DES NATURELS DE LANCEROTTE ET DE FORTAVENTURE
Bontier et Le Verrier nous fournissent aussi plusieurs notions intéressantes sur les habitans des deux îles les plus rapprochées d’Afrique. Ceux de Lancerotte se battaïent vaillamment , et Bethencourt, comme nous l'avons déjà observé, sut profiter de leurs dispositions guerrières en les entraînant à la conquête de Fortaventure. Mais laissons parler les historiens eux-mêmes avec cette naïveté de langage qui a tout le ton de la bonne foi :
« Les habitants de l'isle de Lancelot se prennent à estre archers et » gens de guerre, et se sont très-vaillamment maintenus avecque les » chrestiens contre ceux d'Erbanie (Fortaventure), et font encore de » jour en jour, et ont esté morts plusieurs d'eux en la guerre comba- » tans et aidans aux nostres (3). »
« L'isle de Lancelot, disent-ils ailleurs, est de la grandeur et de la
(1) Les auteurs de la relation écrivent Asche. (2) Conquest, des Can., ch. xxx1, pag. 56.
(3) Conquest. des Can., ch. zxx1n, p. 139.
» facon de l'isle de Rhodes. Il y a grand foison de villages et de belles » maisons, et souloit estre moult peuplées de gens : maïs les Espagnols » et les autres corsaires de mer les ont par maintes fois prinses et me- » nez en servaige, tant qu'ils sont demeurez peu de gens; car quand » monsieur de Bethencourt y arriva, ils n'estoient environ que trois » cens personnes qu'il conquista à grand’ peine et à grand travail, et » par la grâce de Dieu, baptisez ont esté.... Les habitants sont belles » gens ; les hommes vont tous nuds, fors qu'un mantel par derrière » jusque au jaret, et ne sont point honteux de leurs membres. Les » femmes sont belles et honnestes, vêtues de grandes houppelandes » de cuirs traïnans jusques à terre (1). »
Nous lisons encore dans la Relation française que les Lancerotaines étaient très-fécondes, mais que n'ayant pas de laït au sein pour nourrir leurs enfans, elles les faisaient allaiter par des chèvres (2) :« La plupart » d'entre elles ont trois époux, ajoutent les chapelains, et servent par » mois; et celui qui la doit avoir après, la sert tout le mois que l’autre » la tient, et font toujours ainsi à leur tour (3) ». Ainsi, dans ce triumvirat de maris, chacun était alternativement le maître absolu et l'humble serviteur de la femme. Pedro Luxan assure, dans ses Dialogues (4), qu'une coutume semblable existait à la Grande-Canarie, et Galindo conteste le fait sans l’'appuyer toutefois de raisons suffi-
santes (5).
(1) Conquest. des Can., chap. 1xx1, p. 133.
(2) « Les femmes portent moult d’enfans, et n'ont point de laict en leurs mamelles, ainsi allaitent leurs en- » fans à la bouche, et pour ce ont elles les baulievres de dessoubs plus longues que celles de dessus, qui est » laïde chose à voir. » C’est ainsi que s'expriment les deux historiens(ch. zxx, p. 134) ; mais Bergeron, qui publia leur manuscrit , et l’accompagna de beaucoup d’autres renseignemens dans son Traicté de la navigat. et des voyag., imprimé à la suite de la relation des chapelains, dit seulement qu’elles faisaient allaiter leurs enfans par des chèvres. Cette seconde version nous a semblé plus probable que la première. ,
(3) Conquest. des Can., ch. zxxr, p. 134.
(4) Didlogos matrimoniales.
(5) Gal. ms. bib. 2, cap. 3.
Nous avons déjà fait connaître, d'après Bontier et son collègue, ce qui a rapport au costume du peuple : il paraît que celui du roi se distinguait par des ornemens particuliers, puisque les historiens de la conquête s'expriment en ces termes (chap. xxxn, pag. 59) au sujet de la trahison d'Atchen : Æprès vint Asche au chastel de Rubicon, et se veslit comme roy. Nous n'avons rien trouvé pourtant, dans leur livre, de relatif au costume du prince, mais Viera et Galindo décrivent le bonnet royal, la corona de pieles caprinas esmaldadas de conchas (1), sorte de mitre de peau garnie de coquillages. Jean de Bethencourt, qui prit le titre de roi des Canaries par droit de conquête, adopta en partie cette coïffure, en ornant aussi de coquilles sa toque de baron. C'est ainsi qu'il est représenté dans un vieux portrait de Mancornet, gravé par Palomino.
