‹ Histoire naturelle des insectes, composée dáprès Réaumur, Georffroy, Degéer, Roesel, Linnée, FabriciusChapitre 44 sur 66 · CYNIPS · texte numérisé non relu

CYNIPS

Caractères génériques. Antennes filiformes, brisées; premier article très long et cylindriqae, le second petit, les antres conrts, égaux, pen distincts. — Quatre antennnles courtes , inégales , presque en masse; les antérieures un peu plus longues , composées de six articles, les postérienres de cinq. — Tentre un peu comprimé. — Aiguillon courbé et cadié entre deux lames do rentre. — Trois petits yeux lisses.

Les cynips ont les antennes rapprochées , grossissant vers rextrémité, quelquefois branchues , composées de plus ou moins d'articles.

Le corps est court, renflé , souvent bril* lant.

La tête est placée verticalement, aplatie, triangulaire , appliquée contre le corselet ; elle a deux sillons enfoncés sur le front.

Le corselet est tronqué antérieurement ; récusson est pointu.

L'abdomen est ovale ou conique, souvin. 10

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comprimé; celui des femelles est armé ., jijguillon creusé à Fextrémîté, en forme Ac uriére, garni de pointes sur les côtés , plac^ sous le ventre entre deux lames recourbées.

Les cuisses postérieures sont souvent renflées.

Les ailes sont membraneuses , peu veinées » de la longueur de l'abdomen.

Les cynips viennent de larves qui, selon M. Geoffroy, ont six pâtes écailleuses, et au moins douze ou quatorze pâtes membraneuses. Il est difficile de trouver ces larves , parce qu'elles vivent renfermées dans les galles ou tubérosités qu'on voit sur les feuilles ou les tiges des plantes auxquelles ces insectes donnent naissance. Ces larves sortent des œufs que les femelles déposent dans les différentes parties des plantes , après j avoir fait une entaille avec leur tarière ; chaque œuf reste dans la place qui lui est destinée, par le moyen d'une espèce de glu dont il est enduit; les sucs de la feuille ou de la plante , s'épar.chant par les vaisseaux qui se trouvent ouverts dans cet endroit, y

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forment une excroissance ou tubérosité dans laquelle i*œuf se trouve renfermé « et où peu à peu il acquiert du volume et de la consistance. Quand la larve sort de l'œuf, elle trouve auprès d'elle ce qui est nécessaire à son existence ; elle suce et ronge la galle , qui croît et prend de la solidité à mesure qu'elle la mange.

Quelques unes de ces galles ont dans leur intérieur une seule cavité, dans laquelle plusieurs larves vivent ensemble, ou plusieurs petites cavités entre lesquelles il y a des communications; l'intérieur de quelques autres est rempli de plus de cent cellules, et chacune est occupée par un seul insecte ; enfin , d'autres n'oât qu'une seule cavité habitée par un insecte qui vit solitaire.

Les galles offrent de grandes variétés dans leur forme; les plus communes sont de figure arrondie. Celle qu'on appelle noix de galle , qui est la plus connue de toutes , et qui entre dans la composition de l'encre, est une excroissance produite , selon M. Geoffroy, par un insecte du genre des cynips.

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La figure des galles et lear couleur leur ont fait donner les noms des fruits avec lesquels elles ont une espèce de ressemblance; on en trouve sur le chêne, qu'on appelle galle en pomme , en groseille , en pépin. Parmi ces dernières , quelques unes imitent les fruits parleur tissu spongieux; elles sont rouges ou jaunes. Parmi les galles arrondies , les unes sont appliquées sur la plante , les autres y tiennent par un court pédicule. On en trouve un grand nombre d'espèces dont les figures n'ont rien de régulier ni de remarquable; d'autres qui sont régulières , composées , dont la structure étonné. Quelques unes paraissent être une partie de la plante épaissie et tuméfiée : telles sont celles qu'on voit sur les feuilles du saule et de l'osier. Différentes plantes et différentes parties des plantes en font voir de diversement figurées. D'autres galles ont des formes qui les font paraître des productions singulières de l'arbre , surtout celles qu'on nomme chevelues , dont le corps dur et solide de la galle est chargé et hérissé de longs filamens déuchés les uns des autres.

