I.^i) UISlOlhE NAIlhhLLL
n'y trouve ordinairement que cinquante à soixante individus. Les abeilles à miel qui ont été abandonnées à elles-mêmes , celles qu'on n'a pas logées dans des ruches, cherchent, pour s'établir, quelque grande cavité qui les mette à l'abri des intempéries de l'air; elles ne savent pas se faire une habitation : elles ont besoin de la trouver toute faite. Nos bourdons se font la leur; l'extérieur en est extrêmement simple; on ne le prendrait que pour une motte de terre un peu élevée et recouverte de mousse; mais toute la mousse qui s'y trouve y a été apportée par les abeilles qui en ont dépouillé la terre des environs.
Les nids de ces abeilles se trouvent principalement dans les prairies et dans les champs de sainfoin et de luzerne; ils ont ordinairement cinq à six pouces de circonférence, et s'élèvent au-dessus de la surface de la terre de quatre à cinq pouces. Les abeilles ménagent une ouverture en bas du nid pour pouvoir y entrer; souvent elles construisent un chemin de plus d'un pied de long, par lequel chaque abeille peut
t>KS ABBILLIS. a3l
arriver à la porte sans être vae : ce chemin est Toûté et conrert de mousse. Toos les individos de la société travaillent à la construction du nid ; les abeilles ont soin de le faire dans un endroit où elles seront à même de se procurer les matériaux dont elles ont besoin : car elles ne transportent point la mousse , elles ne font que la pousser. Après l'avoir coupée avec ses mandibules , l'abeille tourne sa partie postérieure du côté du nid , prend avec ses mandibules plusieurs brins de mousse ; les pâtes antérieures, qui agissent en même temps , l'aident à faire passer le petit paquet formé par la réunion de ces brins, jusqu'à la seconde paire de patcs qui s'en empare , et le pousse près du derrière ; enfin , la troisième paire de pâtes saisit ces brins de mousse , et les conduit par-delà le derrière aussi loin qu'elle les peut faire aller. L'abeille répète cette manœuvre jusqu'à ce qu'elle ait poussé la mousse auprès du nid ; lorsqu'elle y est arrivée, elle s'occupe à la mettre en œuvre, pour former la voûte du nid , à laquelle ces abeilles donnent quelquefois deux pouces
93a HISTOiaB HATUaKLLS
d'épaisseur; elles foDt ensuite une espèce ciis plafond à la partie intérieure de cette yùàte avec une sorte de cire brute. Cette couche 9 qui n*a pas plus d'épaisseur quo deux feuilles de papier , sufBl pour empecber Feau de pénétrer dans le nid , et pour lier ensemble tous les brins de mousse; elles enduisent de la même matière tout l'intérieur du nid, ce qui le rend lisse et poli. La matière de ces enduits a une odeur de cire ; sa couleur est d'un gris jaunâtre ; elle peut être pétrie comme une pAte; mais la cbaleur ne la reud point liquide y ni ne l'amollit sensiblement
Les nids de ces abeilles contiennent plus ou moins de gâteaux , et ils sont plus ou m<mis grands ; la surface supérieure de ces gâteaux est convexe, et l'inférieure con> cave; la masse de chacun de ces gâteaux est faite de corps oblongs, comme des œufs appliqués les uns contre les autres, de couleur jaune pâle , et de trois grandeurs difTé* rentes. Comme ces espèces d'œufii sont, placés les uns k c6té des autres, ils rendent la surface des gâteaux irrégulière. Chacim de
Dit ABBILLS». a33
celle sorte d'œo£s est une coque de soie qui a été filée par uue larve, et dans laquelle elle s'est renfermée pour subir sa première métamorphose. Celles qui renferment une larve sont fermées par les deux bouts » et celles dont les larves sont sorties y sont ouvertes à l'une des deux extrémités. Outre les coques qui font le corps de chaque gâteau , il s'y trouve encore des masses irrégulières de couleur brune, dont plusieurs remplissent les vides que les coques laissent entre elles. Les plus considérables de ces masses se trouvent sur les bords et les côtés du gâteau ; elles renferment dans leur intérieur les œufe, et servent à nourrir les larves qui doivent en sortir. La matière de ees masses est une espèce de pâtée : telle masse est occupée par une ou plusieurs larves, quelquefois par trente ou quarante. Lorsque les larves y sont en grand nombre , elles n'occupent pas la même cavité. Les oeufs sont oblongs, d'un blanc bleuâtre, longs d'environ une ligne et demie. Dès que les larves en sont sorties, il parait qu'elles sï'loigncnt un |)eu les unes des autres.
