AT
GENRE LIMACE. — LIMAx.
Nous ne connaissons, aux Canaries, que deux espèces de ce genre, toutes deux paraissant propres à ces îles, et à Ténériffe en particulier.
No 32. Limace Des Cawarres. — Limax Canarrensis, d’Orb. PATES ee 0M2, 8:
Corpore elongato, graciliter albo-griseo, nigro maculalo , supr& rugoso-strialo , antice brevi, postice elonga-
tissimo , conico , subacuminatlo ; pallio irregulariter rugoso ; carin& sub null& , retro solummodo signatä.
Animal allongé , élevé , large et gros aux parties antérieures ; de Ià diminuant graduellement de diamètre jusqu’à son extrémité postérieure, qui forme une pointe obtuse; manteau ovale, plus étroit en avant, irrégulièrement rugueux ; peau du corps marginée en dessus de rugosités allongées, séparées par des sillons qui s’anastomosent ; ces sillons forment des lignes étroites , régulières, en s’approchant du pied; elles sont surtout étroites aux parties latérales antérieures du corps; pied large, acuminé postérieurement , divisé, sur la longueur, en trois parties égales, celle du milieu lisse, les deux autres divisées transversalement par segmens ; tentacules allongés ; orifice de la cavité pulmonaire au côté droit postérieur du manteau ; il n’est entouré d’aucun bourrelet ; la carène n’existe pas sur les parties moyennes du corps ; elle ne se montre , encore très-peu , que vers les HUE postérieures du corps ; rudiment interne ovale, déprimé, mince, à bords tranchans. |
Couleurs. Les individus conservés dans l’alcool que nous avons observés nous ont montré une teinte uniforme de gris pâle ou de blanc jaunâtre avec un grand nombre de marbrures noirâtres, régnant particulièrement sur les parties supérieures du corps , et diminuant en approchant des parties inférieures presqu’entièrement dépourvues de ces taches.
Dimension. Les plus grands individus contractés ont jusqu’à 55 millimètres de longueur.
Cette espèce ne nous parait différer du Limax antiquorum , Fér., que par le manque de carène supérieure; car, du reste, elle en a les taches ; mais ce caractère de forme est, nous le croyons, suffisant pour motiver la création d’une espèce nouvelle. C’est, à ce qu'il paraît, celle que M. Ledru a rapportée à nos espèces d'Europe (1).
Elle nous a été confiée par MM. Webb et Berthelot, qui l’ont rencontrée en assez grande abondance dans l’ile de Ténériffe ; elle est aussi commune à la grande Canarie.
No 33. Limace carénÉée. — Limax carenarTa, d’'Orb. PL. ur, fig. 4,8.
Corpore elevalo, compresso, griseo-cæruleo, suprà rugoso, sulcato; pallio oblongo, rugoso, medio-elevato :, carind@ elevalä, secante.
Animal allongé , fortement comprimé, élevé d’une manière presqu’égale jusqu'aux parties postérieures; manteau oblong, ovale , rugueux à l’état vivant , et marqué , sur la partie moyenne correspondant à l’emplacement de la coquille, d’une partie plus élevée que le reste ; peau du corps marquée, en dessus, de sillons qui séparent de larges côtes aplaties et quelquefois divisées, partant latéralement et obliquement de la carène vers les bords ; celles qui sont sous le manteau et en avant sont également larges et élevées; pied assez étroit, acuminé postérieurement , divisé sur la longueur en trois parties ésales, les latérales marquées de sillons obliques assez réguliers , la médiane ornée, sur toute sa lon-
(4) Ledru , 4810, Joy. aux îles de Ténériffe, la Trinité, etc., t. 4, p. 486.
gueur, de chevrons renversés formés par la suite des lignes obliques des deux portions latérales ; tentacules allongés et gros; orifice de la cavité pulmonaire au côté droit du manteau, très-près du bord, et plus postérieure qu’antérieure ; la carène du dos très-élevée et tranchante sur toute sa longueur ; rudiment interne ovale, déprimé , aminci vers ses bords antérieurs. .
Couleurs. Sa teinte générale est gris-blanc , plus foncée près de la carène , et formant des lignes antérieures au manteau qui partent des tentacules ; manteau cendré-clair, sa partie élevée un peu plus foncée que le reste.
Dimension de 15 à 20 millimètres de longueur totale.
Cette espèce, que nous croyons être celle que cite M. Ledru comme la Limax cendrée (1), nous paraît différer essentiellement du Limax agrestis par la protubérance de son manteau, par sa très-forte carène , et enfin par les sillons bien réguliers de sa partie postérieure ; tandis que, dans l'espèce citée, ce sont des parties élevées, irrégulières et non divisées par sillons. Il faut, du reste, la placer près du Limax agrestis.
