PARTIE.) (ETHNOGRAPE
Des branches de palmiers et d'autres rameaux verts décoraient l'en ceinte ; le sol était jonché de fleurs, et le peuple accourait en foule de toutes les vallées voisines pour assister à cette grande solennité. Le Mencey, salué par acclamation, s'asseyait sur une pierre taillée en forme de siége et recouverte de peaux : alors un de ses parens les plus proches lui présentait le royal humerus (1), relique vénérée qui tenait lieu de sceptre, et qu'on conservait dans un étui de cuir. Le Mencey le baisait avec respect; puis, l'élevant au-dessus de sa tête, il prononçait en ces termes la formule du serment :
« Je jure, par l'os de celui qui a porté la couronne , de suivre son exemple et de » faire le bonheur de mes sujets (2). »
Les chefs, par rang d'âge, prenaient ensuite le sceptre des mains du nouveau prince, et le plaçaient tour à tour sur leurs épaules en disant :
« Nous jurons, par le jour de ton couronnement, de nous constituer tes défenseurs » ainsi que de ceux de ta race (3). »
Selon Viana, ce n'était pas sur le royal humérus que le Mencey et les chefs prononçaient leurs sermens, mais sur le crâne d’un des anciens princes (4).
(1) Cétait los du bras droit du chef de la dynastie régnante.
Era el mondado hueso Zancarronico Del diestro brazo, todo guarnecido Y cubierto de pieles gamuzados, Y al Rey se presentava solamente, Cuando en consulta en el Tagoro estaba.
(Viana, cant. 1.) (2x Achoron, Nunhabec, Zahochat Reste, Guañac Saur Banot Gerage Sote.
(D'après l’orthographe de Viana, chant 1.) (3) Agoñec Acorom Inat Zahaña Guañac Reste Mencey.
(D'après Viana , chant 41.) (4) Guardaba cada reyno con recato La calavera para el propio efecto
Après le couronnement, le Mencey, le front ceint de laurier entre mêlé de fleurs, invitait les assistans à prendre part au festin; les danses, les luttes et les jeux terminaïent ensuite la cérémonie, et se prolongeaient pendant la nuit à la clarté des torches et des feux de joie qu'on allumait de toute part. En temps de guerre, on suspendait les hostilités pour que rien ne troublât la fête, dont le prince faisait tous les frais. |
Respect dû au prince — Lorsque le Mencey parcourait ses domaines, il était précédé du sigoñe portant l'añepa, espèce de bâton de commandement orné à son extrémité d'une banderole de jonc (1). Dès qu'on apercevait la royale bannière, on accourait au-devant du prince pour le saluer au passage en se prosternant à ses pieds. Les plus empressés secouaient la poussière de ses sandales avec la fourrure de leur tamarck, puis les baisaient avec respect. Ce témoignage de soumission et de vasselage élait de rigueur à l'anniversaire du couronnement qu'on célébraïit toujours en grande pompe. Alors le peuple était admis auprès du Mencey et venait lui rendre hommage. « Les uns, dit Espinosa, lui apportaient un tribut de peaux recherchées; les autres lui offraient des fleurs odoriférantes et des rameaux de fruits; les plus riches lui baïsaient la main gauche, les chefs et les nobles la
Del mas antiguo rey de aquel estado, Del cual linage y sangre descendiese Aquel que por entonces se elegia. -
(Viana , cant. 1.)
(1) Voy. la vignette de la partie ethnographique et la pl. 1. Ce bâton que nous avons fait figurer dans la planche indiquée, et celui qui l'accompagne, mais dont la forme est différente, ont été retirés d’une grotte, aujourd’hui presque inaccessible, et qu’on nous désigna comme l'habitation de l’ancien Mencey de Tahoro (/a cueva del principe). Elle est située dans la vallée de l’'Orotava, aux environs du village du Realejo, contre les berges escarpées d’un grand ravin de la montagne de Tygayga. Cette grotte, qu’un hardi pasteur voulut explorer avec nous, malgré les difficultés des abords “était très-spacieuse, et offrait à l'entrée douze ou quinze siéges grossièrement taillés en un seul bloc de pierre. Un siége plus élevé que les autres occupait le milieu de la grotte. Ce fut près de là que nous trouvâmes le bâton représenté dans notre planche, et dont la forme particulière figure assez bien la lance d’une bannière. Les autres bâtons, d'une plus petite dimension, étaient placés contre le mur de la grotte, derrière les autres siéges.
