De la réunion ou de la séparation des mâles et
des femelles d^Aranéides.
Les m&les et les femelles d'Aranéides construisent et habitent des toiles séparées. Dans la plupart des genres , le mâle se rend pour l'accouplement sur la toile de la femelle. Cependant un observateur assure que dans une espèce du genre Clubione le mâle con-
(0 Richard Stafford, Lettre dam la ColUeiivn. Académique, t. II«
(S) Leawenhoek « EpiêioUg ad sodêiattm Jlagiiam ; p* 335. (3; LesMr, Théologie des intûctes, t. I, p. 36i, chap. i4 » il cite Mtavloritéf.
9U$ ARAiril»l8. t4t
struit une UnU tsprès pour raocoupleoinit , sur laquelle il n'admet la femelle que lorsque le moment propice est venu,
Dana eerlains genres , tels que les Tégénaires , les Êpéires , après Tacte de la génération , le mAle se retire aTcc précipitation de la toile de la femelle , qui cherche à le saisir et à le dévorer; mais parmi les Rétitèles, et les nombreuses familles du genre Théridion , les miles cohabitent longtemps sur la même toile , avec la femelle , avant , et après, Taccouplement. Le mâle de la Dolomède admirable , partage même avec sa femelle les soins de la postérité i il ramasse le cocon que la femelle laisse tomber, le place comme elle sous sa poitrine, et le défend contre toutes les attaques, jusqu'à ce que les petits soient édos. Dans certaines espèces d'Épéires , tels que TApocIise , les mAles coha* bitent avec les femelles , dans le même nid , sans se nuire.
Mais dans d'autres espèces , les mâles ne sont pas moins redoutables pour les femelles, que celles-ci pour elles. J'ai vu le mile d'une Épéire inclinée profiter de ce qu'une femelle de son espèce ne pouvait que difficilement se remuer , parce qu'elle était pleine , pour lattaquer , la garrotter et la sucer.
Si les individus d'une même espèce en agissent entre eux avec cette férocité , on pense bien que les espèces différentes, et de genres différents, sont dans un état de guerre continuelle. On ne voit pas cependant les Orbitèles et les Rétitèles se hasarder souvent sur les toiles de leurs congénères pour les attaquer ; mais les Thomises tendent fréquemment des embûches aux Aranéides plus petites et plus faibles , et les surprennent et s'en nourrissent.
i4C IH«tCTtl fttTlitS.
pr€«qttti tol^tei" l«i Lycioseê , lie cocon «st tn j^énAral globuleux mais aplati , ou du moins comprimé ; c««pendant la petite Lycose Albimanè a un cocon entière* ment iph^iquei
Cette forme de eocon globuleux comprimé de la Ly^ cosa saccata^ et de beaucoup d'autres de ce genre, su retrouve aussi dans les espèces du genre Mygale , dans eertaine» Glubiones de la famille des Furies , telle que la Laptdicole. Les cocons sont globuleux dans leé genres Olétère, Tégénaire, Dolomède, Sparasse, Bégestrie , Agelène ; dans un grand nombre de Aittilles du genre Tbéridion, dans les Renflées (Théridion Sisyphie) 9 les Ovales (Th. redimitum , eto. )^ lesCryticoles ) lés Triangulilabres.
Ils sont au contraire aplatis et lenticulaires dans h théridion bienfaisant.
Ils sont aussi aplatis dans les genres Spbase et Thomise^ si nombreux en familles et en espèces ^ et dans le genre Philodrome, qui en a été détaché i de même dans certaines Glubiones , telle que laClubione «oy^euse. Us isont aplatis aussi , et ovales, dans la Ségestrie perfide.
Ainsi la forme sphériqué , orbiculaire, ou gliibulense , ovale, aplatie , et la forme ronde , plate et len-ticiilaire, sont les formes les plus communes dans ka cocons d'Araignées : mais pourtant il en est qui sont en ovale allongée et resserrée, et tronquée h sa partie supérieure , semblable à une amphore antique avec sept ou huit pointes , comme celui de TEpéire Aurélie et de l'Épéire Fasciée : d'autres l'ont en forme de coupe profonde recouverte par une opercule , comme le Drasee brillant. Il en est enfin comme dans les genres Ulobore Philodrome, Plectane ou les Araignées Épineuses , qui
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tetâestoQODSUiguleiixoa étoiles. Pour cet dermeft| ilsse trouvent en rapport avec k forme de leur abdoinei»» Le rapport entre la forme du cocon et la forme de l'abr domen^est assez général quoiqu'il ne soit pas conr stant. Ainsi TEpéire Fasciée a un abdomen OTale et lait un cocon ovale i le cocon des Thomises est en général aplati comme leur abdomen ; celui des Tbéridions^ g)pr bnJeux comme eux. Les Tégénaires, les Épéires et )(ss Latrodeetes, dont les cocons sont globuleux , put aussi l'abdomen renflé en sphéroïde à leur partie antérieure* Hais il n'y a aucun rapport entre la forme ovale , allongée, un peu comprimée, du Drasse briUeiit , ft son cocon hémisphérique ou en forme de coupe î entre 1 abdomen cylindrique du Pholcus , et sa gvosse m^sse d'œufs agglutinée , globuleuse ; entre Tabdotoea ég^Jer ment allongé, mais diminué vers l'anus, de Wlcibofa^ et son cocon aplati et anguleux,
KouB avons déjà remarqué que la couleur, dans les oofs d'Aranéide. n'est pas toujours semblable à celle du cocon, quoique ce rapport ait lieu quelquefois. I) en cet de même des couleurs du cocon , à l'égard de rabdomen : le cocon d*un vert tendre du Spar^^sse Yerdissime, d'un vert bleuâtre dans la Tétragnathe ctendue , d'un vert sale dans le Tbéridion Nervosum , d'un rouge ferrugineux dans le Théridion Sisyphuqi, d'un blafic jaunâtre dans la Dolomède Admirable, ont des rapports évidents avec la couleur de l'abdomen de ces Insectes , ou avec certaines couleurs qui occupent ■ae grande place dans les figures tracées sur leur dos. Mais le plus souvent les cocons d'Araignées sont d'an Uanc plus ou moins pur, oouême dans les espèces dont les oouieurs sont dépourvi^es de blanc ; et ces couleurs ■e aont pat les marnes dans les espèces d'un même
1^8 INSECTES APTÈBES.
