Hjlotome, Lâtb
Ses antennes sont courtes, noires, et vont en grossissant de la base au sommet ; la tête, le corselet et Fabdomen sont d'un noir bleuâtre ; les ailes brunes.
La larve de cette espèce , suivant Frisch et Bcrgmann , n'a point de pâtes membraneuses; elle n'a que six pâtes écailleuses, placées sur les trois premiers anneaux \ son derrière est terminé par deux espèces de cornes pointues. Réaumur et Degéer , qui ont élevé ces larves , n'en ont jamab eu l'insecte parfait. Réaumur a trouvé celles qu'il vni. 7
74 MISTnmF. NATURKM.B
a noiirrif^ siir l'abricotier, où elles vivent en société. Leur corps a la forme de celui des chenilles; elles plient les feuilles qu'elles veulent raanger, au moyeu des fils dans lesquels elles se tiennent. Elles sont de couleur verte; elles ont la tête , ta partie postérieure, les pâtes et les crochets très noirs. Elles entrent en terre pour s*y métamorphoser.
Elles font des coques de terre.
On la trouve en Europe.
La Tenthrède brûlée, Tenihredo ustuUuus.
G. Hjlotome. Latb.
Elle a environ trois lignes de longueur ; ses antennes sont noires, composées de trois articles ; les deux premiers courts , le troisième plus long, en masse; l'abdomen est gros et court , d'un bleu violet foncé luisant ; les pâtes sont noires; les ailes transparentes ; elles ont une teinte de brun clair, avec les nervures d'un brun presque noir ; 1rs «npérienres ont la bordure extérieure noire, avec une tache brune vers le mîKeu.
PRS TENTHEKUES. 7 5
Les aotennes du màlc sont un peu plus longues que celles de la femelle, moins grosses à rextrémité , et couvertes de poils dans toute leur longueur ; celles de la femelle sont moins longues que son corps , et sans poils.
Sa larve vit sur le rosier sauvage ; elle a sept lignes de longueur , quatorze pâtes membraneuses et six à crochets; elle est verte ; elle a deux raies blanches sur le corps , et entre ces deux raies une d'un vert foncé ; on voit de chaque coté des anneaux une éminence charnue, garnie de petits poils, et quelques poils courts sur le corps. La tête est d'un brun paie, avec une ligne longitudinale obscure. Elle a ordinairement Texlrémité du corps courbée en dessous. Vers le milieu de Tété elle s'enfonce en terre , où elle (lie une coque ovale , mince , composée d*une soie lâche en réseau; dans laquelle elle en construit une seconde plus mince , d'un tissu serré, de couleur blanche, qoi n'est point adhérente à la première ; elle passe l'hiver dans cette coque, et n'en sort que l'été suivant , sous la forme d'insecte parfait.
76 HISTOIRE HÀTORELLC
Elle habite l'Europe : on la trouve aux enyirons de Paris.
La Tenthrède céphalote , Tenthredo
cephalotes.
G. Mégalodonte. Latr.
Elle est assez grande ; la tetc est grande , noire, ayec trois points jaunes entre lesyciix et deux taches rondes, de même couleur, à sa partie postérieure; le corselet est noir, strié antérieurement; l'abdomen noir, avec qnatre bandes transversales jaunes ; les pâtes sont ferrugineuses.
Elle habite l'Allemagne.
La Tenthrède de la rose, Tenthredo
rosœ.
G. Hrlotome. Latr.
Les antennes sont de la longueur du corselet, composées de trois articles; les deux premiers courts, cylindriques; le troisième très long; grossissant de la base au sommet, garnies d'un très grand nombre (W
DBft TBNTBEXDSS. 77
poils dans toute leur longueur , principalement celles du mâle. La' tête est noire ; le corselet est de même couleur, luisant, avec les côtés d'un jaune rougcâtre ; l'abdomen est gros, surtout celui des femelles, d'un jaune orangé ; les pâtes sont de même couleur que l'abdomen. La moitié antérieure des ailes a une forte teinte jaune , le reste est sans couleur ; les supérieures sont bordées extérieurement, dans presque toute leur longueur, d'une raie noire assez large.
