‹ Histoire naturelle des insectes. AptèresChapitre 14 sur 282 · DES ARANÉIDES · texte numérisé non relu

DES ARANÉIDES

tous les Tiscères de Fabdomen , à l'exception des bran* cfaies. L'épiploon est blanc dans la plupart des Aranéides; dans quelques espèces d'une couleur jaunAtre ou rougeâtre ^ tantôt très-mou , tantôt assez ferme.

De F organe respiratoire. Les fentes et opercules par oà l'air pénètre sont au nombre de quatre dans certaines Théraphoses , dans les Dysdères et les Segestries; au nombre de deux dans toutes les autres Aranéides : elles aboutissent chacune à un enfoncement. Dans les Aranéides qui ont quatre ouyertures, il n'y a que les deux supérieures qui aboutissent à des branchies , les deux inférieures conduisent à des vaisseaux trachéens. Dans les deux ouvertures supérieures^ le bord est attaché par un arc cartilagineux ; et , dans l'enfoncement ou la cavité , se trouve une branchie qui , dans la T^énaire domestique , est de couleur blanche et de forme triangulaire. Cette branchie est couverte d'une peau fine , et les feuillets qui la composent sont plus nombreux , plus fins , et plus mous , que ceux des branchies des Scorpions. La mollesse des feuillets de la branchie des Aranéides leur donne souvent l'aspect d'une peau visqueuse, mais leur feuillure se montre d'une manière sensible dans les individus Agés, ou dans ceux qu'on a plongés dans l'eau bouillante. Ces branchies , qui sont destinées , comme celles des poissons ^ à décomposer l'air, le laissent ensuite pénétrer dans de petits vaisseaux très-fins dans l'intérieur du corps , aboutissant à un long vaisseau qui s'étend le long du dos et au-dessus de tous les autres viscères ; ce vaisseau est l'organe du mouvement vital , et semble remplir les mêmes fonctions que le cœur dans les animaux d'un ordre supérieur.

Mais , avant de décrire cet organe , nous ne devons pas oublier de remarquer quHl parait certain, qu'in-

94 IVSBeTEt A^TÈtEft.

dépendaHimen^ de ce mode de respiration par branchies, particulier à plusieurs ordres des Aptères- Acères, les Aranéides en ont en même temps un autre, semblable à celui des Insectes ; c'est-à-dire que Pair pénètre directement dans Fintérieur de leur corps au moyen de petits vaisseaux qui aboutissent à des orifices ext0rne8. Outre les ouvertures trachéennes que Ton remarque dans les Aranéides , qui en ont quatre à Tabdomen, dans toutes on observe, que de chaque côté du corselet , et dans la peau qui unit la cuirasse dorsale avec la sternale au dessus de la naissance des pattes , Tépiderme forme une élévation environnée d'un sillon carré. Dans Tangle postérieur de ce carré, on aperçoit des ouvertures ou stigmates : ils sont au Bombre de quatre de chaque côté.

Ainsi , par leurs corselets , les Aranéides appartiennent à la division des Insectes trachéens , et par leuF abdomen à celle des Insectes trachéens et des Insectes pulmonaires , s'il en est réellement qui soient purement tels.

- Un habile anatomiste a cru que l'abdomen des Araséides avait aussi des stigmates , et il a considéré pODime telles les dépressions orbiculaires , dont nous avons parlée que l'on remarque sur le milieu de leur dos ; mais lui-même a reconnu qu'elles ne présentaient aucune ouverture : un autre anatomiste s'est convaincu que ces dépressions servaient à l'attache des muscles filiformes qui traversent le foie , et qu'on retrouve aussi dans les Scorpions.

, De la oiroulation. Lorsqu'on a découvert la peau du dos de l'Aranéide, et qu'on l'a débarrassée de Fépiploon , on aperçoit sur la ligne dorsale le vaisseau qui tient lieu de cœur qui a , comme dans tous les Insectes, la forme d'ua tube allongé, et semble éga*«

tîMB AlAIltltllft. ^5

kmeot avoir des oauscles latéraux <j|ii forment des dUIatatiens eu des saillies ailées , triangulaires dans certaines espèces. Ce tube est élargi à l'endroit où l'abdamea est attaché au corselet ; il Test encore plus dans son milieu, mais il va en se rétrécissant à sotf extrémité inférieure. Deux iraisseaux particuliers, ^Vm ne retrouve pas dans les autres Ipsectes , s'inlêrent à la partie antérieure, au-dessous de la pr^nière dilatation , et vont ensuite descendre dans son milieu , de chaque côté du eœur. De ce vaisseau sortent , dans les Aranéides de certains genres , un grand nombre de petits filets qui se perdant et se ramifient dans l'épiploon. Ces filets fiirinent | vers la partie la plus large »> quatre rameaux (deux de chaque côté] , plus allongés et plus ramifiés que les autres. Plus bas , d'autres fileta iortent des côtés 4u tub@ principal du cceur , qui se prolongent jusque vçrs l'dpus , où le tube ^e prései)t« plus qu'un tuyau amioçi ^ns Qlets l^térau^i^r

La fornie du cœur tu)>ulé dçs Arapéide^ vgfie selon lef genres : ainsi, daps la Clubione fitroce, le^ sail* lies du tube ne sont poipt ailées ^ ^les sopt arrondies , et la partie élargie est beaucoup plu§ courte i les deux vaisseaux latéraux sont aussi moins longs, plus écartés , ils sont dépourvus de filets latéraux , ef ils vont se perdre , ou se rattacher par leurs pointes ^ sous les peaux qui recouvrent les branchies. Le tuyai| étroit qui se rend à l'anus est beaucoup plus allongé dans cette espèce que dans la Tégénaire domestique , et l'on voit à son origine quatre grands vaisseaux qui se ramifient en tout sens dans l'épiploop.

Selon M. Strauss (i), le gros vaisseau que l'op oIh

(1) StimoiSy ConiidiratioHS gàninUet sur Us animaux artiet^y

g6 IHSECTES APTÈRES.

serve dans la ligne médiane du dos des Aranéides s^ rait un cœur aortique à un seul ventricule ; les deux vaisseaux latéraux seraient les oreillettes ; et il y aurait chez ces Insectes une véritable circulation , comme chez les Crustacés (i). Mais cette conclusion de ce trèssavant, et très-habile anatomiste, nous parait hasardée, et ne résulte pas des observations qui nous sont connues : il y a un mouvement oscillatoire dans le fluide des Aranéides qui tient lieu de sang^ et ce mouvement est plus vif que dans les Insectes ailés ; mais il ny a pas, nous le croyons, de véritable circulation.

De la digestion. Si nous ouvrons l'extrémité du corselet, ducâté du dos, nous trouvons au-dessous de la cuirasse qui le couvre , les muscles des pattes , qui sortent , en rayonnant , d'une membrane cartila^ gineuse, située dans renfoncement du corselet ; et dans une fente de cette membrane nous apercevons Testamac , qui est placé entre ces muscles (a).

L'estomac, placé dans la fente de la membrane dont nous venons de parler, consiste, dans le genre Tégénaire ou dans l'Araignée domestique, en quatre sacs pellicules , deux plus grands et deux plus petits. Les plus grands ont leur superficie appliquée l'une contre Tautre : ils sont formés d'une peau fine et mince : celle des deux petits est mucilagineuse. Ces sacs de l'estomac communiquent par une seule ouverture dans l'œso-

p. S46. Noos ne derons pas cependant deviser que les obeerratioDS de Leawenhoek semblent confirmer Topinion de M. Strauss. Lenwenhoek prétend aroir tu dans les grandes Araignées de yisnes le sang cîrcnler dans les yeines , et avoir distin(pié les artères de ces Insectes. Leawenhoek, £pittolœ adtoetetaum angtiam, tpist. i38. (1) Treyiraniu , Ueber der inmem Bau der Jtrachmden , p. 3o ct3i.