( 124 ) main droite; mais tous s'agenouillaient devant lui en lui disant : Je suis ton vassal! (4) Dans ces fêtes solennelles, l'élite des guerriers défilait devant le prince, et témoignait sa joie par de bruyantes acclamations, que Viana rapporte dans les termes suivans, d'après la version du P. Espinosa :
« Vive Bencomo, notre seigneur et notre soutien ! » Qu'il vive, malgré la rigueur du destin! » (2)
Châtimens. — C'était dans l'enceinte du Tagoror que le Mencey administrait la justice et présidait le conseil des Sigoñés. Le délin-
(1) Le poète Viana, reproduisant en vers les renseignements fournis-par le moine historien, s’est ex-
primé en ces termes :
Cuando el primero dia en cada Reyno Se convocavan todos los Vasallos, Ante su Rey.llegavan a obediencia Los Hidalgos y nobles de rodillas ; Todos le vesaban la derecha mano, Y los honrados ricos la sinistra, J Diciendo con humilde acatamiento :
« Zahañat Guayohec, » que significa, « Soy tu vasallo, » en castellana lengua.
La otra gente comun pleveya y baja Traïan blandas y curiosas pieles, O bellos ramos de olorosas flores, Y al Rey besavan ambos pies, limpiandolos:
Senal de vasallage y. cbediencia.
(Viana, chap. ur.)
(2) IL est question de ces deux phrases dans le poème de Viana : c’est à l’occasion d’une fête guerrière. à laquelle présidait Bencomo. « Mille soldats défilaient devant lui, dit le poète : Vive Bencomo, ete., » était le cri de l’avant-garde ; et le reste de la troupe répondait : Qu'il vive, » etc. :
Luego resuena el éco vozinglero,
De voces, silvos, algazara y gritos,
Y entra Tigaiga, Capitan valiente,
Con mas de mil soldados esforzados,
Todos armados con pesadas suntas,
Mazas muy gruesas de nudosas porras,
Diciendo en orden la vanguardia à voces
Achit Guañoth Mencey, Reste Bencom;
Que dice vuelto en Castellana lengua,
« Viva Bencomo, Rey y amparo nuestro! »
À quien la retaguardia respondia :
Guéyax echey, Ofiac Nasethe Sahana,
Que significa, « Viva, aunque le pese
Al rigor de los hados y fortuna. »
(Viana, ch. nr.)
quant, amené devant ses juges, était étendu par terre, où on lui appliquait la bastonnade avec la houlette pastorale du prince, quiavait toujours soin de faire panser ses blessures après l'exécution. Ce chàtiment était celui qu'on infligeait ordinairement aux voleurs (1).
Galindo assure que les Guanches de Ténériffe ne connurent pas la peine de mort (2); mais cette assertion semblerait démentie par les traditions historiques qui ont servi de texte à un des épisodes les plus touchans du poème de Viana. Bencomo irrité venait d'ordonner le supplice du prince Gueton et de la belle Rosalva : les deux innocentes victimes allaient être précipitées des rochers de Tigayga, lorsque le Mencey leur fit grâce, à la sollicitation de sa fille Dacil, d'Alonzo de Lugo, et de Beneharo, roi de Naga (3). Dans un autre passage, le poète parle des châtimens infligés aux enfans qui insultaient leurs pères, et qu'on condamnait à être lapidés : |
Era ley, que muriesen crudamente,.
Y lo mas ordinario apedrados.
(Gant. L.)
L'homicide recevait la peine du talion, et ceux qui se rendâäient coupables d'adultère étaient enterrés vifs. La jeune fille pervertie expiait ses fautes dans la prison, jusqu'à ce qu'un de ses amans se présentât pour l'épouser (4).
