DE LA TRIBU DES MYRMÉLÉONIENS
Famille 1. MYRMÉLÉONIDES. Antennes renflées à l'extrémité.
Groupe 1. MYRMÉLÉONITES.Antennes guère plus longues que la“ tête et Le corselet réunis, renflées gra-"
Genre 1. MYRMELEON. Lin.
Gne. 2. ASCALAPHITES.
Genre 1. ASCALAPHE. Fabr.
Gre. 2. HAPLOGÉNIE. Burm.
Fam. 2. NÉMOPTÉRIDES.
Genre {. NEMOPTERA. ZLatr.
Fam. 3. HÉMÉROBIIDES.
Groupe 1. NYMPHITES.
Genre 1. NYMPHES. Leach.
Gpe. 2. HÉMÉROBIITES.
Genre 1. osMyLE. Latr.
Gre.2.HÉMÉROBE. Lin.
(Megalomus , Ramb.)
duellement vers l'extrémité
Antennes presque aussi longues que «
le corps, renflées subitement en une «
" di *
petite massue.
Yeux divisés par un sillon.
Yeux entiers.
Antennes sétacées. Tête un peu prolongée en bec. Ailes postérieures presque linéaires , souvent dilatées en forme de spatule vers l'extrémité.
Antennes sétacées. Tête non prolongée. Ailes postérieures arrondies, de
forme ordinaire.
Tarses ayant entre leurs crochets une pelote allongée et divisée. Abdomen très-long.
Tarses ayant entre leurs crochets une petite pelote, courte, non divisée.
Abdomen guère plus long que la tête et le thorax réunis.
Tête pourvue de trois ocelles sur le vertex.
Tête sans ocelles. Aïles antérieures sans dilatation.
ŸJYES INSECTES. 303
Gre. 2 DREPANWOPTERYX. Tôte sans ocelles. Ailes antérieures | Leach. dilatées à la base, au bord externe. Fam. 4. PANORPIDES. Antennes sélacées. Tête fortement A prolongée en forme de bec. Ailes postérieures arrondies, étroites.
Groupe 1. PANORPITES. Ailes bien développées. Tête pourvue
d’ocelles sur le vertex.
Genre 1. BITTACUS. LA. Tarses ayant un seul crochet. Gre. 2. pANOnPA. Fabr. Tarses ayant deux crochets pectinés. Groupe 2. BORÉITES. Ailes totalement rudimentaires. Tête
sans ocelles.
Gre. 1. BORÆUS. ZLatr.
La première famille de cette tribu , les Myrméléonides, est composée d'insectes bien reconnaissables à leurs antennes, plus ou moins longues, mais toujours renflées vers l'extrémité. Nous la séparons en deux groupes : les myr- MÉLÉONITES et leS ASCALAPHITES. |
Les premiers ont un corps long et grêle, des antennes plus courtes que la tête et le thorax réunis; des palpes grêles, de cinq articles ; des mandibules fortes, mais courtes, unidentées intérieurement ; des yeux très-saillants, placés sur les parties latérales de la tête, et des ailes larges et longues, très-réticulées.
Le genre Fourmilion { Myrmeleon) est presque le seul genre du groupe. M. Rambur en a formé d'autres à ses dépens, mais nous croyons devoir les considérer comme de simples divisions.