DES AAAHÉIDES. Q^

phage , qui est court , d'une contexture délicate , et attaché à une avance arquée du muscle de la languette. .

Après sa jonction avec les sacs de l'estomac, Tessophage, tuyau tendre^ léger et étroit, descend en droite ligne le long du corselet jusqu'à la partie antérieure de Tabdomen , et il s'y convertit sous la partie supérieure en un tissu pellicule extrêmement tendre , tellement uni avec l'épiploon , qu'il n'est pas possible de l'en séparer : mais , peu après , le canal intestinal prend une contexture plus ferme, et il se montre Gonmie un tuyau situé sous le cœur. Ce tuyau a la forme d'un entonnoir, et son ouverture la plus étroite est dirigée vers Tanus. Cette partie étroite s'élargit en s'avançant vers l'anus et forme ainsi le rectum^ qui s'unit avec un ccecum ovale allongé, aboutissant à l'anus. Dans ce cœcum s'ouvrent quatre vaisseaux biliaires disposés par paires, qui se réunissent en deux troncs avant d'arriver au cœcum. Le cœcum est d'une contexture très-ferme , et contient une matière blanche et fluide. Dans la Clubione atroce , le canal intestinal s*unit deux fois avec l'épiploon, tandis que dans la Tégénaire domestique il n'y a qu'une seule jonction de cette nature.

Outre ces parties , deux vaisseaux salivaires appar« tiennent encore aux organes de la nutrition. Us sont situés dans les mandibules , et ont leurs ouvertures au sommet de l'articulation antérieure de ces dernières. On les voit, après avoir ouvert le corselet, saillir comme deux vessies blanchâtres des ouvertures postérieures de la tige des mandibules. Ces vessies^ un peu courbées , ont une forme allongée , et se prolongent par un tube étroit jusquàla pointe percée d'un trou, de l'on-

APTÈRF5, TOME I, 7

lOO IHS£CTES APTjCAgS.

forme de grappe. Les œufs qui aToisinent les bords extérieurs sont les plus gros , ceux qui sont au milieu sont les plus petits. Dans la Tégénaire domestique, d'après laquelle nous décrivons ces organes , on croit apercevoir dans certains individus, au milieu de chaque ovaire, un vaisseau très-fin , dirigé de bas en haut, qui manque dans d'autres (i).

De même que l'orifice extérieur de la génération des femelles , dans les Aranéides , varie un peu selon les genres , les organes intérieurs , surtout par l'extrémité des tuyaux ou oviductes , qui aboutissent à cet orifice, varient aussi; ainsi, dans la Clubione, les tuyaux , ou oviductes, s'unissent à leur extrémité et ne forment plus qu'un seul tube circulaire, à l'endroit où ils aboutissent à l'ouverture des organes de la génération.

On a remarqué dans l'Épéire Diadème, que le sac où sont contenus les œufs, est divisé dans le sens de sa longueur en deux réservoirs par une cloison (a), et chacun de ces réservoirs est aussi transversalement partagé par une autre cloison. Ces cloisons des ovaires sont formées d'une peau ferme, qui est attachée par en haut à un arc membraneux ; la division longitudinale n'a aucune ouverture , les deux transversales sont au contraire perforées. Il n'y a donc aucune communication entre les deux chambres principales ; mais il y a un passage de la division antérieure à la division postérieure , et les œufs qui se trouvent dans la première doivent arriver dans la seconde avant de pouvoir être évacués. Cette organisation, qui s'est retrouvée sem-

(1) Trcvinnns.

(a) Roetel , imfûkttii btlu$tigungen , theil. 4 * ^?* '« 3, 3, 4*

DES ARAHKInks. ^

Bal dans la ca^té de répiploon , comme un kabile anatomiste, M. Bamdhor , la prétendu.

Le second endroit où parait s effectuer la transmutation des aliments digérés , du canal intestinal dans d'antres organes, est là où le coecum se réunit au rectum et aux -vaissaaux biliaires. Cette réunion ne peut avoir d autre but, que d'effectuer la dernière séparation, des parties nutritives du chyle , d'avec les excréments. Il est seulement singulier que cette séparation s'effec-^ tue dans un lieu si peu ordinaire, puisqu'il est voisin de Fanus. Mais la même chose s'observe aussi dans les Punaises (i). On a remarqué que certaines Ardnéides j des genres Epéire et Lycose , lancent souvent , par l'anus , une liqueur excrémentielle, en partie d'un Uane laiteux, et en partie d'un noir d encre.

De la génération des Aranéides, Après la respiration , la circulation et la digestion , qui entretiennent la vie de l'animal, il n'est pas pour lui de fonction plus importante que celle qui sert à perpétuer son espèce. Nous avons déjà décrit les organes extérieurs de la génération des femelles dans les Aranéides.

Les organes intérieurs sont contenus dans l'abdomen, et consistent en deux tuyaux placés à côté l'un de Fautre, aux deux côtés du canal intestinal. L'extrémité de chacun de ces tuyaux aboutit à l'ouverture extérieure 9 divisée par une cloison formant une proéminence placée au milieu de l'espace qui sépare les ouvertures des branchies , que nous avons déjà décrites. Dé ce point ces tuyaux vont en s'élargissant, et c'est à leur superficie supérieure que les œufs sont suspendus en

(1) Trevinmiu.

lO'â INSECTES APTÈIiES

dans les femelles, et que^ par conséquent, il n'était pas situé à l'extrémité des palpes , comme on l'avait cru jusqu'à lui. Il a été ainsi amené à conclure que ces Insectes s'accouplaient par le ventre; que les organes qu'on observe dans les palpes des mâles des Aranéides n'étaient que des organes excitateurs ; et qu'enfin ce que l'on a pris pour l'accouplement n'en était que le pré» lude. Pourtant ni M. Treviranus^ pi personne autre, n'a vu les Araignées se toucher par le ventre : mais à c^ M. Treviranus répond que cet acte est si rapide qu'il a échappé à l'attention des observateurs.

Cette opinion, adoptée par un grand nombre de naturalistes, d'après l'autorité de M. Treviranus, n'en est pus moîa^, suivant nous^ erronée et contraire aux observations les mieux faites , et les plus précises.

Il résulte de celles que nous avons faites, et souvent répétées, sur quatre e^èeead' Aranéides de genres dif* férents, que nous rapporterons eix leur lieu^ que le m&le^ après delentes approches, eldeloUgs préludes, introduit successivement danë les ouvertures génitales de la femelle placées sous le ventre , les conjoncteurs de ses pdU pes; qu'alors les valve» de cet organe se gonflent^ et deviennent transparentes; que tous les conjoncteurs principaul et surnuméraires se tuméfient en même temps ; puis se lubrifient , et ofirent des pulsations et un BDlouveineiit interne , qui ne permet pas de se méprendre sur leur nature. Certaines Aranéides (parmi les petite^ espèces ou du genre Théridion ) paraissent teUement absorbées par leurs seilsations pendant cet état, qu'elles deviennent insensibles àce qui se passe à l'entour d ellesj et qu'on peut les examiner à la loupe sans qu'elles se dérangent ni se troublent. Cet accouplement dans lesThéridions ou les petites espèces^ se renouvelle un grand