^34 HISTOIRE HATURRLLP.
mangent la pâtée qui les entoure, et les abeilles , qui connaissent les endroits où les couches de cette matière sont devenues trop minces, ont soin d'y en apporter de nouvelle : la base de cette pâtée est la poussière des étamines , humectée par une sorte ' de miel un peu aigre. On présume que les
f abeilles font passer dans leur estomac cette
poussière d'étamine , et qu'elles la dégorgent après l'avoir tenue en digestion. On ne j trouve pas dans les nids de ces abeilles des
& provisions, comme on en trouve dans les
I niches; elles y ont au plus trois on quatre
j espèces de petits pots plus ou moins pleins
^ d'un fort bon miel. Ces petits vases sont
presque cylindriques; ils font partie du gâteau supérieur ; ils sont au moins aussi grands que les plus grandes coques, et sont toujours couverts; ils sont formés d'une cire pareille à celle que ces abeilles emploient pour plafonner leur nid.
La première chose que ces abeilles font dans leur nid , est d'y déposer une masse de pâtée, et de placer auprès un pot â miel : la pâtée est ordinairement posée sur un lit
UKS ABEILLKS.
de mousse,' et o'y est point adhérei Lorsque les lanres sont parvenues au tei de leur accroissement, elles filent leur oo dans l'intcrieur même de la pAtée où < ont vécu; et il paraît que les abeilles lèvent à mesure la matière dont cha coque est recouverte , ou pour la man] ou pour la porter à d'autres endroits nid. Toutes les coques sont attachées unes aux autres, et chaque nymphe y placée la tête en bas.
Réaumur présume que chaque nid commencé au printemps par une st abeille, qui devient la mère de toutes ce qu*il renferme par la suite, parce qa'i fin de.rhiver on ne voit voler que femelles. Au commencement du printen ayant ouvert quelques nids, il n'y a tro qu'une femelle avec deux ou trois au abeilles : chaque nid ne contenait em qu'un très petit gâteau composé de pei coques , dont quelques unes étaient ouv< par le haut. D'après cet examen, n auteur a jugé que les abeilles qui étj avec la femelle, étaient ses cnfans, qui
a36 HlSTOiafi VATUaBLLE
daient alors dans ses travaux. Il naît dans ces nids des mAles, des ouvrières et des feaielles; cet dernières n'ont pas les unes pour les autres l'aversion qu*on remarque dans les femelles des abeilles à miel : il s'en trouve plusieurs dans le même uid y et elles y vivent en bonne intelligence. D'après les observations de Eéaumur , il paraît qu'à la fin de la belle saison tous les mâles et les ouvrières périssent, et que les femelles, après avoir été fécondées, passent l'hiver dans des trous qu'elles creusent en terre, et y restent engourdies jusqu'au renouvelle- [
ment de la belle saison. Toutes ces abeilles \
abandonnent leurs nids à la fin de l'été : on n'en tnMive aucun d'habité pendant l'hiver. Ces abeilles ont pour ennemies nue e^ pèce de mite qui s'attache sur leurs poils ,, une teigne et une mouche à deux ailes : celles-ci déposent leurs œufs dans les nids , les larves y croissent, et s'y métamorphosent. Les fourmis cherchent à s'emparer de la pâtée que ces abeilles ont en provision ; lorsque les nids ne sont pas asses peuplés |M>ur que 1c^ habitans vtn chassent ces in-
DIS ABftlLLSt. 2^7
sectes 9 ils les leur abandonnent , et Tont s'établir ailleurs. Mais le plus redoataUe de tous leurs ennemis est la fouine; en une seule nuit y elle disperse les gâteaux, détruit entièrement le nid, et mange toutes les abeilles qu'il contient.