Ce que les deux chapelains nous racontent de Guadarfia, qui parvint trois fois à rompre ses chaînes et à se soustraire à ses ennemis, peut nous donner une idée de la force et de l'adresse de ces insulaires. Quant à l'état de civilisation du pays. ils nous apprennent qu'on y cultivait l'orge, que les habitans élevaient des bestiaux et recueillaient les eaux pluviales dans de grandes citernes (2). La plupart vivaient réunis dans des villages ; des édifices solidement construits, que les auteurs de la relation désignent maintes fois sous le nom d’Aostels (3), servaient de résidence aux personnages d'un rang distingué. De toutes ces constructions, on ne trouve plus aujourd'hui que des ruines. Ce sont celles du château de Zonzamas, situées vers la partie centrale de l'île. De grands blocs de pierres brutes forment dans cet endroit une
enceinte circulaire. Leur disposition n'a rien de bien artistique; cepen-
(1) Viera, Noticias, tom. 1, pag. 190. (Geog. Glas. hist. of. the can. is, ex Ab. Galindo, pag. 8.)
(2) « Il y a grand foison de fontaines et de citernes, et de pâturages, et de bonnes terres à labourer, et y croût grand quantité d'orge, de quoi on faict de très-bon pain. » (Op. cit., ch. zxm, pag. 133.)
(3) Les historiens de la conquête s'expriment en ces termes, au sujet des concessions que Béthencourt fit au roi de Lancerotte, après avoir pris possession du pays: « Le dit seygneur luy bailla ung hostel qu'il demanda et qui estoit au mulieu de l'ile. » (Op. cit., ch, zxxxwi, pag. 185.)
dant ces quartiers de rochers sont entassés là dans un certain ordre, et leur assemblage décèle encore quelque chose de monumental. Viera , sur l'autorité de Galindo, fait mention d'une forte muraille qui parcouraïit l'île dans toute sa longueur. Nous nous sommes convaincus par nos recherches que ce boulevard cyclopéen n'avait jamais existé; on n'en voit du moins nulle trace, et les habitans de Lancerotte n'en ont conservé aucun souvenir traditionnel. C'est seulement à Fortaventure quon rencontre encore des débris de ces grandes constructions. Le rempart gigantesque qui traversait l’isthme de la Pared d'Orient en Occident, sur un espace d'environ quatre lieues, divisait le pays en deux principautés : celle de Maxorata, au nord, embrassant la majeure partie de l'île, et celle de Zandia, au sud, comprenant toute la presqu'ile de ce nom. Ces deux petits états avaient été long-temps en guerre (1) : les chapelains de Bethencourt désignent plus spécialement le chef de Maxorata comme le Bot sarasin, tandis qu ils appellent l’autre le Roi payen, c'est-à-dire, d'après leur indication, celui qui estoit du costé de la Grand’'Canare @). Is ne donnent aucun renseignement sur les mœurs et coutumes des habitans de la presqu'île ; mais tout porte à croire que ces péninsulaires formaient un peuple distinct de celui de la grande terre. La nature montagneuse du pays, les cavernes qu'on y voit encore, font présumer que les habitans de cette partie de l’île vivaient en Troglodites comme les Guanches de la partie occidentale de l’Archipel, car il n'existe dans les profondes vallées de Handia aucun vestige d'habitation. Peut-être pourrons-nous tirer plus tard quelques inductions sur l'origine de ce
peuple ; pour le moment, nous terminerons À nos remarques.
(1) «Il est vray qu’ils sont en icelleisle d’Erbanie deux roys qui long-temps ont eu guerre ensemble, ; » en la quelleguerre il y en a eu par plusieurs fois beaucoup de morts, tant qu’ils sont bien affoiblis. …. » et ont, comme au milieu du pays, ung très-grand mur de pierre qui comprend là en droit tout en » travers d’une mer à l’autre. » (Conquest. des Can., pag. 153.) |
(2) Op. cit., chap. xxx , pag. 156.
À Fortaventure comme à Lancerotte, il y avait des lieux fortifiés dans lesquels les insulaires se défendaïent contre leurs ennemis. Bontier et Le Verrier parlent de ces enceintes inexpugnables : « Ils ont les » plus forts chasteaux édifiez, selon leur manière, qu'on pourroit » trouver nulle part (1). >
Les naturels de ces deux îles étaient des hommes bien constitués, forts et courageux ; ceux de la partie de Fortaventure, qu'on désignait sous le nom de Waxorata, se distinguaient par leur haute stature. Ils ignoraient en général l'usage -du sel et se nourrissaient de viande boucanée qu'ils faisaient sécher dans leurs maisons (2).
Les présens étaient chez eux un premier signe de concorde, et précédaient toujours le traité de paix. Les princes de Fortaventure observèrent envers Bethencourt cette courtoisie orientale, et, avant de rendre les armes, ils lui envoyèrent un fruit odoriférant qu'ils lui firent offrir comme un gage de leur bonne foi (3). La coutume de se coucher par terre en témoignage de respect et de soumission était commune dans les deux îles (4).
