I . Des toiles formées -par les Aranéides
Un Insecte , dont la moitié du corps se trouve suspendue à l'autre par un simple filet facile à rompre, dont la peau est molle , et ne peut résister à la moindre pression , dont les membres ne tiennent au corps que par des attaches si frêles , qu'un faible tiraillement les en sépare ; un être si faible ne parait pas créé pour garantir sa vie contre toutes les causes qui tendent à la détruire , et semble dépourvu des moyens propres à se procurer sa nourriture, à se défendre contre ses ennemis , à protéger sa postérité naissante.
Telles sont cependant toutes les espèces d'Aranéides , surtout celles de la seconde tribu ^ ou les Araignées proprement dites , qui toutes seraient détruites et anéanties si la nature n'avait trouvé un moyen de
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suppléer a la faiblesse de leur corps , de manière à ce que, par des embûches multipliées , elles font dlnsectes beaucoup plus gros et beaucoup plus forts qu'elles, une proie facile ; et que, par des travaux souvent merveilleux, elles garantissent leur progéniture contre les inclémences de l'air et des saisons , et les attaques de leurs nombreux ennemis.
Pour produire des effets aussi puissants, et aussi merveilleux , la nature n a employé qu'un moyen bien simple, c'est d'accorder aux Aranéidesdes viscères qui ont la faculté de sécréter deux liqueurs, dont l'une est un venin qui s'infiltre et se verse par leurs mandibules, et l'autre qui se transsude parleursCIières : avec la première, elles engourdissent instantanément les Insectes plus grands , plus redoutables qu'elles par la force de leur corps, ou l'énergie de leurs organes ; avec la seconde , elles produisent cette soie qui leur sert a marcher sans se heurter sur les corps les plus âpres , à glisser sur les plus polis, h se précipiter a terre, à monter verticalement, à traverser les airs, à tendre des filets pour surprendre leur proie, ou tapisser leurs demeures ; à construire ces cocons durs, serrés, qui doivent garantir leurs œufs des ennemis malfaisants, ou à les couvrir de ces légers édredons destinés à les proléger contre les atteintes d'un climat trop rigoureux. Pour apprécier la puissance de ce moyen ^ il suffit de dire que l'on a calculé que seize mille millions des fils les plus fins, qui s'échappent d'une des papilles des filières des plus jeunes et des plus petites espèces d'Aranéides, ne sont pas, lorsqu'ils sont réunis, plus gros qu'un cheveu humain , et qu'il est , sous les tropiques, des Aranéides qui forment des fils tellement
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iSo INSECTIt AVTfttBS.
forts , ^'on ne p«at les rompre qu'avec un instrument tranchant (i).
La ténuité des fils que les Aranéides extraient de certaines papilles de leurs filières j a trompé nombre d'excellents observateurs; ils n'ont pu comprendre comment ces Insectes parvenaient k s'échapper et k s'enlever dans l'air; comment ils pouvaient tendre leurs subtils filaments, k deux arbres placés k une distance considérable. Les uns ont cru qu'ils avaient la faculté de faire jaillir ces fils de leurs filières; d'autres ont pensé , qu'en raison de la légèreté de leur corps, et de la longueur de leurs pattes , elles pouvaient, par le mouvement rapide de eelles-ci , nager dans Tatr (a).
L'organisation de l'Aranéide , la nature de la matière dont elle forme sa soie , nous semblent rendre ces deux opinions invraisemblables, et les observations suivies que noui avons faites nous^-méme j sont contraires.
La matière qui sort des papilles de toutes les Ara» néides n'est point de la soie , mais une liqueur glutineuse dont les gouttelettes , par le seul contact de l'air, en s*éloignant des corps gui en ont été touchés, s'allongent en plusieurs fils qui se réunissent en un seul.
(l) Staonton , Emhassy to China, t. I, p. 343.
(a) Degë«r, t. VII, p. 191. M. P. • . , dans Lamétherle, Jomr^ IN|/ lie Physique ^ t, lY, p. 3ig. — Virey, Obsery^tions sur l'agcea- ^ion d« petites Araignées dans l'air, p. 5 ; et dans le Bulletin Universel de F^rassae, cahier d'octobre 1829, section a 1 et Londom MagaMîne 0/ P/atural History* i8a8, n* 4t P* 3ao à 334* *** l'ûtor, dans les Philosophical TransactioMt^ vol. VI, n* 77, p. 3ooa; etCo//«c* tion Académique , t. II , p. i^S. —C'est ane lettre qui contient des observations don anonyme, qai est, je crois. Lister. <— Voyet ansii le jonrnal le Temps ^ ao août iâ3o, où M. Lenoble sappoie qae les Araignées meUent des fils entre lenrs pattes , se créent ainsi des aUes , et se gonflent l'abdomen d'air pour se rendre pins légères.