Après avoir examiné la manière dont vivent les abeilles qui sont rénnieè en société , il nous reste à parler de celles qui sont solitaires , de celles qui travaillent seules à la construction de leurs nids , et qui sont chargées de l'approvisionnement de leurs petits. Quoique les nids que font ces abdlles soient composés de plusieurs cellules , que ces cellules soient près les unes des antres, les larves n'ont aucune communication. Parmi ces abeilles, les unes placent leurs nids dans le bob qu'elles creusent ou percent avec leurs mandibules; les autres font des ouvrages en maçonnerie le long des murs; enGn , les autres font des trous en terre , et y font leurs nids avec des feuilles. Nous parlerons de chacun de ces nids en décrivant les espèces qui les construisent
Ce genre (»t composé d'un très grand
238 HISTOiaB HATUEELLE
nombre d'espèces : on en trouve beaucoup aux enTiroDS de Paris.
L'Abeille ëperonnëe , jépis calcarata.
G. Panurge lobé, Latr.
Son corps a nn peu plus de trois lignes de long; il est très noir, luisant, pointillé, et parsemé de poils noirâtres ; les antennes sont d'an fauve pâle, avec les quatre ou cinq premiers articles noirs ; la lèvre supérieure est bidentée au milieu du bord antérieur; les mandibules du mâle sont noires , avec une tache fauve ; celles de la femelle , d'après la figure de Panzer , sont de cette dernière couleur ; les jambes et les tarses des pâtes postérieures surtout sont garnis , dans le même individu, de poils roussàtres ; ils sont moins épais et moins vifs dans le mâle; les cuisses postérieures de celui-ci ont , au milieu de leur côté inférieur , une dent aiguë et crochue ; les derniers articles des tarses sont d'un brun clair ; les ailes sont transparentes , avec les nervures et le stigmate noirâtres.
Dit ABSILLIS. a 39
Cette espèce se trouve en Alleaiagne et en France; elle est rare.
L'Abeille perce-bois, Apis violacea.
G. Xyiocope. Latb.
^lle est yelaei d'un noir foncé ; ses ailes sont d'un noir viole^ très luisant.
Cette abeille est pourvue de deux fortes
mandibules, avec lesquelles elle perce le
H>îs dans lequel elle dépose ses œufs. C'est
rdinairement le bois mort qu'elle creuse :
s trous qu'elle fait ont quelquefois douxe
quinze |)0uces de longueur, et sept à huit
œs de diamètre. Elle construit dans ces
os dix à douze cellules qui sont séparées
une espèce de fond , de manière que la
nière qui est fermée, a son couvercle
sert^ de base à la cellule qui doit se
^er au-dessus. Toutes ces cellules ne
pas fermées en même temps. L'abeille ,
avoir disposé la première y l'avoir
le d'une pAtée composée de poussière
ines humectée d'un peu de miel, y
un œuf, et ferme ensuite cette cel-
^^O HUTOIBR RATUEELLE
laie. C'est au-dessns de celle-ci qu'elle en construit une autre, qu'elle emplit également de pdtée, y pond un œuf, et successivement jusqu'à ce qu'elle ait rempli la totalité du trou qu'elle fait avec autant de cellules qu'il peut en contenir. Les larves qui sortent des œufs de cette abeille ressemblent à celles des autres abeilles; elles passent environ quinze jours sous cette forme ; pendant ce temps , elles consomment lear provision de pâtée , et restent ensuite à peu prés dix jours sans manger avant de se changer en nymphes : elles restent près de vingt jours sons cette dernière forme^ C'est vers le milieu de l'été que l'abeille* perce sa coque et devient habitante de l'air. Tontes les larves renfermées dans le nid n'en sortent point le même jour : comme les œufs ont été déposés successivement ^ les abeilles paraissent les unes après les antres.