Viera , suivant la version du P. Abreu Galindo, dit que le meurtrier perdait tous ses troupeaux, et qu'on l'envoyait en exil à perpétuité. « Peut-être, ajoute-t-il, que le législatèur, en agissant ainsi, avait » voulu soustraire le coupable à la vengeance des parens‘du défunt. »
La loi imposait le plus grand respect pour les fémmes : celui qui en
(4) Viera, tom. I, p. 184.
(2) Galin., Mss., lib. 3, cap. 13.
(8) Viana, chant xvr.
(4) Viana, chant 1
( 126 ) rencontrait quelqu une sur son chemin devait s'arrêter et la laisser passer sans lui adresser la parole (1).
La bigamie n'existait pas parmi les Guanches ; mais ceux de Ténériffe pouvaient répudier leur épouse pour en prendre une autre. Les garçons s'appelaient Æchicuca et les fille Cucaha (2). Viana nie cette loi de répudiation. Toutefois le passage de son poème, où il traïte du mariage, laisse beaucoup à désirer. (Voy. chant 1.)
Distinction de rang. — C'est à fray Alonso de Espinosa que nous sommes redevables des croyances des Guanches sur la distinction des castes. « Au commencement du monde, disaient-ils, Dieu créa un certain nombre d'hommes et de femmes avec de la terre et de l'eau, et leur répartit les troupeaux nécessaires à leur subsistance. Plus tard, il en créa d’autres et ne leur donna rien, Alors ceux-ci ayant réclamé leur part, Dieu leur répondit : Servez les autres , et ils vous donneront. De là proviennent les maîtres et les serviteurs, c'est-à-dire les nobles et les roturiers (3). »
Ainsi l'aristocratie fondait sa prérogative sur le principe du droit divin; la religion était sa sauvegarde, et la caste nobiliaire poursuivait le cours de ses destinées en s'appuyant sur la sainteté des traditions. Certes, la noblesse guanche fut plus avisée que la nôtre, et les Menceys de Ténériffe pouvaient mieux encore que les monarques d'Europe se dire rois par la grâce de Dieu. Cette noblesse n'était pas seulement une haute distinction que de glorieux services avaient rendue héréditaire ; en dehors des conventions humaines, elle avait sa source dans une région sacrée inaccessible au vulgaire ; elle émanait de Dieu même, et formait une race privilégiée tout-à-fait distincte.
Dans l'ordre de cette hiérarchie nobiliaire , qui divisait la nation en deux corps, le Quebehi était le plus haut placé. Le titre de Mencey ou
(4) Viana, chant 1.
(2) Viera ex Galindo. ( Vouicias, tom. 7, p. 173.) (3) Espin., lib. 1, cap. 8, pag. 29.
seigneur s'appliquait au prince dont les chefs de la tribu avaient reconnu l'autorité souveraine, et ce titre était héréditaire. Par celui d'ÆAchimencey, on désignaiït un personnage d'un rang inférieur, mais issu de famille régnante. Les Sigoñés étaient tous gentilshommes : grands-vassaux des Menceys, ils commandaient les gens de guerre, et prenaient place au fagoror où tribunal de justice. Enfin, de même que dans les autres îles, les achicaxna ou les roturiers formaient la masse du peuple; pauvres serfs soumis aux seigneurs, et cultivant les domaines du prince, qui leur en cédait l’usufruit ; le travail faisait leur bien-être, et la véritable richesse ne consistait pour eux que dans l’accroissement du troupeau (1). Ces distinctions de rang et de classe ont fait dire au poète Viana :
Habia entre ellos hidalgos de linage Escuderos honrados‘y villanos.
{ Chant. r.)
Droits du Mencey.— Toutes les terres appartenaient au Mencey, qui les distribuaït à ses sujets suivant leur rang et leurs besoins ; mais ces concessions n'étaient que temporaires; elles rentraient dans le domaine du prince à la mort des usufruitiers ou prenaient plus d'extension par l'accroissement des familles. L'impossibilité d'acquérir et de dominer les autres par la fortune contenait l'ambition , et, sous ce rapport, cette loi agraire, favorable à la politique des Menceys, faisait leur force et leur stabilité.