genre , quelque naturel qu'il soit. Ainsi , dans la Lycose à sac , le cocon est d'un vert sale , tandis que celui de la Lycose Albimane est d'un blanc éclatant, n ne faut pas oublier cependant que cette dernière espèce a les palpes garnis de poils très-blancs , ainsi que son nom l'indique, et que son abdomen a aussi une petite raie blancbe: mais le cocon du Drasse bril* lant est peut-être encore d'une blancheur plus éclatante que celui de la Lycose Albimane , et cependant, son abdomen et son corselet , ne nous présentent que des couleurs sombres , ou métalliques et brillantes. Le Théridion Bienfaisant^ d'un brun noirâtre , fabrique un cocon blanc de lait ; enfin le Drasse nocturne , qui est noir comme du jais , a aussi son cocon d'un blanc éclatant. Le cocon de l'Épéire Aurélie est d'un vert sombre , quoique ses couleurs soient blanches , noires , argentées , dorées, sans mélange de vert.
Les Tégénaires et les Agelènes , dont les couleurs sont ternes et sombres , font des cocons très-blancs et couleur orange. Le cocon du Philodromus Tigrinus, d'un gris brun, est aussi très -blanc. Le cocon du Latrodecte Malmignatte noir et à taches couleur de sang, est d'un fauve jaunâtre clair.
Le cocon des Araignées est en général d'une seule couleur ; pourtant certaines Aranéides , surtout parmi les Épéires , ont des cocons nuancés ou marqués de couleurs diverses ; ainsi le cocon de l'Épéire Fasciée est grisâtre, mais panaché de petits traits noirs. * Dans les cocons composés , les tissus extérieurs ne sont pas semblables en couleurs aux tissus intérieurs. Ainsi la première enveloppe du cocon de la Tégénaire agreste est blanche , tandis que celle qui contient les œufs est orange. L'enveloppe extérieure du cocon
DES ARÂNéiDES. l/^g
de lÉpéire diadème est blanche, mais la bourre de soie qui recouvre les œufs est jaune comme eux. Le cocon de TAgelène labyrinthique est de même formé de couches de terre et de soie , mais moins compliqué.
Dans les Araignées , dont le cocon est simple ou formé d'une seule enveloppe , il y a cependant une grande différence entre la surface extérieure de cette enveloppe, qui est d'un tissu en général plus fin et plus serré, et la surface intérieure , qui souvent est molle et garnie de duvet , et dont la couleur diffère souvent de celle de la superficie extérieure.
Les Aranéides, qui forment des cocons simples, sont celles qui les soignent avec le plus d'assiduité, ou qui suppléent à Timperfection de ces cocons par les sacs ou fourreaux où elles se tiennent renfermées , ou des toiles extérieures qui suppléent à la multiplicité des enveloppes.
Ainsi la femelle du Pholcus phalangioïdesj ne fait point de cocon ; elle agglutine seulement ses œufs, mais elle les porte constamment avec elle, jusqu'à ce qu'ils soient éclos. Les Scytodes, au moins les Thoraciques, portent aussi leurs cocons dans leurs mandibules.
Les Aranéides , dont le cocon n'est formé que par une enveloppe mince comme ime gaze , tels que la T^é* naire domestique ou l'Araignée des chambres , la Glubione accentuée , la Qubione erratique , la Linyphie montagnarde , sont remarquables par les procédés ingénieux qu elles emploient pour protéger les germes de leur postérité. Nous les ferons connaître , lorsque nous décrirons les espèces de cette nature , qu'on a le mieux observées.
Il en est de même des Aranéides qui recouvrent leurs œufs d'une simple bourre de soie , sans enveloppe extérieure , comme les Dysdères , les Théridions cou*
l50 IN8BOTE8 APTÈBES.
romiés , rayés, ovales , et les Théridions de la famille des Grjpticoles.
