brun; et l’un de nous possède dans sa collection un œuf de cet oiseau, apporté d’Alger, qui offre ce dernier caractère.

Le mâle présente des couleurs plus vives que la femelle ; il a le dessus de la tête d’une belle couleur cendrée ; à la gorge et à la région des oreilles, on voit chez lui un espace d’un roux-marron très-vif et une tache triangulaire noire. La femelle a des taches sur la tête et sur la gorge; sa bande pectorale est plus étroite.

D'après les renseignements qui nous ont été communiqués par M. Sehousboe , cette espèce est très-commune en hiver dans les plaines qui avoisinent la ville de Maroc, surtout entre cette dernière et les montagnes de l’Atlas. Elle paraît au contraire un peu rare aux environs de Tanger, où elle est remplacée, comme en Andalousie, par le P. Alchata, qui y abonde.

FAMILLE %. NUDIPÉDES. (NUDIPEDI. VigiLL.)

PERDRIX GAMBRA. — PERDIX PETROSA. Lalh.

Front et nuque d’un marron foncé ; dos cendré-roux ; ventre roux avec des bandes rousses et blanches et des raies transversales noires sur les flancs; deux larges espaces marron marqué de petites taches blanches sur Les côtés du cou s’unissant en forme de collier ; bec et pieds rouges.

Tetrao petrosus. Gmel., Syst. Nat., 1, pag. 758.

Perdix petrosa. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 648.

La Perdrix rouge de Barbarie et la Perdrix de roche ou Gambra. Buff., Ois., 11, p. 445, 446.

VuLiG. Perdix. — El hagela, en arabe, à Maroc. ,

Has. Canaria, Ténérifte, La Gomère et l’île de Fer.

Ors. Cette espèce n’existe pas à Lancerotte ni à Fortaventure, où elle est remplacée par le Ganga unibande ( Ptero- * cles arenarius, Temm.) ; mais ce qui doit bien plus étonner c'est de ne pas la rencontrer ‘dans l'ile de Palma située à 20 lieues environ à l’ouest de Ténériffe, où elle est si abondante. Les perdrix qu'on a tenté d’acclimater dans cette ile sont mortes au bout de quelque temps.

Dans la partie de l'archipel Canarien où ces oiseaux sont sédentaires, ils fréquentent la région maritime en grandes compagnies; ils se plaisent surtout aux environs des champs de maïs et au milieu des vignobles où l’on sème des légumes.

Cette espèce n’est pas moins nombreuse dans toute la Barbarie ; elle pullule surtout à Oran, aux environs de la baie de Merz el Kebir et dans la région des Chamærops.

Elle niche dans les champs incultes et surtout dans les endroits déserts ; la femelle pond de douze à quinze œufs un peuplus petits que ceux de la Perdrix rouge, à peu près de la même forme, d'un blanc-sale jaunâtre avec des points et de larges taches fauves et brunes plus ou moins foncées. Les jeunes n’ont pas de collier ni de plaques latérales de couleur marron, le dessus de la tête est brun, la poitrine cendrée ayec des taches noires, les belles couleurs des flancs ne sont pas encore développées. Dans les individus adultes, la femelle est moins grande que le mâle, les couleurs ne paraissent pas aussi vives, et son collier est plus étroit.

PERDRIX-CAILLE. —— PERDIX COTURNIxX. Lath.

Front et nuque variés de roussâtre et de noir ; dos cendré-brun avec des taches noires et des bandes

( 30 ) jaunätres ; ventre blanc-roussâtre avec des bandes transversales brunes et des lignes longitudinales blanches sur les flancs ; point d'espaces marron sur les côtés du cou; bec et pieds couleur de chair.

Tetrao Coturnix. Linn., Syst. Nat., 1, pag. 278.

Coturnix major. Briss., Ornith., 1, pag.251.

Perdix Coturnix. Lath., Ind. Ornith., 11, pag. 651.

Coturnix dactylisonans. Temm., Mun. d'Ornith., Lre édit, pag. 311.

La Caille. Buff.; Ois., 11, pag. 449, tom. xvi, et pl. enl. 170.

VuLG. Codorniz. — Soumin, en arabe, à Maroc.

Has. Dans toutes les îles.

Os. Les Cailles abondent dans toutes les îles de cet archipel, surtout à T'énériffe, dans la plaine des Rodeos, élevée de 600 à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les chasseurs des environs en tuent toutes les années un très-grand nombre. Le plus fort de la chasse est aux mois d'août et de septembre, après les moissons. Elles se tiennent dans le chaume qu'on à laissé sur place; on en trouve aussi beaucoup dans les champs ce maïs et de lupin. Un bon chasseur peut tuer quarante à cinquante Cailles dans la journée, si le temps est à la brise et que les chiens ‘ne perdent pas leur ardeur:

Nous ne saurions assurer si la Caille est de passage aux Canaries, ou bien si elle y est réellement sédentaire. L'opinion des chasseurs de Ténériffe est partagée à cet égard. Toutefois, nous pensons qu'il en est pour cet oiseau comme pour d’autres espèces, que son émigration n’est pas générale. L'apparition des Cailles voyageuses doit avoir lieu au printemps, quoique nous ne l’ayons pas constatée.

Les Cailles font deux nichées. À Ténériffe, on porte même ce nombre jusqu'à trois; la dernière s'opère dans le mois d'août. Le nid se trouve généralement dans les endroits incultes et dans les blés ; il est formé sans art et sans beaucoup d’apprêts, d'herbes et de feuilles sèches, entassées dans un enfoncement. La femelle y pond douze à quinze œufs assez gros relativement à la taille de l'oiseau, très-courts, presque pyriformes, blanchâtres ou d’un blanc jaunâtre avec de petits points et de larges taches d'un bleu foncé.

Le départ des Cailles pour d’autres régions s’effectue probablement au commencement de l’automne ; et bien qu’elles aient abandonné à cette époque les champs labourés, on en entend chanter encore de temps en temps dans les halliers pendant les belles journées d'hiver. On én rencontre aussi fréquemment au milieu des bruyères et dans les bois-taillis, où elles se nourrissent des baies du Daphne Gnidium.

Cet oiseau est très commun à Maroc, où il arrive aussi au printemps ; mais il paraît qu'il y en a aussi un certain nombre qui restent constamment dans le pays, car on en tue dans le mois de mai de fort jeunes qui appartiennent probablement aux nichées des Cailles sédentaires. C’est ce que nous avons eu occasion de constater nous-mêmes dans les environs du Tanger.

Ledru, dans la relation de son voyage, indique le Faisan comme commun dans les îles de Lancerotte et de Fortaventure. Sonnini, son éditeur, a cru qu'il voulait parler du Phasianus colchicus ( pag. 186). Les Canariens lui donnent le nom de Faysan ou Court-vite isabelle (Voy. l'art. sur cet oiseau).

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