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nombre de fois pendant lespaee de plus d'une deihi^ heure, sans que jamais le mâle fasse subir à son abdè« men aueun mouTeme&t cpii témoigne le désir , ou Fin* toitien, de toucher avec son Tontre le tentre Aé là femdle. Dans les Epéires et les Tégénaii*es , le mâle aussitôt après avoir terminé l'acte de la génération, au làojen des conjoncteurs de ses polpes introduits dani la Tulye de la femelle, s'éloigile avec rapidité^ tet s'il n'est pas assea prompt h fuir il est aussitôt déroré parla femelle ; ce qui prouve que l'acte s'est accompli , que les désirs sont satisfaits, et que les palpes du mâle n'ont pas agi comme des organes excitateurs , mais comme des agents de sensations amoureuses, et de fécondation;

Ges laits ^ constatés par nbos avec un grand soin , cenfinnènt ceux qui ont été rapportés par les plus habiles observateurs , Lister j Clerk , Lyonet , Degéer^ et beaneoup d'autres , et ils nous oUtorisent à penser que les filets contournés qui sortent de l'épipldon versent la liqueur séminale dans les deux enfoncements oïl réservoirs décrits par M. Treviranus) que cette li« queur , au moment de l'accouplemetit, Se transfuse dans lea valves des palpes ou de l'organe générateur par dès vaisseaux différents , qui , devant passer auparavant par le vertébral^ doivent être d'une telle,ténuité^ qu'il sera toujours impossible de les apercevoir danâ les Aranéides aussi petites que celles sur lesquelles M. Treviranus a fait ses observations, mais que, peut** être, on pourra découvrir un jour dans les gtandes Thérapboses.

Cette conjecture , sui* la manière dont s'opère l'acte delà génération dans les Aranéides, explique parfaitement pourquoi M; Treviranus n'a trouvé aucune liqifteur séminale datis les valves des palpes dei Inâles

d'Aranéides , puisque cette liqueur n'y séjourne pas , et n'y panrient qu'au moment même de l'accouplement. EUe rend aussi raison de l'extraordinaire tuméfaction , et du gonflement alternatif, qui a lieu pendant cet acte , où l'organe s'emplit et se désemplit à mesure qu'il s'opère, etserenouYelle^ayecplus d'action. Enfin, la conformation vésiculeuse des conjoncteurs des palpes dans les mâles d'Aranéides, la finesse de l'épiderme qui les recouvre , et la grandeur relative de leurs pores , que démontre assez leur transparence , expliquent aussi très-bien pourquoi il n'a pas été besoin que la nature pratiquât des orifices particuliers, pour donner passage à la liqueur séminale.

Des organes qui produisent la soie dans les Ara* néides. Outre les organes sexuels , et ceux de la respiration, de la circulation et de la digestion, on trouve encore dans l'abdomen des Aranéides les organes qui produisent la soie, dont nous avons déjà fait connaître les appareik extérieurs. Ces organes à l'intérieur sont placés à la partie postérieure de l'abdomen, et consistent en un petit nombre de vaisseaux contournés, sinués, ou ployés comme des boyaux , assez allongés , inégaux , élargis dans le milieu de leur longueur , ii l'extrémité desquels , et proche des filières extérieures , sont une multitude d'autres vaisseaux semblables , mais beaucoup plus courts, et plus petits , qui se pressent et se réunissent à une base commune, sur laquelle s'appuient les filières extérieures, quoiqu'on n'ait en* core pu découvrir leur connexion avec ces filières. La matière qu'ils renferment diffère de celles des grands vaisseaux.

Les appareils des organes de la soie offrent aussi des différences selon les espèces. Ainsi dans la Clu-

DES ARANKIDES. Io5

bione atroce il n y a que quatre grands vaisseaux , âargis dans leur milieu, ramifiés vers le haut, et se terminant en Bas par un canal étroit qui aboutit aux mamelons sétifères. Dans la Tégénaire domestique , il y a de même quatre grands vaisseaux principaux, mais ils ne sont pas ramifiés, et les moindres sont proportionnellement plus petits. Dans TEpéire Diadème, il y a six grands conduits sétifères au lieu de quatre (i). La matière qu'ils renferment est jaune dans cette espèce, au lieu d'être blanche ou brune, comme dans la Qubione Atroce ou la Tégénaire domestique.

Cette matière est semblable à tme gomme ou à une coUe transparente ; elle ne se dissout ni dans Tespritde-vin ni dans l'eau ; elle se casse si on la plie , et , comme le verre, elle ne peut être flexible que quand die est divisée en filets fort déliés.

La nature , à cet égard > y a bien pourvu ; car dans l'Épéire Diadème seule, Réaumur estime à plus de miUe le nombre des fils qui sortent des papilles qu'on remarque à l'extrémité des mamelons ; mais llnsecte en réunit plusieurs à leur sortie. De là, collés à quelque objet, ces fils se dévident et durcissent à mesure qu'ils s'éloignent du point d'atlache. L'Insecte les tire lorsqu'il en a besoin, avec ses pattes postérieures, n les dévide encore par le seul poids de son corps :

(i) Roes«l, Intêkunbdustigungen t 144» S aSS-^Sg .— Réaumiir, Jfêai. de V Jcizâèmit des sciences , poar Tannée 1713, p. Saa , PI. 3, fig. 1 à 6. — Mémoire sur la prodigieuse ductilité de diverses ma- Uèrts. -— Treriranus , p. \x. — Réaamar n*a ra, représenté et décrit, que quatre grands filets sétifères dans FindÎTida qa*il a disse qoé ; ce qni ferait croire que c'était ane antre espèce qne TEpéire IHadéme , qui cependant est celle dont il a donné la figure.

I06 INSECTE^ APTÈHES.

enfin, au besoin , avec ses pattes et sa bouche, il les réunit en pelottes, et par ses mouTements les rallonge et les raccourcit à Tolonté. Mais il paraîtrait que ion corps en produit de différentes natures 4 qu'il peut émettre ou retirer ; car dans les toiles que font les Orbitales y les fils, qui sont en cerclas, contiennent un gluten , ou matière visqueuse , propre à retenir les Insectes ; celles qui sont en rayons , par où TAranéide descend, sont sèches et dépourvues de gluten. Enfin leé fils , avec lesquels F Aranéide compose le sac où elle se renferme , ou le nid où elle enveloppe ses petits ^ ne paraissent pas de la même nature que ceux qu'eUo emploie pour attraper sa proie , ni que ceux dont elle se sert pour construire les cocons de ses œufs : ceux-* ci, dans plusieurs espèces, sont d'ulii tissu tellement dur et serré, qu'ils ressemblent à une pellicule ou à du parchemin. La même espèce recouvre encore' ce eocon pellicule d'une bourre de soie lAehe et itioUe^ qui semble encore différente.

De tout ceci concluonS| que lés vAsseaux qui à l'extrémité de l'abdomen contiennent la matière de la sqie, et l'organisation des mamelons et filets setifèresf renferment bien des secrets qui seront loogtMnps en* core, et peut-*étre toujours, ignorai.

Organes des sens. — Système nefveux. — Toutes les fonctions vitales des Aranéides nous sont connues ( il nous reste à décrire les organes des sens et du mouvement.

Cest dans le corselet de l'Arâhéide que l'on trouve , indépendamment des autres organes que nous avons décrits, le cerveau et les ganglions pectoraux, avec leurs nerfs.

tJne des pièces principales du système nerveun des

DBS ARAHEIDES. lOJ

Aranéides est un grand nœud, ou ganglion^ qui repose sur la partie inférieure du corselet au -> dessus des muscles , d'où sortent les nerfs des pattes , comme de petits cônes et en rayonnant. Les nerfs qui pàiétrent dans les pattes sent, d'après le beau travail de M. Strauss ^ en si grande quantité , et ont on nombre si prodigieux de ramifications, surtout rers les extrémités , que la sensibilité de cette partie doit être exquise dans les Aranéides , et que le toucher ches elles , et les impressions nenrenses^ doircnt pouvoir suppléer au sens de l'ouïe, et même de l'odorat. Des organes si déliés devant être sensibles à toutes les impressions , et variations ^ de l'air.