Les cocons simples , à tissus serrés , peuyent être diyisés en deux sections : ceux dont le tissu est facilement déchirable) ceux qui, ayant la consistance du parchemin, ne peuvent être que difficilement déchires*
Les espèces qui forment les premiers sont principalement des genres Mygale, Olétère, Lycose, Dolo* mède, Thomise, Clubione; et ceux-là veillent sans oesse sur leurs petits, imparfaitement protégés par le cocon. Les Lycoses, et certaines Mygales mineuses, les traînent sans cesse avec eux attachés à 1 extrémité de leur abdomen; et lorsque leurs petits sont éclos ils les reçoivent sur leur dos, et les portent jusqu'à ce qu'ils soient assez forts pour chasser leur proie.
Les espèces de la première famille des Dolomèdes portent leur cocon sous le ventre ; et restent, avec leurs petits, dans les grands nids en soie que leur prévoyance maternelle leur a fait exprès fabriquer. Les Thomises et certaines Qubiones restent constamment sur leurs cocons , et les couvent en quelque sorte : ils s'en laissent difficilement écarter, jusqu'à ce que les œufs qui s'y trouvent contenus aient fait éclore leur postérité. Le Tbéridion Sisyphe, dont le cocon est d'un tissu plus ferme , et qui le cache sous des feuilles sèches suspendues au milieu de la toile , s'en écarte plus facilement que le Théridion couronné « et se laisse tomber à terre dès qu'on remue sa toile , même lorsqu'il a son cocon. Les Latrodectes, qui tendent des fils pour prendre leur proie, forment un cocon d'un tissu très-serré, et sphéroïdale conune leur abdomen.
Les espèces qui font un cocon d'un tissu plus ierme
9«ft ▲RAIfil9Bf. l5l
•t plus serré, comme du parchemin, abandonneat encore plus facilement leurs coconë , qui , le plus sou* vent , ont la forme aplatie et lenticulaire. Tels sont le Dresse noir, dont nous ayons déjà parlé , le Théri* dion bienfaisant et plusieurs autres. M^is le Drasse brillant, dont }e cocon est aussi d'un tissu très^diScile à déchirer , est en forme de coupe , se s^ pare difliqilemept du pi^n. Certaines Clubiones et les l^ùoêeê , ordinairement si farouches , se laissent prendre plutôt q^e de se séparer de leurs cocons. Bonnet TÎt U1I0 Lycose qui aixna mieniç se laisser ^gloutir diins le trou d'un fourmi-lion , plutôt que d'abandonner
Les Arenéides qui construisent des cocons composés, les abandonnent, le plus souvent, après les avoir mis en lieu de sûreté. Telles sont les Épéires, dont le cooon est formé par une bourre de soie , contenue , presque tonjourS| d^ns une enveloppe extérieure à tissu s«nré,
La Tégénaire agreste, dont les œufs sont renfermés dans une bourre l^phe qu'enveloppe i^n tissu serré, recouvert ensuite de terre et de sable , et de débris dlnsectes, renfermés dans une enveloppe de soie mince et transparente, se tient vigilante au-dessus de son eocon, sur une petite toile construite exprès et suspendue comme un hamac.
Pli»Sieurs Aranéides font deux pontes, l'une au printemps, l'autre à l'aptomne, et font par conséquent deux cocons dans l'année : mais il en est qui font coneécutivement plusieurs pontes et plusieurs cocons,
(t) Bonnet, Traité d'instetologie , dans Mt oniTNS , t. i,
l5a 19SECTES APTÈRES.
qu'elles placent les uns à câté des autres, et qui doivent éclore presque simultanément : ainsi j'ai compté jusqu'à sept petits cocons lenticulaires du Théridion bienfaisant , rangés l'un à côté de l'autre sur une seule ligne dans une feuille d'arbre, et la femelle qui s'y trouyait paraissait pleine encore. Les gros cocons de la Tégénaire agreste, que l'on troure sous les pierres, sont toujours au nombre de trois ou quatre à côté les uns des autres. Quand on examine le nid composé de feuilles sècbes , de débris de plantes qui paraissent comme tombés fortuitement au milieu de la toile du Théridion Sisyphe, on trouve toujours trois ou quatre petits cocons globuleux réunis. On en compte aussi souvent trois, et quelquefois cinq dans le nid en vase renversé, ou en forme de dôme, que le Théridion découpé construit dans un coin de sa toile. M. Tremeyer s'est assuré qu'en Italie l'Épéire diadème pond jusqu'à six cocons dans le cours de l'année , non consécutivement , mais à d'assez longs intervalles.
Mais les cocons d'Araignées qui sont multiples , c'est-à-dire qui sont formés consécutivement, et se trouvent réunis ensemble dans le même nid , ou dans la même retraite, contiennent ordinairement un, 'petit nombre d'œufs ; tandis que les cocons qui sont isolés et uniques , formés par les Aranéides , quij ne pondent qu'une ou deux fois dans l'année, et à de longs intervalles, en renferment un très-grand nombre.