Mœurs pastorales. — Les soins du troupeau et le choix des meilleurs herbages étaient pour les Guanches des devoirs importans; aussi y mettaient-ils toute leur science. Ces hardis pasteurs rassemblaient en quelques instans tout le bétail dispersé dans la montagne; ils le comptaient d'un coup-d'œil, et savaient distinguer entre mille brebis l'agneau de chaque mère (2). Le berger charmait ses loisirs sur sa flûte
(1) Viera, Noticias, tom. 1, pag. 155 et 219. (@) Viera, Notieias, tom, 1, pag. 166.
(128 ) champêtre, chantaït ses amours ou les-combats de ses pères (1). Cette vie pastorale, cette existence des premiers temps ont inspiré à Viana les plus belles pages de son poème, et l'on nous saura gré, sans doute, de reproduire en note quelques fragmens de ces bucoliques que Cervantes et Cayrasco n'auraient pas désavouées (2).
(1) Viera, Noticias, tom. I, pag. 158.
(2) Nous n’entreprendrons pas de reproduire dans notre langue toutes les antithèses dont Viana a fait un emploi si gracieux dans Pinvocation de son quatrième chant. Les difficultés qu’il a vaincues avec tant de bonheur seraient insurmontables en français, si nous nous attachions à le traduire mot à mot. Dans cette faible imitation de la pensée du poète, on pourra juger de la portée de son génie; mais il faut le lire pour apprécier à sa juste valeur toute l'originalité de son style inimitable.
4 Quien celebrara Amor tus obras buenas ? Mitiga mis ardores rapazuelo
O quien podra huir tus obras malas? Porque no olvidando agora males propios Que facil eres en dificultades ? En los agenos tus asañas cante ;
Y en las facilidades, que dificil? No quieras que sea solo mi egercicio
Que posible y constante en imposibles? Quejarme en vano de que soy tu martirio. Y enlos posibles, que imposible y fragil ? Olvidate de mi, de ti me acuerdo,
Eres engaño de desengañados Que si de ti me acuerdo,a mi me olvido
Y de los engañados desengaño; Porque no estoi en mi, si en mi consistes ; Bien de los males, y aun el mal de bienes, Sigote agora, porque no me sigas,
Osado, ciego, y fuerte en el peligro, Oye mi canto, y mi lamento escucha! Debil y temeroso en lo seguro. (Ch. 1v.)
Traduction libre. Amour ! qui célébrera tes bienfaits, qui pourra se soustraire à tes attaques ? L’impossible n’est rien pour toi, car tu peux tout vaincre ; et pourtant tu rends difficile ce qui ne l’est pas, et sais élever des difficultés insurmontables là où il n’existe aucun obstacle. Puissance bizarre ! tu détrompes les dupes et trompe ceux qui se croient à Pabri de tes séductions. Antidote d’un mal cruel et douleur de nos plus douces jouissances ; aveugle, téméraire Fi fort dans le danger, on te voit faible et craintif lorsque tout est calme et tranquille. Malin enfant! viens calmer mon délire ; et, bien que je ne puisse oublier mes propres douleurs , inspire-moi.. Je vais chanter tes autres victoires ! Ce n’était donc pas assez d’avoir fait mon martyre? Ah! si j’invoque ton souvenir, je m’oublie moi-même, car tout mon être t'appartient dès que tu pénètres en mon cœur. Eh bien, je m’abandonne à toi, pour que tu cesses
de me poursuivre. Ecoute mes accens et prends pitié de mes larmes!