Sur la partie antérieure du corselet au-dessous de la courbure de la membrane, qui soutient la languette, est le cerveau ; il consiste en deux parties pirlforme* séparées par une cloison (i). L'eltrémité |>ostérieUrë parait être unie avec le nœud principal que nous avons décrit, et de l'extrémité antérieure sortent deut paires de nerfe , qui abotitissent aux musclée qui font mouvoir les pattes.

Be ^extrémité inférieure du nœud priiicipal sort un filet nerveux qui , au commencement de l'abdomen^ se gonfle en un ganglion ovale. Cest de ce deniier nœud que sortent tous les nerfs abdominaux. Les principaux sont deux filets qui descendent aux deux côtés de la ligne médiane du tentre , et qui , après avoir donné naissance k quelques rameaux latéraux , se perdent dans la ré^on du rectum. Il y a en outre six nerfs pltis eonrts^ qui sortent du même ganglion, descendent aui

(0 Conférez Treriranas , p. 4^, tab. T, fig. 4^; et Strauss,

deux cÀtéfl de l'abdomen, et se dirigent latéralement vers les branchies, et vers les parties sexuelles, et les autres viscères contenus dans la région antérieure du ventre.

Des principaux muscles ou des organes du mou^ement dans les Aranéides. Par les nerfs , sur lesquels l'animal agit , par sa volonté , au moyen de ce principe mystérieux qu'on appelle la vie , les muscles sont contractés ou dilatés , et mettent en mouvement les divers organes du corps. Les muscles qui meuvent les pattes sont attachés au corselet , et partent tous en rayonnant d'un centre marqué par une fossule ou creux qui se trouve au milieu. Le tégument coriace ou corné, dont le corselet est couvert dans toutes les Aranéidea, fournit des moyens d'attache solides pour ces muscles, et pour ceux qui doivent mouvoir les palpes , les man* dibules et les mâchoires , dirigés du même centre vers la partie antérieure.

Mais il n'en est pas ainsi de l'abdomen, dont le tégument est mou et flexible , dans presque toutes les Aranéides. Ce tégument ne peut donc servir de point d'attache à cette partie que l'Aranéide élève , abaisse et meut cependant à volonté; c'est ailleurs qu'il faut chercher ces points d'attache. En efl*et , sous l'ouverture extérieure des branchies et des organes sexuels, on remarque une membrane de laquelle sortent , au point médiant , deux ligaments qui descendent jusqu'au cercle qui entoure l'anus et hsB mamelons sétiflères. La moitié supérieure de ces ligaments est cartilagineuse, la moitié postérieure, au contraire, est composée de filaments musculaires. Leurs extrémités supérieures servent à attacher deux muscles qui sont unis vers le haut avec la membrane

D£S arahéides. - 109

située dans le %fenébral^ ou le tuyau qui joint Tabdojncn au corselet ( i )

A cette membrane est en même temps suspendue rexirémité supérieure du cœur. De cette même membrane, sort encore une autre paire de muscles qui aboutissent aux extrémités extérieures de la membrane demi-circolaire située sous louyerture des brancbies, dont nous ayons parlé.

Cest au moyen de ce simple mécanisme que l'Aranéide exécute tous les mouvements de son abdomen. Quand les muscles que nous Tenons de décrire , qui s'allongent latéralement et conyergent au vertical , se tendent simultanément , ils courbent plus fortement les arcs membraneux, qui se rattachent aux branchies, et les raccourcissent ; alors les branchies s ouvrent : quand, au contraire , ces muscles se relâchent, les arcs membraneux s'allongent , et les branchies se referment. Ces muscles, ainsi qu'une autre paire qui se trouve posée. obliquement, servent encore à tirer en avant les parties sexuelles. Lorsque les parties inférieures musculaires des ligaments qui sortent du point médian t de la membrane demi circulaire , qui descendent le long de l'abdomen jusqu'à son extrémité postérieure, sont mis en mouvement, elles courbent nécessairement l'abdomen, et attirent vers la partie inférieure du corselet les mamelons sétifères. De chaque câté de ces ligaments , et des paires de nerfs qui en dépendent, et entre l'espace qui les sépare, se trouvent les gros vaisseaux sétifères, ceux qui renferment la matière de la soie , et en dessous les petits.

(I) Treriraiim, p. 4^, tab. 9, fig. 3o et Si.

110 IHBBGTBS APTÈRB8.

Oeê deux sortes de vaisseaux iemplissent en grande partie tout cet interralle ; le reste , dans les femelles^ est occupé par les œufs.

Des S0n$ des Aràniides. Nous aTons fait connaître , autant que l'état imparfait de la science nous le permettait, le système musculaire et le système nenreux dans les Aranéides ; le premier nous montre les agents des organes du mouTement, et le second ceux des sens.

Le peu que nous saTons du système nerveux des Aranéides , ne nous permet pas de douter que le sens du toucher ne soit chez elles très-développé , surtout dans les palpes et dans les mamelons sétifères, et aux parties sexuelles. Par son exquise sensibilité aux moindres vibrations de Tair, le tissu des nerfs supplée-t-ilausens de Toute, ou ce sens a-t-il chez ces Insectes un organe distinct ? Cfest Ik une question à laquelle nous ne pouvons répondre. L'homme qui a mesuré les astres et calculé leurs mouvements, n'a pu encore parvenir à connaître , même imparfaitement, l'organisation d'un seul Insecte.

Ce qui est certain , c'est que le sens de Toute existe chez les Aranéides. Plusieurs observations démontrent même qu'elles sont sensibles à la musique. Grétry raconte, dans ses mémoires , qu'à sa maison de campagne, une Araignée se rendait sur la table de son piano lorsqu'il se mettait à jouer ^ et disparaissait dès qu'il avait cessé de toucher le clavier.

L'anecdote de Pellisson , dont nous parlerons bientôt, démontrera que l'Araignée n'est pas moins sensible , aux sons rauques de la musette , qu'aux sons doux et flattés d'un piano. J ai été témoin du fait suivant : une dame, occupée à pincer de la harpe dans une chambre située au nUlieu d'un jardin, aperçut une Araignée

DBS àRAHÉlDES. III

fixée au plalbad ftu-dessua d'elle. Aussitôt elle se transporta à l'autre extrémité de la chambre ; mais à peine eat«dle &it retentir Tair de son instrument, que Tin* secte eommence k se mouvoir, et Tient s'arrêter encore aa-^essusde la dame; là, Tlnsecte reste sans mouTement, et comme attaché au plafond. La dame, dont la corioeitéest excitée par ce phénomène, change de nou» Tcan de place , et reste quelques moments sans jouer , et fAraignée ne la suit pas , et attend immobile; mais à peine les sons harmonieux ont-ils recommencé, que rinsecte accourt se placer de noureau au-dessus de rinstroment qui les produit. La dame répète de nouyeeu l'expérience, et elle parvient à attirer TAraignée dans diaque partie de la chambre, et, comme une autre Ampldon , à s'en fiiire suivre. Plusieurs autres faits, paiement certains , plus étonnants encore , que je pourrais citer , ccftifirment ceux-ci , et ne laissent aucun doute relativement à Tefiet produit , par des sonà cadencés et mesurés, sur certaines Aranéides.