Le nombre d'œuft qui sont renfermés dans les cocontf d' Aranéides varie beaucoup, selon les différents genres, souvent même dans le même genre, mais peu dans la même famille. En effet , dans nos climats on trouve des Aranéides dont le cocon ne renferme
DES ABAnilDES. 1 53
ijne dix , douze à quinze œufs^ et d'autres qui en contiennent quelquefois plus de six cents : certaines espèces exotiques nous en font voir qui en recèlent plus de mille ; il en est peut-être qui en contiennent le double de ce nombre. En considérant ce sujet d'une manière générale , on peut dire que les cocons sont peu productifs , quand le nombre d'œufs qu'ils renferment est de moins de quarante ; qu'ils sont médiocrement productifs quand ce nombre est ^u-delà de quarante, et ne dépasse pas soixante ; et qu'ils sont très-productifs quand ce nombre de soixante est dépassé.
Eln général, le genre Drasse ne forme que des cocons peu productifs. Le cocon du Drasse brillant ne renferme que dix à douze œufs, celui du Drasse nocturne une vingtaine.
La plupart des Attes, du moins ceux de nos climats, font des cocons qui ne contiennent que trente à quarante oeufs au plus, et quelquefois moins. La Tégénaire agreste, quoiqu'elle appartienne à un genre où certaines espèces font des cocons productifs , ne nous présente dans le sien qu'une quarantaine d^œufs.
Presque toutes les Thomises font des cocons qui sont médiocrement productifs. On compte dans le cocon de la Thomise citron une cinquantaine d'œufs ; dans celui de la Tbomise enfumée , je n'ai compté que seize œufs , tandis que le cocon de la Thomise crété en septembre m'a donné cent vingt-cinq œufs.
Les genres Pbilodromes , et certaines familles de Qnbiones, ouvrent la division des Aranéides, qui dans nos climats commencent à donner des cocons trèsproducti£i. Le cocon de laQubione amarantbe ne nous oflire cependant que cinquante à soixante œufs , mais celai de la Qubione atroce en a au moins cent ; le
|54 IN1IGTB8 AfTftASS.
Philodrome sobrele même nombre, maia le Philodrome flamboyant quarante à cinquante seulement. Les Tbéridiona ne font pat en général des cooona trèa-prodiictifat cependant on compte environ quatre-vingts k quatre-vingt-fcinq œufa, dans le oooon du Théridion découpé.
Le genre Sparasae , dans Tespèce dite Yerdiaslme , nous donne des eooons où l'on compte environ cent quarante œufs ; mais le Sparasae Argelas n a offert dans le sien que soixante œufs,
L'Agelènelabyrinthique enveloppe aussi une soixanr taine d'œufs dans son cocon i mais la Tégénaire domestique en fait compter dans le sien de cent soixante à cent quatre^'Vingts, LaDolomède admirable produit aussi depuis cent jusqu'à cent soixante œufs. I^es Latrodectes pondent jusqu'à deux cent vingt œufs , et peut-être davantage. Les espèces dont les coccme sont les plus productifs » et aussi l^s plus pleins , les plus gros , sont les Lycosea et les Èpéires, On a compté jusqu'à cinq à six cents œufs dans le cocon de la Lycose narbonaise s la Lycose agrétique t dont le cocon n'a que cinq lignes de long, produit cent quatre-vingts œufs. Je n'ai jamais compté que trois à quatre cents œufs dans les cocons de TElpéire diadème ; mais M. Tremeyer dit, qu'en Italie, le cocon de pette espace en produit le double de ce nombre. Cependant il est certaine» Épéires beaucoup moins fécondes j je n'ai trouvé que cinquante œufs dans lo cocon de l'Epéire anguleuse. Mais le fécondité de ces Insectes varie avec l'âge , et les jeunes femelles d'Aranéides pondent un moins grand nombre d'œufs, que celles qui sont plue âgées.
Dans la plupart des cocons d'Épéiresi dans
DX8 ARAHÉISIS. |SS
ainss Globioneft, les œufs sont agglutinés entre eux^ et ne se détachent pas les uns des autres lorsque le cocon est ouvert. Les œufs sont libres au contraire , c'eftt«à^re qu'ils roulent et se séparent entre eux lorsqu'on ouvre le cocon, comme dans le cocon des Tégénaires domestiques , du Sparasse TerdissimO) du Drasse brillant^ et de certaines Thomises*
Dans plusieurs espèces , les œufs ne sont pas agglutinés , tnais en quelque sorte soudés ensemble Comme ceux du PholcUs ; ils ont la superficie enduite d'une certaine viscosité qui les empêche de se séparer, et de rouler, par leur propre poids, lorsqu'on déchire le tissu du cocon.
Les œufs sont le plus souvent tellement couverts par le cocon , qu'on ne peut que soupçonner leur présence lorsqu'il est entier. Mais dans certains cocons , surtout parmi ceux qui sont aplatis , le tissu du cocon s'adapte tellement à la partie supérieure de la couche d'œufg , que ceux-ci sont en saillies, et forment sur le cocon autant de petites bosses hémisphériques. La dubione soyeuse, et le Thomise crété, nous présentent des exemples de ce genre de cocon.