Le père Abreu Galindo a réuni aussi dans ses Mémoires un grand nombre de renseignemens sur les naturels des deux premières îles conquises. « Ces peuples, dit-il, étaient humains, sociables et fort joyeux. » grands amateurs du chant et de la danse; leur musique, qu'ils ac-
(1) Op. cit., chap. Lxxvu , pag. 153.
(2) « Ils ne mangent point de sel, et ne vivent que de chair, et en font grand garnison sans saler, et la pendent en leur antieux, et la font seicher jusque tant qu’elle est bien fanée, et puis la mangent, et est icelle chair beaucoup plus savoureuse et de meilleure condition que celle du pays de France, sans nulle comparaison. Les maisons sentent très-mal, pour cause des chairs qui y sont pendues. » ( Conqueste des Canar., chap. 1xx , pag. 130.)
(3) « Et envoyèrent ung beau présent de je ne sçay quel fruict qui croist en païs bien lointain, et odoroit si fort que c’estoit merveille. » (Ib., chap. cxxviu, pag. 155.)
(4) « Là y vindrent les Canariens (Lancerotlains) qui s’estoient faict baptiser, qui se couchoient à terre en lui cuidant faire reverence , disant que c'est la coutume du pays, et c’est-à-dire quand ils se couchent que du tout ils se mettent en la grâce et à la mercy de celuy a qui cela se faict. » (Ib., chap.xLx, pag. 80.)
( 105 ) » compagnaient de claquemens de mains et de battemens de pieds, » exécutés en mesure, était toute vocale (1). »
Ces excès de gaîté qui les animaïent dans les grandes réjouissances tenaient évidemment au caractère africain. Bontier et Le Verrier en citent un exemple au sujet du retour de Bethencourt à Lancerotte, en 1405, et des ménestrels qu'il avait ramenés avec lui. Les habitans de cette île, alors déjà conquise, se pressaient en foule sur le rivage et manifestaient leur joie en se laissant tomber par terre, criant, s'entre-choquant et se jetant les uns sur les autres pour s'embrasser (2). Les deux princes de Fortaventure furent admis à la table du baron, «et, » tandis que le seigneur soupoit (disent les historiens), il y avoit des » menestrés qui jouoyent, de quoi iceux roys ne pouvoient manger du » plaisir qu’ils prenoient à ouyr les dits menestrés. »
Galindo a donné la description d'un des exercices gymnastiques les plus en vogue à Fortaventure. Deux hommes, soutenant une longue lance par ses extrémités, l'élevaient au-dessus de leurs têtes aussi haut que possible , tandis que leurs compagnons tâchaient de sauter pardessus. Ces insulaires étaient si lestes et si adroïts à ce jeu, qu'ils pouvaient franchir, par bonds successifs, trois lances placées parallèlement à différentes distances.
Querelleurs d'habitude, ils avaient entre eux de fréquens duels. Les champions préféraient dans ces sortes de cas le combat au javelot appelé £ezzeres. La loi ne pouvait atteindre celui qui se présentait dans la maison de son ennemi en entrant par la porte, alors même
qu'il vint à le tuer ou à le blesser; mais s'il pénétrait chez lui inopi-
(1) Voy. Georg. Glas., d’après les Mém. de Galindo. (Hist. Can. isl., pag. 6.)
(2) « Vous eussiez vu les Canariens (Lancerotiains), femmes et enfans, qui venoient aux rivages au devant de lui, et estoient si joyeux qu’ils failloient et s’entre-boutoient et s’entre-accolloient et paroist bien clairement qu’ils avoient grand” joye de sa venue... Les instrumens qui estoient ès barges fesoient si grand mélodie que c’estoit belle chose à ouir, et les Canariens en estoient tous esbahys et leur plaisoit terriblement. » (Conquest. des Can., chap. cxxx1, p. 165.)
1,— (1e PARTIE.) (ETHNOGRAPH.) — 14
nément en sautant par-dessus le mur, ou en faisant bréche sur les toits pour l’attaquer en traître, il était puni de mort (1). Toutefois, la loi se montrait moins rigoureuse envers les altahas ou les guerriers qui s'étaient distingués par des actions de courage et des services rendus à leurs concitoyens. Ces altahas jouissaient de grands priviléges ; ils occupaient le haut rang , et leur personne était sacrée.
L'auteur des Mémoires inédits décrit en ces termes le supplice des criminels. Le coupable était conduit au bord du rivage, où on le couchaït par terre, la tête appuyée sur une pierre plate, puis on la lui écrasait avec un gros galet. L'infamie du supplice retombait sur ses enfans.
