‹ Histoire naturelle des Iles Canaries (volume 4)Chapitre 23 sur 72 · DES HABITANS DE L'ÎLE DE CANARIA · texte numérisé non relu

DES HABITANS DE L'ÎLE DE CANARIA

Tradition historique. — L'île de Canaria, que les conquérants nommèrent la Grande-Canarie , avait éprouvé une révolution politique dans la forme de son gouvernement quelques années avant l'invasion dés Européens. Pendant long- temps les populations de cette île avaient été divisées en dix tribus indépendantes qui obéissaient à leurs chefs respectifs. Galdar, Telde, Aguimez, Texeda, Aquexata, Agaete, Tamarasayte, Artebirgo, Artiacar et Arucas sont les noms que les historiens donnent à ces dix tribus, et que portent encore aujourd'hui les petites villes ou les bourgades dont le territoire était occupé par les aborigènes. |

Une femme douée d'un courage au-dessus de son sexe, dit l'auteur qui a recueilli celte tradition (1), sut profiter avec habileté de l'empire qu'elle exerçait sur l'esprit de ses compatriotes pour changer tout-à-coup la constitution de l'état. Andamana était son nom : audacieuse autant que rusée, elle se disait inspirée du ciel ; le peuple la consultait comme un oracle, et avait foi en ses prédictions. Andamana décidait à son gré de la paix et de la guerre; tous les jugemens étaient soumis à son approbation. Cependant quelques chefs, jaloux du rôle que cette femme jouait à leurs dépens, tentèrent de la discréditer aux yeux du peuple : ils essayèrent d'abord de la tourner en ridicule, et voulurent ensuite s'opposer ouvertement à ses desseins. Mais Andamana ne leur laissa pas le temps d'achever leur œuvre, et associa à ses projets ambitieux un de ses plus grands admirateurs, en épousant Gumidafe, vaillant guerrier de la tribu de Galdar. Ce chef, qui

(1) Abreu Galind. Mss., liv. 2, chap. 8. Viera (ex Galind.), Noticias, tom. 1, Liv. 2, pag. 199.

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