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ovale, plus étroites à leur origÎDe qu'à leur extrémité ; chacune a une grosse côte qui la partage en deux parties égales; de cette côte partent des filets dirigés comme le sont les barbes des plumes. D'autres espèces de ce même genre ont trois pièces cartilagineuses analogues aux piquans des nymphes du premier et du second genre , en ce qu'elles peuvent se réunir pour former à l'insecte une queue pointue , et qui semble d'une seule pièce. Ces dernières nageoires sont beaucoup plus longues que les piquans auxquels nous les comparons; celle du milieu, attachée au-dessus du corps, est plus courte que les deux autres : toutes les trois vont en diminuant depuis leur origine jusqu'à l'extrémité, qui se termine en pointe, et elles sont pliées en gouttière.
La plupart des larves, et peut-être toutes, vivent dix à onze mois sous l'eau avant d'être en état de se transformer en insecte parfait. Pendant cet intervalle, elles changent plusieurs fois de peau : c'est depuis le milieu du printemps jusqu'au commencement de l'automne que leur méjLamorphose
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a lieu. On connaît que ce temps approche ; non seulement par la grandeur des nymphes, mais par la figure que prennent les fourreaux des ailes; les deux d'un même côté deviennent plus détachés Tun de l'autre; dans plusieurs espèces ils changent de position ; au Heu d'être appliqués à plat sur le corps , ils se sont redressés.
C'est hors de l'eau que doit s'accomplir la grande opération qui fait passer l'insecte de l'état de larve à celui d'habitant de l'air. Cependant toutes les nymphes que l'on voit sur le bord d'un bassin ou d'un ruisseau , ne sont pourtant pas prêtes h devenir ailées ; ce sont celles que l'on trouve sur des liges ou des branches de plantes qui se préparent à quitter leur dépouille.
Les unes se métamorphosent une heure ou deux après être sorties de l'eau , d'autres sont un jour entier avant de changer de forme.
La nymphe , en sortant de l'eau , reste à l'air un certain temps pour se sécher ; ensuite elle se met en marche , et cherche un endroit où elle puisse être commodément. C'est ordinairement sur une tige, ou sur
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une branche , qu'elle cramponne ses paUs ^ et s'y place toujours la tcte en haut.
La nymphe qui s'est fixée , et dont les yeux sont beaucoup plus transparens qu'ils ne l'ont été jusqu'à ce moment, se tient tranquille. Les mouvemens par lesquels la transformation est préparée se passent intérieurement ; le premier effet sensible qu'ils produisent est de faire fendre le fourreau sur le corselet , qui bientôt s'élève aur^lessus des bords de la fente » se gonfle, et l'oblige à devenir plus longue : parvenue à la hauteur des yeux , il se fait une seconde fente perpendiculaire à la première , qui s'étend d'un œil à l'autre, et la libellule, qui dans le moment a la faculté de gonfler sa tète, la dégage insensiblement de son enveloppe ; ensuite elle fait sortir ses pâtes. Pendant que ses pâtes se dégagent , on observe de chaque cdté deux cordons blancs , attachés chacun à la partie de la dépouille qui couvrait le corselet : ce sont les quatre gros troncs des trachées de la nymphe ; enfin , pour achever de tirer ses pâtes de leurs étuis, elle se renverse la tête en bas; elle
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n'est alors soutenue que par ses derniers anneaux qui sont restés dans la dépouille ; ils forment une espèce de crochet qui l'empêche de tomber. Après être restée un certain temps dans cette attitude, elle se re> tourne , saisit avec les crochets de ses pâtes la partie antérieure de son fourreau, s'y cramponne, et achève d'en tirer la partie postérieure de son corps. Alors ses ailes sont étroites, épaisses, posées les unes sur les autres , plissées comme une feuille d'arbre prête à se développer. Ce n'est qu'au bout d'un cpiart d'heure qu'elles ont acquis toutes les dimensions qu'elles doivent «voir; mais elles sont environ deux heures à se dessécher, et à acquérir assec de solidité pour soutenir la libellule , qui pendant que ses ailes sont dans cet état, reste dans l'inaction. Ces insectes quittent non seulement leur fourreau ,inais encore leur masque. Dès que leurs ailes sont affermies, elles prennent l'essor comme les oiseaux de proie et pour le même objet. Elles doivent passer une partie de leur vie au milieu des airs ; elles y font cent tours et retours pour y éé-
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couvrir d'autres insectes ailés , auxquels elles soient supérieures en force, et s*en emparer.- Les mâles ont bientôt un autre objet dans leur Tol , qu'ils dirigent successivement de différens côtés, celui de trouver des femelles auxquelles ils puissent s'unir. Leurs amours, c'est-à-dire la manière dont se fait la jonction du mâle avec la femelle , est ce que l'histoire de ces insectes a de plus particulier à nous apprendre. Depuis le printemps jusque vers le milieu de l'automne, on trouve des libellules de différentes grandeurs et de différentes espèces , le long des rivières et dans les prairies. On les voit sur les plantes ou en Tair, voler par paire : celle qui vole la première a l'extrémité de son corps posée sur le cou de celle qui suit ; toutes deux volent de concert , ayant le corps étendu en ligne droite : le premier est le mâle , qui avec des crochets tient sa femelle par le cou et la conduit où il veut ; ce qui ne paraît pas déplaire à la femelle, puisqu'elle agite ses ailes comme si elle éuit libre.
Leuwenhoek a cm que les deux libellules ainsi jointes , le sont de manière à ce que