TRADUCTION
Aux frais et par la sincère dévotion
du capitaine
Bartholomé Antonio Montaîies ,
gouverneur perpétuel
du château royal de la plage
de Candelaria ,
l'an de notre Seigneur Jésus-Christ
mdcclxxviii ,
le x e du pontificat
de notre T. -S. Père Clément XIII ,
et le ix e de la proclamation
de notre catholique monarque
Don Carlos III.
Cette sainte pyramide ,
monument de piété chrétienne ,
élevée
à l'éternel souvenir
de la miraculeuse apparition ,
à Candelaria ,
de L'image de la très-sainte Vierge ,
dont la statue fut vénérée
par les gentils
140 ans
avant la prédication
de l'Évangile.
Les rois héréditaires
de Thenerife,
couronnés de fleurs
et portant
pour sceptres majestueux
les ossemens
de leurs ancêtres ,
adorèrent une divinité cachée
sous cette sainte image ,
virent la lumière des cieux
à travers les ténèbres ,
et l'invoquèrent
dans toutes leurs disgrâces.
Les chrétiens conquérais
la proclamèrent
potectrice spéciale de Thenerife ;
les Isleûos,
patrone générale des Canaries;
son temple est fréquenté ,
ses miracles continuels.
Adorons-la .'
car c'est l'image
de cette auguste mère de Dieu ,
qui pour les hommes
se fit homme.
faisant construire dans les environs du monastère de vastes hangards pour les romeros ou pèlerins.
Une année , les volcans vinrent troubler la fête. C'était en 1705 : les mouvemens convulsifs du sol furent les premières annonces d'une éruption; le temple s'ébranla, les murs se lézardèrent, la madone bondit dans sa niche, et tout le peuple épouvanté sortit en désordre. La sainte image passa la nuit sur la plage parmi le tumulte et la confusion. Plus tard (en 1789) le monastère devint la proie des flammes, et la Vierge fut réinstallée dans la grotte de San Blas. La réédification de l'église , entreprise sur de plus solides bases , ne s'acheva qu'en 1803. Cette fois , l'architecte mit le temple à l'abri du danger , ses colonnes auraient soutenu le pic de Teyde; mais qui pouvait prévoir la plus terrible des catastrophes. N'anticipons pas cependant, il me reste à raconter la seconde fête.
Elle avait lieu le 15 août : c'était la fête du peuple, et la plage de Candelaria présentait ce jour-là le coup-d'œil le plus pittoresque. Qu'on se figure d'une part une côte sablonneuse sur laquelle débouche un ravin large et profond , de l'autre quelques habitations rustiques groupées sur d'arides rochers; un monastère adossé à l'escarpement qui borde la mer et défendu par des palissades ; en avant le château , près de là une hospederia, espèce de caravansérail pour le logement des pèlerins , et , sur les flancs de la falaise qui domine le couvent et sa forteresse, un sentier taillé dans le roc pour retirer la Vierge en cas d'invasion ou secourir le château au besoin. L'ancienne grotte d'Acbbinico, devenue chapelle de San Blas , se trouve située un peu plus loin et fait partie du domaine des moines.
J'étais à Candelaria le jour de l'Assomption : il y a treize ans de cela (1). Jamais spectacle plus bruyant et plus animé n'avait frappé mes yeux ni retenti à mes oreilles ; la foule des pèlerins se pressait au-
(1) Ce fut en 1826.