L'oi^ane de l'odorat , dans les Aranéides , n'est pas mieux connu que chez les autres Insectes , quoique nombre d'observations semblent démontrer qu'il existe dans tous. Peut-être le siège de ce sens est-il , pour les Aranéides , dans ces ouvertures trachéennes que Treviranus dit avoir aperçues au-dessus des pattes de chaque côté de la partie postérieure du eerselet, et par où s'opère aussi la respiration trachéenne. Quant h l'organe du goût, il est trop entièrement uni avec l'acte de la nutrition, pour pouvoir supposer qu'il existe ailleurs que dans la bouefae^ et chez les Aranéides , la languette en est probablemept le siège.

Les organes de la vue si intittement liés h ceux de

iiae IaNSEGTES aptères.

la nutrition, puisque c'est par leur secours que linsecte saisit sa proie et la choisit , s'aperçoivent facilement dans les Aranéides , puisqu'ils sont situés sur le devant , et quelquefois aussi sur les côtés du corselet. Mais les recherches de Soemmering^ de Léon Dufour, de MuUer, de Goëze, de Strauss ( i ), n'ont pu encore éclairpir leur organisation, et ces profonds investigateurs ne s'accordent pas sur la manière dont s'opère la vision dans les Insectes à yeux composés , ou à facettes , comme les Insectes ailés, et ceux à yeux simples ou lisses comme les Aranéides et les Aptères. M. Muller a cru discerner dans les yeux simples des Aranéides , et des Scorpionides , une cornée très-convexe, un cristallin très-dense et convexe à sa partie postérieure , et une humeur vitrée , très-convexe aussi h sa partie antérieure; puis un espace creux, en forme de canal , entre le corps vitré et le cristallin. Dans cet appareil , la lumière , suivant lui , suhit une quadruple réfraction, et il en résulte une vue éminemment propre à discerner les objets à une courte distance ^ mais qui ne peut voir que d'une manière trouble ceux qui sont placés dans un espace éloigné. M. Strauss, au contraire, considérant les yeux à facettes desinsectesailés comme une réunion d'yeux simples , pense que la paupière , la cornée, l'iris^ disparaissent dans ces animaux , et que les cristallins en nombre fort considérable se trouvent par-là adhérents aux téguments avec les yeux ; ils sont suivant lui confondus , et en même temps soudés, entre eux , formant une calotte sphérique , connue sous

(!) Muller, Jttçherches sur la phythlogie comparée du setu de la vision* Leipzig, ]8a6 (en allemand).— Stranss-Dorckhciin, Jnnalu des Sciences natureUet, décembre 18391 1> XVUI» p. 4^*

-fi£S AKAlfélDES. |l3

le nom de cornée : des nerfs optiques, qui^se termi* sent derrière chaque cristallin , présentent un renflement pyriforme qui doit nécessairement renfermer la rétine des yeux, où les objets Yont se peindre, et opèrent la vision.

Daprès nombre d'obsenrations qui nous sont propres, nous nous sommes convaincu que la grande lumière Boit aux Aranéides et les empêche de voir. Leurs yeux ne sont propres qu'à distinguer les objets dans l'ombre et dans l'obscurité , et seulement à une courte distance. Nous croyons aussi qu'elles ont deux espèces de yeux , les uns où l'on paraît distinguer ime sorte de prunelle, qui doit présenter un foyer de vision plus prolongé , les autres plus simples , et pour ter les objets très«rapprochés.

toU piVELOPPEMEHT DE I. OBUF DAHS LES ARANÉmES , ET DES FACULTÉS GÉNÉRATRICES DE CES INSECTES.

Nous avons exposé dans les sections précédentes ce qu'il y a déplus certain sur l'organisation interne et externe des Aranéides , nous allons actuellement, d*après les belles observations de M. Moritz-Herold (i) , suivre le développement et la transformation de l'œuf d'Aranéide en Insecte : sujet curieux, et d'une haute importance , parce que , attendu la transparence et la Daiible pellicule de ces œufs , il est permis à l'homme

itm

(I) Moritz-Uerold, De GenmOwne Amnearum in ovo» Marburg, 1894, in-folio.

tl4 • IHBBCTBa AVTÈlKt.

de suivre la progreaaitm àtn effeU de cette force myi^ térietue de la irie, mieux que daBS des animaulL d'uA ordre âupérieur.

L'ttttf de rÀraîgnéf a la forme globuleuse , ou «vale peu alloDgée , et diffère des œufs des Insectes ailés , en çt qu'il a une euveloppe à coque simple et unique , tandis que ces derniers en ont deux , une intérieure et TaUtre extérieure ( mais Cette enveloppe est rerètue d'unp pellicule très«mince , soyeuse , et si tendre | ainsi que Teaveloppe même , que la moindre pres^ sion suffit pdur les briser Tune et l'autre ^ et laisser échapper la liqueur qui s'y trouve contenue. Cette {lellicule revêt la surface entière de Tceuf excepté dans un seul endroit i c'est celui où Toeuf se trouve pressé contre un autre auf dans le cocon commun , qui réU*> nit tous ceux d'une même ponte. L'involucre, ou Fenveloppe de Tœuf dans cet endroit, est transparente comme du verre , mais dans le reste de sa surface elle est opaque. 3i on enlève la pellicule dont j'ai parlé, on aperçoit sur sa surface intérieure de petits grains ; mais on n a pu découvrir aux plus forts microscopes les pores de la surface extérieure de l'enveloppe. Lorsqu'on l'enduit d'huile y elle devient parfaitement transparente, et alors on aperçoit facilement ce qui est dans son intérieur, et on discerne trois parties distinctes dans Toeuf de T Araignée :

K"* Le vitellus qui remplit la partie la plus intérieure, formé de globules, et qui est comme le jaune dans les œufs d'Oiseau \

ao L'albumen limpide , transparent, sans globule, qui entoure le vitellus^ et qui est emnme le blaae d'end des Oiseaux^

3<> Le germe , lenticulaire blanchâtre , formé de

9Kê ABAirilDES. tl$

gnins globulcox comme le vitellus , mais beaucoup plus petits , et composant uae masse plus opaque.

Ualbomen et le germe se trouvent hors de la sphère formée par le vitellus ^ et le séparent de Imvolucre ou enveloppe.

DansTEpéire diadème, dont l'œuf est eelui auquel se rapportent plus spécialement les descriptions qui vont suivre, M. Herold n a vu qu'uti seul germe. Il eh est de même de l'œuf de la Tégénaire Domeàtiqiie ^ de la 6pa« lasse verte ^ de plusieurs Epéires et de plusieurs Lyco* ics ) que notre habile observateur a soumis à ses inves* tigations ; mais un œuf d'Araignée, d'une espècb qui loi est inconnue , lui a fait voir jusqu'à douze petits globules blanchâtres opaques ; M. Herold ne considère bcs globules qufe comme les portions d'un même germe ^ qui se réunissent en un seul au moment de la fécondation. — Ge fut singulier semblerait donner à penser ^e, dans les autres œuft qu'il a soumis à son exameii, le travail de la fécondation était déjà commencé.

Pourtant il a vu toutes les parties de l'œuf en repos, et les a distinguées entres elles ; ce n'est que lorsqull a soumis cet œuf à la douce chaleur du soleil , que les bords du germe se sont dilatés , mais le centre est resté immobile.