Dans leurs maladies, ils prenaient le suc de certaines herbes dont l'expérience leur avait prouvé l'efficacité; maïs, pour la guérison des douleurs aiguës, ils scorifaient la partie affectée avec des pierres tranchantes, ou bien ils ÿ appliquaient le feu , et pansaïent ensuite la plaie avec du beurre de chèvre. Celui qu'on employait à cet usage était conservé dans des vases recouverts de terre. Galindo assure que, de son temps, on en retrouva plusieurs encore intacts dans une excavation (2).
Nous savons encore, d'après Galindo, que ces insulaires étaient excellens nageurs et qu'ils se servaient de dards pour harponner le poisson le long de la côte. Ils construisaient leurs maisons en pierre sans ciment ; l'entrée en était si étroite qu'un homme n'y passait qu'avec peine en se courbant. ( Voyez pl. 1, de la partie EtAnographique.) Ces maisons étaient en partie souterraines ; de là le nom de casas hondas que l'on donne aujourd'hui à celles qui existent encore; mais il paraît qu'ils en avaient aussi avec des cours extérieures dans lesquelles ils renfermaient leurs troupeaux.
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(1) G. Glas., d’après les mss. de Galindo, pag. 6 et 7. (2) G. Glas. ex Galindo, pag. 8.
L'orge qu'ils récoltaient dans leurs champs, la chair et le lait de leurs troupeaux, formaient la principale nourriture des anciens habitans de Lancerotte et de Fortaventure. Ils réduisaient le grain en farine après l'avoir torréfié; deux petites pierres volcaniques, raboleuses et taillées en forme de meule, leur servaient de moulin à bras. Ils faisaient tourner celle de dessus avec un bâton, dont ils assujettissaient une des extrémités sur la meule, tandis que l’autre bout se mouvait dans une planchette percée d’un trou et maintenue contre le mur. (Voyez pl. 1, de la part. Æthnog.) Is pétrissaient ensuite . la farine avec de l'eau ou du lait, quelquefois avec du miel, dans des vases d'argile cuite. Cette espèce de polenta, qu'ils appelaient gofo, était en usage dans toutes les îles.
Ils ne cultivaient que l'orge: les autres céréales leur étaient inconnues. De longs bâtons, garnis à l'une des extrémités avec des cornes de bouc, leur servaient à ouvrir le sillon qui devait recevoir la semence. Après la récolte, ils battaïent les épis, puis ils éventaient le orain avec leurs mains. Leurs fruits étaient les dattes et les figues qu'ils faisaient sécher ou qu'ils mangeaient fraîches avec de la farine d'orge.
Leur méthode pour obtenir le feu consistait à frotter vivement un petit bâton dur et lisse sur un morceau de bois tendre et bien sec, de manière à creuser un sillon, ou un trou, si le mouvement se faisait par rotation.
Galindo décrivit ie costume des habitans de Lancerotte à peu près dans les mêmes termes que les chapelains de Bethencourt, dont il ignora la relation. Le tamarco (famark) de peau de chèvre était cousu avec des ligamens de euir aussi fins que le fil commun. Ce manteau, qu'ils taillaient avec leur fafiague, espèce de tranchet d'obsidienne, ne dépassait pas les genoux. L'auteur des Mémoires inédits ajoute que les souliers où maho étaient aussi de peau de chèvre avec le poil tourné en dehors, et qu'ils portaient des bonnets de la même
substance, ornés par devant de trois grandes plumes. Les femmes avaient une coiffure semblable, maïs leurs bonnets étaient serrés autour de la tête avec une bande de cuir qu'elles teignaient en rouge. Les hommes laissaient croître leur barbe et leur moustache: ils portaient les cheveux longs, et les femmes les laissaient pendre en tresses par derrière. |
Des jaquettes de peau de mouton, qui descendaient jusqu'à micuisse, distinguaient les habitans de Fortaventure de leurs voisins ; mais les manches n'arrivaient pas jusqu'aux coudes, et laissaient les bras à demi nus. Le bonnet variait aussi, et sa forme était plus conique.
MŒURS ET COUTUMES DES HABITANS DE LA PARTIE CENTRALE ET OCCIDENTALE DE L'ARCHIPEL CANARIEN,
Les auires îles du groupe des Canaries étaient occupées par des hommes de même race que ceux de l'île de Fer; mais différens degrés de civilisation et quelques variantes dans les mœurs et les usages distinguaient entre elles ces fractions d'un même peuple. Cependant, parmi les coutumes que les historiens ont décrites comme spéciales à certaines îles, parce qu'on n'eut pas occasion de les remarquer dans les autres, plusieurs probablement devaient être plus générales. L'examen comparatif des différentes tribus, observées dans leurs circonscriptions maritimes, donne lieu à plus d’un rapprochement, et ce nest pas seulement de l'étude ethnographique de chaque population isolée et prise en détail, mais bien plus encore de l’ensemble de cette étude appliquée collectivement à toutes les îles du groupe occidental, que doit ressortir le caractère essentiel et distinctif de la nation guanche.