Les larves ont une tête etun corselet étroits, avec un abdomen large, tres-volumineux. Les mandibules sont plus longues que la tête, grêles et un peu recourbées, formant une longue paire de pinces propres à saisir fortement une proie. Le type du genre Fourmilion (pl. 15, fig. 2) (Wyrmeleo formicarium, Lin.) est long d'environ quatre centime-
tres , noirâtre, avec quelques taches jaunâtres , et les ailes” diaphanes, offrant quelques points ou taches noirâtres. Cetinsecte est commur dans notre pays ; nous trouvons sa larve (pl. 15, fig. 3) en abondance dans les Re sablonneux les Me exposés à l'ardeur du soleil. Elle est4 d’un gris rosé un peu sale, avec de petits bouquets de poilss | noirâtres sur les parties latérales du corps ; ses pattes sont" assez longues et grêles, les antérieures dirigées en avant, aussi bien que les intermédiaires, tandis que les postérieu-" res, plus robustes que les autres, sont très-serrées contrey le corps, et ne peuvent servir à l'animal qu’à se diriger en arrière. Ceci est à la vérité le seul mouvement qu’exécutent les larves de Fourmilions ; les crochets des tarses, sont plus forts que ceux des pattes antérieures, et les tar- | ses, comme M. Westwood l’a bien observé, sont soudés avec les jambes , tandis qu’ils demeurent libres aux autres paires de pattes. | Ces larves se tiennent constamment dans Les endroits sablonneux les plus exposés à l’ardeur du soleil; là elles, se construisent chacune une sorte d’entonnoir dans le sa-\ ble mouvant, en marchant à reculons et décrivant des) tours de spire dont le diamètre diminue graduellement. | à l’aide de leurs pattes. Elles chargent de sable leur tête” aplatie, pour le lancer au loin. Ordinairement, dans l’es-x pace d’une demi-heure tout le travail est achevé. Elles se, placent alors au fond du trou, l'abdomen enfoncé dans le” sable (pl. 15, fig. 6), la tête seule en dehors. Elles attendent! ainsi patiemment, et souvent pendant un temps assez Con-" sidérable , qu’un insecte en passant vienne à se laisser\ glisser le long des parois de leur entonnoir. Dès qu’elles: s'aperçoivent de sa présence, elles lui jettent aussitôt dul sable avec leur tête pour l'étourdir et le faire tomber au
as
fond du précipice, ce qui ne manque pas de lui arriver au bout de quelques instants. Dès que la larve du Fourmilion s’est emparée de sa victime, elle la suce pour absorber toutes les parties liquides qu’elle contient ; elle rejette ensuite sa depouille au loin.
Les Fourmis étant très-nombreuses, et ayant plus l'habitude de courir à terre que les autres insectes, sont surtout exposées à servir de pâture aux Fourmilions, c’est ce qui a valu à ces derniers le nom sous lequel ils sont genéralement connus. Quand les larves de Fourmilions ont acquis tout leur développement, vers les mois de juillet ou d'août, elles se forment un petit cocon soyeux mêlé de grains de sable (pl. 15, fig. 5) et parfaitement rond comme une petite boule, dans lequel elles se métamorphosent en nymphes. Celles-ci (pl. 15, fig. 4), dont la forme rappelle déjà beaucoup celle des insectes parfaits, viennent à éclore à la fin d’août et dans le commencement de septembre; il paraît toutefois que certains individus n’éclosent qu'au printemps suivant.
On assure que diverses espèces de Fourmilions ne forment pas d’entonnoirs, et peuvent se diriger en avant, entre autres le Fourmilion libelluloïde (Myrmeleon libelulloides, Lin.).
Les ASCALAPHITES renferment essentiellement le genre Ascalaphe, aux dépens duquel on en a formé plusieurs autres. Les Ascalaphes se fontremarquer par leurs longues antennes , analogues à celles des Papillons. Hs habitent l'Europe méridionale (Ascalaphus ilalicus, Fabr., et macaronius , Scop.) et en général les régions chaudes du globe. Leurs premiers états sont encore très-mal connus. D’après une figure donnée par M. Westwood, les larves ressemblent à celles des Fourmilions, seulement elles sont munies d’appendices latéraux. 26:
Les Haplogénies diffèrent à peine des vrais Ascalaphes,
La famille des NÉMOPTÉRIDES renferme le seul genre Némoptère , dont nous ne connaissons qu’un petit nombre d'espèces , plus ou moins répandues dans l’Europe méridionale, en Afrique et en Asie. Elles sont très-remarquables, par la forme longue et étroite de leurs ailes postérieures; plusieurs ont des couleurs et des taches très-variées (pl. 15, fig. 7). Leurs premiers états ne sont pas connus ; M. Westwood a figuré une larve, qu’il regarde comme appartenant peut-être à ce genre, mais cela sans certitude.