»tS AKAlrtUBS. tSi
Les Annéidcs^ mk m iNdançant, ne tcuchent pâs im corps qa'ellei ne tendent un fil, cl lorsque vous les prenes elles s^ichappent par un fil latéral que tous n'aries pas aperçu. Si tous prenez une très-jeune Épéire sur Totre doigt , et que tous l'isoliez bien de Ions les c<»ps euTironnants , l'Aranéide n'ayant pas de fil latéral flottant , elle ne peut s'échapper latérale» ment ; mais , suspendue à TOtre doigt par sa matière glutinense , elle se laisse tomber assez lentement au bout de son fil qui s'allonge. Si plusieurs fois tous raooourcisses ce fil en le coupant aTec un doigt de l'antre main, auquel il adhère, l'Aranéide, désespérant d'arrÎTer àterre, emploie un autre moyen pour s'échapper. Elle remonte le long de son fil , et, à une certaine distance du point d'attache , elle traTailleTiTement aTec ses pattes et sa bouche, et parrient à fermer, sur la corde où elle est suspendue , un petit flocon de soie ; puis elle monte et descend rapidement aurdessus et en desgoos de œ flocon ^ laissant des fils très-fins h chaque coorse , qui s'appuient sut le flocon et y aboutis- ■ent, et qu'on Toit briller et flotter au soleil (i)« (De tdles obserrations ne peuTent se faire qu'au moyen d'un soleil brillant, et par un temps très-calme.) L'Araignée s'essaie sur un de ces fils, qui souTent n'est pas assez fort pour la porter; alors elle reTient sur SCS pas pour le renforcer, puis, se dirigeant le long de ce fil qui s'allonge toujours , deTient plus ferme , et la soutient d'autant mieux qu'il est plus long , elle ac-
(i) Cette obscrratioii, que je croyais m*étre propre, est bi^ aaciettae » car je la tetrooye dans Aedi , qui la rapporte eomme AftBt été laite moisi par un P. lUaiMauas. y, CoU^eUùm Acmdémiqme^ t. I y a* partie , p* 4^*
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crott de vitesse à mesure, qu'elle s'éloi^e du point d'attache. J'en vis une remonter ainsi , comme sur un plan incliné, vers un arbre , distant, de l'endroit où j'étais, de quatre toises. Le fil était tendu sur une longueur d'environ cinq pieds , et pnrnissait tenir encore à mon doigt. Au-delà de cette distance , je perdis ce fil de vue, mais non l'Aranéide que je continuai à suivre des yeux : je la vis s'élever toujours dans la direction de ce même plan incliné , sans dévier , plus baut ni plus bas , soit à droite , soit à gaucbe; mais sa rapidité fut telle^ et elle était si petite, qu'elle disparut à mes yeux. Il ne serait pas impossible que l'électricité de l'air, comme l'a constaté M. Murray, ne contribuât à soulever et à faire diverger ces fils si fins (i)
Les Aranéides , au besoin , tirent de leurs filières diOerents fils et les composent diversement; chaque fil étant une sorte de petit écbeveau formé de cinq ou six autres : la même espèce d'Aranéide forme des fils frisés ou tendus; elle les croise en tissu serré, comme une toile ou une pellicule, ou elle les écarte en mailles plus ou moins grandes. La même Aranéide a souvent pour sa toile des fils , dont la couleur sera bleuâtre, et d'autres pour son cocon d'un blanc éclatant , ou de couleur jaune ou fauve , et souvent de toutes ces sortes de fils dans un même cocon ; enfin elle produit, sur une même toile , des fils gluants et qui gardent longtemps leur viscosité , et d'autres secs et cassants aussitôt qu'elle les a tendus.
Toutes les Aranéides d'une même espèce font leurs
(i) John Marray,.0A tkt Aerial Spider, dam London'i MagaâfMf of Naturel Nittorf, november i8a8, p. 3ao à 3a4' ** ^^^^* Collêctiom Académique , t. II , p. iqS.