On trouTe sa larve vers la fin de l'été sur
e rosier, dont elle mange les feuilles. Elle a
mviron huit lignes de longueur. La tête et
e dessus du corps sont d'un jaune foncé , les
;ôtés et le dessous d'un vert blanchâtre; tout
e corps est parsemé d'un grand nombre de
>etits tubercules noirs et luisans , garnis de
>lus ou moins de poils* Dans leur jeune âge
es larves sont d'un vert obscur, avec des
loints noirs. Elles tiennent ordinairement la
•artie postérieure de leur corps courbée en
essous ; quand on les touche, elles se laissent
)mber à terre en se roulant en cercle. Elles
'ont que dix -huit pâtes; les écailleuscs
Ho HISTOIBE HITUEKLLE
de se fermer. Peu après que cette liqueur a paru , la femelle achève de retirer sa scie de rentaille, et recommence la même opération. Il n'j a quelquefois que trois ou quatre entailles à la file les unes des autres ; quelquefois il y en a vingt -quatre. L'endroit de la branche auquel la femelle a confie ses œufs paraît peu différent des autres le premier jour; mais le lendemain il est brun , et par la suite chaque endroit entaillé se relève y et prend de jour en jour plus de convexité. Cette élévation de la partie entaillée est due à l'augmentation du volume de l'œuf, qui y suivant Réaumur , croît de jour en jour. L'œuf, en croissant et en obligeant la peau de l'arbuste à s'élever et à devenir convexe , oblige la fente qui a été faite à la peau à s'agrandir. Cette ouverture devient journellement plus considérable 9 et elle est telle, lorsque la fausse chenille sort de l'œuf, qu'elle lui donne le passage qui lui est nécessaire pour aller chercher sa nourriture sur les feuilles du rosier.
a. T. il» riii- .I.Dipl. du 1{<>.
S.T. SrfHenlrion»\ .
DES TENTHnKDKS. 8 I
La Tenihrède du pîn , Tenthredo pini.
G. Lophire. Latr.
Le mâle est uu peu plus grand (pie la femelle; ses antennes sont noires, pectinces, et forment sur la tête une espèce de panache ; sa tête et son corselet sont d'un noir mat ; Tabdomen d'un noir brillant, assez gros à son extrémité : il a deux parties brunes, coniques, écailleuses, en forme de crochets, avec lesquels il s'accroche au ventre de la femelle pendant l'accouplement; les pâtes sont d'un jaune brun , avec les cuisses noires ; les ailes sont transparentes ; les supérieures ont , vers le bord extérieur, une tache brune allongée; les inférieures sont noirâtres à l'extrémité.
La femelle a les antennes plus courtes que celles du mâle, et moins pectinées; elles sont noires ; jaunâtres à la base ; la tête est noire ; le dessus du corselet est noir, couvert de quatre plaques, dont les sutures sont jaunes: le dessous est de cette demiêre couleur. L'abdomen est noir sur le milieu , d'un
8a HISTOIRE MÀTUaKLLK
gris verJàtre en dessous et sur les côtés, «ivcc une grande tache noire vers l'extrémité. Les pâtes sont jaunâtres; les cuisses ont une tache noire ; les tarses des quatre patcs postérieures sont noirs.
Sa larve vit en société sur le pin ; on en trouve asseï communément une oentaint^ réunies , presque continuellement occupées à ronger les feuilles ; quand elles ont mangé celles de la branche sur laquelle elles se trouvent, elles se mettent en marche, et montent la branche de compagnie pour en trouver de nouvelles. Il est facile de les découvrir , parce qu'elles dépouillent plusieurs branches de suite. Elles ont environ quinze lignes de longueur; la tète est d'un brun jaunâtre, le corps d'un blanc verdâtro:
quand la larve se raccourcit , elle est couverte de rides transversales; elle a de chaque côté deux rangs de taches noires , oblongues ; eotre ces taches , sur chaque anneau , deux éminences charnues, l'une horizontale et l'autre verticale , garnies de petites épines courtes et noires, et sur le dos une ligne verte , qui est la grande artère qui parait au
DES TBliTHKÈDRft. 83
travers de la peau. Les pâtes mennbrliiieQses sont blanchâtres. Ces larves font souvent des trous assez profonds aux jeunes rejetons du pin , dont elles rongent Técorce. Lorsqu'on les touche , elles élèvent la tête et le devant du corps, et laissent couler de la bouche une goutte de résine claire, semblable à celle qui sort des branches coupées du pin : elle en a l'odeur et la consistance. C'est le suc résineux qu'elles tirent des feuilles, et qui sert à leur nourriture et à leur accroissement.
