‹ Histoire naturelle des insectes (volume 2)Chapitre 110 sur 121 · TRIBU L · texte numérisé non relu

TRIBU L

TYCHIIDES.

Sous-menton muni d'un pédoncule assez saillant.— Mandibulespeu épaisses, en tenailles.— Tête subglobuleuse; rostre long, grêle, cylindrique ou subcylindrique; ses scrohes naissant plus ou moins loin de son extrémité et atteignant les yeux.—Funicule des antennes de six ou sept articles ; leur scape n’empiétant pas sur les yeux.—Ceux-ci latéraux, fortement séparés en dessus. — Prothorax sans lobes oculaires, échancré ou non sur son bord antéro-inférieur. — Un écusson. — Elytres recouvrant ou non le pygidium. — Jambes inermes ou faiblement mucronées au bout; crochets des tarses appendiculés. — Saillie intercoxale assez large, parallèle, tronquée en avant. — Métathorax au plus de longueur moyenne; ses épisternums médiocrement larges. — Epimères mésothoraciques non ascendantes. — Corps ailé, oblong ou ovale, pubescent.

Ce groupe contient les formes les plus nomnales de la section actuelle. Sans la structure de leurs segments abdominaux intermédiaires , leur pygidium souvent découvert et les crochets de leurs tarses appendiculés, ses espèces rentreraient parmi les Erixhinides vrais. Elles sont toutes petites et leur livrée n'offre rien de remarquable dans le plus grand nombre des cas.

Chez plusieurs d’entre elles, le 2° segment de l’abdomen est recourbé à ses extrémités au point d’embrasser complètement le 5° et de se mettre en rapport avec le 4°. Cette particularité, signalée pour la première fois par M. G. Thomson (2), autorise à diviser la tribu en deux groupes secondaires.

I. 2e segment abdominal laissant le 3e libre. , ELLESCHIDES. Il. — embrassant le 3e, TyCHuDES YRAIS.

AP. seutellaris, des Etats-Unis; myops, du Brésil; Schœnh. loc cit. p.472 et VII, 2, p. 392.

(2) Skandinav. Col. I, p.142.

ELLESCHIDES. 603

GROUPE I. Elleschides,

2° segment abdominal laissant le 3° en partie libre à ses extrémités.

Des quatre genres suivants qui composent ce groupe, les deux premiers sont propres à l'Afrique; les deux autres ont des représentants en Europe. Tous ne contiennent qu’un très-petit nombre d’espèces.

I. Funicule antennaire de 6 articles : Endœus. IE. —— T — a Abdomen composé de 6 segments : Dorasomus.

aa —— 5 — Massue antennaire oblongo-ovale, articulée : Lignyodes. —— brièvement ovale, subcompacte : Elleschus.

ENDÆUS.

Scnoenu, Curcul. Disp. meth., p. 250.

Rostre médiocre, assez robuste, cylindrique, légèrement arqué ; ses scrobes commencant près de son tiers antérieur, obliques et atteignant le bord inférieur des yeux. — Antennes assez courtes ; scape en massue au bout; funicule de six articles : 1 allongé, gros, obconique, 2 de même forme, beaucoup plus court et plus grêle, 3-6 trèscourts et très-serrés; massue assez faible, ovale; son 1° article en cône renversé. — Yeux assez grands, un peu convexes, arrondis. — Prothorax transversal, peu convexe, légèrement arrondi sur les côtés et à sa base, tronqué en avant. — Ecusson petit, en triangle curviligne. — Elytres oblongues, peu convexes, subparallèles dans les trois quarts de leur longueur, largement arrondies et recouvrant presque le pygidium en arrière, à peine plus larges que le prothorax et échancrées en arc à leur base, avec les épaules obliquement arrondies. — Pattes courtes, assez robustes; cuisses en massue, dentées en dessous; jambes un peu comprimées, droites, les antérieures brièvement onguiculées au bout; tarses courts, à articles 4-2 triangulaires, égaux, 3 un peu plus large, 4 court; ses crochets très-petits. — Les trois segments intermédiaires de l'abdomen subégaux, séparés du 4% par une suture droite; saillie intercoxale large. — Métathorax assez long, ses épisternums médiocrement larges. — Corps oblong, pubescent.