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toiles et leurs cocons de la même manière , avec la même sorte de fil, et selon les mêmes formes. Le cocon ne varie jamais; mais lorsque l'Araignée est emprisonnée et gênée dans le déploiement de ses moyens , die sait varier son industrie, et construit une toile appropriée au local, diflerentc de celle qui lui est liabitueHe. Lorsqu'elle est violentée par l'homme ou par une cause quelconque^ c'est alors que se décèle son degré d*intelligencc ; car , dans l'état de nature , elle n'a jamais occasion de l'exercer, attendu quelle sait toujours choisir les lieux et les situations les plus propices aux moyens qu'elle possède, et aux travaux que son instinct la porte à exécuter.
D«ins nos étables, d;ins nos écuries, dans l'intérieur de nos maisons, des toiles construites par les Âranéides, couvertes de poussière, vieilles et tombant en lambeaux , importunent nos regards et n'inspirent que le dégoût.
Il n'en est pas ainsi lorsque^ dans une de ces belles matinées de la fin de septembre , si commune dans nos dîmatSy où la nature est souvent voilée par un léger brouillard, on se promène au lever de l'aurore dans une vigne à haute tige , ou dans un parterre orné d'arbustes et de fleurs, ou dans les larges allées d'un bois ou d'un bosquet , ou dans un potager où végètent avec abondance des arbres fruitiers et des plantes de toutes pimensions, soutenues et protégées p«ir des supports et des treillages. Alors de tous côtés des loiles d'Aranéides, tendues encercles concentriques , étalées en tapis , suspendues en drapeaux , allongées en guirlandes , frappent vos regards. Le soleil, après avoir dissipé les vapeurs nocturnes , projette ses rayons sur les chefs - d'œuvre d'industrie de nos Arachnées, donne
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r^dat des dumants am gouttelettes de roaée ^[m • y troo^ent attachées, et les fait briller de toatea les ooik» leurs de Taro-en-ciel* Alors on aperçoit mieux la ner* reilleuse oontextare de leurs tissus ; alors les plus iB> différents observateurs admirent cet Insecte arant si dédaignépareux, et éprouvent le besoin de oonnaitrt son étonnante industrie^ et ses espèces si tariéea dans leurs couleurs et dans leurs formes.
Quand le soleil a fait disparaître et pompé dans l'air toutes les traces d*bumidité qui se trouvaient sur ces légers filaments si on regarde de cbié les écoroes des ar* bres et de toutes les plantes ; si on se couche à terre de manière à considérer de profil les inégalités du terrain, on sera surpria de voir que les plantes » leurs écorccs , leurs hranclies^le sol, les sillons, les pienea qui s'y trouvent , et que tous les corps de la nature placés en plein air sous la voûta du ciel , sont couverts de fils d'une ténuité extrême , invisibles à l'ombre, naaisqué leur éclat permet de voir à la lumière du soleil. Cest qu'à cette époque de l'année un grand nombre d'Annéides viennent d'éclore, et par milliers dévident en marchant d'innombrables fils; c'est qu'un grand nombre aussi travaillent, pour mettre leur postériték couvert contre les rigueurs de Thi ver ; et que toutes les gêné* rations , qui sont nées k diffà^ntes époques dans le cours de la belle saison , cherchent à s'accoupler^ à engendrer, et à jouir des derniers beaux jours; et construisent des cocons qui , déposés par elles en lieu de sûreté, perpétueront leur espèce au printemps pro* chain , lorsqu'elles^m^es auront cessé d'exister.