Lorsque ces larves veulent changer de peau , elles embrassent une feuille ou une petite branche avec le derrière , qu'elles contournent un peu , afin de pouvoir s'y tenir fixées. La mue s'achève ensuite comme dans les chenilles, et la vieille peau reste attachée à la branche. Parvenues au terme de leur accroissement , vers le milieu de l'été, elles changent de peau et de couleur; elles ont alors , sur le milieu du dos , ose raie composée de taches noires , interrompoes à chaque anneau. Après cette dernière mue elles se filent une coque qu'elles attachent
84 niSTOinE NATURELLE
aux branches du pin. Cette coque , dans laquelle la larve a le corps plié en deux , est ovale y et d'un brun jaunAtre ; elle la fortiGc en dedans de plusieurs couches de soie, ce qui la rend d'une consistance solide. Ces tenthrèdes passent l'hiver sous la forme de larve, et ne se changent en nymphe que vers la fin du printemps, environ quinze jours avant de subir la dernière métamorphose. Les mâles paraissent plus de quinze jours plus tôt que les femelles.
On la trouve communément aux environs de Paris , au bois de Boulogne.
La Tenthrède américaine , Tenthredo
americana,
G. Hjiotome. Latr.
Elle a environ six lignes de longueur ; les antennes sont noires , de la longueur du corselet, un peu plus grosses vers l'extrémité ; la tête est verte et brillante en dessus, jaunâtre antérieurement; les yeux «^ réseau sont bruns ; les yeux lisses , très brillans , couleur de rose ; le corselet est inégal , ra-
DES TKXTHEÈDES. 85
boteux , plus large postéricnrement , d'un jaune foncé brillant; l'abdomen est court, caréné en dessus, d'un bleu violet brillant; les t]uatre pâtes antérieures sont jaunes , les postérieures noires, longues et grosses ; les ailes sont chiffonnées, d'un violet très foncé , brillant ; l'extrémité est d'un brun clair et transparente.
On la trouve à Surinam.
La Tenthrède rustique, Tenthredo
rustica.
Elle a environ sept lignes de longueur; les antennes sont noires, de la longueur du corselet, composées de neuf articles; les deux premiers plus courts que les autres, d'égale grosseur dans toute leur longueur; la tête est noire; le corselet est de la même couleur, avec une ligne jaune de chaque côté antérieurement ; l'abdomen est coniqne , d'un noir lisse, avec trois lignes transversales jaunes en dessus ; la première près da corselet , les deux autres près de l'extrémité , rapprochées l'une de l'autre , avec quelques VIII. 8
S6 UISTOIRK NATURBL1.K
Uchcs briiDCS en dessous; les pâtes sont jaunes, les cuisses noirâtres; les ailes ont une forte teinte brune, avec les nervures de la même couleur.
I^ double scie de la femelle a ses pointes un peu recourbées et dirigées en arrière vers l'anus.
Sa larve vit sur le chèvrefeuille ; elle reste pendant le jour roulée en spirale sur la feuille : elle ne mange que la nuit. Elle est d'un gris cendré; elle a sur le dos onze taches brunes de forme triangulaire , dont le sommet est du côté de la tcte , et quelques taches plus petites; le corps est garni de rides transversales ; la tête est d'un brun obscur. Ces larves ont vingt -deux pâtes. Après la dernière mue, elles sont d*un jaune pâle; leurs taches sont peu visibles, et leur peau est transparente. An commencement de l'automne , elles ont acquis leur accroissement ; elles s'enfoncent dans la terre , où elles font nne coque avec des grains de terre qu'elles Kent ensemble avec de la soie; elles en tapissent l'intérieur d'une couche de soie. Elles pasaem l'hiver sous la forme de larve.
