‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 3)Chapitre 4 sur 243 · ANNÉLIDES · texte numérisé non relu

ANNÉLIDES

Avant de terminer cet aperçu, nous devons mentionner quelques espêces d’une famille que nous avons trop généralement négligée, et qui n’ont pu trouver leur place dans la série linéaire; mais nous serons obligés de nous borner à la description des deux espèces d’Hirudinées que nous avons pu trouver aux îles Canaries. Cette description, nous la devons à notre savant ami, M. le professeur Moquin- Tandon de Toulouse , qui s’est fait connaître par des travaux importans sur cette famille,

FAMILLE DES HIRUDINÉES.

NEPHELIS VULGARIS. ({Moq., Monogr., p. 125, n° 1, pl. vr, f. 458.)

-Corps très-déprimé ; dos brunâtre, pointillé de roux ou sans taches, quelquefois roussâtre ou couleur de chair.

(1) Hist. nat], lib. 14, cap. 96.

(2) « Infestari eas (insulas Fortunatas ) belluis, quæ expellantur adsiduè , putrescentibus, » Pline, Hist. nat., lib. 6, cap. 37.

Hirudo octoculata. Bergm., Act, Stock., 1756, p. 199 et 1757, t. 6, f. 5-8.

Hirudo vulgaris. Lam., Ÿ’erm. hist., t. 1-2, p. 40-170.

Erpobdella vulgaris. Lam., Ænim. sans vert., t, 5, p. 296, 1—

Nephelis tesselata. Sav., Annel Hirud., p. 117, 1—

Cette Néphélis varie beaucoup pour les couleurs ; le fond de la robe passe de la teinte couleur de chair au roussâtre, au roux, au rougeâtre et au brun. La plupart de nos individus sont unicolores, dans quelques-uns , on trouve sur le dos de très-petits points brunâtres.

SANGUISUGA MEDICINALIS. (Sav. Annel. Hirud., p. 114, 1.)

Corps olivâtre; dos marqué de bandes ferrugineuses peu apparentes avee des taches plus foncées ; ventre pâle maculé et bordé de noir.

Hirudo medicinalis. Ray, Jnsect., 3— Hirudo offcinalis. Derh., Hist. nat. Sangs., p. 11. Nosindividus sont plus petits que ceux d'Europe. Les bandes du dos et les taches du ventre parais-

sent moins tranchées. Cette variété s’approche beaucoup du Sanguisuga obscura. (Moq., p. 116, tab. 5, f. 3.) À. Moquix-T'annon.

De ces deux espèces, le Nephelis vulgaris est très-rare aux Canaries. Il ne se rencontre qu’à Ténériffe, dans les ravins élevés, près de Chasna , où nous ne l’avons pas trouvé nous-même ; nous devons nos échantillons à M. Louis Hamilton , qui , depuis long-temps établi à Ténériffe , a eu l’obligeance de les faire chercher pour nous par les habitans du pays.

Le petit S'anguisuga que nous avons rapporté est assez commun dans les eaux courantes de Ténériffe et de Canaria. On ne s’en sert en pharmacie qu’à défaut des Sangsues importées d’Espagne. Ce n’est qu’avec bien de la peine qu’on parvient à faire mordre la Sangsue indigène , qui semble avoir horreur du sang humain ; sur quarante que l’on essaie , à peine si on réussit à en faire prendre une demi-douzaine.

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