Cette prodigieuse multitude de fils d Aranéîdes, ce nombre immense de toiles anciennes et nouvelles y querecèlent les forêts, ks bosquets, ks campagass,
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rtjBliniKJlêinnnt lMd|paéet par W» bnima* bumidê» de Vurtièr€'9aM80ùj s'a^lomèrent €i » amoncèktit en lotigt ichêfemta. qui , téchës par le soleil ^ et Valr aouTent âpre et pur, à cette époque de Tannée ^ acquièrent une Uancbeur extraordinaire^ puis 9 a^tés par le» Tentât ila s'enlèvent dans l'air en formant ces longs fila« ■BCnU blancs, nommé» fiU de Ut Vierge | sur l'origine diignels on a tant disserter
Les jeunes Araignée* répandues de tous côtés ^ qui sa trouvant accrodiées par ces fils, ne peuvent s'en débarrasser, ou y restent volontairement, et voyagent au loin par ce moyen. Les espèces du genre Lycose qui marchent sur terre, et les Epéires qui construisent leurs toiles dans les lieux les piua découverts , sont celles que Ton rencontre le plus souvent dans CCS fils* Plusieurs naturaliste» ont cru quelles en élaicnt les auteurs , et ont ainsi décrit de très-jeunes Aranéides comme espèces distinctes. C'était attribuer on bien grand effet à un bien petit agent. Car ces filimmts sont souvent d'une prodigieuse longueur, et se réunissent en flocons si nombreux et si grès, qu'ils retombent par leur propre poids, et ressemblent à usa pluie de coton « Dans les contrées méridionales, où les Aranéides sont grosses et très-abondantes , les étangs» les rivières, les prairies, en sont quelquefois couverts. Toutes les fois que j'ai eu occasion d obser«ver ces longues et blanches touffes , je n'y ai jamais trouvé attachées qu'un trè^ petit nombre d' Aranéides, et toujours des espèces dififérentes et de différents genres.
Ces fils , résultat des toiles et des cocons de toutes les espèces d' Aranéides , ne sauraient être confondus avec ceux qui sont garnis de petits pelotons de soie ,
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par les jeunes Aranéides qui appartiemient à la grande tribu des Pileuses, pour se transporter dans Fair, de la manière dont je viens de le décrire , d'après des observations que Lister avait déjà faites avant moi (i). Ces fils sont plus diaphanes et ne forment que des flocons très^^minces. \Jj4ranea obtetrixjh laquelle M. Gravenhorst a voulu attribuer exclusivement la formation des fils de la Vierge, n'est pas une espèce , mais un jeune individu mal décrit du genre Epéire , que ce savant naturaliste a vu avec , Je fil qu'il avait fiibrique , pour se transporter dans l'air (a).
Il y a un fait rapporté par Lampridius, dont l'exagération même peut , cependant , donner une idée de la prodigieuse multiplication des Araignées. Cet historien, racontint les extravagances d'Héliogabale, dît de cet empereur : « Il se faisait un amusement de ses esclaves, et donnait des prix à ceux qui lui rapportaient un mille pesant d'Araignées; on raconte, qu'il parvint ainsi à réunir dix mille pesant de ces Insectes , et par-là , selon lui , on pouvait apprécier la grandeur de la ville de Rome (3). »
a* Classification des Aranéides daprhs leurs toiles.
Les tissus si compliqués des toiles d'Aranéides, et la variété des formes que Ton y observe, sont le résultat non-seulement du travail de leurs filières, mais encore de la plus ou moins grandeflexibilité de leur abdomen, et aussi de leurs pattes, surtout de celles de derrière, qui
(I) FoyeM Liiter, Collection Académique^ t. II, p. tgS.
(a) Isis, i8a3, 4* livraison , p. 378.
(3) Augiut, Script, , p. 110 de rédition in-folio.
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agissent continuellement pendant toute la durée de ce traTail; elles se trourent aussi forcées d'employer quelquefois, leurs palpes pour cette tâche laborieuse. La ressemblance dans les toiles tissues par les Aranéides, est donc un indice des rapports d'afliDÎtés qui existent dans leur organisation. Les Aranéides , qui font des toiles peu difi'érentes entre elles , doivent appartenir au même genre, ou à des genres très-voisins. On est donc certain de former une classification naturelle en groupant les Aranéides d'après les formes de leurs toiles , et nous allons y procéder en ne classant que celles dont nous avons nous -même observé les toiles , et mettant dans une classe à part toutes celles que le besoin de la méthode nous forcera ensuite de classer par induction. Sous ce rapport, les Aranéides peuvent se diviser en deux grandes classes, les Sédentaires et les Vagabondes.
Les Sédentaires hcoTsûet proportionnellement plus court 9 plus petit , à pattes plus fines , et presque toujours {Jus allongées, sont celles qu'on pourrait dénommer les Grandes Pileuses^ parce qu'elles construisent de grandes toiles, oii elles se tiennent immobiles au milieu, ou cachées dans un des coins, en attendant que les Insectes viennent se prendre dans leurs filets ; mais les toiles des unes ne sont que des trames formées Aefils écartés h grandes mailles, celles des autres sont des tissus à maiUes plus ou moins serrées.