«He habite l*-^
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* «en» diflîciie-
ment et est toujours prête à tomber. Ces larves restent en repos pendant le jour ; la nuit elles vont d'une feuille à l'autre ^etn'en mangent que le parenchyme, sans toucher à répiderme inférieur. La tête est noire: dans l'état de repos , les larves la tiennent baissée et cachée sous le premier anneau. Le corps est beaucoup plus gros antérieurement que postérieurement; il est couvert d'un grand nombre de rides transversales , qui ne sont visibles qu'après en avoir 6té la matière visqueuse, ou immédiatement après le changement de peau , parce qu'alors elles n'en sont pas couvertes. Ces larves ont vingt pâtes. Vers le milieu de l'automne, elles s'enfoncent dans la terre , avec laquelle elles font leur coque ; elles en lient les grains avec de la soie , et la tapissent en dedans de la même matière , qui est de couleur noire. Elles passent environ dix mois dans ces coques , tant sous la forme de larve que sous celle de nymphe; elles en sortent vers le milieu de l'été.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris.
DBS TBHTREKOKS.
La Tenthrède du saule , Tenthredo
salicis.
Elle a environ quatre lignes de longueur; les antennes sont noires , plus longues que le corselet , composées de neuf articles ; la tête est noire; le corselet est jaune , avec une grande tache noire sur le milieu , et deux de même couleur en dessous; Tabdomen est d'un jaune fauve; les pâtes sont d'un jaune fauve , avec les tarses des pâtes postérieures noirs ; les ailes ont une teinte brune , avec les nervures de la même couleur ; les supérieures ont une tache marginale allongée brune; la tarière de la femelle est d*un brun obscur.
On trouve sa larve sur le saule, où elle vit en société : elle a environ un pouce de longueur. Ces larves sont ordinairement pla« cées le long des bords des feuilles , qu'elles rongent continuellement ; elles ont le derrière du corps courbé en arc, de manière qu'il repose sur le plat de la feuille, tandis que les pâtes écailleuses et quelques paires des membraneuses sont accrochées à son
iW?f
90 H1STOIRK HATUEKLLX
bord. Elles ont viD{;t pâtes ; la tête noire et luisante ; le corps d'un beau vert ; elles ont de chaque côté des anneaux , à Texception du dernier, une grande tache d'un janne rougeâtre , et sur le dernier , une grande tache noire. Le corps est terminé par deux petites pointes écailleuses , noires à Tcxtrémité; il est couvert de rides transversales. Les pâtes sont d'un vert blanchâtre. Lorsqu'on touche à ces larves, elles paraissent vouloir se défendre ; elles agitent l'extrémité de leur corps , l'élèvent et le remuent de côté et d'autre , sans quitter la feuille qu'elles tiennent fortement avec leurs pâtes antérieures. Elles entrent en terre vers le milieu de Tété ; elles y filent une coque ovale double ; l'intérieure est entièrement noire , d'un tissu plus serré que la coque extérieure ; elles subissent leur métamorphose dans ces coques, d'où elles sortent environ vingt jours après leur transformation , sous la forme d'insecte parfait.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris.