Le coeon de l'Araignée est presque toujours plus gros que son abdomen , et la masse d'œufs qui se trouve contenue dans le cocon de plusieurs espèces, parait M pouvoir avoir été renfermée dans le ventre de celle qui la pondu , et semble être le résultat de plusieurs pontes. Il n'en est point cependant ainsi , mais ces œufe sont comprimés dans le ventre de la mère . à peine en sont^ils expulsés , que leur enveloppe moUe se dilate aussitôt qu'elle se trouve en contact av#c fairi et e'eat aaM douta là le premier efiet du mouve-
l56 IHSEGTES APTÈRES.
ment vital , et celui qui prépare celui qu'on observe dans le germe.
On voit fréquemment le jour, les Araignées travailler à leurs toiles, mais jamais à leurs cocons, d'où Ton doit conclure qu'elles exécutent ce travail pendant la nuit. Pourtant , une femelle du Drasse brillant , que j'avais placée dans un tube de verre, a construit sous mes yeux , et au grand jour, son cocon , sans qu'elle fut intimidée ni arrêtée dans son travail par le mouvement de ma main, et par la loupe qui plongeait sur elle lorsque j'approchais le tube de mes yeux.
Dans plusieurs genres d'Aranéides, les femeUes ont l'habitude de porter leurs petits sur leur dos lorsqu'ils sont éclos , et ces genres sont ceux dont les espèces se renferment dans des trous en terre ; ce sont les Lycoses , les Olétères , les Sphodros , et peut-être aussi les Mygales mineuses. Les jeunes vivent ainsi en société, pendant quelque temps, sous la direction de leur mère. Les Aranéides vagabondes qui vivent sur les plantes et construisent de grands nids de soie blanche, tels que la Clubione nourrice^ la Dolomède admirable, ont des petits qui demeurent assez longtemps en société sous la protection de leur mère , dans le nid même où elles sont écloses , d'où elles sortent et rentrent pour aller chasser.
4. De la diversité des lieux habités par les Aranéides , de la forme et de la nature de leurs retraites,
La diversité des lieux habités par les Aranéides, et la nature et la forme de leurs retraites, n'est pas mouis grande que celle de leurs toiles , et de leurs cocons.
La première et la plus grande distinction qui ^^
9X8 ARAVÉIDES. 167
i fidre à ce snjet est celle des Aranéides qui habitent anmiliea de l'eau , et celles qui yiyent dans l'intérieur de la terre , à sa superficie , ou suspendues dans l'air. Jai dit au milieu de l'eau , car aucune Aranéide ne peut TÎTre dans l'eau , c'est-à-dire longtemps baignée par ce fluide , ni dans la terre, froissée et touchée par les molécoles terreuses comme les vers de terre, les scolopendres et certains scarabées.Leurgenre de respiration, et la délicatesse de leurs membres , ne permettent aux Aranéides aucun de ces deux modes d'existence ; il faut tonjours de l'air et de l'espace à ces Insectes. L'unique espèce qui compose le genre Argyronète, et qui , dans le grand nombre d' Aranéides connu , nous offre la seule qui ait la faculté de nager dans l'eau, a son poil enduit d'une matière visqueuse, qui défend à Feau d'y pénétrer ; et elle est obligée, pour réunir le ballon d'air qui doit la contenir, et former le nid où elle se tient en respirant comme le plongeur dans .sa cloche , de revenir fréquemment à la surface de l'eau , et d'en faire sortir son abdomen, afin qu'il reçoive le contact de l'air. Un journal a dernièrement fait mention d'une grande espèce d'Araignée ou de Théraphose de la Nouvelle-Hollande, qui aurait aussi la fiiculté de plonger dans l'eau , et d'y aller chercher sa proie.
Les Aranéides qui vivent dans l'intérieur de la terre y pratiquent des trous parfaitement ronds, qu'elles munissent d'une soie fine, et habitent ainsi de petits souterrains très-propres, et solidement construits : quelquefois ils sont munis d'une opercule , ou petite porte, qui s'ouvre et se ferme à volonté; ou bien murés simplement d'un petit rempart de terre, fortifié par des débris de plantes sèches.
|(f| IVtSCTB0 âfTiKBt.
Cft ton! 1m Mygalei, les Olétèrct, 1m SphodrM et 1m Ly codes qui nous offrent des exemplM de ce genre de vie , et de cette admirable industrie , mais le mode d'existence varie à cet égard selon les genrM et dans le même genre : ainsi, plusieurs MygalM habitent sur 1m plantM ; mais il n'y a que 1m MygalM mineusM et pour- TUts d'un râteau ou de dents à leurs mandibules , qui creusent des trous , et vivent sous terre à la manière des Sphodros et des Lycoses. Les grandM MygalM font dans Técorce des arbrM , dans 1m intersticM dM pierres , ou des rochers, dM tubM ou sacs de soie où elles se renferment.