Les premières comprennent deux tribus , les Orbiteles et les Betitèles. Les Orbitèles , habiles géomètres, forment ces grands filets composés de cercles concentriques ou en spirale, croisés par des rayons qui se réunissent à un centre commun , le plus souvent verticaux ou perpendiculaires au sol. Celte tribu se com-
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pose de quatre ifenret y qui rm£trmtni lee Artinéidee les jlLuB remarquables 9 par la Tariété de leurs fmues et le brillant de leurs couleurs; œs genres sont t Épâre, Plectane^ Tétragoathe, Ulobore.
Le premier de ces goires est de beaucoup le plus nombreux en espèces.
Les Jiétàèleê font des toiles grandes et en apparence irrégulières , et pourtant trèsHrqpilières , puisqu'elles scMit toujours formées de même dans les mêmes espèces, et par des fils qcd se croisent à distance dans Ions kn sens. Cette tribu, qui renferme en général les petites espèces d'Aranéides , est la pins curieuse pent<ètre par la variété étMinante de l'industrie des Aranéides qui la compose I elle compte plusieurs genre» s ThéridioD^ Épisine et quelques autres analogue»^
Mais le premier de ces genres , le Théridien ^ cet beaucoup plus nombreux en espècea^ se sobdrrise en familles ^ assea différentes entre elles povr qu'on ait été tenté d en formée autant de genres#
Les Sédentaires ou le» grandes Fileases , qui font des toiles à tissas ou à mailles serrées^ sont pev nems^ breuses en espèces; mais ces espèce» sont tiAssnulti^ pliéesy et se rencentrcnt parteift dans ne» maisons et dans les cbamps.
Elles se subdivisent en deux sections, les NapdèUs et les Tapitèles.
* Les Napitèks forment une toile il mailles serrées, qui est comme une espèce de nappe oi» de bamac suspendu boriaontalement entre les j^antes, sans ancun trou rond comase les Tapiifèle»; leurs toiles senA aussi beaucoup plus claires et plus diaphanes ifue celles de ces dernières^ mais certaines espèces surmontent ces toiles en nappes» dey aadss toiles a tsames
teméet de fik crQues dans tous les sens^ et à <^î^t4^T^^^ lyw»*"**» les Aétitèles. Les Napitèles forment le genre Linyphie^ et ceux qui lui sont analogues.
Les TapUèUs tissent, dans les angles des murs, sous les pierres et sur les buissons , ces toiles à mailles serrées, étendues horizontalement en tapis, étant pourvues d*une retraite arrondie , tissées de même que le leste de la toile. Cette tribu comprend peu d'espèces, nais ce sont les plus connues, les plus nombreuses » et celles qui fournissent la plus grande quantité de soie* Les gexures dont elle se compose sont i Tégénaire , Agélène , Nyssns et quelques autres analogues.
Les f^agabondes ou Aranéides, qui cherchent leur proie et ne construisent point de grandes toiles, se subdivisent aussi en deux classes bien distinctes , en Errantes et en Chasseuses. Les premières n'ont pas seulement recours aux courses qu'elles font , à Tentour des lieux où elles résident , pour attraper leur proie , mais elles se fient principalement pour cela aux fils qu elles ont tendus*, et dont 'elles s'écartent peu ; les secondes sont sans cesse occupées à chasser les Insectes dont elles doivent se nourrir^ et voyagent à de grandes
Les premières , eu les Enfantes ^ se subdivisent ensa deux sections : les Niditéles , qui font des nids où elles doivent renfermer leurs œufs , et une petite toile où aboudasent des fils pour attraper leur proie ; et les FilitèleSy qui tendent de longs fils épars qui n'aboutissent à aucun nid ou à aucune toile. Les Niditéles se composent des genres suivants : dans ksThéraphoses ; Mygale , Missulène , Olétère , Sphodros , Filistate ; dans les Araignées ; Clubione , Osasse , Dysdère « Segestrie, Filistate, Argyronète^ »gT<mels il ùkui ajouter cependant les Dolomèdes , du
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moins la première famille formée par la Dolomède admirable, qui fait une assez grande toile à l'entour de son nid, et que cependant d'autres i*npports dorganisation ningent dans une tribu différente. Il en est de même des Dysdères et des Segestries , que diverses affinités éloignent des Clubiones et des Drasses, et rapprochent des Mygales ou des Théraphoses en général.
