‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 410 sur 1156 · Puce irritante. (Pulex irritans · texte numérisé non relu

Puce irritante. (Pulex irritans

Tête courte^ non dentée sur ses bords; lame basilaire des mandibules articulée , cultriforme ; antennes courtes cachées dans une racinure derrière l’œil ; tarses assez peu allongés , subépineux ainsi que les palpes ; couleur rouge brun.

Pul. irr., Linn., Fauna suec éd. 2, n° 1695. — Geoff., /ns., II , 614, pl. 20 , f. 4. - Pul. vulg ., De Gôer, Mém ., YII , 1 , pl. i , f. 1-5. — Pul. irr ., Linn. Gmel., 2923 (pour la synonymie).— Common flea, Shaw, Gen. zool. Yï, pl. 22, id .. Naturalisas miscell ., Y, 178. — Pul . irrita Dugès , Ann. sc. n.t lre série , XXYII , 147, pl. 4 , fig. 1. — Douché, Nova acta val. curios ., XVII, part, i, p. 503.— Dujardin, Observateur au microscope , p. 447 , pl. 15.

Parasite de l’espèce humaine , surtout en Europe.

De nouvelles observations ont fait admettre que la Puce des animaux domestiques diffère de la nôtre , et que chaque espèce paraît même avoir la sienne propre.

Il nous serait impossible de faire une histoire complète des animaux du genre Puce, dont quelques personnes, fort habiles du reste , ont su utiliser si bien les mouvements pour les donner en spectacle. La citation suivante de Geoffroy (1) nous fera voir que ce genre d’industrie n’est pas entièrement nouveau.

« Les merveilles que quelques auteurs rapportent à son sujet servent à justifier également sa force prodigieuse et l’adresse de quelques ouvriers qui ont su l’enchaîner et l’atteler à de petits chariots. Au rapport de Mouffet , un nommé Marc , Anglais , avait fait une chaîne d’or fermant à la clef. Une Puce attachée

(l) Insectes des environs de. Paris, II, 616.

APHANIPTERES.

par cette chaîne la tirait avec facilité , et le tout , y compris le petit animal , pesait à peine un grain. Hook raconte un fait encore plus surprenant : un ouvrier anglais avait construit en ivoire un carrosse à six chevaux , un cocher sur le siège avec un chien entre ses jambes, un postillon , quatre personnes dans le carosse et deux laquais derrière, et tout cet équipage était traîné par une Puce (i). »

Les Puces sont on ne peut plus répandues dans certaines parties de l'Europe ; il y en a aussi dans le nord de l’Afrique et dans beaucoup d’autres contrées. En général , elles vivent avec j l’homme et toujours à ses dépens ; certaines circonstances sont plus favorables à leur multiplication que d’autres. Les casernes en ont beaucoup , mais elles pullulent surtout dans les camps , et les baraques dans lesquelles on loge , aux environs de Paris , les soldats actuellement employés aux fortifications , en regorgent ; les chambres des officiers sont habitables , quoiqu’on y souffre cependant beaucoup pendant les premières nuits ; mais les chambrées des soldats fourmillent de ces parasites, et l’on voit

(l) «Il y a, je crois, une quinzaine d’années que tout Paris a pu voir les merveilles suivantes que l’on montrait sur la place de la Bourse pour la somme de 60 centimes; c’étaient des Puces savantes. Je les ai vues et examinées avec mes yeux d’entomologiste armés de plusieurs loupes.

Trente Puces faisaient l’exercice et se tenaient debout sur leurs pattes de derrière , armées d’une pique , qui était un petit éclat de bois trèsmince.

Deux Puces étaient attelées à une berline d'or à quatre roues, avec postillon, et elles traînaient celte berline; une troisième Puce était assise sur le siège du cocher avec un petit éclat de bois qui figurait le fouet. Deux autres Puces traînaient un canon sur son affût. Ce petit bijou était admirable; il n’y manquait pas une vis, un écrou. Toutes ces merveilles et quelques autres encore s’exécutaient sur une glace polie. Les Puces-chevaux étaient attachées avec une chaîne d or par leurs cuisses de derrière ; on m’a dit que jamais on ne leur ôtait cette chaîne. Elles vivaient ainsi depuis deux ans et demi ; pas une n’était morte dans cet intervalle. On les nourrissait en les posant sur un bras d’homme qu’elles suçaient. Quand elles ne voulaient pas traîner le canon ou la berline , l’homme prenait un charbon allumé qu’il promenait au-dessus d’elles , et aussitôt elles se remuaient et recommençaient leurs exercices. Toutes ces merveilles étaient décrites dans un programme imprimé qu'on distribuait gratis , et qui , sauf l’emphase des mots , ne contenait rien que de vrai et d’exact. » (Walckenaer).

G. PUCE

des hommes dont la peau couverte de piqûres semble atteinte d’une éruption miliaire. L’automne est l’époquede l’année pendant laquelle on ressent davantage leurs atteintes , sans doute parce qu’elles éprouvent alors le besoin d’une chaleur plus soutenue. En été , elles sont , pour ainsi dire , erratiques; l’on en trouve dans les bois, dans les jardins , etc. , où elles vivent et se multiplient sans que notre sang paraisse bien utile à leur nourriture. On peut aisément s’assurer de ce fait dans les maisons abandonnées ; les Puces y sont en grand nombre ; mais en général de fort petite taille. Il est vrai qu’elles ne sont que plus avides , et malheur aux personnes qui entrent sans précaution dans ces repaires à vermine ou qui en sortent sans secouer leurs vêtements. Dugès en a vu jusque sur les bords de la mer. « On trouve communément, dit ce savant naturaliste, sur la plage sablonneuse de la Méditerranée , au voisinage de Cette et de Montpellier, des Puces d’un brun presque noir et d’une énorme grosseur ; la mouche commune n’est pas le double de leur taille. Ce sont des Puces humaines , et leur présence à la plage n’est due qu’au grand nombre de baigneurs et baigneuses de toute classe qui y déposent leurs vêtements durant les chaleurs de l’été. »

Les Puces ont plusieurs œufs à chaque ponte. Elles les placent dans les ordures , aux endroits peu accessibles. Au bout de quelques jours ces œufs, qui sont ovoïdes et blancs, gros comme une très-petite tête d’épingle , éclosent , et il en sort des larves apodes , dont les segments ont des petites touffes de poils , le dernier portant en arrière deux petits crochets. Leur tète est écailleuse en dessus , munie de deux antennes courtes et sans yeux. Ces larves , d’abord blanches , deviennent ensuite rougeâtres; elles ont beaucoup d’activité. On en trouve quelquefois sous les ongles des personnes malpropres , principalement aux pieds.

M. Defrance a constaté que la mère plaçait avec ses œufs quelques petitsmorceaux de sang desséché , qui serviront de première nourriture aux larves. En douze jours environ celles-ci ont pris tout leur développement; elles se filent alors la petite coque soyeuse dans laquelle se passe leur état de nymphe , et lorsqu’elles en sortent, elles ont pris la forme d’insectes parfaits Les opticiens emploient souvent ces larves, des parties de Puces, etc., comme test-objets. Ils ont des personnes très-habiles à faire ces petites préparations, soit sur les Insectes, soit sur les Acarides.

APHANÏPTERES»

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