En général, presque toutM les AraignéM raga* b<MidM, 1m Dysdëres, les SégMtries, 1m Attes^ 1m Thomises , les Sparasses , 1m Glubiones , les DrassM | ont l'habitude de se cacher et de se renfermer dans des sacs ou tubM de soie , ou de former des cellulra ou des tentes ^ mais la forme de cm tubM , de om ccIIuIm , de ces tentes , et Les lieux où cUm sont établiM , diSi* rent selon 1m genres , et quelquefois entre 1m diversM familles d'un même genre , et enfin mjème quelquefois entre les diversM espèces d'une même famille. Lm DysdèrM et les Ségestries se renferment dans dM tubes de soie , mais 1m tubes dM SégMtries sont plus arrondie et sont ouverts aux deux bouts ; ceux des Dy^dèteM sont plus ovalM et mieux clos. C'est dans 1m trous des murs, et en plein air, que lesSégMtrÎM établissent leurs demeures. Lies DysdèrM, au contraire, se cachent sous les pierrM« Les OlétèrM et 1m Sphodros font dm longs sacs , dont une moitié Mt sous le sol, et Tautne moitié à sa surface. Dans le genre Atte, toutM les MpicM se renferment aussi dans des saM d'une soie fine et blanche où doivent éclore leur cooob ( mais
taitifis «sfiècèt Aibirii{aent ces Mci Mtr« des feuilles qu'elles rapprochent; d'autres espèces choisissent de préférence les cavités des pierres, des réceptacles de fruits, des coquilles vides. L'Atte fourmi fait indtflfércmmènt son nid dans les fentes de pierre, ou dans les rugosités des écorces d'arbre. Il en est de même de cer* taincsCIubiones , telles que les Glubiones amaranthe , soyeuse, féroce, atroce, corticale, que Ton trouve si souvent enveloppées dans leurs sacs blanchâtres, sôit derrière les plâtres peu adhérents des murs, ou sous réeom à moitié détachée des arbres ; mAis cependant avec celte différence, que l'on rencontre fréquemment les nids de la Glubione amaranthe , et de la Glubione sojease, dans des feuilles d'arbres qu'elles mit plissées en rapprochées , et qu'on n'y rencontre pas les deux autres espèces. Aussi ces Aranéi des appartiennent-elles à des familles difTérentes. La Clubiûiie Epimdas , dont je n'ai aussi trouvé le nid que dans des feuilles ployéeS est, aous ce rapport, comme là soyeuse et comme la fa*-
mille des Dryades. Dans les Glubiones dites Hama^*
drjradeSf une espèce, la Glubione accentuée, fait son nid dans les feuilles , et surtout dans les feuilles dessé^
diées ; une autre, la Aupicole, le construit dans les ro»
elles et les pierres.
Les Glubiones de la famille des Nymphes , là Glu«
Uone nourrice et la Glubione erratique , n'habiteit
qoe les plantes, et construisent leur sac spacieu): dans
des feuilles qu'elles ploient, ou entre des feuilles
qu'elles rapprochent.
La famille des Furies ^ au contraire , ôu la Glubione
LapidicoUe , ne se trouve jamais que sous les pierres
ou parmi les rochers.
l6o IKSECTES AVTÈRE8.
Les mêmes différences se remarquent parmi les Drasses.
Les nids , ou sacs formés par les Drasses Litophiles , ne se trouvent que sous les pierres.
Mais dans la famille des Cachées , il y a le Drasse nocturne , dont je n'ai jamais trouvé le nid que dans Fintérieur des feuilles d'arbres, qu'elles plissent et tapissent de soie, tandis que le nid du Drasse noir est toujours sous les pierres.
La famille des Drasses habiles ou le Drasse brillant , fait son nid dans les géodes ou cavités des pierres isolées reposant depuis longtemps sur l'herbe. Ce n'est point un sac, mais une espèce de tente. Les Drasses Spéophiles et surtout les espèces surnommées Atropos, Ëgorgeur, Ségestriforme, filent aussi leurs sacs soyeux et blancs sous les pierres.
Les Drasses Phytophiles, le vert et le jaunAtre, ne font pas précisément des sacs , mais une espèce de tente sous laquelle elles se tiennent, et qu'elles con-> struisent sur la superficie des feuilles. ' Dans le genre Sparasse, le Yerdissime file aussi une sorte de tente pour retraite , mais entre des feuilles , tandis que le Sparasse Argelas fait une sorte de coque sur la surface antérieure des fragments de ro^ chers ; cette coque est appliquée contre la pierre, à peu près comme les palettes marines. Les Aranéides du genre Ciotho font pour leurs nids une coque à peu près semblabl j , mais celle-ci est échancrée dans son contours et placée sous les pierres.
Les Argyronètes , ou Araignées aquatiques , ont au milieu do l'eau une demeure globuleuse ou ovale, d'une soie très-blanche , où elles se tiennent.
Telles sont les diverses formes d'habitations des
DES ARANÉIDES. l6l
Aranéides , que Ton pourrait surnommer Incluses^ parce qu'elles ont Thabitude de se tenir enfermées, même dans la belle saison.
Les Tapitèles , qui font au milieu de leur toile un tube rond où elles se cachent , ne s y renferment pas et ne sont pas Incluses. Parmi elles, les Tégénaires recherchent nos habitations et les cavités des rochers, et se nichent sous les pierres. Les Âgelènes, au contraire , résident sur les plantes et les hautes herbes ; mais les Aranéides de ces deux genres placent leurs cocons au fond d'une large poche ou sac , où ellesmêmes ne se renferment pas.