Les Nitidèles ont en général le corselet allongé , et se rapprochent par leur organisation des Tapitèles et des Vagabondes proprement dites, tandis que les Fi-litèles ont le corselet plus petit, les pattes plus grêles, et sont plus voisines des Rétitèles. Les genres compris dans la tribu des Fililèles sont : Pholcus, Clotho, Enyo, Upliotes, Scytodes.
Les Chasseuses^ qui cherchent au loin leur proie, peuvent se diviser en deux tribus , les Coureuses et les Marcheuses.
Les premières , à corselet grand , à pattes longues et fortes, sont au nombre des plus grandes et des plus redoutables Âranéides ; elles courent avec une extrême rapidité. Elles comprennent les genres suivants : Mygale, Olétère , Lycose . Sphase.
Les Marcheuses , qui vont lentement et épient leur proie, Se subdivisent en deux tribus; Tune dont le corselet est épais, gros et grand, proportionnellement à l'abdomen, les pattes courtes et fortes, et qui sautent souvent en marchant, ce sont les Marcheuses^ Sauteuses qui comprennent les genres Âttus, Chersis, Erésus, Myrmécie.
L'autre tribu des Marcheuses , dont le corselet est élargi, court, proportionnellement a labdomen, dont les. pattes sont étalées et souvent inégales entre elles, doivent être nommées Marcheuses latérigrades, parce qu'elles marchent de côté. Les genres dont se compose
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cette tribu sont: Dâéna, Thomise, Sélenops, Sarotes, Philodrôme, Sparasse. Ces deux derniers genres ont oependant une marche assez rapide , et se rapprochent des Vagabondes coureuses.
lïous n*aTons aucun renseignement sur les toiles formées par les espèces des genres suivants : Storène, Ctène, Hersilie, Eripus , Arkys , Dolophone, Clastes, Desis, Ârtema , Lachésis , Zosis.
Mais les rapports d affinités les plus multipliés nous font ranger dans les Vagabondes coureuses les genres Storène , Ctène , Hersilie , Sphase et Dolophone.
Dans les Marcheuses latérigrades, les genres Eripus et Clastes.
Dans les Vagabondes errantes^ nous plaçons le genre Ârtema.
Dans les Sédentaires , les genres Lachésis et Nyssus qui paraissent être des Tapitèles; et des Zosis qui semblent être des Épéires.
Mais des observations directes valent mieux que les ^ inductions les plus fortes , et , en apparence, les mieux fondées : nous recommandons aux observateurs futurs, l'étude des mœurs et des habitudes , et de la forme des toiles , des genres que nous venons de nommer.
Les témoignages de plusieurs voj.ngeurs, dignes de foi ne permettent pas de douter, que les fils tendus par certaines grandes Epéires, et certaines Théraphoses , sont d'une telle force , qu elles arrêtent de petits oiseaux, et que l'homme même a besoin de faire eflort pour les rompre. Selon M. Staunton , à Java on est obligé d'employer pour cela un instrument tranchant. Si cette assertion est exacte, il n'y a aucune raison pour ne pas croire à celle de Richard Staf* ford , qui assure qu'aux lies Bermudes certaines
tfs IirâlCTEt A»Tftftï6.
Arstignétt «mt des toiles oiii pcurent ftfiêlei' un oiseau gros comme une grire (i). Un antre auteur dit , qu'au Mexique , il est des Araignées qui tissent des fils assez forts pour soutenir le linge qu'on a lessiré. D'un autre côté, Leuwenhoek a démontré, d'après des observations microscopiques très-exactes, que dix mille fils qui sortent d'une des filières d'une Araignée adulte n'égalent pas la grosseur d'un cheveu de l'homme , et que les fils qui sortent des jeunes Araignées qui commencent à tisser leurs toiles sont quatre cent mille fois plus fins qu'un de ces cheveux (a).
La couleur des fils des toiles d'Araignées difiire selon les espèces, elle est tantôt blanche, jaune, bleuÂtre , verdàtre. Il y a une Araignée au Mexique dont la toile se compose de fils rouges, jaunes et noirs , entrelacés avec tant d art que l'œil ne peut se lasser de l'admirer ; d'autres dont les fils sont noirs et écarlates (3).