La famille des HÉMÉROB1IDES peut être divisée en deux groupes, les NYMPKHITES et les HÉMÉROBITES. Le premier est établi sur le seul genre Nymphès (N. myrme- « l{eonides , Leach), qui est particulier à la Nouvelle-Hollande.
Les HÉMÉROBLITES sont assez abondamment répandus en Europe. Le genre Hémérobe renferme plusieurs espèces très-communes dans notre pays; nous citerons entre autres l’'Hémérobe perle (Hemerobius perla, Lin.), d’un vert jaunâtre, avec des ailes diaphanes , ayant leurs nervures légèrement verdâtres, et leurs yeux d’un vert doré éclatant pendant la vie.
Cette espèce, comme celles du même genre, exhale une odeur des plus désagréables.
Les Hémérobes, auxquels on a donné aussi le nom vulgaire de Demoiselles terrestres, sont d'une assez petite taille. Les femelles pondent, à la partie inférieure des feuilles ou des tiges, des œufs de forme oblongue, fixés par un pédicule très-lorg et très-gréle, formé par une sécrétion particulière; c’est cette apparence vésétale qui les à fait regarder autrefois comme une plante cryptogame. Les larves des Hémérobesressemblent à celles des Fourmilions ;
seulement leur forme est plus élancée, avec la tète moins
aplatie ; elles vivent au milieu des Pucerons, qu'elles dé-
vorent en quantité considérable, ce qui leur a fait donner | par Réaumur le nom de Lions des Pucerons. Elles les sai- sissent avec leurs longues mandibules et les sucent en peu | d’instants. Ces larves attaquent aussi des chenilles. Pour se métamorphoser en nymphes elles se filent un cocon soyeux parfaitement arrondi; la nymphe n’y reste guère qu'une quinzaine de jours ; l’insecte parfait vient à éclore après ce court espace de temps. g
Le genre Osmyle a pour type une espèce assez répan-
due en Europe (Osmylus maculatus, Fabr.), dont la larve
se trouve dans la terre humide, et monte après les tiges des plantes pour se métamorphoser en nymphe.
Le genre Drepanopteryx a pour type une espèce dont
les ailes sont anguleuses ( D. phalænoides, Lin.). - Les PANORPIDES constituent une petite famille assez
singulière , à raison de la forme de la tête des espèces qui Ja composent, cette tête étant prolongée en une sorte de bec long et grêle.
Les panorpires forment un premier groupe dans cette famille. Deux genres seulement s’y rattachent, le premier, celui de Panorpa, a pour type une espèce trèscommune dans toute l'Europe (P. communis, Lin.). On trouve les Panorpes sur des plantes, sur les haies, sur les buissons ; elles sont très-agiles, et recherchent particulièrement les endroits humides ; on ne connaît rien encore de bien précis sur leurs premiers états.
Le genre Bittacus, quoique très-voisin des Panorpes, renferme des espèces dispersées dans des régions trèséloignées du globe ; elles ressemblent beaucoup par l’aspect général aux Tipules parmi les Diptères.
Les BORÉITES , second groupe des Panorpides, sont représentés par le seul genre Borée (Borœus). Le type du genre {Borœus hyemalis) habite le nord de l’Europe, on en trouve quelquefois des quantités considérables d’indivi-
dus sur la neige. Les Borées sont d’une taille très-exiguë.! |
HUVLIÈME TRIBU.
LES RAPHIDIENS.
Cette tribu renferme encore, comme la précédente, des: types assez différents entre eux; seulement ils ont un nombre de représentants bien moins considérable. Quoi
w’il en soit, on trouve les Raphidiens dans toutes les parties du monde, mais toujours en assez médiocre quantités Leurs larves sont infiniment plus allongées que celles desn Myrméléoniens; et leur genre de vie n’est pas du tout leu même : elles vivent, soit sous les mousses humides, soit} dans l’eau, selon les familles auxquelles elles appartien= nent. |
Nous admettons trois familles parmi les Raphidiens,s dont le tableau suivant présente les diverses coupes.
TABLEAU DES DIVISIONS