Dans toutes les grandes tribus des Orbitèles et des Rétitèles , plusieurs se cachent dans des tubes de soie , ou entre des feuilles qu'elles rapprochent , et d'autres se construisent des demeures près de leurs toiles. Ces Aranéides ne sauraient être rangées parmi les Incluses , puisqu'elles ne renferment ni elles , ni leurs cocons , dans ces demeures , la plupart du temps , très-informes , et qui sont plutôt des cachettes que de véritables retraites. Pourtant quelques espèces, qui sont organisées pour survivre à l'hiver , nous ofirent des exemples de sacs de soie , où elles se tiennent renfermées durant toute la saison rigoureuse ; telle est TEpéire Apoclise , qui construit un sac dans des roseaux , ou entre des graminées qu'elle rapproche, et dont elle le fortifie ; celle-ci , jusqu'à un certain point , pourrait être considérée comme incluse. Toutes les espèces de la famille à laquelle cette Aranéide appartient , qui est celle des Ovalaires Oviformes, se distinguent par l'industrie qu'elles emploient pour se dérober à la vue en se tenant près de leur toile. L'Epéire Qua-
APTÈRF^ , TOME I. 1 I
tGa IKSECTEê APTÈRES.
drille se construit un nid en dôme , entièrement composé de sa soie. Dans d'autres familles de ce genre, il en est , telles que les Epéires Calophylle et Tubuleuse , qui forment à la partie supérieure de leurs toiles un tube de soie rond , assez semblable à celui de la Segestrie , mais moins long , où elles se tiennent assidûment. D'autres , telle que TEpéire Scalaire, fabriquent , dans la partie supérieure de leur toile, une demeure ceintrée de toutes parts par un tube de soie, ou par des feuilles qu elles rapprocbent. Enfin , il est d'autres Épéires qui se tapissent dans des nids de soie pareils à des nids d'oiseau^ ou à des coupes très-creuses, qui ne sont pas recouvertes par en haut. Nous avons parlé de l'industrie des Théridions découpé et Sysiphe , qui se cachent avec leurs œufs dans une retraite fabriquée par elles , en cloche renversée, la première dans un coin de sa toile, l'autre au milieu : mais rien n'égale à cet égard les constructions formées par certaines Plectanes, ou Araignées épineuses, qui, ayant à se garantir des fortes pluies de la zone des tropiques , se cachent près de leurs toiles , sous une sorte de cornet renversé , d'une extrême dureté , lisse et poli, et vernissé à sa surface externe, sur lequd. l'eau glisse facilement sans l'altérer. Du reste, nombre d'Araignées Epéires ne se filent point de retraite, et se contentent de se tenir cachées entre des feuilles qu'elles rapprochent, comme les Epéires Diadèmes, anguleuse , inclinée , et autres. Il en est qui se tiennent constamment au milieu de leurs toiles ; et d'autres qui ne cachent pas même leurs cocons. L'Epéire Aurélie suspend le sien par les pointes de son contour, à peu près comme les lampes de nos églises. L'Epéire conique, presque toujours au miliea
de sa toile I au lieu d emporter sa proie dans sa re^ traite , se décèle elle-même , eu tenant pendu à un fil chacun des cadavres dlnsectes qu'elle 4 tués.
La plupart des Théridions , qui ne se eachent pat sous les pierres, ou qui n habitent pas des cayités som»' hres, tels que lesThéridion8Ponctué,CFyptieole,Tpianr gulifère, Obscur, et Marqué , ne se construbent pas de retraite : d autres, tels que le Théridion-Bienfair fiant , et le Crénelé, restent au milieu de leur toile. Les Titragnatbes , les Linyphies, les Pholcus et les Scy tondes ne prennent aucun soin pour se cacher, et on les yoit toujours au milieu des toiles quelles ont formées, ou des fils qu'elles ont tendus. Les Thomises se déro^ bent le plus souvent aux regards, en se tenant sous la •urface inférieure des feuilles , des fleurs et des corps où elles se trouvent , ou entre leurs parois , ou dans les fentes ; mais il ne parait pas qu'aucune espèce de ce genre, si nombreux en espèces, construise d'habitation ou de retraite.
DK l'jETFET des LIEUX ET DES CLIMATS SUR LA PROPAGATIOlT DES ARANÉIDES, DE LEURS MOYENS DE SUBSISTANCE, DES EHNEMIS QUE LA NATURE LEUR OPPOSE , ET DES AGENTS qu'elles EMPLOIENT POUR LES DETRUIRE.
I. Pes lieux et des climats les plus fai^orables h la propagation des Aranéides , et considérations géographiques et topographiques auxquelles ces Insectes donnent lieu.