La seule espèce décrite (1) estde lataille d’un Donyromus de moyenne grandeur et ressemble plutôt aux espèces de ce genre qu’à l’Orchestes viminalis auquel Schœnherr l’a comparée. Elle est en entier d’un fauve ferrugineux et finement striée, avec la plus grande régularité, sur les élytres. La fine pubescence qui la recouvre voile à peine ses téguments. Cet insecte habite Sierra-Leone.

(1) £. castus, Schœnh,. Cureul, II, p. 470.

DORASOMUS, Scuoenu, Curcul. IL, p. 444.

Rostre long, grêle, cylindrique, arqué; ses scrobes commençant un peu au-delà de son milieu, rectilignes et atteignant les yeux. — Antennes assez longues, grêles; scape en massue au bout; funicule à articles 4-2 allongés, subégaux, subcylindriques; 3-7 obconiques, courts, décroissant peu à peu; massue brièvement ovale, acuminée, articulée; son 1% article grand. — Yeux assez grands, déprimés, arrondis. — Prothorax transversal, médiocrement convexe, arrondi sur les côtés, aux angles postérieurs et à sa base, tronqué en avant, fortement et assez largement échancré sur son bord antéro-infériour. — Ecusson très-petit, ovale. — Elytres médiocrement convexes, régulièrement et brièvement ovales, isolément arrondies en arrière et laissant en entier le pygidium libre, à peine plus larges que le prothorax et largement échancrées en are à leur base. — Pattes médiocres ; cuisses fortement en massue, mutiques; jambes droites, inermes au bout; tarses assez courts, à articles 1-2 triangulaires, celui-là plus long, 4 court; ses crochets divariqués.—Abdomen de six segments (1); le 2 aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1° par une suture droite, 5e aussi long que lui, 6° court; pygidium convexe, subarrondi ; saillie intercoxale large, coupée carrément en avant. — Métasternum de longueur moyenne; ses épisternums larges. — Corps ovale, densément puhescent.

Genre éminemment distinct de tous ceux de ce groupe par l’existence de six segments à l'abdomen. Il ne comprend qu’une espèce (candidulus Schh.) de la taille du Lignyodes enucleator, noire, avec les pattes ainsi que le rostre ferrugineux, et recouverte uniformément d’une pubescence d’un gris hlanchâtre. Elle est originaire de la Caffrerie.

LIGNYODES.

Souoenn, Curcul. IT, p. 323.

Rostre assez allongé, peu robuste, cylindrique, médiocrement arqué; ses serobes commençant un peu au-delà de son milieu, rectilignes. — Antennes médiocres, grêles; scape un peu arqué, brusquement en massue au hout; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, celui-là plus long et beaucoup plus gros, 3-7 très-courts, subarrondis;

(1) Non compris le pygidium, qui est légèrement visible en dessous, ainsi que cela a lieu ordinairement, quand il est vertical. Schœnherr ne dit rien de ce nombre insolite des segments abdominaux. Les 2e, 3e et 4 segments sont fortement et obliquement arqués à leur extrémité, mais le 3e est libre, comme de coutume,

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massue forte, oblongo-ovale, obtuse au bout, articulée.—Yeux grands, déprimés, arrondis, médiocrement séparés en dessus. — Prothorax transversal, assez convexe, brièvement rétréei en avant, arrondi sur les côtés antérieurs, tronqué à ses deux extifmités. — Ecusson en triangle allongé. — Elytres assez convexes, brièvement ovales, recouvrant, ou peu s’en faut, le pygidium, à peine plus larges que le prothorax et largement échancrées eu arc à leur base. — Pattes médiocres, assez robustes; cuisses en massue, inermes; jambes un peu comprimées, légèrement flexueuses, inermes au bout; tarses courts, à articles 1-2 triangulaires, subégaux, 2 beaucoup plus large, 4 long; ses crochets médiocres. — Les trois segments intermédiaires de l’abdomen subégaux, séparés du 4° par une suture droite; saillie intercoxale médiocrement large. — Métasternum assez court; ses épisternums de largeur moyenne. — Corps brièvement ovale, pubescent.

Le L. enucleator Panz., type de ce genre, est répandu dans la plus grande partie de l’Europe, noir en dessous, d’un brun rougeâtre sur le reste du corps, avec les côtés du prothorax, la base des élytres et une étroite bande suturale revêtus de poils d’un jaune doré; sa taille est petite. Schænherr en à décrit une seconde espèce (1) du Brésil beaucoup plus grande. Deux autres européennes ont été publiées par M. L. Faïrmaire (2).

ELLESCHUS.