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On trouve cette espèce sur le rosier sauvage , connu sous le nom d'égiantier, cynorrhodon. Ces productions paraissent des végétations qui n'ont aucune ressemblance avec l'arbuste auquel elles tiennent. Les filamens qui hérissent la galle , qui en font le chevelu, sont rougeâtres; ils tirent leur origine d'un seul endroit de son extérieur, d'une espèce de noyau. La masse de la galle n'est elle-même qu'un assemblage de ces noyaux collés les uns contre les autres, dont chacun a dans son intérieur une cavité à

peu près sphérique , qui est une cellule destinée à une larve ; les parois de ces cellules sont plus dures que du bois, leurs surfaces intérieures sont lisses. Le même églantier a souvent trois ou quatre de ces galles , quelquefois plus d'une douzaine ; chacune part ordinairement d'un bouton. On trouve de ces mêmes galles, mais très petites, sur les fibres des feuilles. L'églantier offre encore une autre espèce de galles plus rare que la précédente ; celle-ci croit en bouquet au bout d'une des branches du rosier, où elle forme une masse, une espèce de groupe,

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composé d'une douzaine de galles, d'inégale grosseur et de figure différente : les unes sont grosses comme des olives , les autres comme des pois ; les unes oblongues , les autres sphériqucs , ou de figures bizarres, collées souvent deux ou trois ensemble ; les unes partent d'un fruit desséché, les autres croissent avant que le fruit ait eu le temps de prendre de la grosseur; elles sont de couleur rousse; quelques unes sont lisses, d'autres hérissées en partie d'épines courtes et fines. Cette espèce et la précédente paraissent devoir leur origine à la même espèce d'insecte; la différence qu'on remarque à leur extérieur dépend vraisemblablement de quelques circonstances qu'on ignore. Les galles chevelues du rosier sont très propres à embarrasser l'observateur qui veut connaître le véritable insecte auquel ces excroissances doivent leur origine , celui enfin qui les fait naître pour servir de logement à ses petits, parce qu'il n'y a aucune autre espèce de galles d'où il sorte plus d'espèces dlnsectes que de celles-ci; elles renferment ordinairement des cynips, des diplolèpes et

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des ichneumons. Le chêne est de tous les arbres celui sur lequel on trouve le plus grand nombre de galles; les unes ont la forme de petites pommes , isolées ou réunies ensemble; d'autres sont hérissées de piquans ; il y en a de branchues ; on en voit qui ressemblent à des fleurs, à de petits artichauts , à des champignons. On trouve des feuilles chargées de petites galles raboteuses qui ont la forme de petits boutons; elles sont recouvertes de fibres extrêmement déliées , appliquées les unes à côté des autres, aussi brillantes que la soie. D'autres feuilles du même arbre portent une espèce de galles qui a une sorte de ressemblance avec un petit gobelet ; chacune d'elles est fermée par une espèce de couvercle en forme de mamelon, qui s'élève au-dessus de la partie évasée. D'autres sont aplaties, unies ou frisées ; les unes sont ligneuses , les autres spongieuses. Il serait trop long de parcourir les variétés de figures que nous offrent ces excroissances , dont la forme et la consistance paraissent dépendre de l'insecte qu'clUs renferment ; ce qui le prouve , c'cs^

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que les galles âxns lesquelles naissent certains insectes, ont constamment la même forme et la même solidité, pendant que d'autres galles des mêmes feuilles où d'autres insectes naissent , ont une forme différente et qui leur est particulière.

Le chêne nous fournit un exemple très propre à nous faire voir combien les galles qui croissent sur une même partie du même arbre peuvent différer entre elles. On trouve sur cet arbre trois espèces de galles à plusieurs cellules, qui, toutes trois , tirent leur origine du bouton ou bourgeon, dont les feuilles et les branches ne se sont point développées, et paraissent avoir été soudées ensemble pour composer une masse.

A peine les chênes montrent-ils des feuilles , qu'ils ont déjà les galles qui ont été nommées galles en pomme ; elles sont communément plus grosses que des noix ; leur surface a , en divers endroits , des enfoncemens ; leur peau est lisse et souvent colorée. En observant ces galles dans une certaine saison, on y remarque cinq à six feuilles caduques, qui leur fbnnent une espèce de petit

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calice, duquel elles paraissent sortir. On nomme feuilles caduques les feuilles qui composent l'extérieur de tout bouton, et qui tombent lorsqu'il se développe : on les appelle aussi feuilles écailleuses; elles sont destinées à former une enveloppe solide aux parties tendres, qui doivent par la suite prendre un volume peu proportionné à celui qu'elles ont alors ; et quand ces parties se sont développées, les feuilles caduques tombent. Si on coupe ces galles , on y distingue deux sortes de substances, l'une spongieuse , et l'autre plus serrée , plus blanchâtre, et qui forme un grand nombre de petits grains. La substance spongieuse remplit les intervalles que les grains laissent entre eux; chacun de ces grains est une cellule où im insecte est logé ; mais ce que la galle , si on la coupe perpendiculairement à sou pédicule , offre de plus remarquable , c'est un grand nombre de grosses fibres qui partent de l'endroit où est son espèce de pédicule, et dont chacune se rend à une des cellules, ce qui fait juger que chacune de ces fibres a été la prind-

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pale nervure d'une feuille , que cette nervure a été conservée , qu'elle porte Icsuc nourricier à la cellule , et que les autres parties de cette feuille, celles des autres feuilles et celles du bourgeon , se sont collées ensemble , et se sont réunies pour former le corps monstrueux qui paraît une espèce de fruit.