Le mâle de cette espèce est de même couleur que la femelle , et presque de même * grandeur.
On trouve souvent sur ces abeilles une espèce de mite d'un brun rougeAtre , de la
Dit ABlILLBt. ^41
S la tête d'une petite épingle , «nen est terminé par deux poils itre fois pins longs que son corps, îille habite l'Europe, l'Afrique , irientales et l'Amérique. Celles vent dans les pays chands sont eS| et ont la tête plus grosse l'Europe.
de Surinam, Apis Surinamensis.
G. Cemtris. Latb.
tête I les antennes , le corselet et
in noir violet obscur ; l'abdomen
de poils courts, de couleur
xception du premier anneau qui
•s jambes des pâtes postérieures
, luisantes , très larges , de forme
angulaire , échancrées à l'extré-
OBt une cavité sur leur partie
le premier article des tarses est
;e , aplati , bordé de longs poils ;
lOBt courts et déliés; les ailes
Jttve à Surinam.
iN^f
a4t HISTOIRE JTATURILLK
L'Abeille américaine, Apis america-
nonim.
G. Bourdon, Latb.
Elle ressemble à l'abeille terrestre; sa tète est noire; son corselet est de la même couleur , arec deux bandes d'un jaune citron, l'une antérieurement, l'autre postérieurement ; l'abdomen est d'un jaune citron, à l'exception des derniers anneaux qui sont noirs; les ailes sont d'un brun noirâtre.
Elle habite rAmérique septentrionale.
L'Abeille à corselet jaune , Apis œstuans.
G. Bourdon, Late.
Sa tête est noire, très velue; le corselet est entièrement couvert en dessus de poik d'un beau jaune citron ; l'abdomen est ovale , un peu aplati , lisse en dessus et en dessous , avec des poils noirs sur les côtés et à l'extrémité; les pâtes sont très velues ;
DES ABBILLtft. 343
les ailes sont d'un violet noirâtre et très luisantes.
On la trouve en Egypte , en Amérique et dans la Nouvelle-Hollande.
L'Abeille à corselet gris , j4pis griseo-
coltis.
G. Bourdon, Late.
Elle est noire ; le corselet et la partie antérieure de l'abdomen sont entièrement coa verts de poils d'un gris jaunâtre ou coueur d'olive clair; les ailes sont brunes et •aisanles.- Le mâle a la lèvre supérieure jaune , et ibdomen d'un bleu foncé.
Elle fait son nid dans la terre : on la >uve en Pensylvanie.
'Abeille terrestre, Apis terrestris.
G. Bourdon, Latb.
le est noire; elle a une bande jaune à la
e antérieure du corselet; le premier an-
de l'abdomen noir^ le second couvert
a44 HisToiaE itaturklle
de poils jaunes 9 le troisième uoir; les autres sont couverts de poils blancs.
Cette espèce vit ea société : le mâle est moins grand que la femelle ; les ouvrières sont très petites.
Elle habite VEMTope : elle est très commune aux environs de Paris. On la trouve sur les fleurs : elle fait son nid dans la terre , et le recouvre de mousse.
L* Abeille des mousses, ^pis mus-.
corum,
G. Bourdon, Lata.
Sa tète est noire; son corselet est couvert en dessus, de même que l'abdomen , de poils fiiuves; le dessous du corps et les pâtes sont noirs, avec quelques poils gris. Elle fait son nid en terre , et le recouvre avec de la mousse.
Elle habite l'Europe : elle est très commune aux environs de Paris. On la trouve sur les fleurs.
"■«««parentes- /!''!■'*""•«, a, '•^ d,i., . ' '^ jambes ^
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