(Mecenc.) Srepu. LL. of Brit. Entom. IV, p. 103 (3).

Rostre médiocre, peu robuste, cylindrique, légèrement arqué; ses scrobes commencant dans son milieu, rectilignes. — Antennes assez courtes, grêles ; scape en massue au bout; funicule à articles 1-2 allongés, obconiques, celui-là beaucoup plus long et plus gros, 3-7 trèscourts; massue brièvement ovale, obtuse au bout, subcompacte; son 1 article grand. — Yeux médiocres, déprimés, ovales, transversaux. — Prothorax transversal, médiocrement convexe, légèrement arrondi sur les côtés, faiblement bisinué à sa base, tronyué en avant. — Ecusson petit, en triangle curviligne. — Elytres convexes, oblongo-naviculaires, recouvrant presque le pygidium, un peu plus larges que le prothorax et légèrement échancrées à leur base, avec les épaules calleuses. — Pattes assez longues; cuisses fortement en massue,

(1) L. Triophori, Schænh. loc. cit, VII, 2, p. 188.

(2) L. rudesquamosus, L. Fairm. Ann. d. 1. Soc. entom. 1857, p. 740; France mér, (Béziers). — suturatus, L. Fairm. ibid. 1859; Bullet. p. 237; Moravie.

(3) La plupart des auteurs, y compris Schœnherr, ont écrit ELLEscus ; son étymologie (ÉMecyoc) exige qu'il le soit comme je le fais, à l'exemple des auleurs les plus récents, — Syn. Hyr£ra Germar,

inermes; jambes grèles, droites, très-brièvement mucronées au bout; tarses courts, à articles 1-2 triangulaires, subégaux, 3 assez large, 4 médiocre; ses crochets très-petits. — 2° segment abdominal presque aussi long que 3-4 réunis, séparé du 1° par une suture droite; saillie intercoxale assez large. — Métathorax médiocrement allongé, ses épisternums assez étroits. — Corps oblong, naviculaire, pubescent.

On n’en connaît que deux très-petites espèces (1), l’une (scanicus) plus particulièrement propre au nord de l’Europe, l'autre (bipunctatus) répandue dans toutes les parties de ce continent. Toutes deux sont grises, et la seconde a, sur chaque élytre, une tache noire dérudée. Ces insectes se plaisent plus spécialement sur les saules et les peupliers.

GROUPE II. Tychides vrais.

2e segment abdominal enveloppant le 3° à ses extrémités et entrant en rapport avec le 4°.

Les espèces de ce groupe sont beaucoup plus nombreuses que celles du précédent, mais plusieurs d’entre elles doivent en être exelues, ainsi qu’on le verra plus bas. Dans son état actuel il ne comprend que les deux genres Tycarus et SiBynes, qui sont même extrèmement voisins l’un de l’autre et peu distincts. Tous deux existent en Europe.

On n’a encore aueun renseignement sur les habitudes des Tycxius pendant les premiers temps de leur existence. Quant aux SIBYNES, M. Giraud (2), en en décrivant une espèce nouvelle (gallicollus), a fait connaître que sa larve vit dans des excroissances que sa présence détermine sur les tiges du Silene otites. Ces excroissances, de forme oblongue et régulière, embrassent toute l'épaisseur de la tige; épis derme qui les recouvre a conservé la couleur qu’il a sur les parties avoisinantes, et leur intérieur est rempli de substance médullaire. Elles contiennent chacune de une à trois larves. Ces dernières, quand leur développement est achevé, percent les parois de leur demeure et s’enfoncent à peu de profondeur dans le sol, où elles terminent leur métamorphose dans une coque cylindrique, d'aspect parcheminé, et deux fois plus longue quesemblerait l’exiger la taille de l’insecte. Ces larves, que M. Giraud décrit brièvement, ne paraissent présenter rien de particulier dans leur organisation. Le Silene pratensis nourrit une autre espèce (S. silenes) découverte par M. Ed. Perris (3), mais dont

(1) Schœnh. Cureul. I, p. 320.

(2) Verhand!, d, Zool.-Bot. Ver. in Wien. XI, 1861, p. 491, pl. 17, £. 7 (fragment de tige du Siene).

(3) Ann. d. I. Soc. entom. 1855; Bullot. p. LXXVIII.

TYCHADES VRAIS. 607

la larve, au lieu d’être gallicolle, vit dans les fruits de cette plante. Ce savant entomologiste se borne à mentionner ce fait, sans rien dire de la larve.

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