Nous l’avons observée sous les pierres détachées du sol , sous l’aqueduc en bois qui conduit les eaux des montagnes voisines à Santa-Cruz de Ténériffe, dans les endroits humectés par le suintement des eaux. Il est à croire qu’elle n’est pas très-commune; car nous n’en avons rencontré que très-peu ; et, dans un bocal contenant un assez bon nombre de limaces recueillies par MM. Webb et Berthelot, nous n'avons retrouvé qu’un seul individu de l’espèce , mélangé à beaucoup d’autres de la précédente. Nous avons eu le temps de l’examiner avec beaucoup de soin, et nous avons reconnu qu’elle a la même propriété que Le Limax agrestis , celle de se servir de son gluten, comme les araignées de leurs fils, pour se suspendre et arriver ainsi , sans tomber, d’un lieu élevé à un autre plus bas.
GENRE TESTACELLE. — TESTAGELLA, Drap.
Les recherches de MM. Webb et Berthelot attesteraient l’existence, aux Canaries , de deux espèces de Testacelles : la Tes{acella Maugei, propre à ces îles; la Testacella haliotidea , habitant l’île Canarie et la France.
No 34. Tesracezce DE MaucÉé. — Tesracezra Maucrr, Féruss.
T'estacella haliotidea, Ledru , 1810 , Joy. à Ténériffe , t. 1, p. 187. T'estacella Maugei, Féruss., 1821, Moll. terr., p. 94, pl. var, fig. 10-12. Testacella Maugei, Webb et Berthelot, Ann. des Sc. nal., mars 1833.
Corpore rufescente, maculis fuscis sparsis ornaio ; tentaculis filiformibus. — Tesi& ovalo-elongatä , fulvà,
exilis strialut@; spiré elevatä ; claviculé angustä.
Cette espèce, qui pourrait bien n’être qu’une variété de climat du Testacella haliotidea, est , suivant M. Low, commune dans l’île de Ténériffe et à Madère. Elle y vit sous les pierres, n’en sortant que la nuit pour chercher sa nourriture. M. de Férussac dit qu’elle s’est acclimatée dans le jardin botanique de Bristol , ce qui viendrait peut-être encore à l’appui de la réunion que nous venons d'indiquer.
(4) Ledru, 4810, Voy. aux îles de Ténériffe, la Trinité, elc., t. 1, p. 186.
No 35. TESrACELLE HALIOTIDE. — T'ESTACELLA HALIOTIDEA , Drap.
Testacella europea , Roissy, 1805, Buf. de Sonini, Mollusques, t. 5, p. 252, n° 1. Testacella haliotidea, Drap., 1805, Moll., p. 121, tab. var, p. 9, 43, 48. Testacellus haliotideus , Féruss, 1821, Moll. terr., p. 94, pl. vaux, f. 59.
— Lowe, 1831, Primicie faunæ, etc., p. 40.
— Webb et Berthelot , 1833, Synopsis, Ann. des Sc. nal., mars 1833.
Corpore flavido rufo , vel griseo , maculato autimmaculato. — Testé ovaté » postice acuminatä, corneä, crassé ; exlus rugosä , intus nitidä ; clavulé albä, lat& , pland.
Cette espèce est citée par MM. Webb et Berthelot comme $e trouvant dans l'ile Canarie ; M. Lowe l’a également rencontrée à Madère. Ce serait peut-être une preuve de plus en faveur de notre opinion que le Testacella Maugei n’en serait qu’une simple variété locale. Elle se trouve en Europe dans toute la France, et à Bougie, en Afrique.
GENRE CRYPTELLE. — CRYPTELLA, Webb el Berth.
TESTACELLA , Féruss. ; ParmacELLA , Sowerby.
Ce genre a été établi par MM. Webb et Berthelot, qui lui assignent les caractères SUIVANS :
Corpus longum, semi-cylindraceum, antice subtetragonum, trisulcum , postice carinatä, acut4 ; » Palleum ovoideum, dimidium corporis amplectens, antice liberum, posterius testam vestiens sacca- » tum, et corporis sulco sive depressione conditum. 4perturæ pulmonum et ani ad dexterum latus sub » testa confluentes. Apertura generationis ad dexterum latus post tentaculum minus. Maxilla superior » unidentata , inferior edentata.
Testa valde depressa, parte anteriore spatulata, posteriore umbronem parvulum referente , animal » junius totum fovente et tum operculatäâ , volutä spirali umbone occultä.
» La Cryptelle a de grands rapports de forme avec la Parmacelle et les Limaces. M. Alcide d’Orbigny, auquel la connaissance des Mollusques terrestres est familière, a disséqué avec nous plusieurs des individus qui nous ont été envoyés, et M. Vanbeneden, conservateur du Muséum de Louvain, actuellement à Paris , et qui s'occupe avec succès de l'étude de ces animaux, en a analysé en notre » présence tout le système nerveux. Ces deux dissections, faites avec le plus grand soin, nous ont démon- » tré que l’anatomie interne de la CGryptelle ne diffère guère de celle du Colimaçon et de la Parmacelle. » La coquille , placée comme dans cette dernière , sert également à protéger les poumons et le cœur; le » foie est encore plus développé ; l’orifice des poumons, réuni avec celui du rectum , se trouve aussi » vers le milieu du côté droit et sous la coquille même. La lèvre supérieure est la seule qui soit armée » d’une dent, ainsi que dans les autres espèces analogues. Cette dent est en forme de demi-disque, » tranchante sur son bord et renflée au milieu. »