Les plus grandes espèces d' Aranéides, comme les plus grandes espèces d'Insectes , se trouvent toutti
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dans les climats les plus chauds. C'est en Asie, c'est en Amérique que sont ces belles Epéires Chrysogastre et Clayipède, dont on a voulu à tort faire un genre. C'est aussi dans les parties chaudes de l'Asie, et de l'Amérique , et en Afrique , que l'on voit ces énormes Mygales Aviculaires , et ces Lycoses redoutables. La présence de la Mygale Calpéienne en Espagne, aux environs de Gibraltar, et de la grande Tarentule dans la Pouille , sont des indices certains , que ces contrées méridionales de l'Espagne, et de l'Italie, sont les plus chaudes de l'Europe.
Certaines espèces d'Aranéides , remarqu«ibles par leur taille et par leurs couleurs, pourraient servir, au défaut d'observations précises , à apprécier la tempé-> rature moyenne d'une grande contrée ; ainsi l'Épéire fasciée ne se trouve nulle part dans les limites du bassin de la Seine , tandis quon la rencontre au Mans , dans le bassin de la Loire , aux environs de Strasbourg*, et par conséquent dans le bassin du Rhin , et plus belle et plus abondante encore dans le bassin du Rhâne , dans celui de la Garonne, ou de la Dordogne. Cette Aranéide suit, en quelque sorte en France, la culture de la vigne. Certaines espèces vivent , au contraire, dans des climats très-différents, et occupent , si je puis m'exprimer ainsi, de vastes contrées ; ainsi l'Araignée domestique se trouve dans toute l'Europe ; et la Thomise crétée vit sous le climat glacé de la Suède, et sous le soleil brûlant d'Egypte , et est commune en Europe comme en Afrique.
Le genre Argyronète , ou l'Araignée aquatique, n'a encore été trouvé que dans des contrées froides et tempérées, et il n'est pas prouvé nue l'espèce qui le forme puisse exister dans des eaux exposées à une trop grande
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ardeur du soleil. Les Latrodectes ne commencent à paraître qu'en Italie, en Espagne et en Corse ; l'Afrique, et les parties chaudes de FAmérique , nous en ofTrent ensuite une plus grande variété d'espèces.
Aucune espèce de Plectane, ou d'Araignée épineuse, n'a été trouvée en Europe^ même dans les parties les plus chaudes : toutes paraissent particulières aux contrées des tropiques, à l'Asie, etàTAmérique.
Presque tous les genres d'Aranéides de l' Ancien- Monde (Asie, Europe, Afrique) se retrouvent dans le Nouveau-Monde (Amérique septentrionale et méridionale); mais les espèces sont différentes. La plupart des genres particuliers au Monde-Maritime (l'Archipel Malais , la Nouvelle-Hollande ou Australie , et les tles du grand Océan) ne se sont point retrouvés ailleurs.
Le genre si singulier des Olétères, qu'on rencontre, quoique rarement, au nord de la France comme dans le midi, compte une ou plusieurs espèces en Amérique; il en est de même des Mygales mineuses.
Les Filistates, genre non moins curieux que les précédents, s'est trouvé aux environs de Marseille et au Sénégal.
Les genres Sphodros^ Éripus, Ctène, Myrmecie et Zosis , paraissent particuliers au Nouveau-Monde , quoique je soupçonne qu'il existe en Europe une espèce du genre Ctène.
Les genres Missulène, Storène, Dolophone et Deléna, n'ont encore été trouvés que dans le Monde-Maritime ; mais le genre Nysse a son analogue en Afrique et en Europe.
Le genre Glastes s'est rencontré dans le Monûe-Maritime et en Amérique.
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Artema , ce ^nre si singulier par la conformation de ses mandibules , semble ne se produire nulle part ailleurs que dans File de France. Le genre Olios pa*» ratt aussi particulier aux Iles du grand Océan ^ à TO^ eéan indien et à rAmérique , et l'espèce qu'on trouve en Ejspagne s'écarte du genre.
Le genre Selenops se trouve dans TOcéan indien €t en Afrique et dans TAmérique méridionale. L'Elspagné en montre au ssi une espèce. En général, l'Espagne a de l'analogie avec l'Afrique par les Aranéides qui y Tirent.
Le genre Hersilie semble aussi appartenir partie culièrement à l'Afrique. Il en est de même du genre l)jction^ qu'on n'a encore trouvé qu'en Egypte. Le genre des Scy todes d'Europe , si remarquable pat 1& formé du coraelet, a son analogue en Amétique.
Le genre Latrodecte, qui se distingue par ses couleurs noires avec des taches couleur de sang ^ et par les efiets désastreux de sk morsure , se trouve en Ea<«rope, en Afrique et en Amérique, et dans toutes ces contrées il est également redouté.
Le genre SpliasC) qu'on trouve en Italie, conipte aussi des espèces asiatiques, américaines et de l'Archipel indien. Mais le genre Ulobore et le genre Uptiote n'ont encore été trouvés qu'en Europe et en France^ quoique peut*étre les espèces singulières qui ont servi à les former, ou des espèces du même genre, se retrouvent dans d'autres contrées.
Les 0H>itèle8 et les Rétitèles deviennent plus rares^ et offrent une moins grande variété d'espèces à me*> sure que le climat est moins chaud et plus stérile \ ear le nombre des Insectes est alors moins considérable, et les moyens de subsistance, pour les Aranéides, se trouvent diminués dans la même proportion.