‹ Histoire naturelle des insectes, leurs moeurs, leurs métamorphoses et leur classification, ou Traité élémentaire d'entomologieChapitre 65 sur 152 · DE LA TRIBU DES LIBELLULIENS · texte numérisé non relu

DE LA TRIBU DES LIBELLULIENS

Groupe {. LIBELLULITES. Palpes labiaux de deux articles.

Corps assez épais.

Genre {. LIBELLULA: Lin.

Gpe. 2. ÆSCHNITES. Palpes labiaux de trois articles. Corps grêle. Yeux très-gros, peu écartés ou contigus.

Genre 1. compaus. Leach. Yeux écartés. Appendices de l:bdomen très-petits, sétacés. |

Gre. 2. PETALURA. Leach. Yeux écartés. Appendices de l'aïdo- ||

DES INSECTES, 299 k v men très-grands, et foliacés chez les mâles.

Gre. 3. ÆSCHNA Fabr. Yeux contigus.

| Gpe. 3. AGRIONITES. Palpes labiaux de trois articles. Yeux

petits , très-écartés et comme pédicellés. Corps très-grêle.

| Genre 1. cALOPTERYX. Leach. Aïles larges à la base, pourvues de nervures basilaires divergentes et de

cellules très-petites.

Gre. 2. AGRION. Fabr. Ailes pétiolées à la base, pourvues de nervures basilaires parallèles et de cellules assez grandes.

Les LIBELLULITES forment le premier groupe de la tribu des Libelluliens. Pour nous, il se compose du seul genre Libellule, que l'on n’a pas craint de subdiviser en beaucoup d’autres (1). I! a en effet une étendue très-grande, qui motive la formation de coupes secondaires, mais pas au delà, car leurs caractères sont très-peu saillants. Les Li-. bellules sont répandues dans le monde entier. Nous en regardons comme le type la Libellule déprimée (Libellula depressa, Lin.), très-commune dans toute l'Europe : le mâle, d’un brun roussâtre, avec l’abdomen bleuâtre en dessus, à l’exception du premier et du deruier segment, brunâtres ; la femelle d’un jaune olivâtre, avec les anneaux bordes de jaune latéralement, sauf le premier et le dernier; cet abdomen large et déprimé dans les deux sexes.

Les ÆscHNITEs forment un groupe analogue au précédent, reposant principalement sur le genre Æschne, qui est très-nombreux en espèces, aussi dispersées que les Libellules. Leurs larves sont plus courtes que celles de ces dernières , leurs palpes sont moins grands et leur languette l'est davantage. On trouve plusieurs Æschnes tres-com-

(1) Foyez Rambur, Insectes Névropteres, Suites à Buffon ; Paris, 1812,

munément dans toute l’Europe; on les distingue facile! ment des Libellules par leur abdomen cylindrique et en baguette. L’Æschne grande (Æschna grandis, Lin.), la plus grande espèce de notre pays, peut être considérée comme typique; elle a environ sept à huit centimètres de | longeur ; elle est jaunâtre, avec des bandes de chaque côté | sur le thorax ; ses ailes, diaphanes , ont leur base costale » bleuâtre , ainsi que des points latéraux sur les anneaux de l'abdomen, qui manquent sur le premier et les deux derniers.

Le genre Pétalure est établi sur des espèces de la Nouvelle-Hollande ; il est très-voisin du précédent. Les Gomphus, qui ressemblent encore beaucoup aux Æschnes, sont en grande partie exotiques; nous avons toutefois quelques espèces européennes. Le ty pe du genre est le Gomphus à pinces (Gomphus forcipatus, Lin.), commun dans les bois pendant le printemps.

Les AGRIONITES ont une forme plus élégante, plus svelte que les autres Libelluliens ; les couleurs de quelques-uns d’entre eux les surpassent aussi en éclat. Leurs larves sont très-allongées et minces. Le genre Calopleryx renferme les principaux Agrionites, et c'est à tort qu'on ne lui a pas laissé plutôt qu'à ceux qui en ont été détachés son nom primitif d’Agrion. Le type du genre est bien commun dans toute l'Europe; c’est le Calopteryx vierge (Calopteryx virgo, Lin.), long de six à sept centimèetres : le mâle, d’un bleu verdâtre métallique très-brillant, avec les ailes diaphanes, ayant une large bande transversale d’un bleu verdâtre ; la femelle, d’un vert bronzé, avec les ailes d’un vert métallique ayant une tache marginale d’un jaune blanchâtre.

La plupart des Calopteryx ont les ailes colorées. Les

grions proprement dits de quelques auteurs ont des ailes ransparentes et une taille en général moins considérable. On en trouve plusieurs espèces très-communément dans tous les endroits marécageux ( Agrion barbara, Fabr.; puella, Rossi. ete.).

| SEPTIÈME TRIBU

LES MYRMÉLÉONIENS.

… Les Myrméléoniens constituent une tribu beaucoup plus étendue que la précédente, et renferment un nombre de types principaux assez considérable. Ces Névroptères sous plusieurs points de vue, et principalement sous celui de Jeur struciure générale, se rapprochent très-manifestement des Libelluliens, malgré des différences importantes. Ils sont surtout très-différents dans leurs premiers états ; leurs métamorphoses ne se ressemblent guère. Les Myrméléoniens, au moins pour ceux dont les transformations ont été bien observées, sont terrestres à l’état de larve, et carnassiers. Leurs larves sont courtes, élargies, avec une large tête supportant de longues mandibules. Elles vivent d'insectes, dont elles s'emparent de diverses manières. Au moment de subir leur transformation en nymphe, elles se forment un petit cocon soyeux, auquel sont ajoutéessouvent des matières étrangères. La taille de ces larves paraît très-minime, comparativement à celle des insectes parfaits; et en voyant le cocon pilluliforme d’un Fourmilion ou d’un Hémérobe, on s’étonne d’en voir sortir un si grand insecte.

Les Myrméléoniens ont des représentants dans presque toutes les régions du monde, mais en plus grand nombre dans les parties les plus chaudes.

Nous admettons la division de cette tribu en quatre

familles, dont le tableau suivant présente les diverses

coupes.

TABLEAU DES DIVISIONS

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