Si on observe dans le même temps d'autres bourgeons du même arbre , lorsqu'ils ne sont encore que gonflés', on en trouvera qui sont percés d'un trou rond; qu'on détache les petites feuilles écailleuses ou caduques qui forment le dehors de ce bouton , et qu'on en examine l'intérieur , on y verra une galle verdâtre , de figure arrondie , en différens endroits de laquelle des feuilles caduques sont implantées ; ce qui prouve que les parties qui étaient défendues par ces feuilles ont été converties en une galle qui tire son origine des mêmes parties d'où la galle précédente tire la sienne ; mais elle ne prend pas un accroissement aussi considérable que celle-ci. Son intérieur est partagé en quatre ou cinq cellules par des cloisons membraneuses; Finsectc qui sort de

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cette galle , poar prendre Tcssor , est non seulement obligé de percer la galle, mais encore les feuilles caduques qui l'entourent. La troisième espèce des galles des boutons du chêne ressemble au calice écailleux des fleurs de la jacée; elle est recouverte extérieurement d*écailles couchées les unes sur les autres , qui^ par la suite , en s'écartant, paraissent disposées comme les feuilles d*un artichaut : ces galles semblent alors autant de petits boutons de fleurs prêts à s'ouvrir ; lorsque ces feuilles ou écailles sont ouvertes, on voit paraître les extrémités d'un grand nombre de feuilles placées comme les pétales des fleurs ; leur couleur est d'un brun clair. Si on divise cette galle en deux , en la coupant perpendiculairement à son pédicule , on voit que toutes les feuilles ont pour base une substance disrposée comme celle qu'on nomme le cul de l'artichaut , de même couleur , et un peu plus compacte. Du milieu de cette substance s'élève un corps dont la figure n'est pas constante, mais qui a quelquefois celle du pistil d'une fleur ; il est plus ou moin^ al-

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longé , quelquefois il manque à ces galles ; quand on ouvre cette espèce de pistil , on voit qu'il fournit au moins un logement à un insecte , et ordinairement quatre à cinq séparés par des cloisons. On voit aussi dans la substance de la galle plusieurs cavités de figures peu régulières , dont chacune est encore le logement d'un insecte qui paraît semblable à ceux des cellules de l'espèce de pistil. Les parties du bouton du chêne qui ont été employées à former les parties les plus apparentes de la galle , sont aisées à reconnaître; ces feuilles caduques qui seraient restées petites , et qui seraient tombées si le bouton se fût développé selon les règles ordinaires, ont profité de l'altération qui s'est faite dans les parties les plus importantes du bouton : celles de ces feuilles surtout qui étaient les plus proches de la sur- &cey ont crÀ démesurément, et ont subsisté en place bien plus long-temps qu'elles n'eussent fait ; les intérieures se sont allongées , et ont pris U forme d'espèces de lanières , parce qu'il ne leur a pas été aussi aisé qu'aux aotKS de s'élargir. Enfin , les parties du

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bootOD qui seraient devenues une petite branche chargée de feuilles « ont été réunies ensemble , et réduites à composer la substance qui fait le fond de la galle, et son espèce de pistil.

On vient de voir les variétés principales que les galles de différentes espèces peuvent offrir; il n'est pas aussi facile de donner des éclaircissemens sur les causes'de leurs variétés , sur leur première formation et sur leur accroissement. La plupart croissent avec une rapidité surprenante ; celles de la plus grosse espèce prennent leur accroissement en peu de jours , et il paraît que cet accroissement se fait avant que la larve soit sortie de l'œuf; de sorte que , quand elle mut, son logement est tout fait, et n'a plus ou peu à croître. Mais une re* marque que Réaumur a faite, c'est que l'œuf qu'on trouve dans une galle est beaucoup plus gros que lorsqu'il y a été déposé. Il s'ensuit donc que l'œuf croît dans la galle ; ce qui serait impossible s'il était enveloppé d'une coquille incapable de s'étendre, semblable à celle des œufs les plus connus.

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