Ainsi , le principe vital , la force créatrice , cette poissance mystérieuse dont la nature nous sera tonjoërs inconnue , agit d'abord dans l'œuf de fArai-* gnée par irradiation , par expansion , ou An ceiH Ire vers la circonférence. Quelques-^uns de ces gldbit? les du germe ^ dont la substance poreuse^ spongieuse, ressemble au pollen des fleurs , commencent enfin I se mouvoir et à se mêler avec l'albumen , dotit ik •ttt tfoublé la tratispâreliee $ piuis le noyau blaïichâtre

Il6 INSECTES APTÈRES.

du germe a fait un mouvement ^ et se porte vers l'extrémité de Tœuf ^ sans se séparer de la partie unie avec l'albumen , qui , au contraire , s'est augmenté en raison du trajet qu il a fait ; de sorte que le tout ressemble à une comète^ portant avec elle une queue.

Le germe, arrêté à lextréihité de l'œuf, émet aussitôt un grand nombre de globules qui se répandent dans toutes les parties de l'albumen y en troublent la transparence^ et lui donnent une couleur lactée; mais il reste toujours une petite portion de l'œuf opposée au germe , où Ton aperçoit dans sa couleur naturelle le vitellus , qui reste encore pur et sans mélange.

Ce mélange de l'albumen et du germe forme une substance composée^ que M. Herold nomme co//i* quamentwn , et que nous appelons le mélange.

Bientôt lacolUquamentum ou le mélange se condense entre les deux espaces qu'a parcourus le germe ^ et où il a successivement séjourné. Ce mélange devient brillant comme une perle, mais tellement opaque , qu'on ne voit pas le vitellus. Cette transformation du melange est la substance que M. Herold nomme cam^ bilan ^ et que nous nommerons en français le composé.

C'est dans ce composé, et dans l'endroit où était le germe , que vont se développer les diverses parties de l'Araignée Le volume du composé est environ le quart de celui du vitellus, et bientôt il se divise en deux parties : la plus petite portion remplit l'espace qu'occupait le germe , c'est le composé céphalique ; la plus grande portion remplit l'espace tracé par la queue de la comète, c'est le composé pectoral. Dans le premier composé se développeront les parties de la tète et les palpes ; dans le second, les pattes.

Par cette troisième transformation , le vitellus reste

DLS ARAN£ID£S. 11^

dans la partie postérieure de Tœuf dégagé de l'enveloppe Duageuse du mélange, et avec la transparence et la couleur qu^il avait avant le commencement dumou- ▼ement vital; mais, entre lui et le composé, il reste une partie du mélange où doit se former non^seulement le corselet , mais une partie des viscères.

JN oublions pas de dire que dans les Araignées sphériques (probablement les Théridion), M. Herold a observé que le germe se métamorphose en mélange , et le mélange en composé , sans changer de place.

Du composé pectoral on voit naître comme des nuages cylindriques, au nombre de quatre de chaque côté, rudiments des pattes; puis des raies légères tracent la séparation du corselet et de Tabdomen ; après on commence bientôt à distinguer la tête , et les pre* miers rudiments des appareils de la manducation blancs et opaques.

Ainsi, la cause formatrice, le principe de vie, réside dans le germe , puisque le premier il se meut ; mais le germe est stérile , et ne peut se développer s'il ne se combine avec l'albumen pour produire le mélange (colliquamentum), qui, par sa seule force plastique se contracte et forme le composé (cambium). Ainsi , le composé est le résultat de l'attraction continue et toujours plus intense des molécules du germe et de celles de l'albumen; dans sa partie pectorale s'observe le premier développement des parties : cette partie est donc l'animal futur, comme l'embryon produit le fœtus dans les Oiseaux.

Lorsqu'on ouvre l'enveloppe de l'œuf de l'Araignée avant que le travail de la fécondation soit commencé, le germe 9 le vitellus, l'albumen, se séparent l'un de fautre, et les globules du germe, comme ceux du vi-

Il8 INSECTES APTfellES.

teUus , roulent et se désunissent ; mais h l'époque de k fécondation où nous sommes arrivés, si on 6iA la pellicule de Fœuf, on trourele composé (cambium) matière risqueuse , qui adhère au vitellus , et qu'on ne peut en séparer.

La cause formatrice continue à agir : des plissures, et ensuite des courbures , marquent la séparation du corselet et de Tabdomen indiquée auparavant par une seule ligne. La partie antérieure s'allonge et se rétrécit; la surface du composé s'étend \ les pattes s'allongent ; et présentent avec la tête une sur&ce blanche , homogène; tandis que le vitellus jaunâtre, globuleux, remplit la cavité de l'abdomeù , et la partie postérieure et les côtés du corselet , s'avançant ainsi par deux cornes, ou triangles, vers les côtés de la tête.

On voit ensuiteparaîtresurle dosdn viteHus, uneligne dorsale plus large à sa séparation avec le corselet, et qui va en diminuant graduellement. Ce sont là les premiers rudiments du cosur, ou du vaisseau dorsal qui en tient lieu et dont nous avons parlé. Ces rudiment ne sont qu'un fluide sans mouvement , coagulé , sans qu*on puisse voir le vaisseau qvi le contient, et il parait être le résidu de Valbu^iien après que cehil-ei à p«h duit le composé (cambium). Dans k partie abdominale où est le vitellus, il n'y a point de composé; mais des raies que Von observe sur la courbure du vitellus annoncent le développement du tégument, ou de h peau de l'Araignée.

Ainsi le tégument ou la peau se forme en même temps que le cœur, et Valbumen donne naissance au système vasculaire ; la liqueur contenue dans le canal du cœur se coagule^ avant que l'enveloppe ou k vaisseau , qui doit h eoHieniir^ soit fermé.

AEft âRAXÉiDBS. 1 1^

Im ffvnnt n'ëtail « atant la fébcfaidatioii ^ nullement lié m TileUqa; oette Uaiioo at «'est opérée qna qwMl le composé a été formée Tamtea les purtita ÎQÛradi du trattc, ou oarsaltt^ dérivent d« la ooimbinaiion ém égïa tubatanefic du foiayaié et du TÎteUud ; delM combinaison agit sur l'albumen qui entoure le vilaUiKl^ al cette aotîon donne naissanea au tégttihaàt , mi à la ]KaH, qvd 9 par sa traniparenee ait oo^selet ^ et même il i abdomen, dana nombtv d'aapècea, décela sda arigibo^ et oonlre aasea qu>Ila a été fehnée pnneif^alèmiBl de l'albumen.

I^e TiteUufl s'est, ainsi qu'on l'a iru^ trOui^é, pat les progrès delà fécondation, divisé «à deux pmiiimsf k tboraciqua et fabdbminale : la plus petite, la tbolacique , ae trouTa restreinte k la partie peatérieurë et sopéricare da eorselet. II n'y a pas de ritellué aar la poitriae ou snr le dctsmis du coarsdel ai» lea patteè sent prodailei; en daastts du earaelet, il s'jT aumtvt eBcore après le développement des pattes. Maaa la grande porliem da vitellus est logée dans l'abdomeai il CBTeloppe toutes les parties qui s'y forment ctadme selles qui j sont farinées ^ et il occupe la même pbiéa qaeVcpiploonyeumatièregraisseuaBf dansles Araigaéc» aïkdtea.

A mesure que le fétus se dessine , s'allonge et si'éii» Ile , TouYeloppe de Y^buS se tend , ef s'applique de ]|>lus esi pluâ eontre toutes les parties ^ui se Ï6laic»t ; mais Yeeaf, aveo soa eutBhrppt^ est l'Iaseete mèsBa^ cA Degéer a eu raison de dire que renyelefq)e de ïsiai aTéteit qu'une preaaière peau de l'Araignée^ et la seetie de f Araignée de l'œuf une premidre nnlé« B ea eet ainsi dams les Fourmis et certarias Hyaiéi nefwres.