Bile a envîpo« ."■""' fc de™i„ "'»'•' »...o«™'
9^ HISTOIEE NATUEKLLE
sont couvertes en dessus d'une matière blanche cotonneuse, semblable à celle qui recouvre plusieurs espèces de pucerons, tels que ceux des vessies de l'orme, du tremble , et principalement ceux du hêtre. Le corps de ces larves est quelquefois chargé en dessus et sur les côtés de cette matière , qui s'y trouve assemblée en longs flocons irréguliers. Quand elle y est en moindre quantité , on voit qu'elle est composée par un assemblage de petites touffes plates en forme de brosses, élevées perpendiculairement à la surface de la peau , et qui partent de plusieurs cavités allongées qui s'y trouvent placées ; ces touffes sont un peu éloignées les unes des autres , de grandeur inégale ; elles tiennent très peu à la peau , le moindre frottement les enlève. Cette matière est molle et légère, formée par une quantité de fib courts , frisés , extrêmement fins et déliés , entrelacés sans aucun ordre. Lorsqu'on enlève cette matière de dessus le corps de la larve , trois heures après il est recouvert de la morne matière, qui s elèvc en touffes qui ont la forme de lames ;
DES TERTHRioES. 9T
elles sortent de plusieurs taches un peu concaves qu'on aperçoit sur la peau ; ce qui fait croire que ces cavités sont criblées de trous extrêmement fins qui donnent issue aux fib cotonneux comme autant de filières. Parvenues au terme de leur accroissement , ces larves changent de peau , et la matière cotonneuse ne parait plus après la dernière mue : elles sont alors d'un vert bleuâtre. Vers la fin de l'été , elles entrent en terre , où elles filent deux coques d'une forme ovale : l'extérieure, couverte de grains de terre , est épaisse , d'une soie d'un brun obscur, d'un tissu solide et serré ; ses deux bouts sont faits en réseau formé par des mailles : la coque intérieure est mince, flexible , d'un tissu serré , d'un brun clair jaunâtre ; mais ce que cette coque a de remarquable , c'est que dans son milieu elle a une bande blanchâtre, comme on en voit à plusieurs coques d'ichneumons. Les larves qui entrent en terre vers le milieu de l'été , paraissent sous la forme d'insecte parfait environ un mois après; mais celles qui vivent plus tard passent l'hiver dans leur co-^
Kl
94 mSTOlEB VATDEELLE
que, d'où elles ne sortent que le printemps suivant.
On la trouve en Europe.
L'aune nourrit encore une autre espèce de larve , qui est celle du ienthredo pavida ; elle est verte, et a le corps couvert d'une matière analogue au coton des larves de l'espèce précédente , mais en moins grande quantité. Ces larves sont toujours étendues en ligne droite sur les feuilles , d'où elles se laissent tomber dès qu'on y touche. Elles entrent en terre pour se métamorphoser , mais ne filent point de coque ; elles assemblent seulement quelques grains de terre qu'elles lient avec un peu de soie, passent l'hiver dans ces coques sous la forme de larve , se changent en nymphe au commenoement du printemps , et en insecte parfait à -la fin de cette saison.
On la trouve en Europe.
Begéer a observé que ces larves servent quelquefois de nourriture aux larves d'une mouche à deux ailes, et à quelques larves d'ichneumons. Ayant ouvert une coque de cette tenthrède , il y a trouvé une mouche
DES TKNTVmÊDES* qS
de l'espèce des mouches de la viande : oetre mouche était morte et renfermée dans une coque d'un brun rougeAtre, faite avec sa peau , placée comme en prison dans la double coque de la larve de la tenthrèdc. Cette mouche est venue d'une larve qui , ayant été dépos('*e trop tard dans le corps de la fausse chenille , n'a pu en sortir avant que cette dernière ait construit sa coque ; la mouche n'ayant pas d'instrument propre à percer une matière aussi dure que l'est celle de la coque de la tenthrède , a trouvé son tombeau dans l'endroit où elle a vécu.
La Tenthrède septentrionale, Tentkredo septentrionalis.