Zagal hermoso, el cielo te mantenga Cansado vienes, sientate y descansa Venturoso te haga y prosperado, En este prado ameno que convida Y en muy buena hora tu presencia venga À quien cual yo ha perdido la esperanza, Que en verte siente alivio mi cuidado. Que aqui aventure el resto de la vida, ; Habrà en aqueste bosque do entrega Tengo por gloria y bien aventuranza Mi vida, que guardar algun ganado ? La soledad del alma apetecida, Que aunque jamas ba sido mi egercicio Que como sola pena le acompaña Le elijo agora por mas grato oficio.— La compania del placer estraña. (Chant 1x.)
Traduction libre. Gentil berger, que le ciel te bénisse et soit propice à tes désirs. Ta présence en ces
lieux me semble d’heureux augure ; car en te voyant mes craintes sont déjà dissipées. Dis-moi, trou-
Tradition historique. — L'épisode du prince Zebensuïi, quil a rapportée d'après la version de Espinosa, nous fournit un exemple de cette simplicité de coutumes et de mœurs qui distinguait les anciens Guanches.
« Zebensuî , que les Espagnols surnommerent le Pauvre Hidalgo, commandait en despote dans le district qui s'avance sur la côte septentrionale de Ténériffe , entre les montagnes d'Anaga et de Tegueste. Jeune et andacieux, il poussa la témérité et l'abus de la force jusqu'aux actions les plus coupables, opprimant ses vassaux et leur enlevant le fruit de leurs labeurs. Des rapines sans cesse renouvelées dans les bergeries du voisinage l'avaient rendu le fléau de la contrée, lorsque les pasteurs alarmés résolurent. d'aller implorer le puissant Bencomo pour mettre un terme au brigandange dont ils étaient les victimes. Mais le vieux Mencey, voulant concilier l'honneur de sa race avec les devoirs de la justice, prit soudain une résolution digne de son noble caractère. Il part de la vallée de Taoro , et s’engage seul dans des sentiers peu fréquentés pour traverser en quelques heures une distance de sept lieues et surprendre Zebensui en flagrant délit. Arrivé brusquement dans la grotte du prince , il le trouve achevant son repas et dépeçant encore les restes d’un chevreau qu'il avait dérobé la veille. A Cette apparition subite Zebensui reste comme pétrifié. Il reconnaît le grand Bencomo, que ses vertus et sa sagesse ont élevé au rang suprême. « Quebehi, lui dit-il en se prosternant, ta présence en ces lieux et à cette heure me remplit de confusion : toi, le premier parmi les Menceys de l’île, dans cette humble demeure! Que puis-je t'offrir dans ma misère pour me rendre digne de cet honneur ? Permets du moins que je m'absente quelques instans, et bientôt je te traiterai comme tu le mérites en te rendant les devoirs de l'hospitalité. » Mais Bencomo le retient par le bras au moment qu'il allait franchir le seuil de la grotte; et, fixant sur lui un regard sévère , il lui répond en ces termes : « Reste, Zebensui, et ne va pas voler le bien
verais-je dans cette forêt à occuper mon existence? Pourrais-je garder quelque troupeau? Bien que ce soin me soit étranger, il me serait doux aujourd’hui d’y consacrer ma vie.
Tu parais fatigué, prends place à mes côtés et repose-toi dans cette prairie, dont Le riant aspect invite ceux qui, comme moi, ont perdu l'espérance et veulent y passer le reste de leurs jours. Heureux celui qui recherche la paix de l’âme ! son cœur est tout entier à ses peines, et les plaisirs ne sauraient l’arracher à sa mélancolie.
Mira los altos arboles crecidos Si aquestos de la tierra mantenidos
Que de viciosa yedra estan tramados, | Y en sus entranas duras airayzgados Del tiempo y su braveza combatidos | Resisten los combates de braveza, Y pocos de su curso quebrantados ; | Como en un corazon falta firmeza ! “ (Viana,chant 1x.)
Traduction libre. Regarde ces beaux arbres, dont le lierre parasite recouvre les vieux troncs ; ils ont bravé le temps et les orages ; pourtant ils sont encore debout. En voyant la terre les soutenir toujours, leurs fortes racines pénétrer jusque dans ses flancs endurcis, leur front superbe résister aux tempêtes, ton cœur pourrait-il manquer de courage !