I20 IMSeCTSS AFTknES.

Le mitieu de l'abdomen en dessous commence à présenter ime partie plus opaque et pAle, qui bientôt développe les parties 8e:toelles.

En dessus , les dépressions dorsales se décèlent , et les filets sétifères commencent à montrer leurs petites

ooraes.

Ainsi , la tète , les pattes , le sternum, par leur couleur blancbe, diapbane, luisante, nous indiquent qu'ils sont formés de composé ou de cambiwn pur ; mais le corselet en dessus , à sa partie postérieure, et ijaiift ses parties* latérales , nous montre le vitellus et ses globules colorés, et semblables à ceux qui remplissent aussi l'abdomen .

Mais déjà , sur le dessus de la tète , on voit apparaître les buit yeux ; puis après les bancbes , et les mâchoires prennent leurs formes ; ensuite la cuisse , les jambes et les tarses se divisent en articulations distinctes ; les palpes et les mandibules se développent en dernier : mais toutes ces parties sont courbées , resserrées, et pressées les unes contre les autres.

L'abdomen est incisé par plusieurs lignes en cercles, et le ventre a deux taches blanches, l'une grande , qui marque la région des parties sexuelles , l'autre plus petite , ronde , qui indique l'endroit des filières.

L'Araignée est donc complètement modelée ; mais, enveloppée dans la coque de son œuf, elle ne pourra exécuter aucun mouvement qu'elle n'ait d^iouiUé cette peau primitive. Aussi la voyonsnous bientôt, cette peau, se rompre an corselet; la tête paraît , la première , revêtue d'une nouvelle épiderme ; les yeux ressortent plus distincts ; ensuite les mandibules ; puis après le cwselet ; puis les palpes :

DES ARANÊIDES. 121

les pattes se dégagent en dernier, et par un trarail de contraction, et d'extension^ qui semble pénible. Enfin, l'enYeloppe de l'œuf s'ouvre sur le dos , et Tabdomen se trouve débarrassé au moyen d'un l^er mouvement ondulatoire.

On discerne encore le vitellus qui remplit l'abdomen, et adhère à la partie du corselet qui s'en approche.

L'Araignée qui yient d'éclore est faible et comme engourdie. Elle se meut difficilement, se tourne len* tcment , étend ses pattes et ses palpes ; et quand on la retire de son nid , elle paraît accablée de fatigue après aToir fait un ou deux pas. La tête , précédemment ronde , est devenue polygonale , et on aperçoit à travers le tégument du corselet, les muscles qui font mouvoir les pattes. Le vitellus, qui se trouve dans l'abdomen et dans la partie postérieure du corselet, se laisse facilement distinguer par ses globules colorés. L'Araignée a acquis la faculté de se mouvoir , mais eDe ne peut encore ni filer ni manger , car les organes de la manducation sont enveloppés dans une peau commune ; et il en est de même des filières ; ce n'est qu'au bout de deux jours qu'elle dépouille ces enveloppes partielles.

Linsecte , ainsi complètement éclos et formé , doit^ avant de quitter le cocon natal et chercher sa proie , subir encore une mue complète , qui n'a lieu que quelques jours après , et quelquefois au bout d'une semaine, selon le degré plus ou moins grand de chaleur. Jusqu'à ce dernier travail de la nature , qui doit la mettre en possession de la vie, et de toutes ses facultés , TAraignée reste les pattes étendues et immobiles. Enfin , die se délivre encore de cette peau , et comme pour recueillir ses forces épuisées, elle reste

l%% INâ£CTE5 APTÈRES.

aans moavemeBt , mais pour peu de temps. Aprèi ub petit Bombre d'heures on la iroit marcher : elle se laisse tember du nid , et tire de ses filières un fil violet et hrillanti puis, emportée par l'air, elle accroche son fil à quelques branches ; et , petite comme un ^ain de millet , elle se met à construire une toile proportionnée a sa grandeur , mais dont les cercles et les rayons sont aussi réguliers que lorsqu'elle sera cinquante fois plus grosse, et sa toile cent fois plus grande. On trouye dans le cocon de ces Araignées autant de dé» pouilles, qu'on a tu sortir déjeunes Araignées.

Cependant l'Aranéide , ainsi noureDement éman* eipée, eenBerre encore les couleurs qu'elle arait avant sa dernière mue. Ses pattes seulement sont plus allongées , les sillons latéraux du corselet dessinent mieux les deux côtés bombés du triangle de la tète; la portion du vitellus, qui a servi à fbrmer la partie postérieure du corselet , apparaît distincte k travers le derme transparent de celui-ci. Mais bientôt k peau de l'abdomen s'épaissit ; on ne voit plus comme précédemment , dans l'intérieur du corps , le vitellas répanda au milieu des intestins i lé ccsur, ou le vaisseau dorsal , se trouve voilé de soies rigides ; des piquants noirs commencent à paraître sur la surface de l'abdomen, des pattes, et des palpes. Tous les organes prennent une teinte plus foncée, excepté les mAchoires, le cubital des palpes, et le genualdes pattes, qui conservent une couleur plus claire. Peu à peu la figure du dos de l'abdomen se revêt de nuances plus distinctes , et se dessine d'une manière plus nette ; d'abord par le jaune et le noir, dans TEpéire diadème ; les nuances intermédiaires ne viennent qu'après. Mais è mesures que les filières notfw eissent, les opereutes branchiales devi^nent plus dal-

Ptf AKAirilDES. 123

res, et se déUdMot mieiu sur le ùmâ <jui fkit la Moleur do ventre; l'aréole qui contient les parties sexuelles dans les femelles prend une teinte noirâtre , et il en est de même daûs le mâle } mais il est remarqua- Ue qae cette tache noire s'unit dans le mâle avec une ligne transversale également noire , dont Tépigastre , on l'aréole commune aux opercules branchiales, se trooTe orné. Cette dernière tache n'existe pas dans les femelles ; la tache noire des parties sexuelles leste isolée dans celles «ci ; et attendu que Tépigastre , traTersé par la barre noire dans le mâle , s'étend , et se prolonge par le vertébral , jusque dans le tronçon du corselet, nous pensons que cette jonction des deux taches , indiq\ie une communication entre les réservoirs de la liqueur séminale avec le corselet et les palpes , opérée par des vaisseaux d'une telle ténuité^ qu'ils ont échappé à l'œil des plus habiles anatomistea.

Les couleurs dont se revêt PiCranéide se développent dans Fépidermede la peau, et ne sont pas dues^ux intestins ni au vltellus , converti en épiploon^ car si on enlève la peau de TAranéide , toutes les couleurs disparaissent, et il ne reste plus trace de dessin.

LeviteUus ne sert pas immédiatement comme le composé et l'albumen à la formation des parties de Ffaisecte , mais il sert à nourrir et à entretenir les parties formées qui l'absorbent , et y puisent la matière nécessaire à leur développement. Le vitellns, sans aucune diminution notable des globules , dont sa substance seeompose , se transfuse de Tœuf dans le fétus, et dn fétus dans la jeune Aranéide. Il est donc destiné aussi à ibumir la matière nutritive nécessaire à la vie , dbne||9 éas éà eHe resterait longtefiips sans

ia4 INS£GT£S APTERES.

qu'aucune proie vienne se prendre dans la toile qu'elle alissue. En effet, les jeunes Epéires diadèmes qu'on a isolées aussitôt après leur naissance , ont vécu deux mois sans prendre aucune nourriture : ce n'est que lorsque le vitellus n'est plus nécessaire , et que l'Aranéide est assez forte pour pourvoir à sa nourriture , qu'il se transforme en épiploon , et que l'Insecte est revêtu de toutes les couleurs , et de tous les signes , qui caractérisent son espèce. Ainsi, le germe commence la création de l'Araignée ; le mélange de l'albumen et du germe la continue -, le composé qui en résulte forme le fétus; et le vitellus nourrit le fétus, qui se développe et croit en Insecte parfait.

