CG E M EG ESS
(3) Id. 1e tom. 1, p. 387.
(4) Prud’homme de Béthencourt ou Maciot Perdomo , comme l’appelle Viera , a été confondu avec Maciot de Béthencourt , neveu du conquérant. Une vieille légende , rapportée FA l’auteur des Motices, a donné lieu à cette erreur. (Voy. Noticias, t. 11, p. 62, note.)
» plus ou moins grande, les traits qui les distinguaient à l'époque où » l'histoire apprend à les connaître (1). » Ces principes de la science ethnographique, ainsi formulés dans un écrit remarquable, trouvent leur application aux îles Canaries, car dans cet archipel les alliances européennes n'ontpas fait disparaîtreles traïts caractéristiques de la race guanche:; les vaincus et les vainqueurs ont formé un nouveau peuple, il y a eu mélange des deux races, mais il est facile de faire la part des deux origines. Le type africain domine sur la masse; on le reconnaît de prime abord chez les pasteurs des montagnes et parmi les populations agricoles des hautes vallées, on le retrouve même dans les familles des citadins. Ce sont des hommes au teint hâlé, plus ou moins blancs, au front saillant et un peu étroit, aux grands yeux vifs, : fendus, foncés, quelquefois verdâtres , à la chevelure épaisse, un peu crépue et variant du noir au brun-rouge. Le nez est droit, les narines sont dilatées, les lèvres fortes, la bouche grande, les dents blanches et bien rangées; le corps est sec, robuste, musculeux, la taille médiocre dans certaines îles, et au-dessus de la moyenne dans quelques autres. Le regard , chez ces insulaires , ne dément pas leur bon naturel, il est plein d'expression chez les femmes et presque provocateur. Humbles et doux en général, mais très-facilement impressionnables, ces yeux mélancoliques s'animent d'un geste ou d'un mot, et décèlent tous les mouvemens de l'âme; le visage s'épanouït aux moindres sensations, la joie éclate de toutes parts: c'est un rire que rien ne peut plus contenir, tous les membres trépignent et se mettent à l'unisson pour accompagner cette joie du cœur; ou bien, c'est le désespoir qui s'exhale en sanglots, cherchant des confidens à sa peine et se lourmentant dans son délire. Aïnsi , suivant les impressions qu'il reçoit, le sentiment qui agite ce peuple se manifeste au plus haut degré;
(1) Voy. Des caractères physiologiques des races humaines, considérés dans leurs rapports avec l'histoire,
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mais il y a toujours, dans cette facilité de se produire en dehors, un cerlain calcul, une pensée arrêtée d'avance pour intéresser en sa faveur, captiver l'auditoire, flatter l'étranger ou plaire à son hôte, car la ruse perce à travers ce fond de bonhomie et tout cet extérieur de franchise.
Le type africain se sera donc propagé dans certaines lignées, tandis que dans d'autres le type européen aura prévalu ; car, dans l'alliance de deux races, une d'elles influe toujours plus que l'autre sur la forme et l'organisation du produit. Quoiqu'affaiblis par les croïisemens dans les générations qui se sont succédé, ces types se seront retrempés, chacun à leur propre source, par les alliances avec les individus qui auront conservé sans grande altération les caractères de leur race. « Si l'accession de nouveaux peuples multiplie les types, elle ne les » confond pas (observe l'habile physiologiste que nous avons cité plus » haut); leur nombre s’'accroît,et par ceux que ces peuples apportent, » et par ceux qu'ils créent en se mêlant, maïs ils laissent subsister les » anciens, toutefois en les restreignant à raison de l'extension que » prennent les races intermédiaires. Ainsi, les types primitifs et ceux » de nouvelle formation subsistent ensemble sans s'exclure chez les
» peuples plus ou moins civilisés, toutes les fois que chacun d'eux fait » une grande partie de la nation (1). » C'est précisément ce qui a dü
@)F. Edwards, op. cit., p. 38.
Dans un autre passage , le même auteur établit des principes qui viennent à l’appui de notre raisonnement : « En réfléchissant, dit-il, aux rapports dans lesquels se trouvent les races primitives, voici » les conditions qui peuvent faire prévaloir l’un ou l’autre de ces effets. Quand les races différent le » plus possible , comme lorsqu'elles ne sont pas de la même espèce, telles que l’âne et le cheval, le » chien et le loup ou le renard , leur produit est constamment métis. Si, au contraire , elles sont voisi- » nes , elles peuvent ne pas donner naissance à des mélanges , et produire des types purs et primitifs. » Voilà deux principes fondamentaux et féconds en applications.
» Les mêmes phénomènes arrivent chez l'homme, et, qui plus est, dans les mêmes conditions indi- » quées. Les races humaines qui diffèrent le plus entre elles donnent constamment des métis. Cest » ainsi que le mulâtre résulte toujours du mélange des races blanche et noire. L'autre observation de » la reproduction des deux types primitifs , lorsque les parens sont de deux variétés voisines, est moins » notoire, mais n'en est pas moins vraie, Le fait est commun chez les nations européennes... Le croise-
( 267 ) avoir lieu aux îles Canaries, car, comme nous le prouverons bientôt, dans plusieurs parties de l'archipel la population guanche à dominé par le nombre long-temps après la conquête, et Lous les accroïssemens que la population européenne à reçus du dehors n'ont pu établir une disproportion numérique contraire aux résultats sur lesquels nous voulons appeler l'attention.
Nous dirons plus encore : un des deux types de races a pu se reproduire dans un nouvel être sans la moindre altération, et avec tous les caractères individuels d'un des ancêtres considéré comme prototype. On sait qu'il existe des ressemblances très-remarquables entre les membres d'une même famille, el que, souvent, ces rapports de physionomie se devient de la ligne directe pour passer dans des branches collatérales. C’est ainsi qu'on a vu des neveux ressembler à leur grandoncle, qui lui-même ne ressemblait pas à ses frères. Mais ce qui n'est pas moins digne d'attention dans ces sortes de phénomènes, c'est que les traits d'un des aïeux puissent se reproduire dans un de ses descendans après plusieurs générations. Ce fait, que tous les raisonnemens ne sauraient expliquer, n'est pas rare; toutefois, il est bon d'en citer un exemple. Parmi les familles qui descendent des anciens conquérans de Ténérifte, celle des Wachado, d'origine portugaise, occupe un rang distingué dans la ville de l'Orotava. Les portraits des chefs de cette lignée ont été conservés avec soin, à partir de Don Pedro Machado, qui servit sous l Ædelantado en 1494. Nous avons eu souvent occasion de parcourir cette curieuse galerie, qui offre plusieurs tableaux remarquables pour l'étude des costumes et le caractère des physionomies ; mais ce qui nous à surtout étonné en comparant entre eux les diffé-
rens personnages représentés sur la toile, ce sont les rapports qui exis-
» ment produit tantôt la fusion , tantôt la séparation des types: d’où nous arrivons à cette conclusion » fondamentale, que les peuples appartenant à des variétés de races différentes , mais voisines, auraient beau » s’allier entre eux, une portion des nouvelles générations conserverait les types primitifs, » F. Edwards, op. cit. pag. 26 et29. |