Les antennes sont noires »^1us longues que le corselet ; la tcte et le corselet sont noirs ; l'abdomen est roux , avec les deux premiers et les deux derniers anneaux noirs ; les cuisses sont roasses ; les jambes blanches , avec une tache rousse ; les tarses d'un brun jaunfttre ; les |>ates postérieures sont très grandes ; les jambes sont grosses , l'ex-
96 HISTOiaE NATUEELLE
tremité aplatie y armée de deux épines très fortes ; le premier article des tarses est très large, aplati; les autres sont égaux; les ailes ont une teinte d'un violet foncé ; les supérieures ont une tache marginale noire. Sa larve a près d'un pouce de longueur ; vingt pâtes ; elle vit en société sur le bouleau , 011 on trouve ces larves vers la fin de Tété; elles sont vertes, avec le premier et le dernier anneau d'un jaune rougeâtre ; les pâtes membraneuses sont jaunes, les écailleuses vertes; la tète est noire, luisante. Elles ont de chaque côté du corps, au-des> sus des stigmates, des taches noires, et audessous des taches de même couleur, ovales , élevées et luisantes; en dessus du corps, vers Textrémité , une plaque écailleusc noire qui lÉBvrQ. l'anus. Ces larves ont ordinairement l'extrémité du corps courbée en dessous. Elles rongent les bords des feuilles. Quand on les touche un peu rudement, elles font sortir d'entre leurs putes membraneuses des tubercules charnus et coniques, d'un vert obscur, qui rentrent ensuite dans le corps , h la manière des
DES TENT^REOES. 97
cornes ou tentacules des limaçons. Parvenues au terme de leur accroissement , elles s'enfoncent dans la terre, où elles filent des coques simples de forme ovale , entièrement noires, dans lesquelles elles passent l'hiver, et d'où elles sortent vers le milieu du printemps suivant, sous la forme d'insecte parfait.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris.
La Tentlirède bedeau du saule , Tenthredo capreœ.
Elle a quatre lignes de longueur -, la tête est noire en dessus, jaune antérieurement; le corselet est noir en dessus, avec une tache jaune de chaque côté de la partie antérieure ; l'abdomen est jaune en dessus et en dessous ; le bord extérieur des ailes est nuir et épais.
- Sa larve vit sur le saule; elle a vingt pâtes; sa tête est noire et lisse; les trois premiers anneaux et les trois derniers sont de couleur fauve; les autres sont d'un beau vin. .j
9$ HISTOIRE NATUEEI.LK
bleu Yerdâtre. Elle a sur le corps neuf rangées de points noirs. La bigarrure des couleurs de cette larve lui a fait donner le nom de bedaude.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris.
La Tenthrède de la scrophulaire , Tenthredo scrophulariœ.
Elle est longue de cinq lignes, noire, avec les antennes un peu plus grosses vers leur extrémité, et fauves; les anneaux de l'abdomen, le second et le troisième exceptés , sont bordés postérieurement de jaune ; les jambes et les tarses sont fauves.
Elle ressemble à une guêpe. Sa larve a vingt-deux pâtes ; elle est blanche , avec la télé et des points noirs : elle vit sur la scrophulaire.
On trouve cette espèce aux environs de Paris.
DES TRirranEDES. 99
LaTenthrède verte, Teruhredo viridis.
Elle a la même grandeur que la précédente; ses an ternies sont sétacées; le corps est vert , avc^; une tache sur le corselet , et une bande sur le milieu du dos de l'abdomen, noires : sa fausse chenille vit sur le bouleau.
Cette espèce est très commune dans les bois des environs de Paris.
La Tenthrède à tête jaune , Tenthredo eryihrocephala,
G. PamphUie, Lats.
Les antennes sont plus longues que la moitié du corps, composées de vingt-quatre ou vingt-cinq articles, de couleur noire; la tête est velue , jaune, avec une grande tache triangulaire bleue entre les yeux ; le corselet et l'abdomen sont d'un bleu verdâtre luisant ; les pâtes sont de la même couleur que le corps ; les ailes ont une légère teinte de brun , avec les nervures d'un brun obscur.
lOO HISTOIBE NATUnELLE
Le mâle est ooir ; il a seulement la bouche et les jambes antérieures jaunes.
Elle habite TEurope : on la trouve sur le pin.
La Tenthrède du bouleau , Tenthalo
betulœ.
G. PamptûlU. Latr.
Elle est de la grandeur de la précédente ; les antennes sont jaunes dans la plus grande partie de leur longueur , brunes à Textrémité, composées de vingt-quatre ou vingtcinq articles ; la tête est grande , aplatie , de forme circulaire , d'un jaune roux , avec une grande tache noire siTr le front, où sont placés les petits yeux lisses ; le corselet est noir postérieurement, d'un jaune roux antérieurement ; l'abdomen est d'un jaune roux , noir à sa base, avec les trois derniers anneaux de cette dernière couleur; les pâtes sont jaunes; les ailes ont une forte teinte jaune, avec une grande tache bnme vers l'extrémité; les nervures sont de la couleur de la portion de Taile où elles sont planrs.