Dans le jeune âge , si l'on excepte cette différence dans les taches du ventre que nous avons signalées , les deux sexes , dans les Aranéides , sont pareils , même par rapport aux palpes; et ce n'est que dans un âge plus avancé , et après plusieurs autres mues , que le dernier article des palpes se gonfle dans les mâles , et dépouille l'enveloppe qui cache ses organes génitaux.

Lemâle se revêt aussi à cette époquede couleurs plus foncées que celles de la femelle , et même quelquefois ces couleurs deviennent toutes différentes , et font voir des dessins et des figures qui ne s'y trouvaient pas, avant cette époque : c'est ainsi que le Sparasse verdissime^ d'abord d'un beau vert tendre comme la femelle , se montre au temps des amours avec un abdomen paré de lignes d'un jaune vif, et du plus beau rouge écarlate.

Par un changement contraire , l'abdomen, dans certaines espèces femelles d' Aranéides , change tellement après la ponte , qu'il devient méconnaissable à cause de. la disparition des figures qui se trouvaient

D£S ARAirÉlDES. 12$

tracées sur son abdomen , et l'altération des couleurs dont ces figures étaient revêtues.

C'est la nécessité d observer les Aranéides dans leurs différents âges , pour bien distinguer les espèces , qui a été cause que la plupart des naturalistes, doués de plus de talent pour la description que d'habileté pour l'observation , ont tant de fois décrit la même espèce sons des noms différents.

Ce n'est pas au seul développement des parties génitales du mâle , et aux changements de couleur, que se home la force créatrice dans les Aranéides adulâtes. Il est démontré , du moins pour certaines espèces, que lorsqu'elles ont perdu une ou plusieurs de leurs pattes, ces pattes repoussent et se reproduisent avec toutes leurs articulations, quoique plus faibles et plus courtes que précédemment; mais ces régénérations n'ont lieu que par suite des mues successives.

Si on place les œufs d' Aranéides dans une liqueur quelconque , ou dans un gaz , même le gaz oxigène ou l'air pur, ou dans le vide, ils deviennent stériles. Ainsi, les mêmes causes qui tuent cet Insecte font aussi périr ses œufs. Ceu^-ci , soumis à un froid de 1 7 degrés au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur, ne perdent pas leurs facultés génératrices, et nous avons vu, dans l'hiver de i83o, des Aranéides adultes résister à un froid de i5 degrés.

Les œufs de certaines Aranéides ont besoin d'un calme parfait pour pouvoir éclore. Ainsi , une simple chute à terre des œufs de YEpeirafusca les rend infé* Gonds; aussi cette espèce fait- elle sa toile dans les caves ou les lieux retirés. Les œufs de l'Épéire diadème , du Sparasse verdissime , et ceux de la Tégénaire domestique, peuvent être secoués sans cesser

laÇ INSECTES AFTÉftBS.

de pouvoir ésiore. Un naturaliste (M. Tremé^er) fait mention de cocons où il a trouvé des œufs infé« conds, ce qu'il attribue à ce que les œufs avaient été pond us sans accouplement; mais ces ceufs avaient peut» être été rendus incapables de produire par les secousses qu'ils avaient subies (i).

L'époque où les oeufs de TAranéide doivent édore dépend entièrement du degré de chaleur. Leuwenhoek a fait éclore cent cinquante œufs de l'Araignée diadème, le I j janvier , en les portant sur lui, et par la seule chaleur de son corps. Le 23 du même mois , toutes ces jeunes Araignées avaient changé de peau i et, le aS, il en vit qui levaient leurs pattes etleur abdomen pour filer leur toile, qu'elles construisirent avec autant de dextérité que les grandes (2).

Il résulte des observations de Lister, d'Audebert^ de Tremeyer et de cdles que nous avons faites qu'un seul accouplement suiBt pour féconder les œufs dans les ovaires de l'Araignée femelle, nonseulement pour plusieurs pontes dans une même an» née , mais même pour les pontes qui sont faites daiis deux années diflérentes . Tremeyer pense même que les Aranéides ne reçoivent le mâle qu'une fois dans leur vie ; et cependant , quoique le plus grand nombre d'espèces périsse dans l'année , nous avons la preuve que quelques-unes peuvent prolonger leur existence , au moins pendant cinq ans.

Si la conjecture de Tremeyer est vraie, elle ezpli^ querait peutrêtre pourquoi le nombre des miles dans

(i) Tremeyer, p. a.

(a) LenTenhoek , Epittolœ ad sodetattm angUam ; în-dS P* 335 •t336.

• Bi âftAVBIDBS. Ift^

le$ AT0néide$ est si petit en comparaison des femel'^ les , et pourquoi laccouplem^it dure si longtempê ches ces Insectes , et le grand nombre d actes répétés qui ont lieu pendant sa durée. J'ai observé pendant quarante minutes la Lyniphie montagnarde et son mâle, occupés sans interruption à l'acte de la généra*tion y sans qu'il parût vouloir cesser. Tai compté une fois trente-cinq accouplements ou gonflements et dé^ gonflements des conjoncteures du mâle en quatre mi» nutes ; une autre fois , cinquante-trois en six minutes , ce qui donne environ neilf à dix par minute. Dans ces quarante minutes , il y a donc eu trois cent soixante ou quatre cents coïts ou versements de la liqueur séminale dans ^a vulve de la femelle, M. Kummer , habile observateur, a compté en vingt minutes cent vingt - cinq éjaculations de TÉpéire calopbylle mâle avec sa femelle, ce qui ferait deux cent cinquante en quarante mi|)Utës,

Les œufs des Araignées sont diversement colorés, et cette couleur est due à celle de leur vitellus. Généralement ils sont blancëy ou d'un blanc jaunâtre ; cependant quelques-uns sont jaunes comme ceux de rÉpéire diadème et de lotnbraticole , et ceux du Drasse brillant sont d'un rouge orangé , quoique son cocon soit d'une blancheur éclatante , et les couleurs de son abdomen plus sombres que claires; mais les œufs du Sparasse verdissime . soilt d'un beau vert tendre , ciHnme son abdomeii , tandis que dans le Drasse nocturne , dont l'abdomen est noir mat , les ttufs sottt d'un beau jaune.

Gomme dans presque tous les Insectes ehcE les Aranéides ^ c'est la femdle qui est k jdus gf esM , la plte forte, la plus grande et la mieux organisée^ parce

ia8 INSECTES APTÈRES.

que c'est elle qui doit prendre soin de la postérité. Le mâle n'est que pour la reproduction , et souvent dans certains genres , tels que les Epéires , les Tégénaires , il est , après Taccouplement , dévoré par la femelle ; mais ceci souffre de nombreuses exceptions. Dans les' Segestries , du moins celles de la première famille de ce genre dans les Argyronètes, et dans quelques autres genres, c'est le mâle qui est le plus grand, le plus gros, le plus fort.

DES TOILES, DES COCONS, DES RETRAITES FORKéES PAR LES ARARÉIDES , ET DE LEUR INDUSTRIE POUR SE PROCURER LEUR NOURRITURE , SOIGNER LEUR POSTÉRITÉ , ET SE GA- RANTIR DE LEDRS ENVEiaS. •— DE LEUR FÉCONDITÉ.

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