‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 4)Chapitre 18 sur 72 · t PARTIE.) (ETHNOGRAPHLE · texte numérisé non relu

t PARTIE.) (ETHNOGRAPHLE

en ces termes : « En la Gomère, ils tenoïent à grand’ faveur et signe » d'hospitalité de mettre leurs amis coucher avec leurs femmes (comme » Marc Polo raconte, 1. 1, c. 46, du pays de Camul en Tartarie), et de » recevoir les leurs en pareille courtoisie ; el à cette occasion, les enfans » des sœurs, non les leurs, estoient héritiers, ainsi qu'à Calicut, et » autres endroits d'Orient. »

Le costume des Ghomerythes offrait aussi quelques différences avec celui de leurs voisins; ils portaient le tamark plus long et le teignaient en rouge ou en violet avec la racine de tahinaste (Echium giganteum?), ou avec d'autres substances colorantes qu'ils savaient extraire de plusieurs plantes. Les jupes des femmes étaient en peau de mouton ; elles se coiffaient avec des toques légères qui leur tombaient sur les épaules (1), et se chaussaient avec des sandales en cuir de porc. Ces insulaires étaient tous troglodytes ; les grottes naturelles leur servaient d'habitation. Ils possédaient de nombreux troupeaux : l’île abondaït en gras pâturages, qu'arrosaïient une multitude de torrens. De superbes forêts ombrageaient les montagnes, et les palmiers croissaient en foule dans leurs riantes vallées. La liqueur fermentée, connue sous le nom de Miel de Palma, que les paysans de la Gomère tirent encore aujourd'hui de la sève du dattier, était très-estimée des primitifs habitans.

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