On la trouve en Europe.
DRS TBITTHrAdES. lOt
La Tenthrède champêtre , Tenlhredo
syhatica,
G. Pamphilie, Latr.
Elle a environ quatre lignes de longueur ; les antennes sont fauves, plus longues que la moitié du corps , composées de trente articles ; là tête est aussi large que le corselet , noire, avec deux petites lignes fauves sur le derrière ; le corselet est noir, avec une tache fauve à sa partie postérieure ; l'abdomen est noir, sans taches; les pâtes sont d*un jaune fauve; les cuisses antérieures sont noires à leur base ; les ailes sont légèrement teintes de brun , avec les nervures d'un brun obscur ; les supérieures ont une tache marginale allongée , noire.
Elle habite l'Europe. On trouve l'insecte parfait en quantité sur le bois de Sainte- Lucie , où la femelle dépose ses œufs.
HISTOIBB VATOKBI.LB
La Tenthrède de l'églantier, Tenthredo
cyjiosbati.
G. Pamphitit, Latb.
Cette espèce est très petite; elle est toute noire y à l'eiceptioii de ses jambes, qui sont annelées de blanc, avec les tarses ferrugineux.
La femelle dépose ses œufs dans la principale côte des feuilles du rosier. La manière dont elle opère n'a rien de particulier ; mais elle ne dépose qu'un œuf sur chaque feuille.
Elle habite l'Europe : on la trouve aux environs de Paris.
DBS DlPLOLàPKft. 103
XXXVP GENRE.
DIPLOLÈPE.
G. Cpà^, Latb.
Oaraetères ginérifues. Antennes filiformes, longues; qoatone artides cylindriqnes, éganz, très distincts. — Qnativ antennoles- courtes; les antérieures filiformes, composées de cinq articles égaux ; les postérieures de trois, dont le dernier en masse. — Tentre un pen comprimé. — Aiguillon caché entre deux lames du yentre.— Trois petiu yeux lisses.
Les insectes qui composent ce genre ont beaucoup de rapport avec les cynips , avec lesquels les entomologistes les ont confondus. M. Geoffroy est le premier qui en ait fait un genre ; il leur a douné le nom de tUplolèpe^ à cause des deux lames du ventre dans lesquelles l'aiguillon se trouve caché , caractère que les diplolèpes ont de commun avec les cynips. La seule différence sensible qui existe entre les insectes de ces deux genres se trouve dans les anlendes; celles des cynips sont coudées, cylindriques, plus
T04 BISTOIBK ITATUBELLK
courtes que Tabdonicu ; celles des diplolépes sont droites, rdiforines , plus longues queTabdomen , composées de treize à quinze articles, suivant les sexes.
La tête est verticale, aplatie , triangulaire, appliquée contre le corselet.
Le corselet est élevé , bossu ; il tient à l'abdomen par un pédicule très court.
L'abdomen est ovale , comprimé dans le:» femelles, arrondi dans les mâles. Celui de la femelle est muni d*iuie tarière courte y composée de trois pièces, roulée sur ellemême à sa base, cachée entre deux lames du ventre.
Les ailes sont veinées, inégales, plus longues que Tabdomen.
Les pâtes sont assez longues.
Les diplolèpes se rapprochent encore des cynips par la manière de vivre de leurs larves ; toutes vivent dans les galles des arbres et arbrisseaux , d'où elles sortent sous la forme d'insecte parfait.
On sait que les galles qui viennent sur les tiges et les feuilles des plantes , sont des excroissances produites par les piqûres (|uc
DES DIPLOLÈPËS. Io5
les insectes y font pour déposer lenrs œufs. On trouve quelques unes de ces galles habitées par des cynips et des diplolèpes, et souvent elles renferment en même temps des ichneumons : c'est principalement dans la galle chevelue du rosier qu'on trouve ces trois espèces réunies. Parmi elles il y en a certainement une qui vit aux dépens des autres, c'est l'ichneumon, et peut-être deux. Jusqu'à présent on ignore lequel des deux autres est le véritable habitant de la galle , et si le cynips n'est point un insecte parasite qui s'établit dans le domicile du diplolèpe , pour y vivre de sa substance. Il n'y a que des observations suivies qui puissent éclaicir les doutes à cet égard.
Ce genre est peu nombreux ; ces insectes sont si petits, qu'il n'est pas facile de les trouver; on n'en connaît encore qu'une douzaine d'espèces : une partie habite les environs de Paris. Nous allons passer à la description des plus remarquables.
Nota, Ce genre n'a pas été adopté par M, Lalrcille, qui a été obligé de le sup-
Kl
106 HISTOIEF. 9 ATI] BELLE
primer, à cause de l'abus qu'en a fait M. Geoffroy. Cet entomologiste , après avoir converti le genre cynips de Linné en celui de âiplolèpe y a fait usage du mot cynips pour désigner un autre genre d'insectes de l'ordre des hyménoptères. M. Fabriciiis, voulant sans doute rendre justice à Linné , a re^ titué au genre diplolepe le nom de cynips^ et a reporté la dénomination de diplolepe au genre que M. Geoffroy nommait cynips. Au lieu de remédier an mal , M. Fabriciiis l'a beaucoup augmenté ; et pour éviter toute confusion , on est généralement tombé d'accord de restituer au mot cynips le sens que lui accordait Linné, et d'effacer pour toujours de la nomenclature entomologique le mot diplolepe.
Le Diplolepe du rosier, Diplolepis
rosœ.
G. Cynips. Latb.
Il a une ligne et demie de longueur ; la tète et le corselet sont noirs; les antennes de même couleur, aussi longues que 4e cor-
DBS DIPLOLiPBS. 107
selet ; l'abdomen est d'un bran luisant, avec Fext rémité noire , de forme ovale; les pâtes sont brunes; les ailes transparentes, sans taches , un peu plus longues que l'abdomen.
Si on ouvre les loges du bedeguar, ou cette excroissance chevelue que Ton trouve sur le rosier, on trouve des cynips dans quelques unes, dans d'autres des diplolèpes et des ichneumons. Pour en sortir , ces insectes y font une petite ouverture.
Il se trouve dans toute l'Europe : il est très commun aux environs de Paris.
Le Diplolèpe du bedeguar , Diplolepis
bedeguaris.
G. Cpiips, Latb.
Cette espèce est un peu plus petite que fa précédente ; les antennes sont de la longueur du corps ; la tète et le corselet sont bruns ; l'abdomen est d'un brun plus foncé que la té'te et le corselet ; les ailes sont transparentes , plus longues que le corps.
On le trouve dans la galle foi^giipia^ du rosier avec le cynips doré; il y vit sous la forme de larve.
lo8 UISTOIRR HATUREII.F.
Le Diplolèpe de la galle à teinture , Diplotepis tinctoriœ.
G. Cfnips. Latr.
Il a depuis deux jusqu'à deux lignes et demie ; les antennes sont de la longueur du corselet ; tout le corps est testacé , légèrement couvert d'un duvet soyeux ; la partie de l'abdomen est luisante.
La larve vit dans la galle ligneuse , tuberculéc , qi^ vient sur les rameaux du chêne , dont on se sert dans le commerce. On trouve une quantité de ces galles qui n'ont qu'une seule cellule à leur centre, et d'autres qui en ont plusieurs. Nous trouvons , dans y EncfclopciUe , que celte espèce est la même que celle qui habite la galle qui nous vient du Levant , qui est la seule qu'on emploie dans le commerce. Cette même galle se trouve dans les départemens méridionaux de la France y mais plus petite , et l'insecte qu'elle renferme est plus petit que celui des galles du levant.
Il se trouve en France et dans le levant.
DBS CTHIPS. 109
XXXVIP GENRE.